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22 mai 2012 2 22 /05 /mai /2012 14:05

Voilà. Les présidentielles sont passées, les législatives arrivent… et la crise est toujours là. Elle sera encore là quelque soient les résultats du prochain scrutin d’ailleurs, en Grèce et en France, en Espagne ou en Italie. Qu’en conclure : que la partie est définitivement perdue, qu’il faut abandonner tout espoir de changement de notre condition tout en laissant, durant encore les cinq années qui viennent, nos gouvernants se moquer de nous ?

Non.

Car au delà des élections -qu’elles soient présidentielles ou législatives et qu’elles se passent en France ou ailleurs- il y a le peuple qui, même contraint par l’illusion démocratique, est le souverain qui seul décidera de la voie qu’il veut suivre. Et toute cette mascarade des élections une fois terminée s’ouvrira une fenêtre médiatique plus que favorable à l’émergence de nouvelles initiatives, en réaction justement à la déception qui suivra le dépouillement des bulletins de vote. Inévitablement la mise en place de l’Assemblée Constituante s’imposera alors dans les esprits comme le seul et unique moyen pacifique de parvenir au changement que les urnes n’ont pas permis d’obtenir.

Car comme je l’ai dit ailleurs, la révolution ne doit pas attendre qu’on l’autorise pour se réaliser : elle doit se préparer « en dehors » du cadre institutionnel « dévié » et créer sa propre légitimité, par un soutien massif du peuple qui refuse les sacrifices que le pouvoir veut lui imposer. C’est un non-sens que de vouloir attendre de la part d’un pouvoir qu’il nous autorise à le détruire. Si les citoyens veulent une Assemblée Constituante, ils doivent la créer sans ceux qui y sont naturellement opposés.

Cette idée d’Assemblée Constituante est l’objectif autour duquel il s’agit maintenant de fédérer toutes les forces qui luttent à la fois contre la « droite » et la « gauche », et pour ce faire il n’y a pas besoin du soutien des politiques.

Beaucoup objecteront que c’est une utopie, un rêve inaccessible, mais pourtant nous avons déjà tous les outils nécessaires à sa réalisation effective… Hors mis peut-être celui que je vous propose aujourd’hui de construire avec moi :

- La juste colère du peuple avec les indignés qui se rassemblent peu à peu, au fur et à mesure de l’injustice des mesures prises pour « sortir » de la crise. Même l’exercice de la démocratie ne suffit plus.

- des « têtes d’affiche » capables de soutenir, de relayer et de développer cette idée, car désormais elle n’est plus considérée comme inutile.

- de nombreux sites traitant du sujet et défendant la mise en place de cette Assemblée.

- la possibilité concrète de la réaliser à travers la légitimité que lui procurerait le RIC (Référendum d’initiative citoyenne).

- des outils d’explication de l’illégitimité de la dette ainsi que des solutions qui peuvent être envisagées (audit citoyen, MIRAC).

- des « centres de réflexion » comme ceux d’Etienne Chouard ou le forum du « groupe de travail pour une Assemblée Constituante ».

- des relais locaux physiques (les repaires de « Là-bas si j’y suis », les comités locaux de l’audit citoyen, ceux des indignés), des relais « virtuels » sur internet.

Le seul outil qui manque à cette toile qui se tisse peu à peu se trouvant être la diffusion et le rassemblement qui seuls permettront la légitimité, je propose ici de nous unir tous derrière un même projet, « Pour une Constituante » ; à nous ensuite de construire ensemble la représentativité. Car vouloir une Assemblée Constituante n’est pas rédiger la Constitution ; elle doit être le fruit des travaux de l’Assemblée Constituante, et ici nous ne parlerons pas de ce qui doit se trouver dedans. La première étape consiste à établir les conditions de fonctionnement de cette Assemblée, conditions qui soient susceptibles de permettre à la représentativité des idées du peuple. C’est pourquoi je propose à tous les sites, mouvements, associations, initiatives concernés par ce projet ou qui y adhèrent de venir se signaler sur un nouveau site créé à cet effet, et dont le fonctionnement vous sera expliqué à l’adresse suivante : http://constituante.unblog.fr. L’idée d’une Assemblée Constituante doit faire son chemin parmi le peuple, et devenir une force capable de réaliser par elle-même les changements qu’elle désire. Afin de les obtenir, le peuple doit comprendre que ce n’est pas sur les ruines de notre démocratie que se construit l’avenir du pays mais sur de nouveaux projets, de nouvelles idées. Nous devons y réfléchir ensemble, et être volontaires pour ça.

Nous ne viendrons pas vous chercher par la main, c’est à vous de diffuser cette initiative pour qu’elle se développe. Venez vous associer au grand rassemblement pour une Assemblée Constituante, car c’est ici que se construira la révolution citoyenne que nous attendons depuis si longtemps.

Caleb Irri

http://calebirri.unblog.fr

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21 mai 2012 1 21 /05 /mai /2012 09:31

Le 6 mai 2012, François Hollande est élu Président de la République française. L’enthousiasme dans la presse est quasi-unanime et dès le lendemain, les prescripteurs d’opinion habituels, désormais communément appelés les éditocrates, s’empressent de lui assurer leur soutien... Ou plutôt de le guider sur la voie de la repentance avec un seul leitmotiv : « surtout, Monsieur le Président, gouvernez à droite ! » Miracle d’une liberté d’opinion individuelle que personne ne songe à contester : la liberté d’opinion éditocratique se traduit par une troublante convergence.

Au lendemain de l’élection de François Hollande, les éditorialistes ont quelques conseils à donner au nouveau Président. Quelques conseils, qui, sur le plan économique, vont souvent dans le même sens. À tout seigneur, tout honneur, Etienne Mougeotte donne le ton, dans Le Figaro : « Ainsi le veut la démocratie », il salue le président élu, avant de faire l’éloge de son prédécesseur, qui « a néanmoins engagé des réformes capitales concernant l’université la recherche, la justice, les retraites, la réduction des dépenses publiques ». Aussi, pour Hollande, « il n’y a pas une minute à perdre pour réaffirmer la volonté de la France de respecter le pacte de stabilité européen » et surtout pour… «  accepter les réformes de structure nécessaires  » Au moins le directeur du Figaro ne cache-t-il pas (toujours) son parti pris. Évoquant une victoire de l’UMP aux élections législatives, il « argumente » : « L’argument essentiel en faveur d’une nouvelle cohabitation sera évidemment d’éviter que la gauche ne détienne le monopole absolu du pouvoir et d’empêcher François Hollande d’appliquer son programme  »

… Ou d’infléchir le sien. Dans La Croix, on ne dit pas autre chose : à Hollande de « faire ses preuves », en appliquant le programme de Dominique Quinio, l’éditorialiste maison. Il s’agit de mettre en place « une politique économique qui sache manier rigueur et perspectives de croissance », et de demander « des efforts d’austérité », naturellement « répartis le plus équitablement possible ». L’évocation de son prédécesseur a des airs de déjà vu – car « la défaite de Nicolas Sarkozy, […] est également le fruit amer des réformes qu’il a engagées, comme celle des retraites […]. Réformes impopulaires , menés sans doute à la hussarde, mais pourtant nécessaires . » Et pour le nouveau président, une feuille de route : « il lui faut poursuivre la transformation de la France. » Et les nécessaires réformes impopulaires.

Pour Franz-Olivier Giesbert (Le Point, 10 mai 2012), il n’y a pas de doute, tout va bien se passer : « François Hollande sera-t-il à la hauteur ? Il n’y a aucune raison de s’inquiéter. » Avant d’ajouter : « À une condition : qu’une fois au pouvoir il devienne vraiment lui-même, c’est-à-dire un social-démocrate authentique, à la scandinave, j’allais dire intelligent . » Et pour faire preuve d’intelligence, que ne doit pas faire François Hollande ? « Si François Hollande fait de sa victoire celle du secteur public contre le secteur privé et exposé, s’il applique à la lettre son programme dépensier et continue, comme ses prédécesseurs, à laisser filer les déficits en augmentant les impôts, alors, là, il n’a aucune chance de réussir : sa présidence est condamnée d’avance. » Moralité : changez de programme !

