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29 avril 2011 5 29 /04 /avril /2011 09:49
Le mouvement pour les retraites de l’automne dernier avait été enthousiasmant par le nombre de participants, par la volonté de gagner, par les intentions de dépasser les bureaucraties syndicales et enfin par les tentatives (souvent plus symboliques qu’autre chose) de radicaliser les actions.

Reste qu’on a perdu et bien perdu. À cause d’un gouvernement qui se positionne comme les patrons de choc que nous connaissons par ailleurs ; à cause des journées d’action saute-mouton et non d’une grève générale et à cause de dirigeants syndicaux timorés, mais c’est un pléonasme.

Cet échec a créé du ressentiment, un repli sur soi et même une crise identitaire chez les salariés. Le FN a essayé, de manière marginale mais spectaculaire, de s’y engouffrer et, lors des élections professionnelles, les syndicats plus radicaux ont vu leurs résultats chuter au profit des syndicats mous (Unsa à la SNCF, par exemple). La colère et le désespoir n’aboutissent pas toujours à la lutte, c’est parfois le contraire qui se passe.

Pourtant, depuis quelques semaines, les choses semblent changer. Il faut dire que les attaques sont lourdes et que les fins de mois sont de plus en plus difficiles. Les chiffres communiqués par l’Insee disent que le pouvoir d’achat augmente, mais il s’agit d’une moyenne. Les inégalités de revenus ne cessent d’augmenter, si bien que la baisse du pouvoir d’achat des ouvriers et employés est masquée par la hausse des revenus d’une infime partie des Français les mieux payés, dont les revenus ont explosé ces dernières années.

En 2009, 2010, « crise » oblige, les salariés, craignant pour leur emploi, avaient mis leurs revendications salariales en sourdine, alors même que les progressions des salaires étaient les plus faibles. Les directions patronales n’ont proposé que des augmentations de salaire de 1 ou 2 % sans aucune marge de négociations. Quand on a vu les résultats de certains groupes, ça ne pouvait qu’attiser le ressentiment. À cela se sont ajoutées la baisse profonde du pouvoir d’achat due aux hausses des tarifs de l’électricité, du gaz et de l’essence, les assurances, ainsi que les dépenses de logement et les prix qui valsent depuis des mois. Comme dirait un consultant auprès des DRH : « Quand vous avez un sentiment de ne pas être entendus, c’est logiquement la question des salaires qui revient. Pour les prochains mois, c’est une situation potentiellement explosive. »

Et ça explose (ou presque). Les conflits pour les salaires se multiplient.

Dans les grands groupes, où il est quand même plus facile de se mobiliser, il y a eu des mouvements (Alcatel, Thalès, Airbus, Decaux, Valéo) mais il y en a eu également dans des secteurs moins revendicatifs. Notamment la grande distribution (Carrefour, But, Ikéa, Système U, Intermarché). Un secteur qui cumule flexibilité, précarité, temps partiel… On avait déjà assisté à une montée de l’insatisfaction chez le personnel de Carrefour depuis 2009, mais cette fois la colère est montée d’un cran. Après des propositions ridicules de la direction, près de 150 magasins Carrefour se sont mobilisés et se sont mis en grève le 9 avril. Ils ont obtenu une augmentation des salaires de 2 %, une prime exceptionnelle de 200 euros, une remise de 10 % sur les achats dans l’enseigne et l’engagement de la direction de proposer une prime de vacances. Bien sûr ça ne semble pas grand-chose, mais c’est une première avancée pour un secteur où il était jusqu’à présent plus que difficile de faire grève.

À Toyota-Onnaing, dans le Nord, les salariés ont fait quinze jours de grève pour obtenir 800 euros pour le lancement de la Yarris et un treizième mois.

Chez Ferrero, près de Rouen, l’usine qui fabrique les pots de Nutella et les barres Kinder Bueno, c’est la première fois depuis que l’usine a été ouverte il y a trente-sept ans que les salariés ont fait grève. Au bout de quatre jours de grève, ils ont obtenu une augmentation des salaires et une prime de 30 euros.

Les exemples pourraient s’égrainer par dizaines (Roc’Eclerc, Interep, etc.), même dans des secteurs jamais touchés du BTP ou de l’alimentation (plusieurs fromagers ont connu des mouvements de grève). C’est le signe que la capacité de mobilisation des salariés est encore intacte. Pour l’instant il s’agit du porte-monnaie, à nous de leur proposer d’autres combats.
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23 avril 2011 6 23 /04 /avril /2011 16:13

Rien n’est négligeable pour les gestionnaires du capital afin de détruire, dans son intérêt, tous les acquis des luttes passées. Les plus bas instincts sont flattés pour montrer du doigt celles et ceux qui se battent pour sauvegarder les acquis de leurs prédécesseurs, entraîner des réflexes de jalousie et ainsi dresser les uns contre les autres les citoyens.

Les médias serviles sont bien évidemment mis à contribution pour jeter le doute et verser de l’huile sur le feu des polémiques stériles et au grand bénéfice du Capital qui une fois encore « tire les marrons du feu ».

 

ACQUIS SOCIAUX ET PRIVILEGES

L’amalgame est facile et permet de semer la zizanie et la discorde entre salariés.

Précisons de quoi il s’agit exactement :

Les acquis sociaux – ce sont des conquêtes – obtenues par la lutte - dans la perspective d’un progrès social. Les conquêtes sociales n’ayant pas été toutes faites, au cours de l’Histoire, de manière homogène dans les différentes catégories socio professionnelles, certaines d’entre elles ont bénéficié à certaines catégories, d’autres à d’autres,… entraînant des différences. Ces acquis se sont intégrés à la rémunération et aux conditions de travail,… constituant une amélioration de la condition des salariés.

Les privilèges – ce sont des situations acquises et fondées sur l’inégalité sociale. Ce n’est pas un hasard si une des principales revendications de la Bourgeoisie quand elle prend le pouvoir est « d’abolir les privilèges » (la nuit du 4 août 1789). Privilèges qui fondaient le pouvoir le l’aristocratie.

Résumons nous : ce qui fait la différence entre ces deux notions ce sont l’origine et la finalité. Dans le cas des acquis sociaux il s’agit de mouvements sociaux qui agissent dans la perspective d’un progrès social. Dans le cas des privilèges il s’agit d’une attitude qui fonde l’inégalité sociale… souvent liée au pouvoir.

Il est vrai qu’à rester à un niveau superficiel de l’analyse, la confusion peut s’installer entre ces deux notions. Et c’est de cette confusion que profitent les gestionnaires – économiques et politiques – du Capital pour détruire l’ensemble des conquêtes sociales acquises depuis plus d’un siècle. En période de crise économique et d’affaiblissement de la combativité des salariés,… ils passent à l’offensive. Aujourd’hui ils s’attaquent aux avantages sociaux des salariés de industries électriques et gazières… statut issu de la loi de nationalisation de ces industries de 1946… après avoir détruit ceux des cheminots et aboli en partie le statut de la fonction publique..

 

TOUJOURS PLUS BAS

C’est en incitant à la jalousie entre salariés que les gestionnaires du capital et leurs politiciens complices entendent définitivement faire régner leur ordre économique et antisocial.

Les acquis sociaux ont été chèrement payés par les salariés et accordés par un Capital qui voulait, et pouvait, se payer la paix sociale en accordant ce qui était pour lui des miettes des richesses produites dont il s’accaparait. Tant qu’il a pu payer, il a accordé des avantages en termes de salaires, de congés et autres aménagement divers… Aplanissant par là même les conflits sociaux et intégrant toujours plus les salariés dans un système qui pouvait satisfaire certaines de leurs revendications.

La mondialisation marchande, à partir des années 70 du siècle précédent a redistribué complètement les cartes des rapports de forces entre salariés et leurs employeurs. La mondialisation de tous les marchés, y compris celui-ci de la force de travail, a placé les salariés des pays développés - ceux là même qui avaient largement bénéficié des acquis sociaux - en situation de faiblesse. N’étant plus indispensables dans un contexte d’hyper mécanisation et de recours possible à une force de travail beaucoup moins chère, les rapports de force entre salariés et propriétairse du Capital, se sont inversés. Les syndicats, instrument de lutte des salariés, ont commencé à perdre de leur vigueur face à un Capital s’affranchissant toujours plus des limites des règles de « droit national » et pouvant jouer sur tout le clavier économique et social offert par la mondialisation de sa valorisation.

