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3 mai 2013 5 03 /05 /mai /2013 11:02

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Contre l’austérité,

Contre les licenciements et les fermetures d’entreprise

Contre le chantage aux fermetures pour faire accepter les régressions

Contre l’accord scélérat signé et revendiqué par la CFDT

Contre la politique d’un gouvernement tournant le dos à ses engagements de campagne électorale et soumis aux diktats des marchés financiers et de l’Union européenne !

Pour la solidarité internationale et la paix !

C’est tout cela qui s’est exprimé dans les manifestations du 1er mai, les PSA d’Aulnay aussi déterminés après plus de 3 mois de grève dénonçant avec force les dirigeants de PSA !

Donc un premier mai combatif et offensif (280 rassemblements dans tout le pays, Florange et le "Festival des entreprises en lutte...) loin de la peinture de désolation dessinée par la plupart des grands médias et leur soutien appuyée au FN :

Public Sénat la télé publique la veille du 1er mai mettant en exergue la division syndicale et affirmant dès avant " Le traditionnel rassemblement du FN risque ainsi d’être plus imposant que ceux de la gauche." !

BFM la télé des patrons diffusant durant plus d’une demi heure, en direct le discours de Marine Lepen.

Pour les forces réactionnaires il s’agit de casser la montée de la résistance des travailleurs, de dévaloriser les luttes et les rassemblements contre la casse sociale et de faire monter l’extrême droite comme recours.

Plus que jamais ce sont les luttes rassemblées, coordonnées, déterminées des travailleurs, le TOUS ENSEMBLE pour défendre et étendre les droits conquis qui constituent l’issue à la crise bien loin du syndicalisme rassemblé et du dialogue social destinés à faire consentir les travailleurs aux attaques violentes dont ils sont victimes!

 

Le Front Syndical de Classe

2 mai 2013


Merci aux militants du Front Syndical de Classe (dont de nombreux nouveaux adhérents) présents notamment à Paris et Marseille pour distribuer tracts et journal et animant de nombreuses discussions avec les manifestants.

http://www.frontsyndical-classe.org/article-premier-mai-de-combat-et-de-colere-117520253.html

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30 avril 2013 2 30 /04 /avril /2013 11:53

Il est grand temps de rendre sa véritable signification au premier mai. 
Fêter les travailleurs et la réduction du temps de travail est une chose, fêter le concept abstrait du travail en est une autre, la preuve?  

1er mai 1886 : Deux cent milles travailleurs Étasuniens obtiennent la journée de huit heures. Les autres manifestent, les jours suivants la répression fait une dizaine de morts et cinq syndicalistes anarchistes innocents sont pendus.

1er Mai 1891 : Seconde "Journée Internationale de mobilisation pour les huit heures", instaurée par la deuxième Internationale Socialiste. La répression fait neuf morts en France.

1er Mai 1892 : La "Journée Internationale des Travailleurs", est maintenant célébrée dans l'ensemble du monde industrialisé.

1er Mai 1920 : Première "Fête des Travailleurs" en Russie, décrétée par les bolchéviques.

1er mai 1933 : Premier "Jour du Travail" en Allemagne nazie, instauré par Goebbels.

1er Mai 1941 : Première "Fête du Travail et de la Concorde Sociale" en France sous Pétain.

En clair, depuis près de septante ans, la gauche perpétue le détournement sémantique nazi de la fête des travailleurs!
Pour combien de temps encore?

http://lafourmirouge.blogspot.be/2013/04/1er-mai-fete-des-travailleurs-pas-du.html

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29 avril 2013 1 29 /04 /avril /2013 09:11

Madame la ministre,

Suite à la diffusion mercredi 24 avril par le site Atlantico d’une vidéo d’images soustraites à l’intérieur de notre local syndical, vous avez cru devoir saisir le Conseil supérieur de la magistrature pour apprécier s’il y a eu « manquement à la déontologie ».

Vous avez déclaré, dans un communiqué de presse et devant le Sénat,  « condamner cette pratique », vous avez exprimé « votre consternation face  à ce comportement » et considéré qu’il s’agissait « d’un acte insupportable, stupide et malsain ».

Quelle pratique ? Celle d’un journaliste qui filme en cachette l’intérieur d’un local syndical privé à l’insu de ses occupants ?

Quel acte ? Celui d’un site en ligne, proche de la droite la plus dure, qui décide  de diffuser ces images qu’il sait soustraites ?

Quel comportement ? Celui d’une certaine droite prompte à instrumentaliser cette « révélation » à des fins bassement politiciennes pour décrédibiliser ceux qui combattent avec force leurs idées depuis des années ?

Et bien non, tout cela ne semble pas vous avoir choquée …

Vous avez au contraire cédé à la pression de ceux-ci et choisi de vous en  prendre à l’expression en privé d’une opinion – lapidaire et caricaturale certes mais qui n’a rien à envier aux propos publics outranciers de certains à notre égard – concernant ceux dont nous dénoncions les propos, les actes ou les prises de position.

Souhaitez-vous donc réglementer la liberté d’opinion des syndicalistes, définir les standards de l’affichage autorisé dans les locaux syndicaux, voire même encadrer la liberté des magistrats que nous sommes s’exprimant dans la sphère privée ?

Vous prétendez, dans votre communiqué, que « le devoir de réserve des magistrats suppose la retenue même dans le cadre de l’expression syndicale ».

Quelle expression syndicale, Madame la ministre ?

Des propos satiriques tenus en privé par des syndicalistes dont personne d’autre qu’eux n’auraient dû avoir connaissance sans cette soustraction d’images ? Cette violation de notre sphère privée syndicale n’est pas « une expression syndicale », laquelle est par nature publique. Faut-il vous rappeler que dans nos prises de position publiques nous nous en sommes toujours tenus au débat d’idées ?

Quel devoir de réserve, Madame la ministre ?

Celui des magistrats ou celui d’un syndicat ?