Dans Ouest-France, François Régis Hutin se fend d’une double « Lettre à Monsieur le président ». À l’ancien d’abord, remercié pour son « énergie » et sa « compétence ». Et surtout pour les «  réformes essentielles [qui] ont été entreprises et réussies . Elles porteront leurs fruits dans l’avenir. » Au nouveau, ensuite, pour émettre un vœu : « Nous comptons sur vous pour susciter le dynamisme de tous les Français, pour stimuler leur créativité, pour éviter qu’ils ne se replient sur eux-mêmes, pour qu’ils fassent les réformes de structures nécessaires . » Bien sûr, mais lesquelles ? Qu’importe ?

Dans L’Express, Christophe Barbier rédige lui aussi une missive au nouveau Président. Il lui demande « d’agir ». Mais il faudra être raisonnable : « Cependant, votre programme ne laisse pas d’inquiéter. L’Etat est en faillite, les spéculateurs sont en embuscade, le monde vous regarde. Il ne s’agit pas de dépenser moins, il s’agit de dépenser beaucoup moins , et vite. Des augmentations promises pour diverses allocations aux 60 000 postes prévus dans l’Education, la liste de ce qui n’est pas raisonnable est fort longue. » (6 mai 2012)

L’hebdomadaire Le Point, qui a consacré un numéro entier à la victoire de François Hollande, l’incite à rompre avec sa gauche et a devenir rapidement impopulaire.

D’abord Claude Imbert s’inquiète : « Il trouvera, cramponnés à ses basques, des socialistes à l’ancienne comme seule la France en produit. » Mais très vite, il se rassure : « Dieu merci, il bénéficiera d’une garde rapprochée, aguerrie et "moderne", des Valls, Pascal Lamy ou Jouyet... Nombre d’entre eux ont dans les gènes le réformisme deloriste ou rocardien. Européen convaincu, Hollande n’arrive pas aux affaires sans biscuits. » (10 mai 2012)

Ensuite Pierre-Antoine Delhommais l’oriente dans la bonne direction : « Pour réenchanter les finances publiques et les comptes extérieurs français, pour éviter, moins lyriquement mais plus sérieusement, une flambée des taux d’intérêt en France et une crise suraiguë dans la zone euro, M. Hollande devra donc faire l’exact contraire de ce qu’il a laissé miroiter depuis un an et de ce que la gauche avait tenté en 1981. » Puis, le chroniqueur surenchérit : « Il devra commencer par la rigueur avant de pouvoir se montrer généreux. Ce qui veut dire qu’il devra mener d’emblée une politique économique résolument impopulaire, plus tournée vers les entreprises et la compétitivité que vers les ménages et le pouvoir d’achat. » Avant de sommer à François Hollande d’être résolument impopulaire : « Sa politique, pour réussir, ne devra pas seulement déplaire aux riches, mais aussi aux classes moyennes et aux fonctionnaires, aux retraités et aux futurs retraités, aux syndicats et à M. Mélenchon. Et à ses chers camarades du Parti socialiste. Surtout à ses chers camarades du Parti socialiste. Devenez vite très impopulaire, M. Hollande, ce sera le signe que vous allez dans la bonne direction.  »

Ne pas refaire l’erreur de 1981, c’est-à-dire ne pas être trop à gauche, semble être le refrain entonné par le chœur des éditocrates. Dans l’éditorial du Monde, au lendemain de la victoire de Hollande, Erik Izraelewicz réécrit l’Histoire à sa manière : « Il lui faut néanmoins tirer les leçons des années 1980 et s’émanciper là de François Mitterrand. En engageant, en 1981, une politique de relance massive par la dépense publique, le premier président socialiste de la Ve République avait précipité la France dans une grave crise financière et conduit à la douloureuse rigueur de 1983. Pour négocier avec le reste de l’Europe, la France doit faire rapidement preuve de sa volonté et de sa capacité à réduire sa dette et ses déficits. » (7 mai 2012)

Faire vite et montrer patte blanche immédiatement, François Hollande doit rassurer ses « partenaires » européens : il devra être rigoureux ! D’ailleurs, Laurent Joffrin dans Le Nouvel Observateur, l’y incite explicitement : « il faudra bien rendre l’Etat plus efficace et moins coûteux, sauf à succomber sous le poids de la dette ; il faudra bien encourager l’entreprise, qui crée les emplois ; il faudra bien fluidifier le marché du travail, qui protège les protégés et humilie les exclus de l’emploi. Dans l’urgence, les tabous de la gauche doivent céder autant que les préjugés de la droite. » (6 mai 2012) Admirons la constance de Laurent Joffrin : cela fait plusieurs décennies qu’il réforme la gauche et rompt avec ses « tabous » !

Enfin, pour Eric Le Boucher, chroniqueur sur Slate.fr (7 mai 2012), « le devoir de François Hollande est de changer de modèle économique et social de la France. Si elle souffre dans la mondialisation, c’est non pas pour avoir fait trop de concessions au libéralisme, à l’Europe et à cette mondialisation, mais pour n’avoir pas su préserver son modèle en l’adaptant au monde neuf, ouvert, technologique et individualiste. » Pour étoffer cette ode au libéralisme et à l’individualisme, Eric Le Boucher dresse une liste de dix défis que devra relever le nouveau Président. Parmi lesquels, on relèvera ceux-ci : « il faut réviser la protection sociale pour que son financement ne pèse plus sur le travail » ; « opter pour une économie de l’offre qui augmente les profits » ; « être décidé et précis sur les réductions de dépenses » ; « Cette rigueur s’imposera aux dépenses de santé comme aux collectivités territoriales ». Mais rassurons-nous, Eric Le Boucher a reconnu que « le bilan de Nicolas Sarkozy est loin d’être négatif. Il devra être en partie réhabilité. Il a engagé beaucoup de réformes, il est allé parfois dans la bonne direction, il aura été un bon capitaine dans la crise. »

Rigueur, rigueur, et rigueur sont donc les seuls mots clés des programmes des « conseillers » auto-proclamés du Président. Une grande partie de la presse et des commentateurs politiques l’a donc affirmé : la victoire de Hollande n’est pas une mauvaise nouvelle… surtout s’il ne gouverne pas « à gauche » et s’efforce de devenir impopulaire. Encore plus impopulaire que les éditocrates eux-mêmes ? Admirons une dernière fois ce miracle : plus elles sont individuelles, plus les opinions éditocratiques sont convergentes. Sans doute nos joyeux chiens de garde croient-ils qu’ils détiennent le monopole de la raison et qu’ils devraient exercer le pouvoir par procuration...

Mathias Reymond et Olivier Poche

http://www.acrimed.org/article3828.html

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18 mai 2012 5 18 /05 /mai /2012 18:25

logo-FSCDepuis 5 ans et plus dans les entreprises contre les délocalisations, les fermetures et les « licenciement boursiers », contre la désindustrialisation, nous n’avons cessé de lutter !

Depuis 5 ans et plus dans les villes, nous nous sommes opposés aux fermetures de services dans les hôpitaux et aux fermetures d’hôpitaux.

Depuis 5 ans et plus, et en 2010 par millions, nous nous sommes battus contre la réforme euro-sarkozienne des retraites.

En 2009 nous nous sommes battus en masse contre la réforme des universités qui a mis en acte l’autonomie des universités et donc une concurrence mortelle pour le service public d’enseignement supérieur et de recherche ! etc etc

Après avoir battu Sarkozy, c’est sa politique qu’il faut battre !

Et ce sont donc toutes les contre-réformes dont il s’est encore récemment vanté qu’il faut remettre en question.

