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Faurecia Beaulieu Structures

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28 septembre 2011 3 28 /09 /septembre /2011 15:28

Je ne sais pas ce que vous en pensez mais moi je suis déconcerté, indigné et confondu par la Banque Mondiale, la Banque Centrale Européenne, le FMI et quelques autres sigles qui semblent dominer les médias. Je n’ai voté pour aucun de ces organismes alors pourquoi ont-ils tant d’influence sur ma vie, sur celle de toute la population anglaise et sur celle de dizaines de millions de personnes dans le monde ? On dirait qu’ils dirigent le monde. Les médias ne parlent que du "marché". Sur nos écrans de télévision on voit des gens qui fixent des écrans et qui pressent des boutons. En pianotant les touches d’une clavier, ces personnes tiennent la vie de millions d’êtres humains à leur merci. Comment en est-on arrivé là ? Quelle sorte de système avons-nous crée qui donne autant de pouvoir à ces gens-là ? Comment se fait-il que ces gens à qui on a confié l’argent des travailleurs, finissent par engloutir de l’argent si durement gagné par d’autres ? Comment a-t-on pu les laisser prendre à la gorge des millions de personnes ?

Où étaient les gens que nous avons élus pour s’occuper de nous quand cette forme de capitalisme corrompue et dévoyée s’est développée ? Etaient-ils si incompétents ou sont-ils devenus membres d’une oligarchie qui s’enrichit en même temps que les spéculateurs des marchés ? Le rôle de l’argent est d’aider les vrais créateurs de richesse qui servent la société : ceux qui oeuvrent de toutes leurs forces à l’amélioration de notre existence. Comment se fait-il qu’une opération aussi simple que de fournir de l’argent aux créateurs de richesse soit devenue si complexe ? Nous connaissons parfaitement la réponse : cette complexité est la méthode qui a été utilisée pour aveugler délibérément les populations et permettre aux "gens d’argent" de siphonner tout l’argent pour leur profit personnel.

Attirés par le statut social dont jouissent ceux qui se trouvent au sommet de la pyramide de la finance grâce à leurs salaires astronomiques, les jeunes loups diplômés en mathématiques et en sciences ont rallié l’industrie financière. Ils ont consacré leur talent à élaborer des produits financiers de plus en plus opaques pour écouler les bonds toxiques en les vendant sur les marchés, en faisant des profits à chaque transaction jusqu’à ce que finalement ceux qui détenaient ces morceaux de papiers sans valeur soient coincés. Les gouvernements ont alors utilisé l’argent des contribuables pour venir à leur secours en injectant des milliards de livres sterling dans les institutions financières. Beaucoup de gens ont été ruinés, ils ont perdu leur travail et se sont retrouvés à la rue. Les retraites pour lesquelles les gens avaient cotisé toute leur vie ont été amputées, obligeant des millions de retraités à vivre dans la pauvreté à l’âge le plus vulnérable.

Et qu’en est-il des politiciens ? Où sont les idées nouvelles dont à a besoin pour faire face à un système injuste, inéquitable et catastrophique ? Je ne vois que très peu de différence entre les partis politiques ; les différences se résument à l’extension des coupes budgétaires. Comment peut-on accepter que la solution de cette crise soit de punir collectivement presque toute la population à l’exception évidemment des financiers qui en sont la cause ? Le manque d’imagination des politiciens enfermés dans la camisole de force que les financiers leur ont mise, est effarant.

Ce matin, le Guardian (23 septembre) rapporte que la dirigeante du FMI, Christine Lagarde, presse les gouvernements européens d’aider les banques une fois de plus. Pourquoi les gouvernements ne peuvent-il pas injecter de l’argent ailleurs ? Y a-t-il quelque loi naturelle qui force les gouvernements à donner de l’argent aux banques ? La première injection d’argent aux banques a échoué à faire repartir l’économie, alors pourquoi utiliser encore le même remède ? Et pourquoi pas une réforme bancaire ? Même la modeste réforme qui visait à protéger les opérations bancaires normales contre la spéculation (en séparant les banques de dépôts des banques d’affaire ndt) a été repoussée à 2019 suite aux efforts intensifs du lobby financier. Le gouvernement de Grande Bretagne s’oppose même à instituer la petite taxe sur les transactions financières (Robin Hood tax) que demandent la France et l’Allemagne.

Il y a quelque chose qui ne va pas du tout dans notre modèle de capitalisme ; des nouvelles idées et des réformes sérieuses sont nécessaires de toute urgence. La distribution de la richesse a été incroyablement inéquitable et corrompue et des quantités énormes d’argent ont été amassées par un tout petit nombre de puissants. Le Daily Mail attribue une part substantielle de l’écart croissant des salaires au secteur financier :

Environ 60 % de l’augmentation de l’écart entre les riches et les pauvres entre 1998 et 2008 provient des profits réalisés par les services financiers selon un rapport de l’Ecole d’Economie de Londres.

Ceux dont la mission était d’utiliser l’argent gagné à la sueur du front des travailleurs ordinaires pour alimenter la machine économique se sont enfui avec le butin et le système s’est grippé. Et ce qui est affolant, c’est que les politiciens sont si terrifiés et hypnotisés par les financiers qu’ils continuent de mettre toujours plus d’argent dans leurs coffres dans l’espoir que quelque chose en ressortira pour remettre la machine en marche.

Je vous en supplie, vous tous, politiciens et faiseurs d’opinion, cessez d’écouter les financiers. Revenez aux valeurs essentielles et faites preuve d’un peu de bon sens.

Dr Adnan Al-Daini

Dr Adnan Al-Daini est un conférencier universitaire en retraite. C’est un citoyen britannique d’origine irakienne. Il a quitté l’Irak en 1962, à 17 ans, grâce à une bourse d’études pour l’Angleterre. Il écrit régulièrement des articles sur les problèmes sociaux et le Moyen-Orient.

