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9 septembre 2013 1 09 /09 /septembre /2013 16:39

En France, avant 1945, les retraites étaient financées par capitalisation. Cependant, la guerre a fait chuter la valeur de l’épargne et ruiné les retraités. Les systèmes de retraite par répartition ont été instaurés sous l’impulsion du CNR, les ordonnances de 1945 créent la sécurité sociale et instaurent un régime par répartition pour remédier à cette situation de pauvreté des seniors.

L’idéologie capitaliste veut nous faire croire que notre retraite est le fruit de notre travail, et bien c’est faux ! Il n’y a aucun rapport entre le fruit de notre travail et notre retraite. Le jour où l’on accepte cette vérité, l’on met un grand coup de pied au cul du capitalisme, car ça prouve qu’un système solidaire qui échappe au marché fonctionne très, très bien. Alors régulièrement l’on nous parle de croissance et l’on nous fait des projections sur la richesse qui ne sera « pas produite » dans 40 ans, pour remettre en cause notre système par répartition.

Le système par répartition veut dire que notre retraite ne nous appartient pas. A la fin de chaque mois les sommes collectées sont immédiatement distribuées aux retraités actuels, c’est un système basé sur la solidarité. La répartition c’est l’inverse de l’épargne : on cotise maintenant et on donne maintenant. C’est une énorme masse d’argent qui échappe totalement aux banques et à l’ensemble du système financier. C’est pour cela que le système par répartition est constamment et régulièrement attaqué par les ‘banksters » et leurs complices politiques. C’est pour cela que l’on met dans la tête des gens qu’ils n’auront pas de retraite et qu’il faut donc capitaliser !

Dans un système par capitalisation, c’est votre épargne qui vous sert de retraite, vous ne toucherez que ce que vous épargnez ! Cela veut dire que tous les mois vous déposez dans une banque une somme sur un plan ou un fond de retraite. Ensuite la banque place cet argent et le convertit en titres, et peut donc vous promettre 5 ou 6%. Mais un titre est une promesse sur la richesse produite dans 40 ans, et si elle n’est pas produite ou s’il y a un problème… on a déjà vu ça lors de la fameuse crise des subprimes (voir le PPS ) où des tas de retraités aux USA et ailleurs se sont retrouvés sur la paille. Vous pariez donc votre retraite sur des prévisions faites par des économistes qui deux mois avant la crise de 2008 nous disaient que tout allait bien !

Alors, soit dans 40 ans, il y aura assez de richesses produites et dans ce cas là, vous avez tout intérêt à choisir la répartition, soit la richesse n’aura pas été produite et alors vous avez tout intérêt à …garder la répartition !

D’autre part, voici un argument qui retire tout crédit à la retraite par capitalisation : L’économie fonctionne par la circulation monétaire, immobiliser des grandes masses d’argent sous forme de fonds de pension retire du marché les fonds indispensables à ce fameux marché. Oui ils peuvent être placés, mais ces placement n’ont aucune vocation à stimuler l’économie, ils n’ont que la vocation de rechercher le placement le plus offrant, quitte à couler une industrie dès qu’une autre rapporte plus. Ces capitaux instables entrainent une grande instabilité de l’économie.

Tandis que les retraites par répartition laissent tous leurs fonds en circulation, car les retraités vivent de leur retraite, donc toutes ces sommes restent en circulation sur le marché et le vivifient. La retraite par répartition est la seule logique, il reste à l’organiser, même en cas de variation du rapport entre population active et population retraitée, sachant que l’automatisation et l’augmentation de la productivité ont totalement déconnecté la richesse produite du nombre de salaries, donc l’argument comme quoi il n’y aura pas assez d’actifs pour payer les retraites de demain est une vulgaire tromperie…

Merci à Frank LEPAGE et à la scoop « le pavé »

Voir également : TOUT LE PIB POUR LA COTISATION

http://2ccr.unblog.fr/2013/08/10/tout-le-pib-pour-la-cotisation/

* http://2ccr.unblog.fr/2013/09/07/retraite-par-repartition-ou-par-capitalisation/
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2 septembre 2013 1 02 /09 /septembre /2013 22:51

Ça fait bien longtemps que je suis à la retraite, tu sais ! Je plains les jeunes d’aujourd’hui qui vont avoir bien du mal ! Tu crois vraiment qu’ils vont supprimer la retraite par répartition ?

 

Pas tout à fait. Margaret Thatcher a essayé de convaincre les ouvriers anglais de cotiser à des fonds de pension, mais ils n’y ont pas cru. Ceux qui pouvaient économiser ont acheté des maisons. Pour le capital, ce n’est pas le bon circuit. Cette tentative a convaincu les intellectuels du capital que, pour développer les fonds de pension, il faut maintenir, a minima, une retraite par répartition. Ils la veulent trop faible pour vivre, une sorte de minimum vieillesse. D’après leurs calculs, les fonds de pension comme complément à la retraite sont plus convaincants pour les salariés que s’ils représentaient la principale source de revenus. Bernard Friot explique ça dans son livre « L’enjeu des retraites ». Je vais tout à l’heure te citer des chiffres, c’est de ce livre que je les tire.

 

Mais tu vois bien qu’il y a de plus en plus de retraités, et que les gens vivent plus longtemps qu’avant ; alors forcément, les retraites vont coûter de plus en plus cher. Il faut bien une solution !

 

C’est vrai, le poids des pensions va s’accroître dans les années qui viennent. Mais il n’y a aucune inquiétude à avoir. Regarde : en 1950, les pensions représentaient 5 % du PIB. En 2000, elles en représentent 13 %. On estime qu’en 2050, ce devrait être environ 18 %. Mais le PIB lui-même double tous les cinquante ans ! Donc en 1950, le PIB était de 1.000 milliards d’euros : 50 pour les pensions (5 %), 950 pour les salaires, les investissements et les profits ! En 2000, il était de 2.000 milliards d’euros, soit 260 milliards pour les pensions (13 %) et donc 1.740 milliards pour le reste. En 2050, le PIB sera de 4.000 milliards d’euros dont 720 milliards pour les pensions et 3.280 pour le reste. Tu vois que, contrairement à la propagande du capital, la part du salaire actif et celle des investissements augmentent. La population augmente beaucoup moins vite que le PIB : on était 42 millions en 1950, on est 65 millions aujourd’hui, on sera sans doute environ 70 millions en 2050.

 

Ton PIB qui n’arrête pas de doubler, et qui grandit plus vite que la population, comment tu l’expliques ?

 

C’est que la productivité du travail s’est considérablement accrue. Dans la même heure de travail, un ouvrier d’aujourd’hui produit beaucoup plus que le même ouvrier, travaillant la même heure après guerre. Par exemple, il y avait après-guerre environ 10 millions d’agriculteurs en France. Cela représentait la moitié de la population active. Aujourd’hui, il n’y en a plus qu'un million (c'est-à-dire 3 % des actifs), et pourtant la production agricole a beaucoup augmenté avec beaucoup moins d’heures de travail. C'est-à-dire que chaque heure de travail est beaucoup plus productive : ici, presque 20 fois plus. Mais je te donne un autre exemple : actuellement, selon les chiffres de Peugeot, il est fabriqué 13.000 voitures par jour. La première Peugeot, la 201, c’étaient 13.000 voitures par an ! Et avec plus d’ouvriers que maintenant !

 

Voilà l’affaire, la production par ouvrier augmente, mais pas les salaires !