Remettre en question résolument, sans finasser !

En toute indépendance, sans avoir à s’en tenir au programme de François Hollande qui en fait ne s’est engagé sur pas grand-chose et qui renvoie à plus tard (après les législatives) les mesures concrètes de rigueur qui seront dans la continuité des politiques appliquées depuis 30 ans, même si elles sont prises au nom de la « justice ».

Les mesures de rigueur et d’austérité, qu’elles soient brutalement imposées comme jusqu’à présent ou que demain elles le soient avec un "volet de croissance" n’en sont pas moins des mesures d’austérité, qui feraient payer au peuple la crise dont il n’est pas responsable et qui ne nous sortiraient pas de la crise du système ! C'est encore et toujours la politique euro-formatée du capital qui étrangle les peuples au nom de l'euro et des déficits.

Et dans sa première rencontre avec Angela Merkel, François Hollande tout en réclamant des mesures de relance pour le peuple grec n’en a pas moins réaffirmé d'abord la nécessité pour ce peuple d’accepter le Memorendum (qui comporte entre autre : diminution du salaire minimum de 22%, suppression de 150 000 emplois publics, diminution des pensions de retraites …), ce que précisément le peuple grec vient de refuser au cours des récentes élections !

Ce que nous n’avons pas accepté de Sarkozy, nous ne devons pas l’accepter d’un pouvoir de "gauche " ! C’est cela même l’indépendance syndicale !

Pas d’illusion donc : pour éviter ce scénario, l’intervention du peuple et des travailleurs est absolument indispensable !

C’est pourquoi il est nécessaire d’engager tout de suite l’action pour :

  • la retraite à 60 ans pour tous sans conditions

  • l’augmentation immédiate du SMIC qui dépend exclusivement du gouvernement (le SMIC à 1600 euros nets)

  • l’interdiction des licenciements boursiers des fermetures d’entreprises et le blocage des PSE (PSA, Renault, Sanofi-Aventis, Petroplus, Fralib, les Goodyear d’Amiens …) en intervenant en urgence par exemple pour les Fralib et ArcelorMittal Florange

  • L’attribution de nouveaux droits pour les salariés et le droit de veto en cas de fermeture ou de délocalisation

  • l’abrogation de la loi sur l’autonomie des universités

  • l’arrêt de la politique de démantèlement du système public de santé et des structures de soin de proximité !

  • l’arrêt de la suppression des emplois dans la fonction publique (enseignants, infirmières …) le recrutement d’agents dans l’éducation nationale ne devant pas être "contrebalancées" par des suppressions ailleurs comme le prévoit la création de 60000 postes qui devrait être supportée par des coupes sombres dans d’autres secteurs publics ! On appelle ça "déshabiller Pierre pour habiller Paul !" etc, etc

 

Bien d’autres revendications sont sur la table.

Mais il convient de ne pas en rabattre !

Sur les retraites il est très important de mener la bataille pour que le décret sur le départ à 60 ans de ceux qui ont cotisé depuis l’âge de 18 ans ne s’en tienne pas aux trimestres cotisés mais prennent réellement en compte les trimestres validés !

Mais on ne peut s’en tenir là ! Dès à présent il convient de rappeler et de mobiliser pour l’ensemble de la plate-forme revendicative sur laquelle nous nous sommes battus à l’automne 2010 et qui implique de remettre en cause vraiment la contre-réforme des retraites de Balladur-Fillon-Sarkozy !

Indépendance syndicale, pas d’attentisme et pas d’illusions sur le nouveau pouvoir et n’oublions pas comme nous n’avons cessé de le répéter que toutes les conquêtes sociales ont résulté des luttes des travailleurs et qu’en 36 ce sont les grèves et les occupations d’usines qui ont donné les congés payés !

 

Retrouvons le chemin du syndicalisme de lutte de classes et de masse !

 

http://www.frontsyndical-classe.org/article-ne-pas-trahir-les-luttes-105378323.html


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10 mai 2012 4 10 /05 /mai /2012 12:19

L a victoire de François Hollande marque une nouvelle étape dans l’histoire du pays. Nous devons maintenant remporter la bataille des législatives. Il faut renverser la majorité de droite à l’Assemblée Nationale et y élire un maximum de députés du Front de Gauche. Mais n’oublions pas que Sarkozy n’était que le représentant le plus en vue d’une classe et d’un système. Sarkozy, ses idées réactionnaires et racistes, sa haine et son mépris de la classe ouvrière, ses attaques contre les services publics et contre toutes les conquêtes sociales du passé, contre les retraites, contre les droits syndicaux, n’étaient que la traduction idéologique et politique des intérêts de la classe capitaliste. Cette classe est toujours au pouvoir. Le système est toujours intact. Si on change la composition du gouvernement sans toucher aux fondements de ce système, il s’avérera impossible d’en finir avec la régression sociale.

Les scènes de liesse populaire à la Bastille et à travers le pays étaient compréhensibles. Mais derrière la joie, il y a des attentes, des besoins énormes. Le chômage a atteint des proportions historiques. Dans l’un des pays les plus riches au monde, la pauvreté étend son empire. Tous les travailleurs ne vivent pas dans la misère, mais pratiquement tous subissent une détérioration de leurs conditions de vie. Hollande nous assure qu’il sera le président de l’égalité et de la justice. Il a promis de « mettre fin aux privilèges ». Mais en même temps, il a déclaré sans ambages que les marchés – c’est-à-dire les capitalistes – n’ont rien à craindre de sa présidence. Ces déclarations sont pour le moins contradictoires. On ne peut servir deux maîtres.

Hollande a comparé sa victoire à celle de François Mitterrand en 1981. Mais cette expérience nous a surtout appris – et pas pour la première fois – qu’un gouvernement de gauche qui cherche à gérer le capitalisme finira, au contraire, par être géré par le capitalisme. Toutes les mesures que François Hollande prendrait dans l’intérêt des travailleurs seront considérées comme une atteinte à la rentabilité capitaliste. Les spéculateurs vont se mettre à « parier contre la France », pour reprendre l’expression employée par le Financial Times au lendemain du second tour de la présidentielle. La BCE, le FMI, les Bourses et fonds d’investissement du monde entier – et surtout les capitalistes français – se serviront de l’immense pouvoir dont ils disposent pour obtenir ce qu’ils veulent.

Ce sont justement ces marchés, la Bourse, les chefs des grandes entreprises et des banques qui dirigent le pays, qui sont le vrai gouvernement de France. Le paradoxe, c’est que la classe capitaliste est très puissante économiquement, mais n’est presque rien socialement. La source de son pouvoir, c’est sa propriété. Mais ce n’est qu’une toute petite minorité de la population. Et tant que cette minorité parasitaire n’est pas ébranlée et renversée – c’est-à-dire expropriée – le gouvernement institutionnel ne peut apporter que quelques corrections marginales aux conditions sociales et économiques qu’elle nous inflige. Autrement dit, une politique de réforme sociale qui n’est pas liée à l’expropriation des capitalistes ne peut pas aboutir. Il faut résister, combattre le capitalisme – ou alors capituler.

Il n’importe pas, à cet égard, qu’un chef de gouvernement soit plus intègre et plus honnête qu’un autre. Reconnaissons volontiers que Hollande n’a ni le mépris, ni l’arrogance, ni les penchants racistes de Sarkozy. Mais son souci de ménager les capitalistes l’amènera inéluctablement à abandonner les travailleurs et la jeunesse à leur sort. Les pressions capitalistes – contre lesquelles lui et son gouvernement se sont volontairement désarmés – parviendront à façonner la politique du gouvernement. Celui qui nous parlait d’égalité nous parlera de rigueur et de sacrifices. Celui qui hier nous parlait de rêves nous parlera demain des réalités – celles du capitalisme en déclin. Les capitalistes et la droite, tout en sabordant l’économie, mettront la responsabilité des conséquences sociales sur le dos les « socialistes » au pouvoir. La position du gouvernement sera minée et son électorat déçu.