Après avoir verrouillé les principales revendications, l’Etat s’attaque désormais aux acquis sociaux. L’entreprise est délicate car ils touche là au cœur de ce qu’a été la culture ouvrière pendant prés d’un siècle. Il y a pour cela deux méthodes : l’anglo saxonne (Reagan/Tatcher), très brutale et expéditive…et celle utilisée dans les autres pays européens jouant sur l’affaiblissement progressif des mouvements sociaux et le dépérissement de ce qui constituait la classe ouvrière. C’est la situation que nous vivons depuis plusieurs années.

Les acquis sociaux sont alors qualifiés de « statuts spéciaux » voire « privilèges corporatistes ». Les salariés concernés sont montrés du doigt, considérés comme des parasites,… sommés de s’expliquer ! Les médias et autres écrivassiers officiels jettent de l’huile sur le feu dénoncent et stigmatisent. L’abolition de ces acquis est qualifiée de « mesure naturelle, juste et équitable »… Ben voyons ! Les autres salariés sont pris à témoins, « caressés dans le sens du poil »,… par des personnages qui sont eux d’authentiques parasites politiques.

Salaires, congés, retraites, protection sociale, tarifs, service public… Tout y passe…. Et cela au nom de l’ « égalité »… On croit rêver ! Depuis les prêches de l’Eglise en faveur de la Fraternité, on n’avait pas vu plus grande escroquerie !

Le sens des « réformes libérales » se fait toujours vers le bas,… jamais vers le haut.

L’élimination des acquis sociaux est un gigantesque retour en arrière, aux premières années du capitalisme au 19e siècle. Le Capitalisme se dépouille des oripeaux d’un pseudo humanisme qui lui avait été imposés par celles et ceux qu’il exploite. Même le Code du Travail ne trouve pas grâce auprès de ces liquidateurs.

 

UNE LIQUIDATION PROGRAMMEE

Celles et ceux qui croyaient que les acquis sociaux étaient une victoire définitive des salariés peuvent « manger leur chapeau ». Rien n’est jamais définitivement acquis dans l’Histoire… et la liquidation a commencé sous la Gauche,… après 1984.

La « gauche » d’ailleurs, reste particulièrement discrète sur ce sujet. N’ayant pas le courage de poser le problème, comme le font les conservateurs au pouvoir, les socio-libéraux attendent patiemment que les hommes – de droite - actuellement au pouvoir usent leur crédibilité sur ces « réformes » pour ensuite pouvoir en profiter durant les prochaines campagnes électorales,… tout en demeurant particulièrement flous sur la suite… et pour cause ! Elle profite simplement du mécontentement populaire… Le service minimum !

Quand on entend le discours des gestionnaires du capital – quelle que soit leur couleur politique - faire l’amalgame entre privilèges et acquis sociaux, afin d’éradiquer les seconds au nom d’une confusion avec les premiers, et cela sur fond d’un soucis d’ « égalité sociale »,… on a le droit d’être des plus sceptiques.

Nous faisons aujourd’hui l’expérience que le Capital ne s’encombre d’aucune valeur, aucune morale, aucune éthique. Plus le discours est outrancier et mensonger,… mieux il passe !

Enfin, et on atteint là le comble du paradoxe : ce sont justement celles et ceux qui bénéficient le plus de situations privilégiées – acteurs économiques et politiciens – qui oeuvrent pour la destruction des acquis sociaux de celles et ceux qui créent la richesse.

Hurler avec les loups qui s’en prennent aux acquis sociaux, quels qu’ils soient, c’est se rendre complice de la récession sociale qui nous entraîne aujourd’hui à la catastrophe. Aujourd’hui ce sont les autres, demain ce sera nous. Soyons solidaires, leur cause est aussi la notre. C’est tous ensemble que nous perdrons, ou gagnerons, ce qui a été si difficile à nos prédécesseurs de conquérir.

Patrick MIGNARD


http://www.legrandsoir.info/Acquis-sociaux-la-curee.html
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14 avril 2011 4 14 /04 /avril /2011 18:03

Y a-t-il le feu au lac ? Fabien Engelmann (CGT) et Daniel Durand-Decaudin (CFDT) en Moselle, Annie Lemaheu (FO) dans le Nord, et Franck Pech (Sud) en Haute-Garonne, à ce jour, ils ne sont que quatre militants syndicalistes, sur des dizaines de milliers, à avoir bravé les foudres de leurs confédérations en se portant candidats pour le Front national aux élections cantonales.


Quatre de trop, quatre qui font tache et qui ont bénéficié d’une publicité médiatique à faire rêver une présidente du FN. Laquelle n’a pas loupé l’occasion de monter les enchères en annonçant la tenue d’une conférence de presse devant le siège de la CGT, à l’occasion de la convocation de Fabien Engelmann par sa fédération, ultime étape avant son exclusion quasi certaine le 6 avril.


Une provocation délibérée à laquelle la confédération CGT a répondu par un comité d’accueil de quelques centaines

de militants. L’occasion d’aller sentir la température parmi eux, du côté de ces cadres du premier syndicat hexagonal, pour la plupart délégués syndicaux ou permanents.

Ce lundi 28 mars après-midi, lendemain d’élections où le brun fut en vedette, le soleil brille et il fait chaud à l’entrée et dans la cour du siège de la CGT à Montreuil ; les drapeaux rouges du syndicat claquent au vent, les militants badgés papotent entre eux et l’ambiance serait presque bon enfant s’il n’y avait de l’électricité dans l’air.

Comité d’accueil devant le siège de la CGT. Une tension qui va se libérer en boulets de canon à l’arrivée du « facho » : « Fabien dégage ! », « Fabien dégage ! », « Dégage ! », « FN hors de la CGT ! », « À bas, à bas le FN ! », avec au final : « Travailleurs français, immigrés, même patron, même combat ! »

Au-delà de cette démonstration de force et de détermination, que pensent des militants syndicaux aguerris de la montée du Front national, la perçoivent-ils parmi les salariés, sont-ils inquiets ?

Chômeur et ouvrier du livre, Nicolas se réfugie dans le déni : « J’y crois pas ! C’est une manipulation des médias, c’est fait pour nous faire peur. » Et de citer, comme pour se rassurer, un sondage récent indiquant que les sympathisants des syndicats ont moins tendance à voter FN que la moyenne nationale.

Bruno, cheminot en bureau d’études à la gare du Nord et délégué CGT, explique que les thèses du FN ont assez peu de prise dans une entreprise comme la SNCF, mais il convient que « dans certaines banlieues, il peut y avoir un sentiment d’exaspération ».

Alain, délégué CGT chez Thalès, dit ne rien ressentir au travail mais autour de lui, « sur les marchés, en distribuant des tracts, en rencontrant des personnes qui disent des choses qui ne se disaient pas avant. Elles s’autorisent des réflexions racistes, elles regrettent qu’il y ait “trop d’étrangers”, elles disent qu’“on est plus chez nous”, du Guéant au quotidien ».

« Ça irait mieux avec le FN ! » Un constat approuvé très personnellement par Lloyd, jeune étudiant en psychologie, militant de la Jeunesse communiste, Guadeloupéen depuis peu en métropole qui parle du racisme au quotidien et se souvient de cette vieille dame à qui il demandait son chemin et qui s’est mise à crier au voleur !

Christine, « quasi permanente » à l’union locale CGT du xxe arrondissement à Paris, ne « voit, elle aussi, rien dans son travail » mais reconnaît une progression des idées du FN parmi les salariés en général, « puisqu’il essaye de faire croire qu’il a un programme social ». Un phénomène « anecdotique parmi les syndiqués mais très certainement palpable parmi les salariés », confirment Antoine, libraire à Paris, et Monique, déléguée syndicale à France Télécom.
Alors, un fantasme créé et alimenté par les médias, cette « pénétration des idées du FN parmi les salariés » ?

 

Manifestement, cela dépend d’où l’on est dans le salariat.

Ainsi, Arnaud, délégué syndical central CGT de Manpower, n’y va pas par quatre chemins : « En toute franchise, oui, on ne peut pas le nier, on le sent, on le voit dans les discussions, “Ça iraitmieux avec le FN !”, ça se dit, ça y va. Par exemple, on a des combats très forts pour les sans-papiers et beaucoup de salariés considèrent que le combat n’est pas là, le truc c’est de préserver “nos emplois”, c’est le “communautarisme”, les gens reprennent les thèses de Le Pen sans réfléchir ! »

« Ces idées-là, elles sont de plus en plus dans la classe ouvrière et ça, c’est mortel pour nous », s’alarme Philippe, mécanicien, délégué CGT à Citroën Aulnay. Josiane, déléguée syndicale CGT à DHL, redoute les « procédés des militants du FN qui infiltrent les syndicats et ne se déclarent qu’ensuite ».