 

Tout le problème est là : la question des retraites, c’est la question des salaires. Parce que pour financer les retraites, il est nécessaire d’augmenter les cotisations. C’est la bonne solution : après-guerre, les cotisations représentaient à peu près de 5 % du salaire total. Tu sais que le salaire se compose de deux parties : d’une part le salaire net, celui qui est versé sur le compte en banque du salarié, et d’autre part l’ensemble des cotisations sociales : maladie, vieillesse, invalidité, chômage, etc. Ces cotisations sont arbitrairement divisées en deux parts : la part dite « ouvrière », et la part dite « patronale ». C’est artificiel, car l’ensemble est dû par l’employeur à son employé pour son travail. Mais ce « paritarisme » permet au patronat de se mêler de la gestion de l’ensemble de ces cotisations, qui représentent beaucoup d’argent, supérieur au budget de l’État !

 

Les cotisations pour la retraite ont plus que doublé jusque dans les années 80 où elles ont été gelées à leur niveau de 1979 pour les salaires inférieurs à 1,6 SMIC, c'est-à-dire pour plus de la moitié des salariés, le salaire médian étant à 1,5 SMIC.

 

Pourquoi ce gel ? Parce qu’augmenter les cotisations augmente mécaniquement les salaires ! C’est justement ce que ne veut pas le patronat. C’est grâce à ce gel des cotisations, et la non-augmentation des salaires, que le patronat accapare l’augmentation de la productivité.

 

Tout à l’heure, on disait que le poids des pensions allait augmenter : la question est de savoir qui va payer. Le capital, par la voix de son gouvernement, a une réponse très claire : ce seront les salariés qui paieront. Soit on augmente les salaires, et conséquemment les cotisations, soit on continue à bloquer les cotisations et on allonge le temps où il faut cotiser. C’est pour ça que je te dis que la question des retraites est en fait la question des salaires !

 

Tu sais que certains, à gauche, disent qu’en effet, il faut taxer le capital pour financer les pensions. C’est de la poudre aux yeux : s’ils veulent que le capital paye, qu’ils militent donc pour une augmentation des salaires.


D.R.

http://www.resistance-politique.fr/article-les-retraites-expliquees-a-ma-grand-mere-119723438.html

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3 juillet 2013 3 03 /07 /juillet /2013 10:32

Le débat sur la dette publique domine la scène politique française et européenne. Il ne s’agit pas là d’une question académique, mais bien politique et sociale, car elle détermine la manière dont la classe capitaliste de l’Union Européenne instaure, par l’action de la BCE et des gouvernements des Etats membres, une politique visant à faire payer la crise et porter le poids de cette dette aux travailleurs – une politique d’austérité.

La dette d’un système en crise

La vérité est que la dette publique ne nous appartient pas et n’est pas remboursable. Elle est l’œuvre du capital privé, pour lequel la dette publique est source de profit privé, raison pour laquelle la dette existe et, sous ce système, continuera d’exister. L’Etat est donc appelé à garantir les marges de profits du capital, par le biais direct des marchés publics, des grands chantiers ou de l’industrie militaire. Mais aussi comme débiteur, prêt à garantir des intérêts qui rémunèrent la finance. Le « marché de la dette » révèle donc le paradoxe de la crise du marché en général et de la manière dont le capitalisme est entré dans sa phase sénile : la « libre initiative privée », tant glorifiée, ne vit pas de sa propre initiative ! Et pourtant, les mêmes capitalistes et leurs relais médiatiques glosent sur le gaspillage public : trop de soins, trop d’éducation, trop de repos ! Aucune ressource publique ne doit être gaspillée pour garantir l’existence de l’aventurier de la Bourse ou de l’usurier bancaire.

Ainsi cette dette n’est pas la nôtre, mais celle d’une poignée de parasites qui sont les véritables donneurs d’ordre dans notre société. Elle n’est pas plus « remboursable » ; de fait, ce n’est pas le véritable objet des discussions des institutions financières, qui s’évertuent plutôt à inventer des plans garantissant que les Etats continuent à financer leur dette, en payant des intérêts. Aucun Etat européen sous la coupe des plans d’austérité n’est à même de rembourser les sommes astronomiques de leurs dettes publiques. L’exemple français est significatif : quand d’un côté Sarkozy ou Hollande peinent à dégager entre 30 et 40 milliards de coupes budgétaires sur une année, de l’autre la France continue d’emprunter 170 milliards par an aux marchés, pour une dette d’un montant total de plus de 1800 milliards fin 2012.

Une dette « illégitime » ?

La « crise de la dette » soumet les travailleurs à une pression sans précédent, avec son cortège de licenciements, de coupes budgétaires, de destruction des droits les plus élémentaires. De la même manière, elle met aussi à l’épreuve les programmes de toutes les forces syndicales et politiques de la gauche. Les capitalistes disent : « la dette doit être remboursée, coûte que coûte, grâce à des décennies d’austérité », à quoi les dirigeants réformistes répondent : « oui, la dette doit être remboursée, mais son poids doit être distribué de manière égale entre les différentes classes sociales ». Mais une fois au pouvoir, ils finissent toujours par se soumettre à leurs exigences, de la Grèce à la France.

Il existe une troisième position, à gauche : « ne pas rembourser la dette ». C’est la nôtre. Mais il existe plusieurs interprétations de ce mot d’ordre. La version qui domine les débats affirme que l’on devrait organiser un « audit » de la dette, pour comprendre quelle part de celle-ci est « légitime » et doit être remboursée – et quelle part est « illégitime » et donc à ne pas rembourser. Un tel raisonnement se conjugue souvent avec l’idée d’une réforme de la BCE, qui devrait imprimer de la monnaie pour souscrire les dettes publiques. C’est notamment la position des économistes du PCF et du PG.

Les mêmes distinguent souvent l’« économie réelle » et « la finance », et dans celle-ci la finance légitime et illégitime. Ce faisant, ils participent à l’illusion d’un possible « capitalisme vertueux ». A l’origine de cette erreur se trouve une analyse erronée de la crise et de la nature même du capitalisme. L’opposition entre secteur financier et secteur industriel de l’économie n’est qu’une mystification du capitalisme. En dernière analyse, dans l’économie capitaliste, la séparation entre argent et marchandise entraine la possibilité d’une part d’invendus. En ce sens, toute crise est au fond une crise de surproduction.

La conséquence d’une crise de surproduction

La question de la dette s’est imposée dans l’espace public au moment de l’explosion de la bulle financière en 2008. Le renflouement des banques privées par l’argent public constitue l’élément déclencheur de cette chaine de l’austérité, mais non la cause originelle. Le problème est d’expliquer pourquoi depuis les années 80 la dette publique croît dans tous les pays. C’est là le nœud du problème.

La crise a en effet provoqué une augmentation rapide de la dette publique, la tendance générale à la croissance de la dette lui préexistait. L’économie bourgeoise n’a pas d’explication à cela, le marxisme oui. Le problème est très simple : le capitalisme dans son ensemble est toujours moins productif. Les profits proviennent du travail non rétribué des travailleurs (la plus-value) ; par ailleurs, pour soutenir la compétition mondiale, les capitalistes substituent la main-d’œuvre avec des machines ; résultat : plus une économie capitaliste se développe, moins les profits proviennent de la production réelle – même si l’innovation technique atténue celle tendance. La « financiarisation » n’est qu’un faux recours, une échappatoire aussi provisoire qu’inutile pour éviter cette contradiction fondamentale du système. Les dettes découlent de la surproduction. Le capitalisme est destiné à se noyer dans les dettes.