D’où la nécessité impérieuse de construire une alternative révolutionnaire à la politique de Hollande. Pour nous, militants du PCF et nos alliés dans le Front de Gauche, la source de la crise réside dans le système capitaliste. Il faut donc compléter notre programme pour tenir compte de cette réalité et fixer l’attention des travailleurs sur la nécessité de briser le pouvoir des banques, de mettre fin à l’emprise des capitalistes sur l’économie et procéder à la construction d’une République Socialiste.

 

http://www.lariposte.com/resistance-ou-capitulation-edito,1782.html

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9 mai 2012 3 09 /05 /mai /2012 09:12

logo-FSCSarkozy dehors, c’est chose faite !

Avec les millions de travailleurs qui se sont battus durant des années contre la casse généralisée des acquis sociaux et démocratiques, contre la casse des retraites, contre la chasse aux immigrés et la xénophobie d’Etat, contre la casse des services publics et les délocalisations…. le Front Syndical de Classe se réjouit de la défaite de l’ami des grands patrons du CAC 40 et du MEDEF qui ne visaient qu’à détruire tout l’héritage du Conseil National de la Résistance : d’où sûrement l’allusion au "vrai travail" de Pétain !

La réélection de Sarkozy aurait constitué un terrible coup pour les luttes, ouvrant la voie à une aggravation sans limites d’une politique de plus en plus droitisée.

Qui peut croire et prétendre que le maintien du fascisant Sarkozy au pouvoir aurait eu pour effet de mobiliser dans la lutte sociale le salarié menacé de licenciement, le chômeur opposé au "vrai" travailleur, l’immigré pointé comme responsable de l’aggravation de la situation de tous ?

Pour autant, aujourd'hui comme hier, les travailleurs ne pourront compter que sur eux-mêmes pour mettre réellement fin avec la politique euro-formatée qui mène les peuples à la ruine.

Or, que proclame F. Hollande ?

Il affirme son engagement d’honorer la dette :1700 milliards d’euros et par an, le paiement des intérêts qui engloutit l’ensemble de l’impôt sur le revenu (50 milliards) constitue un cadeau royal aux marchés financiers ALORS que l’expérience montre, de l’Argentine de 2000 à l’Islande récemment, que tout redressement au service de la population passe par une remise en cause et au minimum une restructuration de la dette (75% dans le cas de l’Argentine).

Il réaffirme le maintien à tout prix dans l’eurozone qui constitue le motif principal du choix des politiques d’austérité imposées aux peuples comme on le voit avec le cas de la Grèce !

Il revendique sa soumission à la logique européenne et aux différents traités qui ont organisé l’Union européenne et la "concurrence libre et non-faussée" et donc la concurrence entre les salariés en Europe (approbation du Traité de Maastricht, du Traité constitutionnel Européen, du Traité de Lisbonne…). Il ne cache pas qu’il est prêt à accepter le « mécanisme européen de stabilité », à la condition de lui joindre un "pacte de croissance" : tout en précisant d’ailleurs aussitôt, que la croissance passe par la compétitivité des entreprises et donc par la flexibilisation du marché du travail et par conséquent par la mise en cause du Contrat de travail à durée déterminée…

Ces choix et ces orientations sont précisément à la racine de la crise que nous traversons et qu'ils veulent nous faire payer !

Là est précisément le piège :

Les classes dominantes savent, comme Lionel JOSPIN a dû l’admettre sur France Inter mardi 8 mai, que leurs politiques d’austérité infligées conduisent au chaos comme en Grèce et que les peuples rejettent de plus en plus fortement ET ces politiques ET les partis qui les appliquent.

Les luttes qui se développent partout en Europe, en Tchécoslovaquie comme en Allemagne et le résultat des élections comme en Grèce avec l’effondrement de la droite et du parti socialiste au pouvoir attestent de ce puissant rejet des peuples!

La renégociation du traité en particulier avec l’Allemagne, le volet de croissance et l’évocation de la "justice", de la répartition de l’effort sont donc brandis comme la nouvelle solution afin de faire accepter les nouvelles mesures de rigueur en préparation !

C’est ce piège tendu aux travailleurs  que Nicolas Doisy, « senior advisor » de Cheuvreux, conseillant 1200 banques et fonds de pension, révélait dans son interview récente par François Ruffin :

" Ne serait-ce qu’à cause de l’échec du référendum sur la constitution de l’UE en 2005, François Hollande va devoir naviguer à travers des forces contraires dans la gauche.

Le traité avait été rejeté parce qu’il devait consacrer le marché libre comme principe fondateur de l’Union Européenne, au travers l’insertion de la directive Services dans la Constitution. Ce rejet était une manifestation typique du préjugé français (de gauche comme de droite) contre le marché.

Dans cette perspective, il serait politiquement intelligent que ses partenaires de l’Eurozone permettent à François Hollande de prétendre qu’il leur a arraché quelques concessions, même si c’est faux en réalité. La demande de renégociation du traité serait alors utilisée pour tromper le public français en lui faisant accepter des réformes convenables, dont celle du marché du travail.

[...] François Hollande a le cœur d’un Européen convaincu. Entre 93-97, il a présidé le think tank de Jacques Delors, le « Club témoin ». Cela devrait l’aider à opter pour une politique efficace de réforme favorable à la croissance telles que couper dans les dépenses publiques et libéraliser le marché du travail (et les services) d’une manière ou d’une autre. Le vrai défi pour lui sera de trouver une formule politique pour vendre ces réformes à la population française. "

Nous voilà prévenus !

Comment dans ces conditions en finir avec la casse de tous nos droits ?

En finir avec la réforme des retraites qui nous a été imposée malgré de puissantes luttes (retour aux 60 ans sans conditions !)

En finir avec le saccage des services publics (poste, hôpital, école …)

En finir avec la loi scélérate sur l’autonomie des universités

En finir avec les suppressions de postes dans la fonction publique et au contraire donner les moyens humains de fonctionner aux services publics

En finir avec licenciements massifs, les fermetures d’entreprise, les délocalisations et réindustrialiser

En finir avec les politiques salariales qui ont privilégié depuis 30 ans les actionnaires : le SMIC à 1600€ net par mois !

En finir avec la sujétion à la politique américaine, à l’OTAN et aux guerres d’ingérence menées hypocritement au nom des droits de l’homme !

Sans parler des mesures d’urgence pour les populations directement frappées par la crise comme le blocage des loyers, le blocage du prix de l’essence et le blocage des prix des biens de première nécessité !

La sortie du marasme actuel passe par la remise en cause de la dette, la domination des marchés et par la remise en cause des institutions qui encadrent la domination de l’oligarchie et des marchés : la zone euro et l’Union européenne !

 

Dans l’immédiat, ce qui est en jeu après avoir battu Sarkozy, c’est d’en finir avec la politique qu’il a acté et donc de commencer par revenir sur les contre-réformes qu’il nous a imposé.

Et maintenant, comme cela a toujours été le cas pour le monde du travail, notamment en 36  45 et 68, c'est de l'ampleur de nos luttes que tout dépendra !



Le Front Syndical de Classe, 9 mai 2012

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7 mai 2012 1 07 /05 /mai /2012 14:39

Ca y est, on en est débarrassé ! On a viré Sarkozy ! C’est vrai que son bilan pour la classe ouvrière était indéfendable : huit millions de pauvres, trois millions de précaires, trois millions de temps partiels, cinq millions de chômeurs, et des salaires de misère pour la majorité des salariés. Et malgré cela une partie de ces laissés pour compte a voté pour lui, car il fait quand même le score inimaginable de 48%. Allez comprendre ! Si seulement ceux pour lesquels il défend les intérêts avaient voté pour lui, il aurait fait 3% et aurait été éliminé dés le premier tour. Comme dit Chomsky « si les gens pensaient tout changerait ».