« Y a une course de vitesse entre l’extrême gauche d’un côté et la montée du FN de l’autre », théorise Gérard, du Syndicat national des chercheurs scientifiques, membre du bureau national de la FSU. Michel, au bureau confédéral de la CGT, ne cache pas que son organisation est « énormément inquiète », mais il se rassure en constatant « qu’il y a un phénomène de barrage au FN pour une majorité d’électeurs ».

Si les thèses de l’extrême droite progressent de façon angoissante parmi les salariés, les causes de ce glissement progressif sonnent comme des évidences pour les militants CGT.

Les causes sociales

« C’est dû au problème des conditions de vie en France qui se dégradent considérablement, c’est la première des choses. » (Philippe) ; « Les gens en ont raz le bol de ce qui se passe dans la société au niveau social, c’est une régression totale. » (Monique) ; « Il y a un rapport de proportionnalité immédiat entre le chômage et le taux engrangé par l’extrême droite » (Antoine) ; « La porte du problème, c’est le travail, alors on rejette la pierre sur l’étranger qui vient soi-disant prendre le travail. » (Josiane) ; « On n’a pas de boulot, on sait pas l’avenir. » (Arnaud).

Curieusement, de la part de militants syndicaux qui y sont quotidiennement confrontés, le mot « précarité » manque à l’appel. Un signe inconscient de désarroi et d’impuissance devant la gangrène qui ronge les bases sociales du syndicalisme ?

Les causes politiques

Si la politique d’extrême droite de Nicolas Sarkozy et de son gouvernement comme de la droite en général est unanimement fustigée, la gauche, et précisément le Parti socialiste, accusé de toujours décevoir, ne sont pas épargnés. « Le problème, il est là, scande Philippe, il y a une dégradation politique en France depuis les années quatre-vingt, les gens votaient à gauche pour un programme bien particulier et ceux qui étaient au pouvoir n’ont pas appliqué ce programme-là. »

Alors, déplore Bruno, « c’est clair que les gens se disent : “On a essayé le PS, on a essayé l’UMP et c’est un peu la même chose, alors pourquoi pas le FN” ; les gens qui sont au chômage depuis des années, ils n’ont plus rien à perdre ! » « Les partis politiques de droite ou de gauche sont mis dans le même sac, tout le monde nous parle de l’affaire Bettencourt, les cigares… », conclut Patrick, récent retraité, auparavant délégué CGT au CIC.

Les causes médiatiques

Ainsi résumées par Arnaud : « On a tellement d’attaques médiatiques ; t’allumes la télé et t’entends parler que de ça (Marine Le Pen, le FN…), on en parle tout le temps, ça ancre en fait les gens dedans et ils finissent par y croire alors qu’il y a danger derrière ! »

Au final, se dessine le tableau peu réjouissant de salariés de plus en plus sensibles aux sirènes de l’extrême droite. Comment sortir de cette spirale perverse ? Comment redonner espoir au salariat ?

Les solutions ? Les cégétistes connaissent leurs classiques : dénoncer « l’imposture sociale » du FN et en même temps lutter pour l’unité et la solidarité entre tous les travailleurs, mener le combat sur les salaires, l’emploi…

Et quand on évoque la « défaite » récente sur les retraites, le sang des militants ne fait qu’un tour : exprimant le point de vue de ses camarades, Christine s’indigne, car si ce fut effectivement « une défaite parce que la réforme est passée, au niveau de l’opinion c’est pas une défaite quand on réussit à mettre quelques millions de salariés dans la rue ! » « Il faut voir les choses en positif ! », insiste Michel, membre du bureau confédéral.

Enfin, comme le résume Bruno : « Il faudrait qu’il y ait une vraie gauche, claire et nette, qui ne ménage pas la chèvre et le chou, une force suffisamment radicale qui fasse un vrai programme de gauche et non pas une version humaniste du programme de l’UMP. Une force qui dise que ce système-là on n’en veut pas, une force qui s’oppose au libéralisme, voire même au capitalisme. »

Fabien Engelmann, le militant CGT candidat du FN. Le bruit médiatique autour de quelques cas isolés de syndicalistes s’affichant au FN ne doit pas faire illusion. Il n’y a pas pour l’heure vraiment péril en la demeure. De même que l’UMP et le PS monopolisent le devant de la scène grâce à un système électoral sur mesure, les confédérations syndicales sont protégées par une loi sur la représentativité (actualisée le 20 août 2008) qui écarte les intrus.

Et si, le 20 mars, 24 % des ouvriers ont voté pour les candidats d’extrême droite (32 % pour le PS), seuls 9 % des salariés s’estimant proches d’un syndicat ont voté pour le FN au premier tour des cantonales, selon Harris Interactive pour Liaisons sociales. Un taux variant de 15 % pour les proches de FO à 8 % pour la CFDT et la CGC, 6 % pour la CGT, et 3 % pour Sud Solidaires.

Patrick Buisson, un fasciste conseiller de Nicolas Sarkozy. De quoi rabaisser le caquet d’un FN qui claironne avec tambours et trompettes sa volonté de créer des organisations syndicales catégorielles défendant la préférence nationale. Sans doute y a-t-il plus à craindre de l’annonce par le parti d’extrême droite, le 10 mars, de la création d’un Cercle national de défense des travailleurs syndiqués (CNDTS) destiné à pratiquer l’entrisme dans les syndicats.

Le danger principal, à court terme tout au moins, est plutôt, comme l’expriment les militants cégétistes dans cet article, qu’un nombre toujours plus grand de salariés, chaque jour un peu plus en souffrance, désespérés et déboussolés, reprennent à leur compte des idées xénophobes qui creusent leur tombeau social.

Des dirigeants sur la défensive. La déclaration commune de la CGT, la CFDT, la FSU, Solidaires et l’Unsa, le 17 mars, visant à mettre en garde les salariés contre les tentatives d’intrusion du FN, est bien, si l’on peut dire le « minimum syndical ». En face, il y a un parti qui, dans la plus pure tradition fasciste, est capable de tenir un discours de gauche, voire d’extrême gauche.

Telle Marine Le Pen qui fustigeait récemment des organisations syndicales « spécialisées dans la trahison des intérêts des travailleurs français. Courroies de transmission de l’idéologie ultralibérale et de la folie européiste, celles-ci cautionnent l’abandon des travailleurs français en les livrant à la concurrence des pays à bas coût de main-d’œuvre. Le jeu de dupes des syndicats a assez duré ».

Où sont les idées ? En vérité, ce que l’influence grandissante du FN révèle c’est la misère idéologique du syndicalisme français. « Partenaires sociaux » d’une concertation bidon dont les salariés paient le prix fort depuis trente ans, emprisonnées dans un système représentatif aussi injuste que soporifique, les confédérations syndicales se réveillent soudain en sursaut parce que le diable tambourine à leurs portes.

Sans nerfs, elles paient, en adhérents et en influence, avec en plus maintenant le péril fasciste, leur soumission historique aux partis politiques, hier le Parti communiste dont la CGT fut la courroie de transmission, aujourd’hui le Parti socialiste dont l’actuelle figure emblématique est le patron du FMI. De la tutelle intellectuelle de feu les staliniens à la remorque d’un ectoplasme soumis aux marchés financiers, on n’apprend pas à penser par soi-même.

Manifestation du 1er mai pour la réduction du temps de travail. Significativement, la réduction du temps de travail a disparu des discours syndicaux. L’objectif qui mobilisait le syndicalisme révolutionnaire, incarné en France par la CGT du début du vingtième siècle, dans sa volonté farouche de soustraire les salariés à la narcose et à la détresse du travail dénoncées en son temps par Pierre Naville, a purement et simplement disparu.

Il s’agissait alors de se battre pour que les travailleurs aient toujours plus de temps libre afin d’être en mesure de construire leur autonomie, condition d’un nouvel imaginaire social, prélude à l’abolition du salariat et à la révolution sociale.

Jean-Pierre Anselme

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13 avril 2011 3 13 /04 /avril /2011 14:29
Telesur
Jordan Rodriguez, journaliste et Jesús Romero, cadreur, sont arrivés à Tripoli le 23 février 2011

Dans l’avion ils partageaient cette destination avec seulement dix personnes. Deux d’entre elles –dont une envoyée de la chaîne italienne RAI– ont décidé de ne pas descendre. Quand ils sont arrivés à l’aéroport ils ont vu que près de 300 personnes se bousculaient pour aborder le même avion et partir. Jesús en parle en riant lorsqu’on lui demande si à un certain moment ils ont senti qu’ils commettaient une folie.