Le non-paiement de la dette : une lutte politique pour le pouvoir

Faisant abstraction de ce lien organique entre finance et production, les réformistes de gauche professent l’idée d’un possible bien-fondé de la dette, à condition que celle-ci soit « mise au service de l’économie réelle ». C’est le schéma keynésien qui voudrait que le « rôle originel des banques » (l’investissement) ait été « dévoyé » à la fin des années 70, suite à la prise de pouvoir politique et économique des « néo-libéraux ». Cette vision ignore les rapports de classe. La reconstruction d’après-guerre nécessitait le recours à l’intervention publique, suite à l’immense destruction de capitaux lors de la crise de 29 et la guerre. Mais avec les crises des années 70, le taux de profit retombant au plus bas, un changement de politique s’est avéré nécessaire pour le capital. Les conquêtes sociales sont devenues organiquement insupportables au capitalisme, qui a imposé restructurations industrielles et déflation salariale –, et ce, grâce aux nouveaux rapports de classe, favorables au capital après les importantes défaites ouvrières partout dans le monde, fin des années 70 et début des années 80.

Il n’y a pas de solution « technique » acceptable pour le capitalisme, qui obéit à une logique qui lui est propre. « Renégociation de la dette », « défaut concordé », « droit à l’insolubilité », « BCE démocratisée »… : autant de fausses solutions qui passent à côté de la question centrale : quelle classe sociale devrait gérer un tel processus qui va à l’encontre même des intérêts de la bourgeoisie ? On comprend bien qu’il s’agit là d’une lutte politique pour le pouvoir, à laquelle les organisations des travailleurs sont appelées à répondre par un programme et une stratégie de lutte à la hauteur de la plus grave crise de l’histoire.

L’annulation de la dette, par ses implications révolutionnaires, est un mot d’ordre qu’il faut articuler à une perspective générale de transformation socialiste de la société. Ne pas reconnaitre la dette publique (exception faite de la tutelle de l’épargne des travailleurs, des retraités, etc.) implique immédiatement la nécessité de nationaliser les banques et organismes financiers, avec comme objectif de prendre en main un levier décisif pour gérer l’ensemble de l’économie. Mais on ne peut se limiter aux banques. L’intérêt public exige également de nationaliser, sous le contrôle des salariés, les grands groupes industriels et commerciaux, la propriété foncière, tous les grands moyens de production et d’échanges. Or de tels objectifs impliquent non pas la gestion « technique » d’une faillite, mais la lutte des travailleurs pour le pouvoir politique.

Pierre Ginon (PCF Paris 17)

http://www.lariposte.com/La-crise-de-la-dette-un-point-de.html

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21 juin 2013 5 21 /06 /juin /2013 11:34

Le travail ne manque pas, il suffit de le partager

La semaine de 32 heures pourrait créer des postes

Le deuxième volet de la conférence sociale doit se tenir les 20 et 21 juin prochains. Symbole du « dialogue social» tant vanté par le gouvernement, ce grand rendez-vous exclut une fois de plus les principaux intéressés : les 10 millions de chômeurs et précaires et les organisations légitimes et indispensables qui les représentent. 

L'agenda de cette grande conférence sociale pour l'emploi a été décidé à huis clos par le gouvernement et les dirigeants de  huit organisations syndicales et patronales dites « représentatives » : emploi et formation professionnelle, filières d'avenir, conditions de vie au travail, avenir des retraites, place des services publics, dans le contexte à la fois  national et européen.

Si les organisations de chômeurs avaient été légitimement consultées, d'autres thèmes cruciaux auraient été abordés. L'investissement dans la formation et le développement de l'emploi sont évidemment des priorités. Mais l'inversion de la courbe du chômage exige une politique volontariste. La réduction du temps de travail, l'adoption de la semaine de 32 heures et la création d'un droit inconditionnel à un revenu décent, sujet prioritaire et essentiel, sont pourtant totalement absentes des débats de cette conférence. 

Mieux répartir la richesse

Et pourtant le travail ne manque pas dans notre société, seuls les emplois font défaut. Il est donc plus que jamais nécessaire de réduire le temps de travail par emploi, c'est-à-dire de diviser le temps du travail pour multiplier le nombre des emplois. Cette équation suppose en parallèle une nouvelle répartition de la richesse produite dans notre pays - et au-delà - pour permettre d'obtenir un niveau de salaire décent pour chaque emploi. C'est le temps de travail qu'il faut diviser, non sa rémunération ; ce sont les emplois pour tous qu'il faut multiplier, et non les profits de quelques-uns.

La lutte pour la réduction des inégalités doit être mise au coeur des négociations engageant l'avenir économique et social du pays, et ne doit pas être séparée des politiques de l'emploi. Le résultat très décevant de la conférence de lutte contre la pauvreté de décembre dernier n'a fait que démontrer cette nécessité. 

Le plan quinquennal adopté par le gouvernement le 22 janvier dernier a été ressenti comme un affront par tous les chômeurs et précaires qui espéraient un réel « changement » : 10 % d'augmentation du revenu de solidarité active (RSA) en cinq ans, c'est tout à fait insuffisant pour répondre à l'urgence sociale. La gauche peut mieux faire. Elle doit mieux faire. Augmenter significativement les minima sociaux, tels le RSA ainsi que l'allocation de solidarité spécifique constitue un véritable choix de société. 

L'adoption d'un plan d'urgence s'avère nécessaire. Il passe notamment par la refonte du plan stratégique 2015 de Pôle emploi, devenu obsolète face à l'augmentation massive du chômage, mais aussi par un accroissement substantiel des moyens et aussi des solutions pour les chômeurs en fin de droit et toutes les personnes privées de revenu. 

C'est en 1933 qu'ont eu lieu les premières marches de chômeurs, dans un contexte de crise économique marquée par une montée de l'extrême droite. Le parallèle n'est pas fortuit. La marche des chômeurs 2013 est partie le 10 juin de Saint-Joseph, à La Réunion, où la situation du chômage est particulièrement dramatique. Elle rejoint Montpellier et Strasbourg aujourd'hui, parcourra de nombreuses villes de France et sera animée par des rencontres, débats, repas, avec des élus, des syndicalistes, des associations. Le 6 juillet, place Stalingrad, les marcheurs attendront Jean-Marc Ayrault : il n'est jamais trop tard pour entamer un vrai dialogue social !

Jacques-Henri Vandaele

Président du Mouvement national des chômeurs et précaires

lire la tribune de Laurent Gobillon, économiste, démographe et chercheur

Publié le 21 juin 2013 dans LE MONDE

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16 juin 2013 7 16 /06 /juin /2013 17:21

Une déclaration du Front Syndical de Classe

Protection sociale, retraites :

le trou du capital !

 

Ecoutez le déferlement de propagande dans nos médias !

Le trou de la sécu ! la catastrophe est imminente si on ne réforme pas !

C’est la même rengaine depuis plus de 20 ans, droite et PS confondus, depuis Rocard en passant par Raffarin, Fillon… et tous les économistes de connivence!


Un peu d’histoire pour y voir clair


Pour s’en tenir à 1993

ils s’en sont pris aux travailleurs du privé les faisant passer de 37,5 à 40 années de cotisation et en prenant pour référence les 25 dernières années au lieu des 10 meilleures .