C’est vrai aussi qu’en l’espace de quelques années, il avait réussi un véritable tour de force  : transformer les opprimés et les déshérités en ennemis des classes populaires. La femme de ménage épuisée était remontée contre le RMIste, l’ouvrier au chômage haïssait le travailleur étranger, les militants syndicaux étaient montrés du doigt et le fonctionnaire traité de privilégié. Diviser, diviser, pour détourner l’attention du citoyen et faire des cadeaux aux copains. Sarkozy nous a manipulés et endettés délibérément ! On se rappellera aussi que Sarkozy fut le premier Président de la Vème République à appeler l’extrême droite à voter pour lui.

Le ralliement de Bayrou a-t-il pesé dans la balance ? François anticipe-t-il les difficultés de François dans les mois à venir, pour se poser en interlocuteur incontournable ? Mais que les électeurs de Bayrou se rassurent, Hollande n’est pas plus à gauche que le plus à gauche du Modem, et je suis même sûr que sur certains sujets il est plus à droite que le Béarnais  ! Qui est le vrai Hollande ? Quel sont ses intentions ? Pour qui gouvernera-t-il ?

Car n’oublions pas qu’Hollande fait partie d’une famille politique qui a accompagné le libéralisme. Le PS en a favorisé l’avènement par ses capitulations successives et ses décisions qui ont libéré les flux financiers. Il a mis en œuvre une politique qui a été douce pour les détenteurs de stock-options, qui a privatisé à tour de bras, qui a œuvré avec zèle pour l’Europe du libre-échange et de la finance toute puissante. Au gouvernement, les socialistes font des cadeaux de riches aux riches et des cadeaux de pauvres aux pauvres. Seulement les cadeaux pour les pauvres ne durent jamais très longtemps et la contrepartie est toujours douloureuse !

Mais Hollande a une lourde responsabilité, l’Europe va vouloir des gages, l’Europe des capitalistes veut notamment la suppression du CDI. Et si la politique mise en place par le PS n’apporte aucun espoir aux salariés, dans cinq ans le FN emportera la mise ! Mais ce n’est pas seulement la responsabilité du parti socialiste et de ceux qui participeront au gouvernement qui est engagée, c’est de notre responsabilité collective qu’il s’agit. Car il faut se souvenir que les grandes avancées sociales, notamment en 36, ont été arrachées par la lutte, et non par la volonté d’un gouvernement, fût-il de gauche.

Les verts iront au gouvernement, mais que fera le Front De Gauche dont la « marque » est déjà un enjeu entre le PG qui l’a déposée et le PC. Irons-nous vers une nouvelle gauche plurielle après les législatives ? Déjà, sous prétexte de faire barrage au FN, ça discute ferme pour les circonscriptions… alors qu’il n’y a pas si longtemps Mélenchon préconisait une dose de proportionnelle qui ouvrait de fait les portes au FN ! Le plus drôle c’est lorsque Pierre Laurent dit « il n’y aura ni soutien, ni participation, ni opposition » ! Ça veut dire quoi ? Simple gesticulation politicienne ?

Nous devons donc être vigilants. L’avenir ne sera que ce que nous en ferons, et pour le futur de nos enfants et petits enfants, nous ne devons donner de chèque en blanc à aucun homme politique. Il faut que tous ensembles nous nous occupions de politique, sans se la faire confisquer par une poignée de professionnels qui tôt ou tard finissent toujours par nous oublier !

Robert GIL

http://2ccr.unblog.fr/2012/05/06/on-a-vire-sarko-surveillons...

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5 mai 2012 6 05 /05 /mai /2012 09:41

Tribune de Gérard Filoche, inspecteur du travail, publiée dans le quotidien l’Humanité du 2 mai 2012

 

Le “vrai” travail ? Celui des 600 accidents mortels, des 700 suicides, des 4500 mutilés au travail par an ? Celui des droits violés, des licenciements sans motif et des heures supp’ impayées ?

 

Le « vrai » travail ?  Celui des maladies professionnelles, des 100 000 morts de l’amiante, TMS, surdité, cancers, qui augmentent, sont sous-déclarées, sous réparées.

 

Le « vrai » travail ? Celui dont Sarkozy a diminué le niveau des indemnités journalières en cas d’arrêt forcé pour accident du travail ?

 

Le “vrai” travail ? 150 000 accidents cardiaques et 100 000 accidents vasculaires par an dont entre 1/3 et 50 % liés au travail…

 

Le “vrai” travail ? Ce jeune ascensoriste de 26 ans écrasé par l’engin qu’il réparait, à cause de la compétition sauvage « libre et non faussée » entre Otis, Koné, Schindler et Thyssen

 

Le “vrai” travail ? Et les milliers d’ouvriers désamianteurs que Sarkozy laisse en ce moment mourir sans protection par refus d’un moratoire alors que de récentes études scientifiques ont découvert des nouvelles fibres cancérogénes ?

 

Le « vrai » travail ? Celui de l’ouvrier de 55 ans devant son marteau piqueur ?   De l’instituteur de 62 ans pour sa 41e rentrée devant sa classe d’enfants ?   De l’infirmière qui soigne encore à 65 ans ?   De ceux pour lesquels le travail est devenu si pénible physiquement et mentalement depuis le report de l’âge de la retraite ?

 

Le “vrai” travail ? Celui des mini-jobs, des stages, des 800 000 emplois saisonniers, des millions d’intérims et de CDD à répétition ?  Celui des millions de précaires ? « La vie, la santé, l’amour sont précaires…  pourquoi le travail ne le serait-il pas? » (Parisot)

 

Le « vrai » travail ? Celui des millions de travailleurs pauvres qui n’arrivent pas à se loger et à vivre décemment avec leurs salaires, ceux qui dorment dans mobiles homes, qui mangent des pâtes à partir du 10 du mois, et n’ont de la viande que 3 fois par mois, que les « franchises » empêchent d’aller chez le toubib, et qui ne peuvent se payer ni le dentiste ni des lunettes  ?

 

Le “vrai” travail ? Celui des travailleurs handicapés exclus du dispositif retraite anticipée et pour lesquels les patrons paient une faible taxe plutôt que de les embaucher

 

Le « vrai » travail ? Celui du milliard d’heures supplémentaires non déclarées, non majorées, non payées attribuées à ceux qui ont un boulot au détriment de ceux qui n’en ont pas ?

 

Le « vrai » travail ? Celui des femmes qui gagnent 27 % de moins que les hommes ?  85 % des temps partiels sont des femmes non qualifiées, ont elles un « vrai » travail ?

 

Le « vrai » travail ? Celui des jeunes à 25 % au chômage et à 80 % en CDD ?

 

Le « vrai » travail ? Celui des immigrés, forcés à bosser sans droits et sans papiers par des esclavagistes et marchands de sommeil bien franchouillards ?

 

Le « vrai » travail  ? Celui des seniors licenciés, 2 sur 3 à partir de 55 ans et qui ne peuvent cotiser que 35 annuités alors que 42 sont exigés dorénavant pour une retraite décente ?

 

Le « vrai » travail ? Celui du partage féroce et forcé du temps de travail entre sur-travail sous-travail et sans-travail, avec des centaines de millions d’heures supplémentaires, trois millions de temps partiels à 60 % subi,  cinq millions de chômeurs ?

 

Le « vrai » travail ? Celui des 1 à 4 millions de travailleurs du dimanche (essentiellement des femmes pauvres et précaires), des 4,3 millions qui travaillent de nuit, de ceux qui subissent des horaires postés, 3X8, 4X8, modulés, annualisés, flexibilisés au détriment de leur vie de famille ?

 

Le « vrai » travail ? Celui des restaurateurs dont 1 sur 4 utilisent des clandestins, non déclarés dans le fond de leur cuisine ?