 

L’équipe de Telesur fut la première à débarquer sur place, après un long périple qui comprenait des surtaxes de billets, plusieurs arrestations, des pertes de matériel, de mauvais traitements physiques de la part de la police, et l’obtention finale d’une autorisation de travail sur tout le pays (et non d’un accord entre Chavez et Kadhafi comme beaucoup ont dit).

 

Ils sont également arrivés à temps pour constater que sur le terrain les soi-disant bombardements contre la population, en tout cas à Tripoli, étaient des mensonges.

 

“Nous sommes allés directement à la Place Verte et quand nous sommes arrivés nous avons vu une chose tout à fait différente de ce que disait la RAI et qui était la même version que donnaient Al Jazeera, la BBC, ou CNN. Nous avons par contre découvert une manifestation de 500 à 600 personnes appuyant Mouammar Kadhafi” raconte Jordan.

“Nous avons pris conscience que ce qui se produisait était une guerre de quatrième génération. Les médias furent le premier bataillon à entrer en Libye. Ils diffusaient des infos impossibles à vérifier. Ils n’avaient qu’un reporter en Libye et affirmaient un tas de choses”, indique Jesús.

 

Pour les deux envoyés, la presse internationale a une grande responsabilité dans l’invasion que subit le peuple libyen depuis le 19 mars.

 

“Telesur a eu la chance d’être sur place et de démentir ces choses mais cela n’a servi à rien parce que l’ONU a pris sa décision sur la base de tous ces mensonges. A travers la caméra de Jesús et mon travail nous avons dit la vérité et au moins nous avons pu faire naître un doute. Par contre, oui, j’ai vu des morts dans les bombardements de l’OTAN », explique Rodriguez, qui se souvient du désespoir de nombreux habitants, de leur rage contre les médias, certains brandissaient des panneaux pro-Kadhafi en montrant la date et leur demandant de dire la vérité.

 

“Jesús est resté 38 jours en Libye et a reçu au moins une trentaine de coups. Des gens, de la police, de n’importe qui… C’est compliqué. C’est une autre vision des choses. C’est un pays arabe. Un pays menacé. Tu peux te promener tranquillement avec un AK 47, mais si tu portes une caméra tu es un danger”.

 

- La couverture de Telesur a reçu de nombreuses critiques pour la différence entre ce qui se transmettait depuis Tripoli et ce qu’on disait depuis Benghazi.

 

- Jordan : "Reed Lindsay, correspondant de Telesur à Benghazi et moi nous rapportions minute après minute ce que nous voyions, ce qui se passait. Trípoli est sous contrôle de Kadhafi et cette situation fait que la ville soit calme. Lui se trouvait à 1.200 km de l’endroit où j’étais. Il avait un autre discours, celui des gens qui disent qu’ils sont fatigués de Kadhafi, qu’il faut le chasser, qu’il faut le tuer parce que ce type est un assassin, etc. Les gens m’attaquaient beaucoup sur Twitter et ce que je répondais c’était que tant mieux qu’ils puissent voir dans un même journal télévisé (celui de Telesur) ce qui se passait dans deux endroits différents. Je crois que s’il y a un motif de fierté pour nous c’est d’avoir montré tant ce que disaient ceux qui étaient avec Kadhafi comme ceux qui soutenaient les rebelles. Des gens me disaient que sûrement ceux qui parlaient avec moi avaient peur. Mais je ne peux me baser sur des suppositions, je me base sur des paroles. Mon travail comme reporter est de poser des questions et de croire en la parole des gens. Et en effet j’ai informé le public de ce qu’un jour je suis sorti sans caméra pour boire un café et j’ai rencontré un groupe de jeunes qui m’ont dit qu’ils étaient contre Kadhafi mais qu’ils ne pouvaient le dire par peur, et nous avons eu la liberté et l’éthique de le dire à l’antenne."

 

- Comment voyez-vous à présent la situation en Libye ?

 

- Jordan : "pour l’heure la Libye est devenu un pays complètement divisé. Nous avons interviewé des rebelles et ils étaient médecins, ingénieurs, architectes. Le niveau de vie en Libye est très élevé. C’est un pays très développé quand on pense à la région où il se situe. Les jeunes ont des voitures dernier cri. Je ne dis pas que ce soit un fait important mais il serait plus logique de voir éclater une rébellion dans un pays de très grande misère. Donc je leur demandais pourquoi ils se battaient et ils me répondaient : « Pour la liberté ». Dans ces groupes rebelles nous avons conversé avec des gens qui tenaient dur comme fer à cet idéal de liberté et aussi avec des gens qui maniaient des blindés et des unités anti-aériennes. Et je me demande jusqu’à quel point un médecin dispose de la capacité d’utiliser des unités anti-aériennes, il y a peut-être des facteurs externes qui stimulent tout cela. Que peut-il se passer ? Il y a des gens… des voix du peuple, qui défendent une partition de la Libye, il y a des gens qui veulent simplement la tête de Kadhafi mais il y aussi des gens convaincus que les présidents arabes ne sortent de la présidence que pour mourir. Nous avons vu Kadhafi quatre ou cinq fois et cet homme n’a pas un grain de peur. Il est enraciné dans son processus, dans son idéal et il a beaucoup de gens qui l’appuient. Comme il y a beaucoup de gens qui s’opposent à lui. "

 

Intérêts externes

 

Selon Jesús et Jordan la guerre en Libye peut s’expliquer par des millions de causes. “Le pétrole libyen est un des meilleurs du monde. Tu peux presque le sortir de terre, le mettre dans la voiture et elle fonctionne. Les réserves d’eau, les ressources naturelles et les 200.000 millions en réserves de l’Etat libyen, peuvent susciter la convoitise de gouvernements « en faillite » comme ceux de France ou d’Angleterre, ce sont d’autres causes possibles.

“Comment lancer des bombes pour éviter des bombardements ?” s’interroge Jordan, qui précise que les grandes puissances vont continuer à attiser le conflit et que les « libyens divisés en deux camps vont s’entretuer”. “Ils vont lutter jusqu’à la mort”.

 

“Ce que nous croyons c’est que cela suffit, qu’un pays se sente le droit d’attaquer, d’envahir, de tuer. Pourquoi par exemple n’a-t-on pas laissé travailler les leaders tribaux ? Ceux-ci étaient prêts à dialoguer et ils disaient qu’ils pouvaient trouver des solutions. J’aimerais savoir pourquoi CNN n’a jamais diffusé les déclarations des leaders tribaux. Et l’image qui manque peut-être en ce moment, même si on ne peut la montrer par respect pour le public, c’est celle d’enfants de cinq ans, brûlés."


“Non, maman, c’est un mensonge !”

“Nos familles au Venezuela sont tombées dans le même panneau que tout le monde. Le fait de voir les news transmises par les grandes chaînes internationales, cela leur a causé une angoisse. Ma mère qui fait de l’hypertension me disait tout le temps : ‘reviens, que fais-tu là-bas ?’ et c’était la même chose chaque fois que nous appelions nos familles. “En tout cas j’ai dû dire aux miens : s’il vous plaît, ne regardez pas la télé. Ne croyez pas dans les médias”.

 

Les journalistes appelaient chez eux trois à quatre fois par jour pour calmer les angoisses familiales et Jesús se rappelle qu’à chaque fois il fallait faire un exercice de contre-information. “Ma mère me disait : « Mais enfin. on vient de dire telle chose ». « Non maman, c’est faux… je suis à côté du journaliste, et c’est faux ». « Mais si, Kadhafi a bombardé Tripoli ». « Non, c’est faux ». Jesus en rit : « On a du travailler non seulement pour Telesur, mais aussi pour les familles."

 

Traduction : Thierry Deronne

http://www.larevolucionvive.org.ve/...

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31 mars 2011 4 31 /03 /mars /2011 18:56
Les médias occidentaux ont été les premiers à tirer sur la Libye. Sans surprise, c’est précisément leur rôle : servir d’avant-garde dans les raids sanglants des maîtres du monde. Dans un premier temps, ils propagent les arguments avancés pour justifier son agression militaire, puis masquer l’horreur de la guerre derrière un voile de mensonges et de petits euphémismes. Mission accomplie. La société ne réagit pas, est droguée.