En jurant les grands dieux pour éviter un front commun des travailleurs qu’ils ne toucheraient ni au public, ni aux régimes spéciaux. Il fallait créer une brèche pour ensuite l’élargir et s’attaquer à tout le monde !

Résultat : depuis perte des pensions par rapport au SMIC de 22% et de 16% par rapport à l’évolution des salaires


En 2003

c’est le tour du secteur public au nom de l’équité en portant les annuités pour une retraite à taux plein à 40 ans RAFFARIN et FILLON en jurant leurs grands dieux qu’on ne toucherait pas aux régimes spéciaux pour convaincre les salariés des secteurs concernés (SNCF, RATP …) de ne pas bouger ! Il fallait créer une nouvelle brèche pour ensuite l’élargir et s’attaquer à tout le monde !


En 2007

troisième agression, cette fois contre les régimes spéciaux (les 40 ans) , toujours au nom de l’équité contre les "avantages " de ces régimes en se gardant par exemple de toucher au régime vraiment spécial des parlementaires ! Et en menant une énorme campagne médiatique contre les galeux, les pelés de la SNCF et de la RATP !


En 2010

Ils s’en prennent effectivement à tous (recul de l’âge ouvrant droit à retraite à taux plein suscitant un puissant mouvement de masse (jusqu’à 3 millions de manifestants), trahi notamment par les dirigeants de la CFDT soucieux de ne pas pousser le mouvement jusqu’au bout dans un affrontement frontal avec le pouvoir sarkoziste !


En 2013

C’est le même cirque toujours au nom de l’équité pour isoler les fonctionnaires en jurant les grands dieux que les régimes spéciaux ne sont pas concernés : à l’heure de la montée des luttes à la SNCF et chez les contrôleurs aériens dressés contre l’ouverture à la concurrence dictée par l’Union européenne il s’agit de ne pas trop chatouiller le secteur.


Ils organisent les divisions : public/privé, jeunes/anciens …

Avec le même objectif, diviser, isoler, s’en prendre à tous les uns après les autres !

Ils présentent les mesures de régression sur lesquelles ils font semblant d’hésiter (porter à 44 ans progressivement la durée de cotisation, supprimer la demi-part pour la déclaration de revenu, diminuer/supprimer l’abattement des 10%, porter les 6 derniers mois des fonctionnaires à 10 ans … et mettre au même taux, la C.S.G pour les retraités (es) et les actifs) comme négociable au cours de la conférence sociale des 20 et 21 juin.


C’est l’Union Européenne qui est à la manœuvre !


Mise en scène pure alors que les lignes essentielles des contre-réformes des retraites ont été fixées depuis des années et des années au niveau de l’Union européenne (accords de Barcelone signés par Chirac et Jospin en mars 2002) et qui prévoient le recul de 5 ans de l’âge légal de départ et la marginalisation du système par répartition en faisant petit à petit monter l’emprise de la capitalisation en livrant les retraités aux compagnies d’assurances et au fonds de pension.

Et Barroso ne s’est pas privé de rappeler à l’ordre Hollande en véritable patron !

Pour tout cela d’ailleurs ils misent sur l’opposition entre générations en instillant chez les jeunes le doute quant à l’avenir de leurs droits à la retraite !


L’histoire du trou


Le déficit des caisses de retraite d’ici 2020 serait de 20 milliards.

Ils sont tous obligés de reconnaître que la cause fondamentale de ce "déficit" des caisses résulte de l’ampleur du chômage avec près de 5 millions de personnes qui devraient cotiser et qui ne cotisent plus !

Réfléchissons !

D’abord, s’ils font d’autres propositions de "redressement" (augmentation de la durée de cotisation, harmonisation par le bas du public et du privé, augmentation de la CSG des retraités, désindexation …), c’est que contrairement à ce que prétend le chef de l’état et les propagandistes de la compétitivité ils s’inscrivent dans la perspective d’un chômage de masse durable ; très durable puisque le recul significatif du chômage résoudrait immédiatement la question du "déficit" des caisses ! et à cela on pourrait ajouter l’arrêt des exonérations patronales… alors là plus aucun problème ne perdurerait.


C’est donc un choix politique !

Le choix du chômage de masse, de la désindustrialisation, de la prédominance de la spéculation financière sur les investissements productifs et la modernisation de l’appareil industriel sont des choix de classe de l’oligarchie financière et des forces politiques à leur service !

Ensuite, les 20 milliards de "déficit" seraient par ailleurs largement comblés si on s’attaquait vraiment aux vrais privilèges pour utiliser les ressources au service des travailleurs et du peuple :

La fraude fiscale des plus riches et des entreprises comme le révèle après d’autres par exemple la récente émission télévisée d’Elise Lucet dans "Cash investigation", appuyée sur le système bancaire (HSBC) nous coûte au minimum 60 à 80 milliards !


Il suffirait donc en attendant de faire reculer le chômage d’affecter une partie seulement de ces ressources récupérées sur la fraude des privilégiés pour régler la question des "déficits". Même si la question de fond est bien le fonctionnement même du système et des profits capitalistes qui ne peuvent se reproduire qu'à travers la crise permanente et le recul sans fin de tous les droits sociaux et démocratiques.


ALORS allons nous être à la hauteur pour faire face à cette nouvelle agression ?


Ce qui est en jeu, c’est notre capacité à combattre le matraquage actuel qui va s’amplifier et créer les conditions d’un puissant mouvement de résistance TOUS ENSEMBLE EN MÊME TEMPS, AVEC UNE VRAIE COORDINATION DES LUTTES et cette fois jusqu’à la victoire !


Le Front Syndical de Classe, 16 juin 2013


Conférence sociale, piège à …

La conférence sociale du 20 et 21 juin annoncée à grands cris serait censée être un espace de négociation entre le MEDEF et les syndicats.

A son ordre du jour : l’emploi et les retraites.

Décodons la mise en scène à partir de l’expérience de la première conférence qui a aboutit à la signature de l’accord sur la flexibilité du travail par la CFDT, la CGC et la CFTC le 11 janvier et à la loi votée par le parlement le 14 mai dernier.

Première phase, rapport préalable annoncé à grand son de trompette, piloté par des autorités soit-disant indépendantes (en fait des tenants de la pensée unique et des "indispensables et incontournables sacrifices à faire").

Commission Gandois pour le rapport sur la flexibilité du travail et rapport Moreau pour le rapport sur les retraites.
Pour repère signalons que, dans une brillante carrière technocratique Yannick Moreau a été nommée par décret du Premier ministre François Fillon au Haut Conseil du dialogue social en décembre 2008, où elle assure la présidence des sessions. Continuité donc assurée …

Seconde phase, matraquage médiatique
"
Il n’ y a pas d’autres solutions que d’accepter les reculs proposés" D’ailleurs les radio trottoir confirment la chose !

Troisième phase, les partenaires sociaux groupés autour du bloc réformiste dont on a organisé la représentativité majoritaire obtiennent des "compensations" aux mesures initialement annoncées ; et dans la foulée les médias proclament la signature de l’accord par les partenaires sociaux.

Quatrième phase, le gouvernement adopte le contenu de l’accord et le parlement (majorité PS flanqué du soutien critique de la droite) entérine le choix des partenaires sociaux et l’opinion publique matraquée est appelée à approuver les "réformes rigoureuses mais justes"

Nous ne prenons pas un grand risque à annoncer que le même schéma va s’appliquer à la conférence sociale des 20 et 21 juin et à ses suites pour faire approuver (c’est l’essentiel pour eux !:) une nouvelle contre-réforme des retraites déjà écrite par le grand patronat et la commission de Bruxelles.