Est-il besoin de vous rappeler que « l’obligation de réserve » ne s’applique qu’à l’expression publique des magistrats et qu’en tout état de cause, elle ne constitue ni une obligation au silence, ni une obligation de neutralité ?

Mais, au-delà des circonstances de l’espèce, et en raison de l’amalgame qui est fait entre expression privée et action syndicale, c’est bien l’expression publique syndicale et, par conséquent, le fait syndical dans la magistrature que vous remettez en question par votre saisine consternante du Conseil supérieur de la magistrature. Nous attendions plutôt de vous, Madame la ministre, que vous défendiez vous-même cette liberté syndicale.

En plus de 40 années de combats pour les droits des magistrats et les libertés publiques, le Syndicat de la magistrature a dû faire face à de multiples tentatives visant à l’empêcher de s’exprimer.

Vous venez de vous inscrire dans cette longue tradition, nous le regrettons vivement.

Nous vous prions, Madame la ministre, de croire en l’assurance de notre parfaite considération.

                                                              Pour le Syndicat de la magistrature,

                                                              Françoise Martres, présidente

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22 avril 2013 1 22 /04 /avril /2013 16:05

L’idée généralement admise est que communisme et écologie ne font pas bon ménage. La faute au bilan désastreux de l’URSS sur la question écologique et à certains courants de pensée qui refusent à Marx tout lien avec la pensée écologique. Pour eux, Marx est considéré comme un auteur mettant l’humain au-dessus de la nature et surtout le plaçant hors de toute considération écologique.

Et pourtant, l’étude précise du XIXe siècle et de la pensée marxiste prouve au contraire que l’écologie était l’une des préoccupations scientifiques et philosophiques de l’époque et de Marx, même si, il faut bien le remarquer, le terme est apparu tardivement à la fin de ce siècle.

Ainsi, le professeur Justus von Liebig, qui travaillait sur la chimie organique appliquée à l’agriculture, fut l’un des premiers scientifiques à montrer comment les plantes utilisaient les minéraux du sol pour croître. Il mit ainsi en évidence une relation entre les plantes et leur environnement. Les travaux de ce scientifique intervenaient dans un contexte de crise de l’agriculture anglaise qui connaissait un appauvrissement catastrophique des sols cultivés. Face à ce constat, le Royaume-Uni entreprit d’importer des engrais naturels du monde entier au détriment de la fertilité des sols étrangers. Justus Von Liebig ne mit pas longtemps à mettre en cause l’agriculture industrielle dans cette crise écologique.

C’est en partie sur la base des travaux de ce scientifique que Marx s’intéressa à la relation entre l’humain et la nature. Il développa ainsi le concept central de métabolisme entre l’humain et la nature. Ce métabolisme était une tentative de décrire un réseau d’échange d’énergie et de matière permettant le maintien et le développement de la vie humaine, ce qu’à notre époque on appellerait l’écosystème humain. Le travail humain y joue alors la condition générale du métabolisme entre l’humain et la nature. Comme le nid construit par le travail de l’oiseau est le résultat du métabolisme entre l’oiseau et la nature.

Au regard de la crise écologique que traversait l’agriculture anglaise au XIXe siècle, Marx, en accord avec Justus Von Liebig, montra que le capitalisme – en érigeant la ville au dépens de la campagne, ce qui favorisait l’exode rural – a provoqué une rupture métabolique entre l’humain et la nature. La ville consommait la majeur partie de la nourriture sans retour à la campagne des déchets organiques (dont les humains eux-mêmes, une fois mort). En conséquence, les sols anglais cultivés s’appauvrissaient. Et c’est parce qu’il était plus rentable de concentrer les travailleurs dans des usines et de mécaniser l’agriculture que l’exode rural vers les villes se poursuivait.

Au cœur de l’argumentation de Marx réside l’idée que l’agriculture à grande échelle interdit toute application véritablement rationnelle de la nouvelle science de la gestion des sols, « si bien que la production capitaliste ne développe pas la technique et la combinaison du processus de production social qu’en ruinant dans le même temps les sources vives de toute richesse : la terre et le travailleur » (Le Capital ; Livre 1). Enfin, on a beau prêter à Marx une foi absolue dans la réussite du progrès à résoudre les problèmes de l’humanité, il n’est cependant pas dupe : c’est « ... cette science et cette technique qui aux mains des capitalistes perturbent d’un autre côté le métabolisme entre l’homme et la terre en se transformant en une force pour l’exploitation de l’homme comme de la terre » (Le Capital  ; Livre 3).

Ainsi donc, les crises écologiques ne pourront pas être résolues sur la base du capitalisme. C’est pourquoi, pour recréer le métabolisme entre humain et nature, Marx va proposer des solutions sur la base du communisme. Il écrivait : «  du point de vue d’une organisation économique supérieure de la société, le droit de propriété de certains individus sur des parties du globe paraîtra aussi absurde que le droit de propriété d’un individu sur son prochain. Une société entière, une nation et même toutes les sociétés contemporaines réunies ne sont pas propriétaires de la terre. Elles n’en sont que les possesseurs, elles n’en ont que la jouissance et doivent la léguer aux générations futures après l’avoir améliorée en boni patres familias ». (Le Capital ; Livre 3) Dans ce sens, il prôna avec Engels « la combinaison du travail agricole et du travail industriel ; mesures tendant à faire graduellement disparaître la distinction entre la ville et la campagne » (Manifeste du Parti Communiste). Le but de ces mesures est clairement d’avoir une gestion raisonnée de la production minimisant le gaspillage de ressources naturelles.

Comme on peut le voir, Marx était loin d’ignorer l’impact de l’humain sur la nature et il recherchait des solutions pour concilier progrès scientifique et technique, et la préservation des ressources naturelles pour les générations futures. Alors en effet, fidèle à son analyse de la société, Marx place l’humain au centre de la maîtrise technique et scientifique de la nature. Cependant, il le fait en ajoutant que la prise en compte des problèmes écologiques inhérents à la production dépend du système socio­économique. Il en découle que seul le socialisme/communisme, ayant pour but non pas le profit mais le bien-être de l’humanité, peut proposer une organisation de la société qui résolve ces problèmes.