Une première analyse des événements pousse à se méfier de la version officielle du conflit libyenne. Pour commencer, il s’agit d’un soulèvement armé. Rien à voir, donc, avec des manifestations plus ou moins pacifiques qui ont agité le monde arabe pour réclamer la démocratie et les droits sociaux. D’où viennent ces insurgés armés jusqu’aux dents, au point d’être en mesure de mettre en péril toute une armée régulière ? Qui sont ses chefs ? Quels sont ses objectifs ? Qui les prépare ? La réponse à ces questions fondamentales se posait sans toutefois atteindre l’opinion publique quand, de façon surprenante, la France n’a pas tardé à reconnaître les rebelles, de façon énigmatique comme les "seuls représentants légitimes du peuple libyen," en violation flagrante des principes fondamentaux de la diplomatie internationale. La chose a commencé à sentir mauvais.

Si en effet le seul but des puissances occidentales est de protéger la population civile, pourquoi n’ont elles pas encore examiné la proposition de médiation du Premier ministre turc, comme celle d’Hugo Chavez, y compris un cessez-le-feu, et que avait été accepté par Kadhafi ? Pourquoi seulement cibler leurs attaques contre les forces gouvernementales, facilitant ainsi la contre-offensive des rebelles ? Pourquoi se réunir à Londres pour décider de l’avenir du pays d’Afrique du Nord sans les Libyens ? Pourquoi, si le mandat de l’ONU discréditée a été limitée à l’imposition d’une zone d’exclusion aérienne, maintenant ne renoncent-ils pas à armer les insurgés et ni même à une invasion terrestre ? Pourquoi des sanctions contre la Libye ne touchent-elles que l’une des deux parties en conflit, comme il a été démontré par l’annonce des États-Unis de fournir du pétrole aux rebelles ?

À ce stade, il est évident que le soulèvement armé en Libye a été concocté par les services de renseignement occidentaux, avec l’appui d’un groupe de politiciens locaux et les militaires ont renié le régime. Rien de bon ne peut être attendu d’un mouvement rebelle qui encourage les attentats contre leur propre pays, battant pavillon du roi Idris (le monarque féodal qui a donné les ressources naturelles libyenne aux puissances occidentales alors que son peuple languissait dans la pauvreté) et qui selon certaines sources indépendantes, ont ouvert le feu sur le convoi des citoyens marchant sur Benghazi pour exiger la cessation des hostilités et l’ouverture des négociations de paix.

Ne vous méprenez pas. Il n’y a pas la moindre preuve que les avions de Kadhafi bombardent la population civile, comme il n’y avait aucune arme de destruction massive en Irak. Peut-on encore douter que si ces preuves existaient, elles auraient été largement diffusées par les médias occidentaux ? D’autre part, peut-on douter que les gouvernements alliés auraient renoncé à l’usage de la force pour réprimer un soulèvement dans leur propre pays ? C’est une autre guerre par procuration des puissances impérialistes, qui vise à contrôler le pétrole et le gaz naturel en Libye, en plus de consolider ses intérêts géostratégiques dans la région.

Les requins du complexe militaro-industriel des États-Unis se frottent aussi les mains. Pour le seul premier jour da bombardement, 112 missiles Tomahawk ont été lancés, évalué à 56,9 millions de dollars. C’est le pétrole libyen qui va payer la facture de la guerre et la reconstruction d’un pays qui a également besoin de reconstituer ses arsenaux militaires. L’affaire est assurée, le massacre aussi. Alors que les porte-parole de l’OTAN ont déclaré par la suite que leurs bombes couteuses ne tuaient personne - quel gâchis ! - il est certain que les attaques alliées ont fait des dizaines de victimes. Quelle curieuse manière de protéger les civils.

Les doubles standards des leaders du monde libre est dégoûtant. Alors que pendant des décennies ils ont béni par leur passivité complice la répression impitoyable de ses alliés dans la région contre le peuple palestinien ou saharoui, après quelques semaines seulement d’un soulèvement factieux le prétexte a été trouvé pour concocter une croisade guerrière contre la Libye. Les mêmes qui ont armé Kadhafi lancent à présent des bombes sur Syrte et Sabha, et couvrent leurs partenaires corrompus troublés par les agitations sociales à Bahreïn, au Yémen et en Jordanie, et parrainent la transition en Egypte et en Tunisie afin de s’assurer que tout reste bien sous leur contrôle.

Les anciennes puissances coloniales impriment à nouveau l’empreinte de leurs bottes sur une Afrique souffrante. En réalité, elles n’ont jamais vraiment cessé. L’ombre d’intérêts douteux se cache derrière les innombrables conflits qui ont fait saigner le continent de l’Angola à la Somalie, du Rwanda, au Soudan, au Congo, au Sierra Leone ... La victime est aujourd’hui le pays avec le niveau de vie en Afrique et du monde arabe le plus avancé en ce qui concerne les droits des femmes. Les missiles de l’OTAN répandent la terreur en Libye. Il semblerait, ô ironie !, que c’est le seul moyen qu’a trouvé Barak Obama pour faire honneur à son prix Nobel de la Paix.

Sarkozy et Cameron veulent aussi le leur.

Manuel Maestre URRUELA

http://www.rebelion.org/noticia.php?id=125435
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30 mars 2011 3 30 /03 /mars /2011 19:55
Le capitalisme n’a qu’un seul objet : le profit. Ce profit est le résultat d’une balance entre les recettes et les dépenses liées à une activité, qui doit pour être viable dégager une plus-value, c’est à dire être finalement positive. A la limite de la perte et du profit se trouve un point « zéro », que l’on appelle le seuil de rentabilité.

C’est la recherche de ce seuil de rentabilité qui détermine la viabilité d’un projet, ce qui signifie que le lancement d’une activité dépend d’un calcul établi en amont pour savoir si le rapport entre les investissements effectués et les gains espérés seront globalement positifs ou non. La rentabilité se trouve donc être une projection des profits futurs, une espérance, une probabilité considérée comme suffisante pour atteindre un certain niveau de profit. En d’autres termes, la rentabilité calcule la probabilité d’un profit à venir ; jamais des certitudes.

Dans l’élaboration de ce calcul, les dépenses nécessaires à la création de l’activité se nomment investissement, et se trouvent séparées en deux entités distinctes, le facteur capital d’une part, et le facteur travail de l’autre. Le facteur capital est aisément intégrable dans des calculs, et cela malgré de très nombreuses données. Mais c’est pour le facteur travail que les difficultés sont les plus grandes. Car ce facteur travail c’est vous, c’est moi. Les recettes, elles, sont calculées à partir d’un concept également non mathématique, le fameux « consommateur rationnel », destiné à rendre l’homme « calculable », mais qui n’existe (heureusement) pas dans la réalité.

Pour le nucléaire comme pour toute autre activité, il faut donc, avant de se lancer, examiner le seuil de rentabilité d’un tel projet, ce qui signifie intégrer aux calculs de nombreux paramètres, dans lesquels interviennent donc des éléments mathématiques (les capitaux : combien coûte la maçonnerie, le travail, les impôts, les assurances...), mais également des facteurs humains (le risque d’accident, les conséquences sanitaires et environnementales à court, moyen et long terme). En fonction du prix « calculé » (on devrait dire « imaginé » car la somme des paramètres à prendre en compte ne peut être ni exhaustive ni quantifiée), et toujours en rapport avec les hypothèses de comportements des consommateurs (la demande supposée en électricité), le capitaliste déterminera le prix qu’il doit vendre son « produit » pour estimer si l’affaire est rentable ( si le prix qu’il fixe respecte la concurrence), ou quelle rentabilité il désire pour fixer son prix de vente (dans le cas d’un monopole).

L’exemple de Fukushima nous montre bien que tous ces calculs ne servent véritablement à rien, car en réalité les éléments « mathématiques » que représentent les coûts fixes sont erronés, car ils ne prennent pas en considération la véritable mesure ni des choses, ni des êtres. Même les « choses » sont le résultat du travail humain, et la « valeur » de l’homme est une donnée incalculable, car il fait partie d’un tout, l’Humanité. Et quand bien même nous serions capables d’en rendre compte de manière acceptable, jamais de tels projets n’auraient dû voir le jour, au regard de risques encourus. Nous aurons bon nous évertuer à calculer si oui ou non le bilan du nucléaire est, dans son ensemble, positif pour l’Humanité, cela est inutile. Car bien qu’à court terme cette activité semble « rentable » à certains égards (emplois, confort, prix, pollution), sur le long terme rien n’est moins sûr : ce que va coûter la catastrophe va bien au delà de tout ce qu’on peut imaginer en termes de santé, d’environnement, et même de financier. Et tout cela sans tenir compte des incidences de la production d’une centrale nucléaire, qui sont également incalculables dans une économie mondialisée : l’exploitation des ressources pour extraire le combustible, celle des êtres humains mis en servitude et rendus malades, la pollution et les trafics, les guerres engendrés pour son contrôle et son acheminement...