Rien donc à attendre de cette conférence !
On ne négocie pas la régression sociale !

Pour les travailleurs et leurs organisations, l’essentiel c’est de préparer dès à présent la nécessaire lutte qui devra se développer sur la base du seul vrai levier : le rapport de forces, la construction du TOUS ENSEMBLE EN MEME TEMPS et la bataille d’idées pour débusquer les mensonges et les véritables intentions des tenants de la "réforme".

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14 juin 2013 5 14 /06 /juin /2013 10:52

Il n’est plus que jamais nécessaire de dénoncer le pouvoir de l’oligarchie mondiale subversive constituée de psychopathes complètement fous qui, pour assouvir leur soif de pouvoir et leur cupidité insatiable semblable au mythique tonneau des Danaïdes, (pour rappel, les Danaïdes étaient des femmes condamnées par les dieux à remplir un tonneau qui ne se remplissait jamais), sont prêts à tout détruire.

Il est urgent de comprendre que le mythe de l’économie de marché est vraiment cela : un mythe. C’est à dire une illusion. Allons-nous attendre d’être réduits à un esclavage abject dans un monde dévasté pour songer à réagir ?

Alors que faire ? Il y a bien des initiatives qui existent pour agir dans le sens du changement de paradigme de société. Mais elles restent encore insuffisantes. Il y a deux choses que nous pourrions faire.

La première, informer sans relâche de la nature intrinsèquement perverse de ce système d’économie de marché et son côté totalement erroné. Il est basé sur des postulats complètement faux et mêmes dangereux avec ce mythe de la croissance illimitée dans un monde aux ressources limitées. Malheureusement, beaucoup de nos concitoyens sont encore victimes de l’illusion du système et restent accros au consumérisme effréné. Témoin, il n’y a pas longtemps, l’annonce du Virgin Mégastore d’une réduction de 50% sur la majeure partie des produits vendus par l’enseigne. Ca a été une véritable ruée de centaines de personnes pour prendre absolument n’importe quoi uniquement parce que c’était 50% moins cher. Les gens se sont comportés comme des animaux affamés prêts à se battre pour se procurer ce qu’ils voulaient. Et on remarquera que, quand ce sont les soldes, on a tendance à retrouver le même comportement. Donc, clairement, nous sommes devant un réflexe conditionné dont il faut se déconditionner, et c’est le premier travail à faire : se déconditionner du système d consumérisme outrancier.

La deuxième chose, constituer des réseaux à l’échelle nationale, et même internationale, pour fédérer toutes les tentatives et initiatives locales ou régionales qui émergent en vue de changer le paradigme dominant. Tout le monde peut adhérer à ces réseaux. pas besoin d’être un grand universitaire ou une figure reconnue dans un domaine ou un autre, même si c’est très utile, personne ne doit se sentir exclu.

Tout doit être revu, débattu et remis en cause, l’économie et la finance, le commerce, l’enseignement scolaire et universitaire, la recherche scientifique, la politique et donc le système législatif aussi bien que le mode de gouvernance, le médical, l’écologie et l’agriculture, le culturel, la communication, etc. Donc, chacun peut trouver sa place.

Comprenons bien que nous n’avons plus le choix. C’est une question de vie ou de mort. Nous en sommes là.

Ou nous changeons
de paradigme de société, de modèle de civilisation en mettant l’être humain et son épanouissement sur tous les plans, du spirituel au matériel, au centre des préoccupations, ou nous nous condamnons à être des esclaves abjects dans un monde dévasté par la pollution, empoisonné par les rejets d’une industrie sans foi ni loi, d’une oligarchie de multinationales dont les dirigeants sont complètement fous et qui, à terme, détruiront toute vie sur Terre. Rappelons que ce processus est déjà bien avancé…et, regardez ce
PPS pour comprendre le conditionnement et la  manipulation de l’opinion publique.

D.POSITAIRE

Lire également : COMPRENDRE ET REAGIR

* http://2ccr.unblog.fr/2013/05/28/changer-il-ny-a-pas-dautre-alternative/
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10 juin 2013 1 10 /06 /juin /2013 10:51

L’association VISA a publié une brochure intitulée :
« FN, le pire ennemi des salarié-e-s »
Son but est d’aider les militants syndicaux à expliquer et démonter le discours du FN qui trompe les salarié-e-s au moment où ces derniers, fragilisé-e-s par la crise, le chômage, la précarité... peuvent facilement se faire piéger (19 % des ouvriers et 16 % des chômeurs ont voté FN aux régionales de 2010 !).
Alors qu’il prétend défendre les salarié-e-s, le programme du FN sur les retraites, l’emploi, les salaires, le temps de travail, le droit du travail et les syndicats est purement antisocial et particulièrement régressif.

Cette brochure décrypte le programme du FN sur ces thèmes et livre aux militants syndicaux des arguments pour combattre les idées d’extrême droite sur leur lieu de travail. 

- Cette brochure est gratuite. Deux exemplaires peuvent être envoyés sur simple indication de votre adresse postale à assovisabis@gmail.com
(Les frais d'envoi sont pris en charge par une structure syndicale membre de VISA). Pour un envoi plus important, il sera demandé une participation aux frais.
- Elle est aussi 'feuilletable' en ligne.

http://www.visa-isa.org/node/1203

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8 juin 2013 6 08 /06 /juin /2013 20:57

Comités Syndicalistes Révolutionnaires

BP3, 31240 Saint Jean

syndicalistes@gmail.com www.syndicaliste.fr

Comment vaincre le fascisme ?

Le jeudi 6 juin, un militant syndicaliste, investi dans la lutte antifasciste, est mort suite à l'agression ultra violente d'un groupe de fascistes, les JNR.

Avant même le décès de notre camarade, certains politiciens et médias s'exprimaient en faveur de la dissolution de toutes les "organisations extrémistes".

Cet amalgame est d'autant plus inadmissible que ce discours avait pour cible l'Action Antifasciste, organisation dans laquelle militait Clément MERIC. Cette manoeuvre consistait donc à faire d'une victime de la violence fasciste, un responsable de cette même violence.

Antifascisme de terrain ou de salon ?

Comment expliquer un tel délire? Faut-il y voir la mauvaise conscience de beaux-parleurs, déstabilisés par leur propre passivité face au développement de l'extrême droite en France et ailleurs?

Ce délire verbal peut-il se comprendre par l'absence de culture politique de ceux qui la propagent ?

Car comment ignorer que le fascisme a été vaincu par la violence physique. Cela a été vrai en France en 1925, en 1944 mais aussi en 1961-62 face au développement de l'OAS.

On propose aux antifascistes de baisser les mains pour laisser agir l'Etat républicain.

C'est oublier que c'est ce même Etat républicain qui s'est agenouillé face à la Révolution Nationale de Pétain en 1940.

Ce ne sont ni les partis républicains ni les médias institutionnels qui ont impulsé la lutte antifasciste dans la Résistance. L'impulsion est venue de groupes d'individus qualifiés alors « d'extrémistes ».

C'est aussi oublier que les organisations fascistes revendiquent depuis toujours la violence physique comme un axe central de leur intervention politique.

Alors comment ne pas comprendre que la lutte antifasciste s'inscrit forcement, tôt ou tard, sur le terrain de la confrontation physique ?