 

Le “vrai” travail ? Celui  d’exploitants agricoles qui tuent des inspecteurs du travail pour pouvoir abuser d’immigrés clandestins ?  Tandis que des petits agriculteurs et ouvriers agricoles exploités par les intermédiaires et grands commerces survivent dans la misère.

 

Le “vrai” travail ?  Celui des manœuvres, la « viande » que méprisent les contremaîtres dans les grosses entreprises de BTP ?

 

Le “vrai” travail contre le droit du travail ?  Celui qui ne fait jamais grève, qu’on ne voit jamais manifester, qui n’est pas syndiqué, qui piétine son collègue ? Le pauvre exploité apeuré qui  souffre, se tait, et approuve son patron comme une dinde qui vote pour Noël ?

 

Le “vrai” travail « sans statut » ? « La liberté de penser s’arrête là où commence le Code du travail » selon Mme Parisot. Et la mise à mort du statut de la Fonction publique par une « RGPP » indigne ?

 

Le « vrai » travail ? Pas celui des fonctionnaires, car naturellement ces gens-là ne travaillent pas… ce sont des boulets improductifs selon Sarkozy.

 

Le « vrai » travail… sans loi ?  Celui sans état de droit dans les entreprises,  sans protection des contrats,  sans promotion dans les carrières, sans garantie de l’emploi ?

 

Le « vrai » travail sans protection sociale ? Sans salaire brut, sans cotisations, ce que Sarkozy rebaptise « charges sociales » et qu’il veut abaisser, le Medef réclamant leur suppression?

 

Le « vrai » travail ? Celui des conventions collectives, vieillies, foulées aux pieds par un patronat qui ne les négocient plus ?

 

Le “vrai” travail sans syndicat ?  Mais sans syndicat,  il n’y aurait rien, pas de Smic, pas de durée légale, pas de congés payés, pas de sécurité sociale, pas de code du travail

 

Le « vrai » travail  ?  Sans CHSCT, sans hygiène sécurité, sans médecine du travail renforcée et indépendante, sans inspection du travail, alors que Sarkozy a affaibli toutes ces institutions  ?

 

Le « vrai » travail ? Celui sans délégué du personnel, sans comité d’entreprise, sans CHSCT, sans institution représentative du personnel ?

 

Le “vrai” travail ? à France Télécoms, des dizaines de suicides, faute inexcusable du patron de combat qui licencie, stresse, harcèle, casse.

 

Le “vrai” travail ? Parlons en ! Stress, risques psychosociaux, harcèlement, souffrances, suicides, chantage à l’emploi, management de combat ?

 

Le « vrai » travail ? Celui sans justice qui remet en cause les élections prud’hommes et taxe de 35 euros ceux qui sont obligés de les saisir pour faire valoir leurs droits

 

Le “vrai” travail ? Les travaux les plus durs sont les plus mal payés, restauration, nettoyage, transports, entretien, industrie.  Dans le bâtiment, 1,1 million bossent surexploités, maltraités, mal payés, accidentés, et meurent sans retraite.

 

Le « vrai » travail ? Celui des 900 000 foutus dehors par « rupture conventionnelle » de gré à gré sans motif et sans mesure sociale ?

 

Le « vrai » travail ?  Celui soumis au chantage à l’emploi, aux licenciements sans cause réelle et sérieuse, abusifs, boursiers et incontrôlés ?

 

Le « vrai » travail ? Celui soumis à la spéculation de la finance, des fonds de pension cyniques et rapaces, celui des Molex, de Sea France, de Gandrange et Florange, de Continental, Freescale, de Lejaby, de Pétroplus, ou des Fonderies du Poitou, de toutes celles et ceux qui ont du se battre pour le garder ?

 

Le « vrai » travail ? Celui des auto-entrepreneurs, un million en théorie, la moitié en réalité, qui se font exploiter comme faux salariés, à bas prix et sans protection sociale ?

 

Le « vrai » travail ?  Celui des fausses externalisations, de la fausse sous-traitance, du marchandage, du prêt illicite de main d’oeuvre, des marchés truqués  ?

 

Le “vrai” travail ? Celui qui bosse dur pour survivre misérablement ou celui qui exploite dur les autres pour vivre dans des villas dorées, avec des millions d’euros cachés aux Iles Caïman ?

 

Le “vrai” travail ? Celui des actionnaires, des rentiers, des riches, des spéculateurs, traders ou autres banksters du Fouquet’s qui gagnent 600 SMIC par an en dormant ?

 

Le travail n’a jamais enrichi personne, ce qui enrichit c’est d’exploiter le « vrai » travail des autres.

 

Le « vrai » travail ? Celui de Maurice Lévy patron qui se ramasse 16 millions d’euros d’argent de stocks option de poche pillés sur les richesses produites par les salariés et des patrons qui s’augmentent de 30 % par an.

 

Le “vrai” travail ? Qu’est ce qu’il y connaît ce cul doré de Sarkozy ?

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3 mai 2012 4 03 /05 /mai /2012 11:51

Depuis quelques semaines, le président sortant et Marine Le Pen enchaînent les attaques contre « les syndicats ». Les propos qui sont tenus sont insupportables et jettent l’opprobre sur des milliers de militants engagés sur leur temps de délégation, et très souvent sur leur temps personnel, dans le seul but de défendre les intérêts des salariés et de les organiser contre les patrons et les organisations patronales face aux projets de casse sociale. Les arguments qui sont dans l’air sont populistes, poujadiste et surtout… faux, c’est l’objet de cette note.

Non représentativité ?

Le syndicalisme français n’est pas un syndicalisme d’adhésion, donc il est vrai que seulement 8% des salariés français sont syndiqués. Pourtant, un sondage récent montre que 6 français sur 10 font confiance aux syndicats (sondage Ifop pour Sud-Ouest Dimanche). Nous sommes souvent comparés à l’Allemagne où 82% des salariés sont syndiqués ; il faut juste savoir que les victoires syndicales en Allemagne (conventions, accord d’entreprise, …) ne s’appliquent qu’aux syndiqués !!! Donc évidemment, seuls les masos ne sont pas syndiqués...

Ce qu’omettent de dire les chiens de garde de la droite et de l’extrême droite, c’est que comme en politique, ce sont les élections professionnelles qui créent la représentativité syndicale. Or, 63,8 % des salariés y ont participé durant les dernières échéances ce qui est une participation très importante. C’est donc un énorme mensonge : les organisations syndicales sont bien légitimes, peut être plus que les partis.

En effet, dans les conditions posées par Le Pen et Sarkozy, l’UMP d’ailleurs est-elle représentative ? Elle compte 171000 adhérents à jour de cotisation, c’est-à-dire 0,38% de l’électorat !!! Cela n’a pas empêché l’UMP de diriger la France pendant les 10 dernières années. Elle l’a d’ailleurs fait dans le seul intérêt des gens qu’elle représente : les riches ! Qui donc est représentatif du peuple français ? Pendant l’automne 2010 les organisations syndicales françaises ont réuni 7 manifestations avec plus de 2 millions de personnes, aucune organisation européenne n’a pu réaliser cet exploit.

« Poser nos drapeaux rouges...

Les syndicats français ont appris de l’histoire qu’il fallait maintenir une indépendance importante vis-à-vis des pouvoirs, quels qu’ils soient, des administrations et du patronat. Mais dans leur combat pour les intérêts des salariés, il est fondamental que les organisations syndicales aient la possibilité de se positionner.

Heureusement, les organisations syndicales CGT, FO, CFDT, CFTC n’ont pas attendu l’aval du pouvoir pour organiser la résistance face à l’occupant nazi et au régime de Vichy en 1940. Une part de l’Histoire française que Sarkozy et Le Pen voudraient effacer ?