Alors au bout du compte, la rentabilité n’est pas au rendez-vous. Cela devrait nous faire réfléchir sur les dangers de tels calculs, qui intègrent dans leurs critères une sorte de « valeur » attribuée à l’être humain. Et c’est bien là que repose toute l’erreur du capitalisme : en définissant l’homme selon des critères purement financiers, qui plus est à court terme, il omet l’élément essentiel du fonctionnement d’une société, l’être humain dans son individualité, dans sa complexité, dans son humanité, et la pérennité de son existence. En n’estimant pas le facteur humain comme principal objet de ses calculs, en attribuant une valeur « monétaire » à l’être humain, il inverse les priorités « naturelles » des hommes, et finit par prendre l’homme non plus comme but mais comme moyen, et l’argent comme but alors qu’il ne devrait être qu’un moyen, au service de l’homme.

Ainsi, l’objectif primordial d’une société, à savoir la conservation de l’espèce humaine, rentre en contradiction totale avec l’objectif du capitalisme, qui préfère le profit à l’être humain, et qui permet à de telles catastrophes de se produire.

Les choses étant ainsi posées, et puisque le capitalisme attribue une « valeur » à l’être humain, il s’agit maintenant de savoir comment elle est calculée.

Parmi les dépenses que le capitaliste doit prendre en compte dans ses calculs, certains coûts sont dits « fixes » (bien qu’ils intègrent eux aussi les coûts « variables » -l’homme- dans le cadre de leur activité spécifique), et d’autres « variables », qui correspondent aux coûts du travail en un lieu et en un moment donnés. Le coût du travail en Chine n’est pas le même qu’en France, car la législation du droit du travail, les taxes, les conditions de vie des travailleurs, etc, ne sont pas les mêmes partout et tout le temps. Le coût du travail, c’est donc la valeur que l’on vous attribue, en fonction de votre productivité (ce que vous êtes capable de produire en un temps donné). Le coût du travail est devenu, selon les lois du marché, la seule variable d’ajustement sur laquelle les capitalistes peuvent encore jouer, et qui détermine donc notre valeur, la valeur de l’être humain. Cela peut paraître effarant, mais c’est bien la triste vérité. La valeur de l’homme n’est un facteur au même titre que le kilo de MOX, que l’assurance ou les conditions de travail.

Le principe de la fixation du coût du travail réside dans la conception même de l’être humain, avec comme limite sa capacité à supporter l’exploitation de sa force de travail. En d’autres termes, cela signifie qu’il faut traiter l’être humain le moins bien possible (réduire les coûts), sans toutefois qu’il se révolte. Le travail des économistes (qui se trouve être en réalité un travail de psychologue) se résumant à pousser cette « variable » (vous et moi donc) jusqu’au maximum de ses possibilités de productivité, sans dépasser une limite au delà de laquelle ils n’est plus rentable de la contraindre, car alors la productivité de cette variable baisserait. Il ne faut donc pas croire que les loisirs et autres « conforts » sociaux ne sont seulement que le résultat des luttes sociales, mais plutôt qu’ils sont la nécessaire concession faite par des économistes estimant qu’au dessous d’un certain seuil de confort, notre productivité baisse. La valeur de l’homme n’est donc définie que par le rapport entre ce qu’il est capable de rapporter (sa productivité, l’effort qu’il est capable de fournir), et ce qu’il coûte pour travailler sans se révolter (conditions de travail, salaires...). C’est cela l’optimisation, et c’est cela que vous valez, que nous valons, selon le capitalisme : moins que le profit.

Cette manière de calculer la « valeur » de l’être humain remet donc en question toute la morale humaniste des sociétés, et permet d’annihiler la conception égalitaire de nos sociétés selon laquelle un homme en vaut un autre. En « calculant » la valeur de l’être humain, on s’aperçoit qu’il ne s’agit donc plus de le faire « valoir » plus, mais moins. L’homme se trouve sacrifié au profit de la rentabilité, ce qui finit par nuire à l’Humanité toute entière. Car en « moyenne » la vie d’un Chinois vaut moins que celle d’un Français, et à l’intérieur même de chaque société certains valent plus que d’autres. Les « liquidateurs » sacrifiés pour refroidir les réacteurs japonais valent moins que les dirigeants de Tepco, qui achètent la vie des liquidateurs avec l’argent qu’ils ont gagné sur le dos d’autres misérables travailleurs, au nom d’une rentabilité justifiée par un calcul erroné, une conception du monde injuste et inhumaine.

Selon cette conception, la valeur de l’être humain ne dépend plus de ce qu’il est intrinsèquement (un être humain parmi des milliards d’autres), mais de ce qu’il fait. Cela signifie que tous les calculs économiques déterminant les activités humaines sont basés sur un principe « moral » qui contredit et outrepasse les lois « naturelles » imprescriptibles de l’Homme, celles de l’égalité et de la conservation de l’espèce. Avec la détermination de la valeur de l’homme les inégalités se sont tellement creusées que selon les critères de rentabilité, certains hommes en valent des millions d’autres : cela met en péril l’équilibre de l’Humanité toute entière, et rend évidemment impossible toute démocratie.

Car la démocratie implique la définition d’une majorité, chaque individu ayant le même poids dans les décisions concernant la société. L’objectif d’une société étant la conservation de l’espèce humaine, elle considère qu’en laissant souffrir 10 personnes de la faim pour en nourrir un million, le développement d’une activité est acceptable d’un point de vue global : les 10 misérables ne se révolteront pas, et la majorité se satisfera de ce calcul, acceptant ce principe majoritaire. On peut bien sûr aller plus loin dans les proportions (jusqu’à un maximum de 49, 9% de la population, le raisonnement est « théoriquement » acceptable). Mais d’un point de vue capitaliste, le principe démocratique ne tient plus : puisque quelques hommes en valent des millions d’autres, alors on peut considérer que laisser mourir de faim 90 % des hommes est acceptable, ce qui revient à un suicide programmé de l’espèce humaine.

En considérant l’homme seulement comme une variable d’ajustement mathématique, et non plus comme l’objet de toutes les attentions de la société, le capitalisme a fait une erreur de calcul impardonnable, qui va beaucoup plus loin que la raison humaine, comme on le voit aujourd’hui : car si dans la théorie le nucléaire est rentable, elle devrait servir les intérêts de la majorité de la société humaine (50, 01%). Mais en pratique, le risque incalculable que les capitalistes ont pris en fonction de conditions purement financières met en danger l’ensemble de l’humanité, prouvant ainsi à quel point la notion de profit est supérieure à celle de la valeur de l’être humain, et à quel point le système capitaliste est entré en contradiction avec les objectifs de l’humanité. En donnant une valeur différente à chaque être humain, elle sort l’humanité du principe selon lequel chaque homme en vaut un autre, et que la conservation de l’espèce est l’objectif primordial de toute société. Car aujourd’hui, selon les critères capitalistes, à peine 10% de la population sont susceptibles de laisser mourir de faim le reste des êtres humains pour que le système continue d’être rentable... mais pas viable.

Nous aurions du nous révolter depuis longtemps déjà, car la situation n’est plus supportable depuis un bon moment. L’homme n’est pas calculable, et le capitalisme est en train de tuer l’humanité. Les solutions existent pourtant, et il ne tient qu’à nous de les réaliser. Qu’attendons-nous pour leur montrer ce que nous valons vraiment ?

Caleb Irri

http://calebirri.unblog.fr
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24 mars 2011 4 24 /03 /mars /2011 18:52

Jusqu'en 1864, la grève était un délit qui a envoyé en prison des milliers d'ouvriers. Jusqu'en 1945, elle était un motif de licenciement qui a touchés de dizaines de milliers de grévistes, comme les 18 000 cheminots révoqués en 1920. A partir de 1946, elle devient un droit constitutionnel, étendu aux fonctionnaires. Mais rapidement ce droit est limité: CRS en 1947, maton en 1948, aiguilleurs du ciel en 1964. Le préavis est instauré dans la fonction publique en 1963, service minimum dans la santé en 1979. En 2007, préavis de prolongement et déclaration d'intention dans les transports.

Depuis 1945, l'accord de branche ou d'entreprise ne pouvait déroger à la loi que dans un sens plus favorable au salarié. Mais depuis 20 ans afin de réduire le cout de la main d'oeuvre et assouplir le droit du travail, il devient possible de conclure des accords d'entreprises moins favorable que la loi (pour le moment, les conditions sont encadrés et les points limités, mais il faut un début a tout!). La loi Fillon de 2004, puis celle de 2008étend la possibilité d'accord d'entreprise par rapport à la loi ou la convention collective. Ceci ouvre la porte à la recherche d'une meilleure compétitivité par la destruction des acquis et des salaires.