Julien Veret

http://www.lariposte.com/Marx-et-l-ecologie.html

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12 avril 2013 5 12 /04 /avril /2013 15:56

Au-delà du cas d’un individu pris la main dans le sac de la fraude et du mensonge l’affaire Cahuzac est révélatrice d’un système. C’est bien pour cette raison que "la classe politique", qui s'apparente de plus en plus à une oligarchie, peut craindre le déferlement d’un torrent de boue dévastateur.

Cette affaire est le symbole et le symptôme d’une société dans laquelle tout continue à devenir marchandise et recherche de profit sans souci de son utilisation et de son utilité. Y compris pour une certaine gauche qui a renoncé à la transformation sociale et s'est convertie au libéralisme (fut-il déclaré "social"). C’est dans les années 1980, en passant au pouvoir, qu’elle a pris goût "pour de bon" aux vertus de "l’entreprise". Depuis plusieurs décennies, ce n’est plus; de fait, l'expérience militante qui compte pour accéder aux responsabilités politiques mais le passage dans les grandes écoles.

Avec les privatisations et l’abandon progressif du service public l’État forme dans ces grandes écoles, aux frais du contribuable d’ailleurs, des "managers" et des dirigeants, qui vont faire le choix du privé plus lucratif et rémunérateur. Dans les entreprises et les services publics ils apportent les méthodes et les objectifs du privé. La fusion entre les affaires et la politique, caractéristique de la droite, s’est bien ancrée à gauche. C'est une banalité de le dire.

Cahuzac c’est UN parmi bien d'autres qui ont fait des choix par ambition personnelle et par souci de carrière en se faisant des amis partout : à droite jusque l'extrême extrême et à gauche. Et c'est la le symptôme de la décomposition même de "l’esprit public" car c’est bien en connaissance de cause de leur position sociale et de leurs valeurs (idéologiques et pécuniaires) que ces énarques et hommes d’affaires, sont recrutés pour exercer les responsabilités politiques. Ainsi le trésorier de la campagne présidentielle de Hollande ne se cachait pas d’être un homme d’affaires, et son choix comme tel par le futur président était dès lors significatif.

Ce ne sont pas les mesures de "transparence", aussi nécessaires soient-elles, qui changeront fondamentalement le système. Les privatisatio ns, la rentabilisation, les partenariats publics/privés, le respect de la concurrence "libre et non faussée", comme le proposait le TCE, portent en eux le respect des règles de "la vie des affaires" et en premier lieu le secret.

Ce n’est pas simplement la fraude qui est en question, c’est une partie de ce qui est aujourd’hui la règle. Il est légal d’exploiter, d’avoir des revenus du capital plus aisés, moins taxés que ceux du travail. Il est légal de récompenser par des primes des dirigeants même quand ils ne remplissent pas leurs objectifs, quand pour le même motif le simple salarié subordonné serait sanctionné.

À l’opposé de ce modèle, il y a – et à chaque printemps le temps des cerises nous le rappelle – la Commune de Paris, le principe d’élection et de révocabi lité des responsables politiques et administratifs, leur rémunération correspondant au maximum à celle des ouvriers qualifiés, la subordination du capital au travail, la subordination de l’argent aux besoins humains, le primat du contrôle démocratique et de la décision collective.

Ce modèle, cette utopie réaliste, quel qu'en soient les adaptations nécessaires au monde et aux techniques d’aujourd’hui, demeure une référence. Ce sont ces valeurs qui prospèrent à nouveau et qui permettent d’espérer et d’agir.

 

Colette Web

http://www.autogestion.asso.fr/?p=2959

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11 avril 2013 4 11 /04 /avril /2013 07:57
Dès la signature de l’accord conclu le 11 janvier entre le Medef et les syndicats CFDT, CFTC et CFE/CGC, patronat et gouvernement l’ont présenté comme un « compromis historique » dont le patronat et les salariés sortiraient tous deux « gagnants ». Le gouvernement a repris intégralement le contenu de l’accord signé dans son projet de loi rendu public début février et souhaite le voir adopté dans une procédure « d’urgence » au parlement en mars. La CGT et FO ont de leur côté dénoncé les nombreux reculs sociaux contenus dans l’accord et ont appelé les salariés à se mobiliser afin d’obtenir des parlementaires de gauche qu’ils s’opposent à cette retranscription dans la loi.

 

Des « avancées » ?

L’accord est divisé en deux parties, l’une censée introduire de nouveaux droits favorables aux salariés, l’autre favorisant le patronat. Mais les « avancées sociales » composent en réalité un catalogue d’effets d’annonce à la portée très limitée. Une série de mesures sont en elles-mêmes positives. Par exemple, l’accord généralise la complémentaire santé, mais elle sera financée pour moitié par le salarié et ouvre, au passage, de juteux marchés pour les capitalistes au lieu d’étendre les prises en charge de la Sécurité sociale.

L’accord contient quelques mesures en faveur des droits à la formation ou encore des « droits rechargeables » à l’assurance chômage (dans des conditions non encore définies). L’accord introduit un nouveau droit de pouvoir « tester » un autre emploi dans une autre entreprise, puis de revenir sur son poste initial si le salarié le souhaite. Il crée aussi une obligation pour le capitaliste qui ferme une entreprise de rechercher un repreneur, ou encore le droit de siéger au conseil d’administration et d’émettre un avis sur la gestion de l’entreprise. Pourtant, si des entreprises ferment, ce n’est pas parce qu’on n’a pas recherché un « repreneur » mais parce qu’il n’y a pas de repreneur, à cause de la crise. Quant à l’avis sur le fonctionnement de l’entreprise, il finira dans la corbeille des conseils d’administration qui restent sous contrôle majoritaire des capitalistes. Le contenu de ces « avancées » est donc dérisoire au regard de la situation sociale.