Bien évidemment, le très neutre syndicat patronal Medef n’a jamais été taxé de partialité en déclarant "La capacité de Nicolas Sarkozy est exceptionnelle" (Laurence Parisot sur Europe 1 le 1/04/2012). Il est à rappeller que le Medef est l’héritier historique d’organisations syndicales comme le comité des forges qui n’avait pas choisi le côté de la Résistance mais celui de la collaboration en clamant « mieux vaut Hitler que le Front Populaire ! »

Il est bien normal que la CGT appelle à battre celui qui porte aujourd’hui la revanche des collabos, contre les syndicats et surtout contre notre système de sécurité sociale issu du Conseil National de la Résistance.

… et servir la France » ?

En défendant coûte que coûte les services publics, la sécurité sociale, la santé et l’éducation pour tous, etc, les syndicats ont un peu l’impression d’être très isolés pour justement servir les salariés de ce pays face aux différents gouvernements. Ce sont ces derniers qui explosent les acquis sociaux et les constructions sociales qui rendent la vie des Français et étrangers moins dure, et moins exposée aux désirs des marchés.

Le combat contre le paiement de la dette illégitime aux banques privées, pour étendre la sécurité sociale, pour la hausse des salaires et pour l’extension de véritables services publics porté par notre syndicat est le SEUL projet crédible et efficace face à la crise du capitalisme qui est loin d’être terminée.

Nous avons besoin de dégager Sarkozy dimanche, et de vous tous pour imposer une vraie sortie de crise par la récupération des richesses, que nous et nous seuls produisons : le fameux PIB de 2000 milliards d’euros en 2011, dont 60% nous sont retournés en salaire ou sécurité sociale, et surtout 40% accaparés par la finance !!!

C’est là le vrai problème dont Sarkozy et Le Pen ne veulent pas parler. Ils préfèrent lancer des attaques contre vos partenaires du quotidien que sont ces milliers de militants syndicaux qui vous aident et vous soutiennent tous les jours. Pour finir, essayez donc de porter aux permanences du Medef votre demande d’augmentation de salaires, votre problème de souffrance au travail ou d’injustice sur votre pension retraite, vous verrez qui sert efficacement la France d’en bas !

Un syndicaliste en colère.

http://blogs.mediapart.fr/blog/oziel1996/010512/un-syndicali...

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2 mai 2012 3 02 /05 /mai /2012 08:57

ILS ONT TOUT ACCAPARÉ, ILS NE DEVRAIENT PLUS GOUVERNER

Camarade, ceux qui monopolisent les moyens de production, les moyens de distribution et de diffusion ; ceux qui s’emparent des ressources de la nation ; ceux qui pillent les biens publics privant chacun de ses droits ne devraient plus gouverner.

Camarade, ceux qui spolient la plus-value et s’emparent des profits qu’ils thésaurisent en quantité phénoménale pour spéculer à la bourse, soudoyer le fonctionnaire et comploter avec le gestionnaire ne devraient plus gouverner.

Camarade, ceux qui asphyxient tes rêves raisonnables ne fêtent pas ce Premier Mai que nous célébrons à ta gloire – à ta résistance – à tes luttes et à l’avenir de l’humanité.

SI L’ÉCHO DE NOS LUTTES FAIBLIT, NOUS PÉRIRONS

Chaque Premier Mai succède au précédent et lui ressemble étrangement. Il est vingt-trois heures à Tokyo, la manifestation est terminée et les camarades se sont dispersés. À Shanghai, les camarades ont fermé l’usine où les briseurs de grève tentaient de s’infiltrer. À Pékin, les dazibaos dénoncent la corruption ; alors qu’à Bombay la manifestation s’ébranle, immense, pour venger le paysan « suicidé » par la pauvreté. Au même instant, à Dacca les travailleurs des ateliers de la terreur ont ameuté tout le quartier suite au dernier incendie meurtrier. Les ouvriers immigrés de Tel-Aviv commencent à se rassembler pour manifester pendant que les camarades opprimés de la Palestine-occupée préparent leurs affiches pour dénoncer. Il est seize heures et les camarades du Caire se regroupent Place Tahrir, la mascarade « démocratique bourgeoise » a assez duré. Ceux de Tunis jurent qu’on ne les y reprendra pas, alors que les camarades d’Athènes, n’ayant pas rangé leurs banderoles, sont déjà prêts pour le défilé des enragés. Il est quinze heures à Rome et le cortège est déjà imposant ; à Paris, le muguet de la journée viendra parer les révoltés. Il est quatorze heures à Londres et le Tube est bondé de camarades pressés de crier leur rage contre le chômage. À New-York, le soleil est levé sur les indignés allongés sur la chaussée des « boursiers » ; ils sont venus chahuter leurs complicités. À Montréal, le centre-ville est jonché des séquelles de l’émeute de la veille, en ce soir du Premier Mai ce sera pareil ; les camarades étudiants ne décolèrent pas. À Alma les « lockoutés » à qui on avait tout promis tiennent vigie devant l’usine paralysée. Dans quelques heures les camarades de Toronto, puis ceux de San Francisco prépareront leurs cortèges au soutien d’un florilège de revendications.

Camarade, le Premier Mai est la journée pour se compter – apprécier ses forces – jauger l’ennemi de classe, l’affronter et en découdre avec les autorités.

ILS PILLENT LE NORD

Camarade, entends-tu au nord du Nord les gémissements de la terre-mère nourricière, par-delà le 49e septentrion que leurs routes déchirent sans ménagement, que leurs voies ferrées traversent affreusement, que leurs puits perforent impitoyablement, que leurs barrages inondent inexorablement, que leurs machines meurtrissent cruellement et que les « suicides » endeuillent – les jeunes « sauvages » particulièrement – tristement ? J’enrage, camarade.

Camarade, comme à toi il y a longtemps, ces usurpateurs ont promis des investissements et garanti des emplois, et comme à toi au présent, ils offriront exploitation et spoliation, et notre avenir n’en sera que plus languissant.

Camarade autochtone, ceux de ta tribu bloquent les routes et repoussent ces intrus, derniers « occupants » avides venus du Sud avec leurs lourds équipements, destructeurs du pergélisol fragile qui retient les gaz aux effets de serre, et que les premiers occupants n’avaient jamais perturbé. Camarade autochtone, ceux-là ne sont pas tes invités sur la terre de l’hospitalité.

Camarade, en ce Premier Mai n’as-tu point convenu avec ton frère amérindien de barrer le chemin à tous ceux venus du Sud et des confins de la Terre piller la terre-mère et ses richesses pour tenter de raccommoder leur système en déclin ?

ILS DÉTRUISENT L’ENFANCE

Camarade, ce Premier Mai, vois-tu l’enfant soldat enrôlé – contre son gré – se muter meurtrier ? Les capitalistes miniers prennent l’or, extirpent le diamant, extraient le minerai, colonisent l’arrière-pays, puis s’enfuient, laissant la misère mortifère recouvrir la terre-mère d’un linceul amer après avoir détruit l’enfance et sa conscience.

Camarade, as-tu chanté avec l’étudiant chassé de l’université, outragé, humilié, que ni métier ni carrière ni salaire, que rien n’attend hormis l’endettement et le désœuvrement ?

Camarade, as-tu entendu le chauvin crier haut et fort son refrain à propos de « la nation en danger », son antienne du pays puissant, haïssant l’autre – l’immigrant différent – si pareil pourtant, dans sa misère et ses tourments ?

ASSEZ, C’EST ASSEZ

Camarade, ce Premier Mai, nous sommes des milliers de milliers à marcher, à manifester, à hurler, révoltés. Ceux-là doivent s’effacer maintenant qu’ils ont tout saccagé, tout raflé ce que leur système pourri pouvait engendrer de richesse outrageante, ne léguant que pauvreté humiliante, détresse affligeante, misère infamante et famine dégradante au milieu de guerres horrifiantes.

Du Levant au Couchant, des pôles à l’équateur, leur monde tremble sur ses bases. Ce n’est pas encore la lutte finale mais ça ne saurait tarder. Camarade, c’est le Premier Mai et nous les confrontons, notre courage dans une main notre drapeau dans l’autre, et nous comptons qu’un jour ce sera l’éruption de la fin...