Ceux qui ne veulent pas comprendre cet élément objectif démontrent leur absence de réflexion et d'implication dans l'antifascisme concret, loin des débats de salon.

Depuis des mois, les agressions se multiplient que cela soit contre des homosexuels, des travailleurs immigrés, des militants mais aussi contre des locaux syndicaux.

Quelle a été la réaction de l'Etat républicain qui est supposé faire respecter les libertés démocratiques ?

L'appartenance politique de ces agresseurs est connue; ce sont des organisations qui se revendiquent ouvertement des régimes fascistes et pétainistes; ces régimes qui ont envoyé des enfants dans les camps de la mort.

Alors que faut-il de plus pour les interdire?

La passivité de l'Etat républicain nous démontre à nouveau que les organisations ouvrières doivent agir directement et sur le terrain. Notre courant syndical, présent depuis toujours dans les luttes contre l'extrême droite (affaire Dreyfus, 1924-1925, 1934-1936, 1940-1945), continuera à agir malgré les menaces de dissolution proférées par certains courants politiques.

Nous appelons les travailleurs à rejoindre les organisations syndicales afin de combattre le développement de l'extrême droite dans les entreprises et dans les quartiers. Les avancées de nos ennemis s’expliquent par nos reculs. Alors réinvestissons en masse la lutte sociale.

Le combat syndical et antifasciste de Clément continuera et triomphera !

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7 mai 2013 2 07 /05 /mai /2013 21:20

Les gouvernements de gauche qui ambitionnent de gérer le capitalisme finissent par être gérés par lui. C’est le cas du gouvernement Hollande, et toute l’expérience des gouvernements socialistes – avec ou sans la participation du PCF – atteste cette vérité. En 1981, après une première année de réformes sociales et de nationalisations, le gouvernement socialiste-communiste présidé par Mitterrand a fini par adopter une politique d’austérité. En 1997, le gouvernement de Lionel Jospin a introduit la semaine de 35 heures ; malgré les insuffisances de la loi, c’était tout de même une tentative de défendre les intérêts des travailleurs. Mais ensuite, comme pour expier sa faute à l’égard des capitalistes, il a mené le plus vaste programme de privatisations dans l’histoire du pays. Le gouvernement Hollande se distingue de ses prédécesseurs par le fait de n’avoir réalisé aucune réforme sociale significative. Dès le premier jour, sur toutes les questions fondamentales, sa politique a été calquée sur la défense des intérêts capitalistes. L’ANI ne peut qu’aggraver la précarité et la flexibilité des travailleurs, l’hémorragie d’emplois dans la fonction publique se poursuit, un nouvel assaut contre les retraites est annoncé – et ainsi de suite.

Le MEDEF, l’UMP, le Front National et tous les champions de la classe dirigeante accablent le gouvernement, lui attribuant la responsabilité de la crise. Mais la cause première de la situation économique et sociale désastreuse n’est pas la politique du gouvernement. Elle réside dans le système capitaliste, dont l’existence est désormais incompatible avec les intérêts de l’immense majorité de la population. Mais pour le « socialiste » Hollande, la propriété capitaliste des banques et de tous les piliers de l’économie nationale est sacro-sainte. Et puisque, sous le capitalisme, le profit constitue la seule justification de l’activité économique, Hollande aligne sa politique sur les intérêts de la classe capitaliste. Devant l’augmentation massive du nombre de chômeurs et la dégradation des conditions de vie de la masse des travailleurs, le gouvernement, empêtré dans le système, les abandonne à leur sort. Pire encore, sa politique d’austérité ne fait qu’aggraver la régression sociale.

Hollande nous assure qu’en 2014, l’économie croîtra à nouveau et créera des emplois. C’est un message d’« espoir » qui ne repose sur aucune réalité. Bien au contraire, tout indique que le déclin économique ne fera que s’accentuer – ainsi que le chômage et la pauvreté qui en découlent.

La crise actuelle est avant tout une crise de surproduction capitaliste : les marchés sont saturés. La demande est insuffisante par rapport à la capacité productive existante. C’est une expression, parmi bien d’autres, du caractère chaotique et destructeur du mode de production capitaliste. Dans l’industrie de l’automobile, cette surcapacité est estimée à environ 25 %. En Europe, celle-ci menace de fermeture une dizaine de sites de production majeurs. L’industrie sidérurgique serait en surcapacité de 10 %. Idem pour le raffinage. Les volumes de surcapacité varient de secteur en secteur, mais partout, pour sauvegarder et augmenter ses profits, la classe dirigeante réagit en procédant à la destruction de l’appareil productif, en exerçant une pression implacable sur les conditions de travail et en augmentant le taux d’exploitation des salariés. Les capitalistes transfèrent leurs capitaux de pays en pays, de secteur en secteur, à la recherche du profit maximal, détruisant l’économie au passage. Et ce sont les travailleurs – et l’ensemble de la société, à l’exception des plus riches – qui en subissent les conséquences.

Cette crise de surproduction coïncide avec une crise de surendettement des Etats, en Europe comme aux Etats-Unis. Pendant des décennies, des dépenses publiques beaucoup plus importantes que les revenus des Etats sont venues pallier aux problèmes sociaux et économiques engendrés par le capitalisme. Ne voulant pas taxer les capitalistes, les Etats se sont endettés massivement, au point que dans quasiment tous les pays du continent, y compris la France, la dette est hors de contrôle. La dette publique en France s’élève à plus de 1800 milliards d’euros, soit 91 % du PIB. Et malgré les tentatives de limiter les dépenses – au détriment des infrastructures économiques, des services publics, de l’éducation, de la santé, etc. – le montant de cette dette continue de croître à une vitesse alarmante. Chaque année, elle augmente à un rythme de 100 à 150 milliards d’euros. Il est évident que cette situation ne peut pas continuer longtemps sans aboutir à un effondrement économique et social comparable à ceux que connaissent la Grèce et l’Espagne. Le problème, c’est que toute tentative ne serait-ce que de réduire la hausse de cet endettement de façon significative plongerait l’économie dans une récession profonde.

En s’efforçant d’augmenter les recettes fiscales et de freiner les dépenses de l’Etat (qui ont pourtant augmenté de 14 milliards en 2012), le gouvernement ne fait que freiner davantage la demande intérieure, sans pour autant avoir un impact significatif sur l’endettement public. Sans une réduction draconienne des dépenses publiques – et une hausse tout aussi draconienne de la pression fiscale –, l’Etat se dirige tout droit vers une crise de solvabilité à l’Espagnole, ce qui mènera à un effondrement de l’économie. Mais en réalité, toute tentative d’appliquer ces « remèdes » précipitera l’économie immédiatement dans un effondrement tout aussi grave. Hollande n’a pas de solution à ce dilemme, parce que, sur la base du capitalisme, il n’y en a pas.

Un fossé de plus en plus large se creuse entre les classes sociales – avec, d’un côté, la concentration et l’accroissement de fortunes déjà immenses ; de l’autre, la pression constante qui mine les conditions de vie et la généralisation du chômage, de la précarité et de la pauvreté. Sur la base du déclin économique et d’une régression sociale permanente, la perspective qui se dessine pour la France – comme d’ailleurs pour l’ensemble du continent européen – est celle d’une intensification de la lutte des classes. La France entrera dans une période de grande instabilité sociale. On apprendra, au cours de cette période, que manifestations et protestations ne suffisent pas. Le mouvement aura besoin d’un programme d’action offensif, qui s’attaque à la source du problème. Tant que les banques et les grandes entreprises – et, de fait, l’ensemble de l’économie – seront sous le contrôle des capitalistes, il ne sera pas possible de résoudre les problèmes sociaux de notre époque. Le mouvement ouvrier devrait dès aujourd’hui tenir compte de cette réalité, et placer l’expropriation des capitalistes au cœur de son programme.