Mais une deuxième série de mesures présentées comme des « avancées » va même jusqu’à introduire en réalité des reculs. Par exemple, sous couvert de donner un accès permanent aux représentants du personnel et aux délégués syndicaux à l’ensemble des informations que l’employeur doit transmettre lors des consultations obligatoires, l’accord autorise l’employeur à définir ce qui est selon lui confidentiel et donc non transmissible aux salariés. Il l’autorise aussi à négocier le contenu de ces informations avec les élus, de façon moins favorable que ce que prévoit le Code du travail. L’accord glisse un cadeau financier au patronat en mettant désormais 20 % des coûts des expertises comptables demandées par les représentants du personnel à la charge des comités d’entreprise, au lieu d’une prise en charge intégrale par le patronat jusqu’ici.

Deux mesures ont été présentées comme des progrès majeurs : la taxation des CDD et une durée minimale de travail pour les salariés à temps partiel. Rien de fondamental là encore puisque les CDD ne seront pas frappés d’une nouvelle taxe, mais d’une augmentation très relative du taux de la cotisation patronale à l’assurance chômage. Surtout, tous les CDD ne sont pas concernés, seulement ceux de moins de trois mois, et encore, à l’exception des CDD conclus pour remplacer un salarié absent et à l’exception de l’intérim ! Ainsi, la mesure est très facilement contournable. Le patronat n’a qu’à conclure des contrats d’intérim en lieu et place de CDD et la mesure sera sans aucun effet sur la précarité. D’autant que ces deux types de contrats peuvent servir dans les mêmes cas de recours. Pour le temps partiel, l’accord crée une durée minimale de travail de 24 heures par semaine, ce qui n’existait pas jusqu’ici. Mais, l’accord prévoit qu’il est possible de ne pas respecter cette durée minimale notamment par accord écrit du salarié. Il suffit pour le patron d’exercer un chantage : soit le salarié accepte de travailler pour moins que 24 heures, soit il recherche un remplaçant ou quelqu’un d’autre pour occuper le poste ! Plus grave encore, cette partie de l’accord profite de l’occasion pour introduire la possibilité pour le patron de faire varier la durée contractuelle de travail des salariés à temps partiel – pour ne pas avoir à majorer les heures complémentaires – jusqu’à huit fois par an ! C’était jusqu’ici interdit par la jurisprudence. A la lecture de cette première partie de l’accord, on ne sait plus trop s’il s’agit des avancées ou des reculs !

Le patronat seul gagnant

Et pourtant, le pire est à venir. Car en contrepartie de ces prétendues « concessions » patronales, les syndicats signataires ont accepté d’introduire plusieurs mesures de « flexibilité ». Si une entreprise est confrontée à des difficultés économiques, l’employeur pourra négocier un accord d’entreprise dit de « maintien dans l’emploi ». Concrètement, il s’agit d’accepter des destructions d’acquis sociaux, des refontes à la baisse des grilles de salaire, la perte de primes et avantages acquis, etc. En contrepartie, le patronat s’engage à ne pas licencier pour motif économique durant la période couverte par l’accord (maximum 2 ans). C’est une façon de « normaliser » les accords de chantage à l’emploi qu’ont connu par exemple les salariés de Goodyear et Continental ces dernières années. Une fois signé, chaque salarié se voit proposer un avenant à son contrat de travail. S’il le refuse, le patronat pourra déroger au Code du travail en le licenciant immédiatement sans avoir à lui rechercher un poste de reclassement. Et le salarié ne pourra plus contester le motif économique de son licenciement qui échappe au contrôle du juge puisque ce motif est présumé « attesté par l’accord ».

Autre nouveau dispositif  : l’accord de « mobilité interne » qui permettra au patronat de proposer un changement d’affectation sur un autre poste et/ou une autre zone géographique (sans limitation) à un salarié. Si ce dernier s’y oppose, il sera licencié non pas pour motif économique, mais pour motif personnel (qui ouvre droit à des contreparties moins favorables pour le salarié). Le patronat pourra ainsi se saisir de ce dispositif pour contourner un « plan social ». C’est aussi un droit de modification forcée du contrat de travail pour le patronat, là où quelques limites existaient jusqu’ici, avec tous les abus que cela permettra.

Concernant les licenciements économiques, l’employeur pourra également conclure des accords d’entreprise sur le contenu des plans de sauvegarde de l’emploi (PSE) en dérogeant de façon moins favorable au Code du travail. S’il veut s’économiser le temps d’une négociation pénible avec les délégués syndicaux, il pourra même définir unilatéralement le contenu du PSE et le soumettra à l’homologation de l’administration du travail, déjà surchargée de travail et souffrant de manque d’effectif.

Le patronat pourra généraliser dans certains secteurs les contrats de travail intermittents, qui permettent d’alterner périodes de travail et périodes sans activité, avec une rémunération lissée sur l’année, ce qui augmentera le nombre des très petits salaires, par exemple dans les secteurs de la chocolaterie, des jouets, du tourisme, etc.

Et ce n’est pas tout : le contrôle du juge des prud’hommes est revu à la baisse. Le délai de contestation du licenciement économique tombe à douze mois. Les salariés ne pourront plus récupérer 5 années d’arriérés de salaire, mais seulement 3.

Cet accord, devenu projet de loi, concentre ainsi un grand nombre d’attaques contre le Code du travail. Plusieurs mesures renvoient vers la négociation avec le patron dans l’entreprise. Ceci signifie que le Code du travail cesse d’être un « bouclier », que le droit est « négociable ». Or, dans l’entreprise, le rapport de force est plus favorable au patronat. Pour conclure un accord, il lui suffit d’obtenir l’adhésion de syndicats ayant réuni 30 % des suffrages lors des élections des représentants du personnel. On sait qu’il peut s’appuyer pour cela sur des syndicats « dociles » ou achetés. Mais en instaurant toute une série d’accords censés préserver l’emploi, ces nouvelles dispositions visent aussi à exercer une pression sur les syndicats combatifs. Lorsque des licenciements économiques s’annonceront – ce qui dans la période actuelle peut frapper tout le monde – le patronat tentera de faire de la conclusion d’un accord de maintien dans l’emploi la voie normale à suivre (et donc d’imposer la casse des acquis). « Si la CGT refuse de signer, elle sera responsable de la fermeture de l’entreprise  », fera valoir le patronat. L’objectif est de tenter de diviser les salariés en jouant sur la peur du chômage.