Les règles entourant la rupture du contrat de travail est un enjeu majeur pour le patronat. Le MEDEF recherche une sécurité juridique des licenciements quelque soit leur cause: il faut que l'employeur reste seul maitre à bord. En 2002 le conseil constitutionnel que le législateur, l'administration ou le juge s'interdisent toute ingérence dans la gestion des entreprises au nom de «la liberté d'entreprendre». En 2006, la cour de cassation a introduit la notion de la sauvegarde de la compétitivité, et en 2010 elle exonère l'Employeur qui comprime ses effectifs sur la base du volontariat de son obligation de reclassement: cela ouvre la porte aux pressions, aux chantages, et petits arrangement plus ou moins honnêtes de toute sorte! Et en juin 2008, certaines centrales syndicales (SUD et CGT exceptées) ont signé un «accord de rupture conventionnelle» permettant de mettre fin à un contrat de travail par un accord «gré à gré» fondé sur une liberté de consentement. Quand on sait le rapport de subordination entre l'employeur et le salarié, cela prêterais à sourire si ce n'était pas aussi grave!

Pour Laurence Parisot, présidente du MEDEF « La vie, la santé, l’amour sont précaires. Pourquoi le travail ne le serait-il pas ? »

L’exploitation capitaliste suppose le libre échange de la force de travail des salariés, à la classe des capitalistes, détenteur privés des moyens de production et de subsistance. La réécriture complète du code du travail en 2008 a affaibli les droits des travailleurs en accroissant leur concurrence et en les livrant toujours plus « à la loi du marché ». La prétendu défense de la liberté individuel a individualisé les relations entre le salarié et l’employeur, au grand bénéfice de ce dernier.

http://2ccr.unblog.fr/files/2011/03/droitdutravail.pdf

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15 mars 2011 2 15 /03 /mars /2011 23:42

Le 10 mai 2010, le tribunal des affaires de Sécurité sociale (Tass) de Bourg-en-Bresse condamnait Eurovia, filiale du groupe Vinci, pour « faute inexcusable », à la suite du cancer de la peau qui a emporté, à cinquante-six ans, José-Francisco Serrano-Andrade, travailleur de la route depuis 1986 et pendant vingt ans. Eurovia, son employeur, continue de rejeter toute responsabilité. L’audience en appel de ce jugement s’est tenue à Lyon, vendredi 11 mars. Délibéré prévu le 10 mai prochain. Un rassemblement s’est tenu devant le Palais de Justice. Frédéric Mau, délégué syndical central CGT d’Eurovia Rennes et responsable de la Fédération CGT de la construction s’est adressé en ces termes aux salariés concernés, aux grands groupes de l’industrie routière et au Medef.

 

Tel quel :

 

« Aujourd’hui, la justice aura à traiter du devenir des salariés de l’industrie routière, de leur niveau de citoyenneté. En effet, comment comprendre que tous les jours 85 000 hommes et femmes, investis dans les besoins fondamentaux de construction de voies de communication de notre Nation puissent être considérés comme quantité négligeable et jetable sur les problématiques de fond que sont la vie et la mort. Quel décideur peut tolérer que ses salariés soient envoyés à l’abattoir, et ce au quotidien, dans le cadre de leur travail, en maîtrisant dans le même temps la gravité des risques encourus et en pratiquant l’omerta sur ces risques afin d’éviter une image professionnelle peu reluisante et ainsi la fuite partielle de ses actionnaires ?

 

http://www.humanite.fr/sites/default/files/imagecache/une_article_vertical/bitume.jpgNous construisons des routes depuis 130 ans dans ce pays. Nous avons toujours payé un lourd tribu dans cette activité. Ô pas forcément visible puisque nous avons droit soit à une mort violente, soit à une mort lente dans des souffrances indescriptibles, selon nos affinités avec le destin ou la grande faucheuse. La morbidité est telle, qu’elle est complètement assimilée par nos compagnons. C’est notre culture, aussi imprégnée dans nos esprits que peut l’être le bitume sur nos visages et nos mains. Aussi ancrée et forte que peut l’être la fatalité sur la nécessité de répondre en priorité, et ce quel qu’en soit le prix, aux besoins de nos familles. Même le temps d’incubation des différents cancers dont nous sommes victimes font partie intégrantes de nos mécaniques d’esprit : « on verra plus tard », « normalement les enfants devraient être tout juste élevés et la maison finie de payer… »

 

A ce jour et pour la première fois en France, une famille s’élève et hurle qu’il y en a marre de perdre nos pères, nos maris, nos frères, nos fils… Par son courage sans concession aucune, par sa détermination sans cesse attaquée et néanmoins indéfectible, la famille Andrade-Serrano a décidé de livrer combat. Pour elle, pour ce défunt mari et père, pour tous ! Et en cela, la Fédération nationale des salariés de la construction, bois et ameublement CGT n’avait d’autre choix que de se joindre à elle. Depuis le 10 mai 2010, jour de la condamnation contre la profession, en première instance du Tribunal des Affaires de Sécurité sociale (TASS), notre travail d’investigation nous a amenés à plusieurs découvertes. Toutes sont liées et ne dépendent en fait que d’un seul élément, à savoir les résultats des études épidémiologiques pratiquées depuis les années soixante, tant au champ national et européen que mondial. On nous amuse depuis cinquante ans sur les HAP (hydrocarbures aromatiques polycycliques) et ce diable de Benzo(a)pyrène, molécule hyper cancéreuse, épouvantail par excellence. On nous amuse et surtout on s’emploie à orienter les recherches et autres études, avec l’aval d’une poignée de scientifiques reconnus et très bien rémunérés. Trop ?

 

Messieurs les nantis du CAC 40, soyez maudits !! Vous, tous ! Qui avez organisé ce mensonge sur des décennies, au nom du sacro-saint profit, en continuant de vous bâfrer sur un monceau de cadavres. Bien sûr que l’on ne trouve rien dans les produits épandus ! Puisque ce type de molécules n’entre pas ou si peu dans leur composition. Par contre, nous avons trouvé une poignée de chercheurs, de médecins du travail et de préventeurs qui ont vu leur carrière bousillée pour avoir eu l’audace de chercher ailleurs. Des combattants, qui n’ont pu poursuivre leurs travaux sur le Thiophène, sur l’analyse globale des constituants des fumées, sur les volumes et les types de recyclage de produits industriels ajoutés aux formules globales des enrobés !

 

Sur les enrobés fluxés, sur les routes amiantées, sur les enrobés abti-kérosène etc. C’est bien cette partie morbide de « poker-menteur » qui a coûté la vie à José Francisco Andrade Serrano et à bien d’autres, dans des souffrances sans aucune mesure avec ce que peut supporter l’humain. Ô ça n’a pas été fait méchamment ! Depuis toujours les salariés souffrent et meurent en silence pendant que les profits s’accumulent. C’est un long fleuve qui s’étire tranquille dans le confort et l’abondance ! Eh bien aujourd’hui messieurs, la fête est finie et l’heure de payer la note est venue ! Quelle que soit la décision que prendra le tribunal à l’issue des débats, nous allons continuer d’amasser les témoignages, continuer de recenser nos morts, qu’ils soient au beld, au Portugal, ou en France. Afin de vous faire plier, fortement, pour faire autrement, autrement et mieux. Car ceci est possible et nous ne vous en laisserons pas le choix. Comme vous ne nous avez pas donné le choix avec la réforme des retraites, mise en musique par votre représentant qui siège à l’Elysée. Une réforme qui ne signifie qu’une seule et unique chose à nos yeux : l’allongement des durées d’expositions chimiques sans protection, ainsi qu’une multitude d’autres expositions sur un ensemble de risques. Sept salariés sur dix n’atteignent pas l’âge de la retraite (60 ans) en activité, pour raison de santé ou reconversion professionnelle ou décès. Un mort tous les deux jours et une trentaine de mille en invalidité permanente par an dans le BTP ! C’est beaucoup plus que les forces de Gendarmerie, de la Police, des pompiers et de l’armée réunies. Sans aucun ministre aux enterrements ! Et en ce qui nous concerne, cela occuperait un ministre à temps plein ! Mais nous préférons rester entre nous, avec nos morts ! Sans être à nouveau pollués par l’hypocrisie et afin de conserver notre dignité et notre fierté.