Greg Oxley (PCF Paris)

http://www.lariposte.com/La-faillite-du-gouvernement-de.html

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6 mai 2013 1 06 /05 /mai /2013 10:04
Note d’analyse sur l’ANI et la loi de "sécurisation de l’emploi"

Les objectifs fixés par le Ministère du travail à cette négociation interprofessionnelle sont à lire dans « Document d’orientation - Négociation nationale interprofessionnelle pour une meilleure sécurisation de l’emploi ». Ils sont rappelés dans l’exposé des motifs du « Projet de loi relatif à la sécurisation de l’emploi » : « Le premier est l’urgence d’une mobilisation de tous pour développer l’emploi et lutter contre le chômage. Il s’inscrit dans le cap fixé par le Président de la République : mobiliser les forces vives de notre pays vers des solutions nouvelles pour l’emploi ».

C’est donc d’abord par rapport à ces objectifs initiaux qu’il faut porter des appréciations sur le résultat final (l’ANI et la loi).

Les dangers ou reculs contenus dans l’ANI et la loi ont été expliqués par des associations de juristes (SAF et Syndicat de la magistrature), des inspecteurs du travail, des associations comme Attac ou Copernic et bien sur par les organisations syndicales opposées à l’ANI et à cette loi (CGT, FO, FSU et Solidaires). Il serait donc fastidieux et inutile de les rappeler ici. Voir « Analyses et réactions suite à l’Accord National Interprofessionnel du 11 janvier 2013 ».

Nous signalerons seulement un recul contenu dans l’ANI qui mériterait d’être plus souvent expliqué. Il concerne les critères d’ordre des licenciements. L’ANI autorise désormais les employeurs à prendre en compte seulement la « compétence » et plus du tout l’ancienneté et les charges de famille. Ainsi, les employeurs pourront, en toute légalité, licencier des salariés qui ont de l’ancienneté et/ou des charges de famille importantes mais qui, par exemple, osent un peu trop ouvrir la bouche sur certains dysfonctionnements de l’entreprise. Ceci conduira à un recul supplémentaire du droit à la citoyenneté dans l’entreprise. Est-ce que la loi corrige cette ignominie ? A vérifier.

Il nous semble aussi que les syndicats, partis et associations opposés à l’ANI n’ont pas suffisamment expliqué pourquoi l’ANI et la loi vont conduire à une augmentation du temps de travail et donc du chômage.

Remarques sur les négociations ayant conduit à cet ANI

Nous considérons qu’en matière d’emploi, seules des négociations quadri-partites (gouvernement, syndicats de salariés, syndicats patronaux, associations de défense des chômeurs) sont susceptibles de conduire à des compromis conformes à l’intérêt général.

La négociation entre les « partenaires sociaux » était déséquilibrée : dispersion des 5 organisations syndicales de salariés participant à la négociation, absence de syndicats importants (FSU, Solidaires, UNSA), absence des organisations de défense des chômeurs.

Pour avoir une idée de la philosophie du MEDEF dans ce type de négociation il est utile de rappeler deux formules célèbres de Laurence Parisot : « La liberté de penser s’arrête là où commence le code du travail », « La vie, la santé, l’amour sont précaires, pourquoi le travail échapperait-il à cette loi ? ».

Cet accord et cette loi permettront-ils de faire reculer le chômage de masse ?

Le ministre du Travail lui-même, Michel Sapin, a reconnu que cette loi ne fera pas reculer le chômage. Cela signifie que les objectifs fixés par le gouvernement ont été oubliés et ignorés par les signataires de l’ANI. C’est donc un échec que l’on habille maintenant du qualificatif de "grand succès de la démocratie sociale".

Aussi bien l’ANI que la loi qui en découle font l’impasse sur un partage plus équitable du temps de travail entre ceux qui se ruinent la santé au travail et les 5 millions de demandeurs d’emploi, alors même que le chômage ne cesse d’augmenter. Au contraire, les accords de « sécurisation de l’emploi » prévoiront généralement une augmentation du temps de travail, sans augmentation de salaire, pour les salariés non licenciés. Ainsi, le récent accord signé chez Renault prévoit une augmentation de 6,5 % du temps de travail. Voir en annexe d’autres exemples d’accords prévoyant une augmentation de la durée du travail.

C’est la quasi totalité des entreprises qui subissent les conséquences de la crise et pas seulement quelques-unes pour des raisons spécifiques ou passagères (manque d’innovation, manque de compétitivité, erreurs de management, ...). C’est donc dans un très grand nombre d’entreprises que seront imposées des « négociations de sauvegarde de l’emploi », donc des augmentations du temps de travail sans augmentation de salaire. Ceci conduira mécaniquement à une accélération de la montée du chômage. Exactement l’inverse de ce qu’il faudrait faire.

Remarquons au passage que l’ANI apporte un démenti cinglant à tous ceux qui, depuis 20 ans, nous répètent que la réduction du temps de travail doit être laissée à des négociations entre les « partenaires sociaux », au niveau de chaque entreprise.

Le collectif Roosevelt, par exemple, propose depuis un an « 15 mesures pour stopper la crise et créer 2 millions d’emplois en 5 ans ». Aucune trace de ces propositions, ni dans l’ANI ni dans la loi de « sécurisation de l’emploi » ! Les syndicats signataires de l’ANI feraient-ils plus confiance, pour faire reculer le chômage, aux solutions du Medef qu’aux 100 000 citoyens qui soutiennent les propositions du collectif Roosevelt ?

Les mesures élémentaires pour sauvegarder un maximum d’emplois figurent-t-elles dans l’ANI ?

Si on a le souci de l’emploi, en cas de baisse d’activité d’une entreprise, d’un secteur d’activité ou d’une filière, on commence par négocier sur des mesures temporaires qui relèvent du bon sens le plus élémentaire. Comme par exemple :

  • supprimer les heures supplémentaires (celles en dessus des 35 heures hebdomadaires)
  • recourir au chômage partiel (indemnisé par l’Etat)
  • donner le droit au temps partiel choisi à tous les salariés qui le souhaitent depuis longtemps
  • inviter au temps partiel choisi les salariés qui sont prêts à l’accepter temporairement pendant 2 ou 3 ans
  • resserrer l’éventail salaires lorsqu’il est excessif ou injustifié
  • réduire les profits distribués. Il faudrait d’ailleurs poser publiquement la question : depuis quand et pourquoi est-il devenu quasi systématique que les entreprises « en difficulté » continuent de distribuer des dividendes (2) ?
  • refuser qu’une entreprise qui supprime des postes continue à employer des salariés qui, par ailleurs, touchent des pensions de retraite confortables. Sur ce sujet, voir la pétition "Le cumul emploi retraite doit de nouveau être encadré"

Est-ce qu’au moins certaines de ces mesures de simple bon sens figurent en bonne place dans l’ANI ? Aucune n’y figure.

Cela n’a rien d’étonnant. Par exemple, le droit au temps partiel choisi est depuis longtemps refusé dans un grand nombre d’entreprises. Il est même fréquent que les DRH fassent pression sur les salariés qui travaillent à 80% pour leur faire reprendre un temps plein, y compris pour les mamans de jeunes enfants qui veulent rester à 80%.