Le programme des capitalistes

Tout ceci ne tombe pas du ciel. Ces dispositifs de propagande (la pression sur les salariés pour accepter des renoncements), d’allègement des sanctions du juge contre les manquements au Code du travail, de modification forcée du contrat de travail, d’allègement des obligations de l’employeur en cas de licenciement économique, etc., sont autant d’épines de moins dans le pied des capitalistes. La crise menace leurs profits. Leur programme est celui du chantage permanent à l’emploi : soit les droits des travailleurs et leurs acquis sont revus constamment à la baisse, soit ils iront investir leur argent ailleurs, là où les salariés sont moins payés et disposent de moins de droits pour se défendre contre l’exploitation. Dans une récente interview à la télévision, le délégué CFDT d’Arcelor-Mittal à Florange, Edouard Martin, faisait face à un intervenant qui tentait d’opposer à ses revendications la réalité implacable suivante : « la production d’acier est moins chère en Chine, il faut se rendre à l’évidence et accepter des fermetures de site sans broncher » – disait-il en substance. « Mais tout est moins cher en Chine ! » lui répondit Edouard Martin. « Qu’est-ce qu’on fait alors ? On ferme tout ici pour tout envoyer en Chine ? ». Voilà qui résume parfaitement le programme des capitalistes ! Ces derniers n’accepteront d’investir en France et en Europe qu’au prix d’immenses sacrifices pour la population. De ce point de vue, il est vrai que les dispositions de cet accord pourront « sauver des emplois ». Mais au prix d’une violente régression sociale !

Puisque François Hollande ne remet pas en cause le fonctionnement capitaliste de l’économie, il est contraint d’obéir à ses règles. Voilà pourquoi il fait sien le programme des capitalistes et propose d’avaliser les violentes attaques contenues dans cet accord. Il se cache derrière le fait que cet accord a été signé par trois syndicats. Mais les millions de travailleurs, de jeunes et de retraités qui l’ont porté au pouvoir ne l’ont pas fait pour qu’il poursuive la politique de casse sociale menée par Sarkozy.

Les syndicats

La CFDT est le principal syndicat signataire de l’accord. En portant sa signature sur ce torchon, sa direction a trahi les intérêts des salariés. Elle se comporte en agent conscient de la classe capitaliste et accepte la régression sociale. Cette signature s’ajoute à une longue série de renoncements, ces dernières années, de la part de cette centrale syndicale. Une crise interne à la CFDT surviendra tôt ou tard. Car on imagine mal les militants CFDT de Florange, par exemple, accepter le contenu de cet accord qui aura des conséquences dramatiques pour eux lorsque les nouveaux dispositifs entreront en vigueur.

Si la direction de la CGT dénonce très clairement le contenu de l’accord signé et le projet de loi, elle n’est pas non plus exempte de toute critique. En allant négocier « à froid », sans mobilisation des salariés, un projet d’accord préparé par le Medef, il était écrit que nous courrions au désastre. Nous avons perdu beaucoup de temps dans la bataille de propagande et d’explications qu’il faut livrer sur le terrain et la mobilisation en souffre. La journée d’action du 5 mars ne suffira pas. Le gouvernement est déterminé à faire adopter dès le mois de mars le contenu de l’accord par le Parlement. A dix jours de cette mobilisation, la direction confédérale n’a fait connaître aucun plan de bataille concret au-delà du 5 mars. Pourtant, chaque jour va compter. Au manque d’anticipation dont a fait preuve la direction confédérale de la CGT avant la conclusion de cet accord vient s’ajouter son absence de conduite sérieuse d’une lutte déterminée destinée à s’y opposer. Il y a pourtant urgence.

Pierre Villeret (CGT Roissy)

http://www.riposte-syndicale.fr/2013/04/accord-medef-cfdt-du-11-janvier-gagnant-gagnant-pour-le-patronat/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=accord-medef-cfdt-du-11-janvier-gagnant-gagnant-pour-le-patronat

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10 avril 2013 3 10 /04 /avril /2013 09:11

http://www.legrandsoir.info/thatcher-on-baisse-le-rideau.html

 

Face a la bienveillance politique de tout bord à l’annonce de la mort de l’ancien premier ministre britannique, voici deux réactions bien différentes, mais au combien plus justes en mémoire de tout ceux qui ont souffert et son morts a cause de son obstination et son obstination a défendre le système capitaliste et ultra libéral qui n’en fini pas de nous entrainer droit dans le mur.

Premièrement une déclaration du cinéaste Ken Loach :

"Margaret Thatcher fut le premier ministre le plus diviseur et destructeur des temps modernes : chômage de masse, fermeture d’usines, des communautés détruites, voilà son héritage. Elle était une combattante et son ennemi était la classe ouvrière britannique. Ses victoires, elle les a obtenues grâce à l’aide des figures politiquement corrompues du Parti travailliste et de nombreux syndicats.

 

C’est à cause des politiques mises en place par elle que nous sommes aujourd’hui dans cette situation. D’autres Premiers ministres ont suivi son exemple, notamment Tony Blair. Elle a tiré les ficelles, il fut sa marionnette. Souvenez-vous qu’elle a qualifié Mandela de terroriste et qu’elle a pris le thé avec Pinochet, ce tortionnaire et assassin. Comment lui rendre hommage ? En privatisant ses obsèques. Faisons jouer la concurrence et allons au moins offrant. C’est ce qu’elle aurait fait."