Assez de découragement, assez de craintes, assez de compromis, assez d’attente vaine. Ils n’ont rien à offrir. Alors que font-ils à la tête du gouvernement, que font-ils à l’administration des banques, que font-ils à la direction des usines, que font-ils à la gestion des services ? Ils ont eu tout le temps voulu pour sortir de la crise et faire fonctionner leur système d’exploitation et d’oppression ; qu’ils se retirent, avant qu’on ne les récuse.

Toi camarade, fossoyeur de cet univers de guerre, de pauvreté, de haine et de famine ; toi l’accoucheur d’un monde nouveau de paix, de fraternité et de prospérité, qu’attends-tu ? Le Premier Mai est parmi nous…c’est un joli nom camarade aux cent fleurs du mois de Mai !

Robert BIBEAU
http://www.legrandsoir.info/c-est-un-joli-nom-camarade.html
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27 avril 2012 5 27 /04 /avril /2012 11:55

logo-FSCL'Union européenne « n’est pas ce qu’en disent en général ses promoteurs, un moyen d’améliorer le niveau de vie général des populations. C’est une entente, une association des grands capitalistes en vue d’essayer de surmonter leurs contradictions et de renforcer leur puissance sur le dos des masses exploitées. » (B. Frachon, 1962)

 

Alors que c'est au nom de l'Euro et des déficits que sont imposés, aujourd'hui en Grève ou en Espagne, demain en France, des reculs sans précédent pour les travailleurs, le Front Syndical de Classe publie ces extraits d’un discours prononcé par Benoit Frachon, alors secrétaire général de la CGT, en 1964 devant le Conseil général de la Fédération Syndicale Mondiale. Ces paroles font  ressortir la terrible responsabilité et les reniements de ceux qui, aujourd’hui, ne jurent plus que par la Confédération Européenne des Syndicats, laissant le champ libre à l'extrême-droite pour récupérer et détourner l'opposition ouvrière et populaire à l'Europe du Capital.

 

« Au cours de ces dernières années, la constitution du Marché commun a été présentée comme répondant aux nécessités du développement économique et social de l’heure, comme une réalisation qui apportera le bien-être aux peuples intéressés. On a même flatté les sentiments profonds de la classe ouvrière pour un rapprochement entre les peuples, en la présentant comme un pas vers l’internationalisme.

 

La CGT a dénoncé ces mensonges et mis à jour le caractère impérialiste de cette opération des monopoles qui ne visait ni au bien des peuples ni à l’amélioration des conditions de vie et de travail des prolétaires ni à l’établissement d’une amitié entre les peuples favorables à la paix, mais uniquement aux intérêts des capitalistes, placés dans les conditions actuelles, devant la nécessité d’une concentration industrielle et bancaire de plus en plus impérieuse.

 

L’une des objections qui était faite à notre position par ceux qui étaient impressionnés par les campagnes en faveur du Marché commun, ou qui estimaient qu’on pouvait infléchir la position des monopoles, était que nous tournions le dos à l’histoire, que nous nous opposions au progrès de la société humaine en nous opposant au développement et à la concentration des moyens de productions.

 

Le problème est, pour les organisations ouvrières, de prendre résolument la défense des travailleurs et des masses populaires qui sont appelés à faire les sacrifices de cette opération des monopoles, et non de justifier ou d’admettre, si peu que ce soit, sous prétexte que cette concentration est inévitable en régime capitaliste, les opérations réactionnaire qu’elle appelle.

 

Le Marché commun n’a pas et ne pouvait pas aboutir à l’amélioration de la situation de la classe ouvrière. Il l’a aggravée. Le Marché commun, sous le signe des monopoles, ne pouvait pas ne pas aboutir à ce que ces derniers dominent de plus en plus l’Etat dans chacun de ses pays où tous les gouvernements exécutent désormais fidèlement leur politique.

 

La domination des monopoles qui a abouti, dans tous les pays du Marché commun, à l’installation de gouvernements à leur dévotion, est une menace permanente pour les libertés ouvrières et démocratiques. Les mesures déjà prises, celle dont on nous menace en permanence contre le droit de grève, deviendront de plus en plus la règle commune au fur et à mesure que s’exacerberont les antagonismes de classe.

 

C’est seulement ainsi qu’on peut amener la classe ouvrière, alliée aux autres travailleurs à la seule solution possible du problème : l’élimination des monopoles.

 

Le vrai problème pour les organisations ouvrières est donc celui de briser cette puissance que constituent les monopoles et de les priver de leurs moyens d’action.

 

Nous le disons très franchement aux militants des organisations qui participent aux institutions du Marché Commun, nous n’avons aucune confiance dans la possibilité de transformer ces organismes, de les infléchir vers une politique différente.

 

Quelles que soient les modifications qui puissent leur être apportées, ils poursuivront leur politique actuelle aussi longtemps que les représentants des monopoles et les gouvernements à leur dévotion en seront les animateurs et les bénéficiaires. Ce n’est ni dans ces organismes, ni au simili parlement de Strasbourg, que sont élaborées les décisions à prendre et les orientations à donner. C’est dans les conseils d’administration des Banques et les hautes sphères dirigeantes des monopoles que tout est réglé selon un principe immuable : servir les intérêts des potentats modernes, même en écrasant tout ce qui s’y oppose. C’est à ces directives qu’obéissent, et les fonctionnaires les plus hauts placés, et les représentants des gouvernements. Les projets et les plans qui ne répondraient pas à ces données n’ont aucune chance de voir la moindre application, car ce sont eux-mêmes, les monopoles et les gouvernements, qui sont chargés de cette application.

(…)

 

Cela nous amène à donner notre opinion sur les questions de supranationalité et du fétichisme créé autour de la « nation européenne », voire des Etats-Unis d’Europe.

 

Nous n’avons pas le droit de nous griser de paroles et de prendre des rêves pour des réalités. Les nations existent avec leur histoire, les traditions dans lesquelles elles se sont formées, leurs coutumes, leur culture, leur langue, leur développement économique et social, différent d’un pays à l’autre, et par conséquent avec des besoins différents.

 

Pour parvenir à des progrès, il faut aussi, dans chaque pays, changer les gouvernements domestiques des monopoles. La classe ouvrière ne peut le faire seule. Elle doit réaliser l’alliance avec les autres couches sociales victimes des monopoles et les conditions de cette alliance sont nécessairement différentes dans leurs détails, d’un pays à l’autre. Il est peu, ou même pas du tout probable que de tels changements surviennent en même temps dans tous les pays du Marché commun mais un succès dans l’un de ces pays aidera à faire avancer les autres dans ce sens.

 

Est-ce faire preuve de nationalisme ou bien plutôt d’un souci des réalités que de tenir compte de ces faits ? Est-ce servir les intérêts profonds des travailleurs et des peuples des pays du Marché commun, que d’adopter le cosmopolitisme des monopoles dont la patrie se trouve partout où ils réalisent des profits ?

 

Nous nuirions à la collaboration fraternelle des peuples, nous retarderions l’union ouvrière pour le progrès, pour la liberté et la paix, si nous laissions croire un seul instant que dans l’Union européenne que les capitalistes veulent réaliser, il y a la moindre parcelle de cet internationalisme auquel aspirent les travailleurs. Nous devons au contraire démasquer leurs subterfuges et expliquer que les Etats-Unis d’Europe dont parlent d’abondance les représentants les plus typiques des monopoles, ne seraient qu’une simple association réactionnaire d’exploiteurs unissant leurs efforts pour maintenir les peuples sous leur domination, et empêcher l’évolution de la société vers le socialisme, vers une véritable collaboration fraternelle des peuples. »

 

http://www.frontsyndical-classe.org/article-ue-une-association-de-malfaiteurs-104113352.html

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