Cet accord et cette loi viennent de loin

Dès 2007 la Fondation Robert Schumann publiait une contribution intitulée "La flexisécurité : une révolution européenne"

La revue Golias a rappelé dans un article intitulé « L’ANI correspond aux réformes structurelles imposées en Europe » les injonctions de l’OCDE, du FMI et de l’UE pour contraindre les pays à une "réforme du marché du travail". Voir sur http://golias-editions.fr/article51...

Enfin, la fameuse interview du 14 avril 2012 "Le plan de bataille des marchés : entretien avec le stratège" expliquait sans fard comment "les marchés" allaient contraindre le futur président français à cette "réforme du marché du travail"

La plupart des accords de compétitivité qui seront signés conduiront à une augmentation du temps de travail donc du chômage

Elle va amplifier la spirale de dumping social déjà bien engagée. Elle permettra à beaucoup d’entreprises de généraliser la dérégulation du temps de travail. Même les entreprises « raisonnables » seront conduites à court ou moyen terme à suivre le mouvement, sous peine de se pénaliser par rapport à leurs concurrentes déjà engagées dans ces processus de dérégulation et d’augmentation du temps de travail.

Un coup fatal porté à l’esprit de la loi dite des 35 heures

Depuis 2002, 6 lois ont été votées par la droite pour « détricoter » les 35 heures, avec l’appui explicite de certains "socialistes" comme Manuel Valls.

Ces 6 lois ont déjà fait remonter la durée hebdomadaire moyenne de 37 à 38h, soit l’équivalent de 500 000 emplois temps plein de perdu (estimation d’Alternatives Economiques)

Concernant les cadres, voir « Deux millions de salariés corvéables à merci, à cause du contrat de travail en jours ». Connaissez-vous des cadres qui peuvent aujourd’hui se permettre de postuler en refusant ce scandaleux « contrat de travail en jours sans aucune référence horaire » légalisé par la 2nde loi Aubry ... qui devait soit disant concerner quelques milliers de hauts cadres et qui se généralise toujours plus ?

La loi de « sécurisation de l’emploi » fera progressivement passer cette moyenne de 38 à 39 h. A plus ou moins long terme, ce sera 500 000 emplois supplémentaires de perdus ! La loi Sapin contribuera ainsi à enterrer définitivement l’esprit des lois Aubry de RTT pour l’emploi !

Examinons enfin les 2 points « positifs » qui seraient les contre parties des concessions accordées au MEDEF.

Sur la généralisation de la complémentaire santé

Les représentants des mutuelles sont allés voir les députés et les sénateurs pour leur expliquer que cette généralisation pourrait constituer un danger pour les mutuelles. Voir le communiqué de la Fédération des mutuelles de France "Négociation sur l’emploi : L’amélioration de la protection sociale des salariés ne peut pas se faire au détriment de la solidarité nationale"

Par ailleurs, il est très important de comprendre pourquoi le développement des complémentaires santé se fait depuis toujours au détriment de la sécurité sociale. Et qu’il faudrait au contraire renforcer la sécurité sociale parce qu’elle est plus juste et plus égalitaire, comme l’explique depuis des années le professeur Grimaldi. Explications dans « André Grimaldi : Santé, Sécurité sociale, hôpital, nous devons tout remettre à plat » et dans « Les réseaux de soins mutualistes en débat »

Sur les droits rechargeables

Les droits rechargeables devront se faire sans augmentation du coût global d’indemnisation du chômage. Il y aura donc un peu plus d’indemnisés, mais avec des taux et des durées d’indemnisation plus faibles. C’est exactement l’inverse de la "flexi-sécurité", mise en œuvre dans certains pays, qui consiste au contraire à augmenter le taux et la durée d’indemnisation pour ceux qui perdent leur emploi. En fait, 98% des éditocrates et des "experts" interviewés par les médias sont totalement incompétents sur ces sujets. L’ANI relève plutôt de la "préca-sécurité" : plus de précarité pour les salariés pour une meilleure sécurité des dividendes.

Résumé et conclusions

L’idée (louable) de certains initiateurs de cette négociation interprofessionnelle était peut-être la suivante : quand une entreprise est en difficulté financière, au lieu d’utiliser la variable d’ajustement habituelle (les suppressions de postes), il serait plus responsable de jouer sur les nombreuses autres variables : réduction du coût du capital (les dividendes), recours au chômage partiel, aux temps partiels choisis ou acceptés temporairement, à la réduction des hauts salaires avec maintien des salaires bas et moyens, etc ... L’ANI n’invite même pas à privilégier ces solutions.

Les dirigeants politiques et syndicaux qui avaient sincèrement espéré que cette négociation conduirait à des compromis utiles pour faire reculer le chômage ont oublié une chose essentielle : toutes les batailles menées depuis un siècle pour la réduction du temps de travail ont montré que la quasi-totalité des employeurs sont viscéralement et idéologiquement opposés à toute forme de partage du temps de travail. Et que le Medef saisit toutes les opportunités qu’on lui laisse pour augmenter le temps de travail. Le renoncement des responsables socialistes, depuis 2002, à assumer la bataille idéologique sur l’incontournable nécessité d’un autre partage du temps de travail fait que le Medef a gagné sans peine la bataille idéologique sur ce sujet.

Il est urgent que les forces progressistes mènent de nouveau des batailles communes pour la semaine de 32 heures, à salaires maintenus jusqu’à environ 2 SMIC. Voir par exemple "Face au chômage massif ? Des économistes allemands proposent de passer à la semaine de 30 heures".

Parce qu’elle conduira à une augmentation du temps de travail dans la plupart des entreprises où seront signés ces accords de « compétitivité » ou « de sécurisation de l’emploi », l’ANI et la loi conduiront à une augmentation mécanique du chômage.

Les gens un peu informés, de gauche comme de droite, savent que depuis 30 ans c’est le chômage de masse qui a permis de faire passer les dividendes de 4% à 8% du PIB. Et qu’il est donc totalement antinomique de vouloir en même temps sécuriser les dividendes et réduire le chômage.

Puisque les 2 objectifs sont antinomiques, le gouvernement et les parlementaires qui font les lois vont devoir choisir. Les citoyens électeurs seront en droit d’exiger de leur député qu’il exprime clairement et par écrit son choix, entre « sécuriser les dividendes » et « réduire le chômage ».

Cette note d’analyse n’engage, à titre personnel, que ceux qui en sont signataires.

André Martin (Rhône)

  • membre du collectif Roosevelt, d’Attac et du Collectif pour un audit citoyen de la dette publique
  • ancien délégué syndical CFDT, élu CE et délégué du personnel pendant 20 ans dans un grand groupe industriel

Membres du collectif Roosevelt : Béatrice Trin (Seine-et-Marne), Marc Abert (Bas-Rhin), Sébastien Graille (Yvelines), Fabienne Mahrez (Isère), Gaël Janex (Isère), ..............................

&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&

Annexe

Les articles ci-dessous parlent de quelques accords de compétitivité déjà signés dont la plupart prévoient une augmentation de la durée du travail.

http://lentreprise.lexpress.fr/ress...

http://www.lesechos.fr/entreprises-...

http://lentreprise.lexpress.fr/gest...

http://www.usinenouvelle.com/articl...

http://www.lemonde.fr/economie/arti...

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