Deuxièmement celle de David Hopper, ancien responsable régional du syndicat des mineurs :

"C’est un jour merveilleux. Je suis ravi, Je bois un verre en ce moment précis. C’est un jour merveilleux. Je suis ravi. C’est mon 70e anniversaire aujourd’hui et c’est l’un des meilleurs de ma vie, Thatcher a fait plus de mal dans le nord-est que qui que ce soit d’autre. Il ne s’agit pas seulement des mines de charbon. Elle a entrepris de détruire les syndicats. Elle a décimé l’industrie, détruit nos communautés, l’Angleterre im¬porte maintenant 40 millions de tonnes de charbon chaque année. C’est absolument scandaleux".

 

"Nous essayons d’organiser une fête tous ensemble le jour de ses funérailles. Il n’y aura pas beaucoup de larmes qui vont couler pour elle par ici. Je ne pense pas non plus que beaucoup regarderont les funérailles à la télé, ils regarderont sans doute du foot"

Tandis qu’Hollande a salué en Thatcher " une grande personnalité"... "Celle qui fut soucieuse du rayonnement du Royaume-Uni et de la défense de ses intérêts"..., a méditer pour ceux qui se font encore des illusions sur les intentions de notre gouvernement !

Et pour savoir ou cette brave dame allait pécher ses idées je vous conseille de lire LA DOCTRINE FRIEDMAN ( lien ci-dessous), attention, c’est du lourd !

Robert GIL

http://2ccr.unblog.fr/2011/03/25/la-doctrine-friedman/

 

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9 avril 2013 2 09 /04 /avril /2013 10:10

Le pouvoir de la finance et des transnationales

 

Si le capitalisme fait système c’est qu’il résulte dans ses superstructures d’une organisation souple assurant la suprématie de son fonctionnement et les tentatives toujours renouvelées d’en résoudre les contradictions. A la différence de ce qui existait avant la 2ème guerre mondiale, et encore plus avec la fin de la parenthèse keynésienne fordiste, le pouvoir du capital dispose désormais d’une énorme bureaucratie pyramidale, horizontale et sectorielle. A sa tête cette «aristocratie» mondialisée est constituée de grandes sociétés, de banques multinationales et de fonds spéculatifs. Ce pouvoir des gérants des multinationales est organisé au sein de lieux de rencontres et de multiples organes où sont définis les stratégies à mettre en œuvre et les conflits à résoudre. On voudrait ici rappeler la fonction des plus emblématiques afin de suggérer que la rupture avec ce système, compte tenu de sa puissance et de ses moyens de rétorsion, ne peut s’opérer dans un seul pays et, à tout le moins, que les politiciens de droite et de gauche, intégrés dans ce système, sont autant de leurres pour que rien ne change.

 

Le forum de Davos, sponsorisé par plus de 1 000 grandes entreprises multinationales, est surtout un lieu de rencontres entre super-riches et gouvernants qui, entourés d’une piétaille de journaleux de connivences, orchestrent les grandes orientations de l’économie globalisée. Malgré les craquements du système on y glose sur la moralisation des excès, sur la «nécessaire croissance forte, soutenable et équilibrée» et, par voie de conséquence…. sur la réduction des impôts des plus riches et des dépenses publiques. Mais, derrière les gesticulations d’autocongratulation, cette grand’messe de la valeur actionnariale, s’esquisse, se conclut en catimini de juteuses alliances. Pour ceux qui se prétendent les «maîtres du monde», ce forum est essentiellement un lieu de socialisation des grands capitaines de l’industrie et de la finance.

 

Le G 8 et le G 20 sont aussi des lieux informels mais beaucoup plus opérationnels. Ces rencontres de chefs d’Etat les plus puissants qui doivent désormais compter avec les pays émergents (G20) tentent de résoudre, de calmer le jeu des affrontements entre puissances tout en assumant toujours la suprématie de la triade (USA/Europe/Japon) quoique avec de plus en plus de difficultés.

 

L’Organisation Mondiale du Commerce possède un pouvoir d’influence et de nuisance réel. Dirigée par Pascal Lamy (ex-dirigeant du PS), elle est chargée de libéraliser tous les échanges en incitant les pays à réduire leurs tarifs douaniers. Elle met ainsi les pays les plus fragiles sous la dépendance des pays dominants et des transnationales. Elle possède son bureau des règlements des différends qui peut imposer des amendes, des sanctions à la demande des Etats (exemples : les bananes antillaises protégées, le roquefort…).

 

Le FMI et la Banque Mondiale sont spécialisés dans les prêts dits «sous conditionnalités». Lorsque les Etats endettés comme ce fut le cas pour les pays du Sud et désormais pour l’Europe, ils appliquent des mesures «d’ajustement structurel». Pour le dire en langage clair : on vous prête à condition que vous prouviez que vous privatisez, réduisez les dépenses publiques pour être en capacité de rembourser les créanciers privés. Bref, on vous endette à des taux moindres que ceux que vous pourriez trouver sur le marché, et ce, en plusieurs fois parce qu’à chaque étape on veut mesurer la politique coercitive que vous menez. Ces politiques asphyxient par conséquent la souveraineté des Etats, organisent le pillage des biens publics ce qui permet aux multinationales d’y faire leur marché.

 

Le Club de Londres. Il s’agit d’un cartel de créditeurs constitué de grandes banques internationales. En étroite relation avec le FMI, elles s’entendent pour rééchelonner les dettes des Etats tout en s’assurant qu’à terme, leurs créances augmentées de leurs intérêts, leur reviennent.