 

Et pourtant des solutions existent. Les produits de substitution existent. Les équipements de protection collective existent. les compétences et parfois la sagesse de ceux qui œuvrent au quotidien sont là, prêtes à être utilisées à bon escient. Mais c’est bien de vos égos et de votre arrogance en termes de freins, dont il s’agit.

 

Messieurs les décideurs de la SCREG, de la SACER, d’Eurovia, de la COLAS, de Eiffage TP, de Bouygues, pour les principaux majors, soyez assurés de notre détermination ! Nous irons jusqu’au bout. le serment en a été fait auprès de Mme veuve Serrano-Andrade.

 

L’article L 4121-1 du Code du travail prévoit et met à la charge de l’employeur, l’obligation de veiller à la santé physique et mentale des salariés. Le tarif quand un patron se fait condamner se situe dans les 30 000 euros environs. Pour le Code pénal et s’agissant d’un homicide par empoissonnement, le tarif est de 30 ans de réclusion ! Le MEDEF ne veut pas convenir de négocier les temps d’exposition et de la pénibilité en général. Nous allons vous démontrer que le choix n’est plus permis. Notre offensive dans la mobilisation est déjà en marche et elle a dépassé les frontières de l’hexagone. Une seule et unique famille est déjà partie en guerre contre cette injustice sans égale. Comptez sur nous, demain, nous serons légion ».

 

Laurence Mauriaucourt

http://www.humanite.fr/14_03_2011-fr%C3%A9d%C3%A9ric-mau-messieurs-les-nantis-du-cac-40-soyez-maudits-467510

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25 février 2011 5 25 /02 /février /2011 22:11

Le marché des jeux vidéo a généré près de 38 milliards d’euros de chiffres d’affaires, en 2010. Les analystes tablent sur 54 milliards d’euros en 2014. Bien entendu, les principaux clients de cette industrie très lucrative sont les jeunes.

La presse s’interroge souvent sur l’impact psychologique de la violence de certains jeux. Mais ce qui est généralement passé sous silence, c’est l’énorme potentiel de ce secteur en matière de propagande pro-capitaliste et pro-impérialiste. Cela n’a pas échappé aux fabricants. Prenons l’exemple du jeu Call Of Duty Modern Warfare 2. En seulement trois semaines, il s’est vendu à 55 millions d’exemplaires, pour un chiffre d’affaires de 3 milliards de dollars. On y incarne un soldat en guerre contre les « méchants Russes », qui sont alliés à de tout aussi méchants pays arabes. Cette maléfique coalition veut lancer une bombe nucléaire sur les Etats-Unis. Votre mission est donc de les en empêcher – en tuant, cela va de soi, un maximum de soldats russes et arabes.

Après le triomphe de ce Call of Duty (« L’Appel du Devoir »), les développeurs ont sorti un nouvel opus : Call of Duty Black Ops. Il a pulvérisé tous les records de vente : 5,6 millions d’exemplaires en une semaine. La première mission se déroule à Cuba. Votre « devoir » est de tuer Fidel Castro, rien de moins. En satané communiste qu’il est, il veut lui aussi raser les Etats-Unis à coups de bombes atomiques. Mais Castro est un malin. Au moment où le joueur croit avoir accompli sa noble mission, il découvre qu’il a « malheureusement » tué un sosie de Fidel. Il est ensuite expédié dans un goulag soviétique. Il réussit à s’en échapper et retourne aux Etats-Unis, où le Président Kennedy en personne lui confie la tâche d’empêcher les « terroristes » communistes d’attaquer les Etats-Unis et de détruire le monde. Il repart donc, la fleur au fusil, tuer des Viet-cong au Vietnam, des communistes au Laos, et ainsi de suite.

La propagande anti-communiste atteignait déjà des sommets avec les films de James Bond, etc. Mais dans le cas de ces jeux, on n’est pas passifs. Avec Call of Duty Black Ops, des millions de jeunes pressent un bouton, comme on presse la détente d’un pistolet, pour tuer de sang-froid Fidel Castro. On brûle au lance-flammes des dizaines de milliers de Vietnamiens. Ce sont ces actes meurtriers qui vous font progresser dans le jeu. On vous récompense par de nouvelles armes qui vous permettent de mieux accomplir vos crimes. La guerre du Vietnam, qui dans la vraie vie s’est soldée par des millions de morts, n’est qu’un divertissement chez d’innombrables jeunes qui s’amusent à virtuellement massacrer des hommes pour défendre l’impérialisme américain.

Il est évident que les amateurs de ces jeux ne tombent pas tous dans le panneau, loin s’en faut. Mais il n’empêche que l’intention est claire. Le premier objectif des capitalistes de ce secteur est de faire un maximum de profit. Le deuxième – autant « joindre l’utile à l’agréable » – est de véhiculer l’idée que les impérialistes font la guerre pour de nobles causes, pour protéger le monde des méchants terroristes, et non pour conquérir des marchés et des sphères d’influence. Ici, la fiction rejoint la réalité : les scénarios de ces jeux se basent sur les mensonges réels des impérialistes.

Fabien L. (PCF 28)

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22 février 2011 2 22 /02 /février /2011 22:05

La manipulation mentale évoque de sinistres choses. Il y a des siècles, les églises furent les premières à façonner nos pensées. Les souverains se sont servis des religions pour modeler nos esprits et nous imposer l’obéissance. Avant, il y avait l’Église qui distillait la bonne parole des puissants et maintenant il y a les médias, et quand on sait que près de 90% des médias appartiennent à seulement 3 hommes, proches du pouvoir … et amis de notre cher président : N.Sarkozy !

Pendant la grande messe du 20 H les informations importantes sont noyées dans une masse de faits divers qui détournent l’attention du téléspectateur. Malgré cela beaucoup de sujets n’ont pas été traités, dommage ! Mais en matière de médias, rien n’est innocent, le silence moins que tout. Ce n’est pas parce que l’on ne parle pas de misère sociale que ça n’existe pas. Et ce n’est pas parce qu’ils l’ont « dit à la télé » que c’est forcément vrai !

 

tele_manipulation.jpgLes médias agissent à la manière d’une drogue, et accroissent la vulnérabilité des individus aux idéologies fabriquées à leur intention. Les images déconnectent l’individu du monde réel pour un monde virtuel. Ils façonnent nos esprits et la diffusion de séries américaines nous fait adopter progressivement la culture et les valeurs américaines. Et si le modèle anglo-saxon bat de l’aile, alors, les médias font l’apologie du modèle scandinave. Il ne faut pas laisser le temps au téléspectateur de se poser trop de questions, il ne faut surtout pas qu’il se dise : « et si finalement notre système n’était pas si mal que ça ? ». Préparer nos cerveaux au discours de l’idéologie dominante : voilà le rôle des médias !


 

Une nouvelle technique de manipulation est apparue depuis quelques années : les sondages. Les instituts de sondage sont, pour la plupart, détenus par les patrons de presse qui sont très proches du pouvoir. L’IFOP est la propriété de L. Parisot. La présidente du MEDEF contrôle donc un organe de fabrication de l’opinion publique. Elle peut donc influencer les citoyens avec des pseudos sondages. Au bout de plusieurs années de dénigrement de la fonction publique, à la télé, à la radio, dans les journaux, par des pseudos reportages ou des réflexions d’animateurs et journalistes à la botte du pouvoir, le scénario est en place pour le dépeçage de l’état. Et le citoyen qui vient de perdre quelque chose d’essentiel pour lui, applaudit des deux mains à ce qu’il croit juste : la propagande a joué son rôle ! Il en est de même pour les retraites, la dette, les salaires, la santé, ou le travail du dimanche, l’individu manipulé est persuadé que les décisions prises sont justes et obligatoires. La propagande agit et lui enlève tout sens critique.

 

sondages.jpgAvant chaque élection, pour essayer de nous faire oublier l’essentiel, les médias, tous comme un seul homme nous parlent d’’insécurité, d’immigration ou d’identité nationale. Une multitude de faits rendus plus horribles les uns que les autres sont commentés, analysés, répétés. Personne ne se soucie de leur véracité. Actuellement l’écologie est à la mode et si tous les médias nous parlent régulièrement d’écologie, ce n’est pas parce que nous sommes devenus subitement écolos. C’est simplement pour nous préparer à certaines réformes, certaines taxes qu’il va falloir justifier : le travail de manipulation a déjà commencé !

 

Celui qui maîtrise les techniques de l’information peut manipuler l’opinion publique. Celui qui tient les rênes de l’information et des médias dirige en fait la société. Personne ne devrait posséder plus d’un moyen d’information : c’est une des conditions de la liberté !

ROBERT GIL
Conscience Citoyenne Responsable


 
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