 

L’ONU avec le poids déterminant des USA, de l’UE et du Japon (triade) et l’organisation du pouvoir que lui confère le Conseil de Sécurité (droit de veto et ce, malgré les tentatives de réformes qui dans leur dimension démocratique ont toutes avorté) fait désormais partie de la domination de l’ordre capitaliste à maintenir. Toutefois, comme l’ont prouvé le démembrement de la Yougoslavie et les guerres dites préventives (Irak, Afghanistan), l’OTAN constitue le bras armé de la puissance du maintien du système dans ses finalités néolibérales. Les fauteurs de troubles dans la marche des affaires ne doivent pas être «exagérément»  troublés. Les contradictions entre Etats, le déclin relatif des USA peuvent conduire également à des coalitions plus restreintes ou à des actions dites unilatérales pour autant comme l’a indiqué Obama que les Etats-Unis puissent les «diriger de l’arrière» (Libye, Mali).

 

Il y a bien encore d’autres organismes (Table ronde, groupe Bildenberg) (1) qui ont pour fonction de déterminer les orientations, les recommandations, exercer les pressions nécessaires au maintien et au développement du capitalisme financiarisé.

 

De fait, tous les dirigeants de ces organismes, à des degrés divers, sont les grands prêtres de l’ordre mondial réellement existant. Ils disposent non seulement des moyens du complexe militaro-industriel (1) mais surtout d’une armée de bureaucrates parasitaires, d’une armada de hauts fonctionnaires internationaux, régionaux, nationaux, de traders, de think tanks ( 3 465 à l’échelle de la planète), de faiseurs d’opinion (médias), voire d’ONG et de chercheurs serviles. Formatés dans les mêmes écoles, chantres du néo-libéralisme, sans aucune légitimité populaire, ils sont en quelque sorte les organisateurs de l’hégémonie de l’oligarchie capitaliste mondiale, les dispensateurs d’un prêt-à-penser qu’on ne saurait remettre en cause. Ils furent et sont toujours les acteurs de la formidable expansion des dérivés de crédits de ladite innovation financière, de l’effet levier… qui a conduit à la crise financière du système.

 

Ce pouvoir opaque de la «mondialisation financière» est une organisation en réseaux transnationaux et trans-sectoriels, ce qui ne signifie pas qu’elle ne soit pas traversée par des contradictions.

 

Gérard Deneux, le 3.04.2013

 

(1)    «Europe INC. Comment les multinationales construisent l’Europe et l’économie mondial » Collectif – éditions Agone

 

Pour en savoir plus :

-          «Le nouveau gouvernement du monde» de Georges Corm – éd. la Découverte

-          «Le G8 illégitime» ATTAC – éd. Mille et une nuits

-          «Au mépris du monde. G8, G20, peuples en lutte» ATTAC – éd. les liens qui libèrent

-          «OMC. Le pouvoir invisible» Agnès Bertrand – éd. Fayard

-           

Et l’article du Monde Diplomatique (avril 2013) «Les Nations Unies sous le charme du privé» de Chloé Maurel   

 

 

 

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20 mars 2013 3 20 /03 /mars /2013 16:28

Face au chômage massif ?

Des économistes allemands proposent de passer à la semaine de 30 heures

Par Rachel Knaebel (20 février 2013)

« Le chômage a atteint en Europe des ordres de grandeurs insupportables. Le chômage des jeunes est particulièrement effrayant », alertent des économistes allemands. Sans oublier les travailleurs pauvres, qui triment parfois 50h par semaine sans pouvoir en vivre. Dans une lettre ouverte, ces économistes proposent de réduire équitablement le temps de travail en passant à la semaine de 30h, sans baisse de salaires. Une proposition qui suscite le débat en Allemagne.

 

Surprise au pays du « modèle allemand » : dans une lettre ouverte aux syndicats et aux partis politiques, des économistes allemands demandent une réduction du temps de travail à 30 heures par semaine. Il n’y aura « jamais plus de plein emploi sans réduction du temps de travail », défendent les auteurs de l’appel déjà signé par plus de cent économistes, chercheurs, responsables syndicaux et quelques personnalités politiques de gauche ou indépendantes (Die Linke, SPD et Pirates). L’initiative a été discutée dans des grands journaux nationaux, de gauche comme de droite.

« L’Allemagne et toute l’Union européenne se trouvent dans une crise sociale et économique grave », écrivent les auteurs de la lettre ouverte. « Le chômage a atteint en Europe des ordres de grandeurs insupportables. Le chômage des jeunes, qui dépasse les 50 % dans certains pays, est particulièrement effrayant. En Allemagne le nombre d’emplois a certes augmenté ces dernières années, mais il s’agit en grande partie d’emplois précaires et à durée déterminée, qui ne suffisent pas pour vivre », assènent-ils, loin des poncifs répétés à l’envi par certains commentateurs français.

Allemagne : 6 millions de quasi chômeurs

« Aujourd’hui en Allemagne, si nous incluons les employés travaillant à temps partiel de manière contrainte, environ six millions de personnes sont au chômage ou sont sous-employées, poursuivent les économistes. Alors que beaucoup de personnes au chômage souffrent de dépression et de dévalorisation, les salariés doivent, eux, assumer un surcroît de travail. Comme nombre d’études scientifiques le montrent, le stress, le phénomène de Burnout et les maladies chroniques et psychosomatiques augmentent. Cette situation est indigne dans une société moderne du XXIe siècle. » De quoi faire écho aux débats sur l’accord interprofessionnel signé le 11 janvier à Paris.

« Près d’un million de travailleurs pauvres font aujourd’hui des semaines de 50 heures et plus pour gagner un revenu suffisant pour vivre. De plus en plus d’actifs doivent recevoir, malgré un emploi, des allocations sociales en complément. Et ceux qui n’ont rien aujourd’hui sont aussi promis à la pauvreté quand ils arriveront à l’âge de la retraite. Les conditions dans les autres États européens sont comparables, voire pires. »

Une solution : la semaine de 30h également répartie

Face à ce terrible constat, économistes et syndicalistes estiment qu’« une réduction du temps de travail à 30 heures par semaine est nécessaire et urgente. Le temps de travail moyen en Allemagne est de toute façon aujourd’hui déjà en moyenne de 30 heures par semaine, mais le travail est réparti de manière inégale [1]. L’exigence d’une semaine à 30 heures prend en compte toutes les formes de réduction envisageables (allongement des congés payés, sortie plus précoce de la vie active, années sabbatiques). Cette revendication est à poser pour tous les États européens. Car le chômage de masse est partout présent et augmente de manière dramatique dans beaucoup de pays de l’Union. »

Pour les initiateurs de l’appel, la réduction du temps de travail ne concerne plus seulement les partenaires sociaux : « Il s’agit d’un projet de la société toute entière. » Ils insistent par ailleurs sur la nécessité d’une réduction « sans perte de salaire ». « Nous connaissons les nombreux cas où les travailleurs ont fait des expériences négatives, parce que les réductions du temps de travail réalisées jusqu’ici se sont faites sans embauche de chômeurs et souvent avec une hausse de la pression au travail ». Pour eux, seule une réduction collective du temps de travail à 30 heures, à un niveau macroéconomique, est « une clé décisive, si ce n’est la plus importante, pour la perspective d’un plein emploi. »

Des réductions du temps de travail ont déjà été entreprises en Allemagne, mais au niveau d’une entreprise, avec la semaine des 28,8 heures dans certains ateliers de Volkswagen, ou d’une branche, avec la semaine de 35 heures instaurée dans les années 1990 dans le secteur de la métallurgie dans l’ouest du pays.

Rachel Knaebel

Photo : DR

Notes

[1] 26 % des actifs allemands, et 45 % des femmes, travaillent à temps partiel, contre 17 % en France, 30 % pour les femmes (source : Eurostat)

 

http://www.bastamag.net/article2948.html?id_mot=66

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8 mars 2013 5 08 /03 /mars /2013 13:48

Le 8 mars 1908, lors de la grève de l’usine textile Cotton à New York, 129 travailleuses ont perdu la vie dans l’incendie de l’établissement, où elles avaient été enfermées par les propriétaires pour éviter que leur lutte ne s’étende à d’autres usines. Deux ans plus tard, la deuxième Conférence Internationale des femmes socialistes à Copenhague, présidée par Rosa Luxemburg, décidait de fixer au 8 mars, partout dans le monde, la journée internationale de la lutte pour l’émancipation des femmes travailleuses.

Face aux problèmes économiques auxquels est confronté le monde du travail, on pourrait penser que la question féminine joue un rôle marginal dans l’affrontement de classes. Un examen plus attentif montre cependant que la discrimination contre les femmes est étroitement liée aux intérêts du système capitaliste, qui cherche à affaiblir l’unité des travailleurs. Face aux attaques du patronat, nous avons besoin d’une réponse unitaire du salariat. Cela signifie que chaque camarade, homme ou femme, doit faire face au problème de l’implication des travailleuses dans cette bataille.

 

Le double travail et le rôle de l’idéologie dominante

Les raisons des lacunes qui existent, en la matière, se trouvent principalement dans le rôle auquel est confinée la femme au sein de la société. Le premier et principal obstacle est représenté par le double fardeau travail/famille dont se charge la femme, qui allie une qualité de travail en moyenne plus faible à une certaine forme de travail domestique non reconnu et non rémunéré. D’une part, les travailleuses sont une source de profit plus élevé pour les patrons, car la plupart sont sous-payées et subissent plus largement le chantage patronal ; d’autre part, elles permettent à la classe dirigeante d’économiser des millions d’euros en services sociaux tels que les crèches, les écoles, les cantines et les blanchisseries, qui devraient être assurés par l’Etat.

Afin de perpétuer l’oppression et le système de double emploi, le capitalisme n’utilise pas seulement des propositions faussement émancipatrices (parité en politique, modèle de la femme de carrière), mais il met aussi en place des justifications idéologiques. Ainsi, comme dans le cas des immigrés, systématiquement associés à la délinquance, des stéréotypes de femmes ad hoc ont été créés. A travers les médias et l’éducation sont imposés des modèles féminins qu’une femme est amenée à suivre depuis son enfance. Déjà petites, on nous impose l’aspiration de devenir esthétiquement attrayantes et de « parfaites femmes au foyer », prêtes et disponibles à la prise en charge des tâches ménagères, des enfants et du mari, si possible avec le sourire !

Malheureusement, une partie importante des travailleurs accepte cette situation sans y voir l’horreur de l’oppression de la classe ouvrière tout entière. Les travailleurs dans leur ensemble n’ont rien à gagner de femmes produites en série, dont les préoccupations centrales seraient leur apparence physique et la procréation, alors que leur esprit est de fait stérilisé.

 

Une violence morale et physique

Aux campagnes idéologiques suit souvent une violence qui commence comme agression morale pour se transformer ensuite en véritable violence physique. Celle-ci représente actuellement la principale cause de décès chez les femmes âgées de 16 à 50 ans. En France, tous les trois jours, une femme est tuée par son partenaire. En Israël, 1 femme sur 5 est victime de viol. En Egypte ou en Inde, le phénomène du harcèlement sexuel jusqu’à l’homicide est un problème de masse, au point qu’en décembre dernier on a assisté en Inde à une explosion de révoltes populaires impressionnantes suite au viol et au meurtre d’une jeune fille dans un bus.

Ces quelques chiffres suffisent en tout cas à démontrer que la question féminine est loin d’être résolue, même dans les pays « avancés ». Par ailleurs, ce n’est pas un hasard si la majeure partie de la violence sur les femmes se retrouve précisément au sein de ces familles qui ont un bas revenu ou qui traversent une période de difficulté financière. C’est la démonstration que ce sont surtout les femmes des milieux populaires qui payent de leur propre peau la crise économique et sociale du capitalisme. Leur potentialité révolutionnaire est d’autant plus grande et décisive dans le conflit de classe.

Nous qui sommes doublement attaquées et exploitées par ce système, nous devons doublement nous battre et nous organiser pour le renverser !

Elena Odorizzi (PCF Paris 17e)

 

http://www.lariposte.com/la-journee-du-8-mars-et-la,1906.html

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