Pour consulter l’original : http://dissidentvoice.org/2011/09/economics-of-the-madhouse/

http://www.legrandsoir.info/l-economie-chez-les-fous-dissident-voice.html

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20 septembre 2011 2 20 /09 /septembre /2011 14:54
 

L’appel de seize patrons milliardaires, publié fin août par le Nouvel Observateur, a fait le tour des autres médias. Ils demandent de payer une « contribution exceptionnelle » au Trésor Public. On y lit : « Au moment où le déficit des finances publiques et les perspectives d’aggravation de la dette de l’Etat menacent l’avenir de la France et de l’Europe, au moment où le gouvernement demande à tous un effort de solidarité, il nous semble nécessaire d’y contribuer. » Parmi les signataires figurent Jean-Paul Agon et Liliane Bettencourt (L’Oréal), Antoine Frérot (Veolia), Maurice Lévy (Publicis) et Christophe de Margerie (Total).

Prenons tout d’abord la véritable mesure de cette proposition. Le gouvernement a mis un chiffre sur « l’effort » collectif auquel ces bonnes âmes veulent bien consentir : 200 millions d’euros. Quand on gagne le SMIC, cela semble être beaucoup d’argent. Mais quand on possède une fortune aussi colossale que les signataires de cet appel, ce n’est rien. Prenons le seul cas de Mme Bettencourt. 200 millions d’euros représentent à peu près ce qu’elle engrange en dividendes de L’Oréal en l’espace d’une année, sans parler de ses autres sources de revenus.

La « générosité » de cet appel est donc toute relative. Néanmoins, cette démarche fait réfléchir, n’est-ce pas ? Les capitalistes passent leur vie à s’enrichir sur le dos des autres. Les grandes fortunes de France sont des spécialistes de la fraude et du détournement des fonds publics. Ce sont les capitalistes qui ont ruiné l’Etat. Ils emploient une légion d’experts en « optimisation fiscale » pour réduire au strict minimum – par des moyens légaux ou illégaux – le montant de leurs impôts. Ils profitent largement des fameuses « niches fiscales », qui rapportent quelques 50 milliards aux plus fortunés (et 25 milliards à d’autres personnes relativement aisées). Ils utilisent des paradis fiscaux pour cacher des revenus imposables et couvrir leurs activités illégales. En Suisse, les banques détiennent au moins 80 milliards d’avoirs français non déclarés. Que peut donc signifier, chez ces requins capitalistes, un tel accès de générosité ? Quel est le but de cette opération médiatique ?

« L’appel des seize » est avant tout l’expression du cynisme de ses signataires et de leurs amis dans les médias. Ils écrivent : « Cette contribution n’est pas une solution en soi : elle doit s’inscrire dans un effort plus global de réforme, tant sur les dépenses que sur les recettes. » Voilà une des clés de cette affaire. L’« effort global de réforme » comprend le saccage des retraites et de la sécurité sociale, la destruction progressive de l’Education Nationale et de l’ensemble des services publics, la réduction massive du nombre de fonctionnaires, la pression constante sur les salaires et les conditions de travail. Les 200 millions offerts à titre « exceptionnel » représentent une minuscule ristourne sur les dizaines de milliards que la politique du gouvernement rapporte à ces parasites. Cet appel est une stratégie de manipulation de l’opinion publique destinée à justifier un durcissement de la politique d’austérité qui frappe la masse de la population – et surtout les plus pauvres – au profit des plus riches.

Tout ceci traduit aussi une certaine peur chez les capitalistes. Ils savent pertinemment que le gouffre entre les riches et les pauvres se creuse d’année en année. La « grande misère » se généralise. Mais malgré la « crise » – qui ne touche pas ceux qui en sont responsables –, les 10 % les plus riches se sont encore enrichis au cours de ces dernières années. Les capitalistes ont beaucoup de pouvoir, il est vrai. Ce pouvoir repose sur leur propriété – et notamment sur la propriété privée des moyens de production, des rouages du commerce et des banques. Mais en même temps, c’est une classe faible. D’une part, elle est peu nombreuse comparée au salariat. D’autre part, son pouvoir repose sur la patience de la population en général et des travailleurs en particulier. Si jamais cette masse décide de ne plus tolérer le pouvoir capitaliste et d’entrer en action pour y mettre fin, il s’écroulera comme un château de cartes. Et c’est la crainte de cette perspective qui pousse ces quelques riches à la « générosité ». Il faut afficher une « solidarité » fictive et hypocrite en haut, dans l’espoir de calmer la colère sourde mais explosive qui gronde en bas !

La Riposte

http://www.lariposte.com/l-appel-des-16-cyniques-edito-du,1674.html

 

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11 septembre 2011 7 11 /09 /septembre /2011 10:08

http://www.legrandsoir.info/local/cache-vignettes/L250xH170/breveon1962-a2beb.jpgDeux tours ont été pulvérisées le 11 septembre avant même d’être entièrement érigées. L’une s’appelait liberté, l’autre socialisme. L’architecte, Salvador Allende a péri dans les décombres.

La poussière noire du fascisme a plongé le Chili dans la nuit jusqu’en 1990. Des milliers d’innocents sont morts où ont été blessés, 150 000 personnes ont été emprisonnées, près de 30 000 ont été torturées, des centaines de milliers ont fui leur pays de terreur.

Il aurait mieux valu que deux tours s’écroulent à Santiago du Chili.
Les terroristes pinochistes étaient manipulés depuis les USA, les USA qui pleurent depuis dix ans, qui gémissent et frappent tout ce qui bouge parce que des enragés fanatisés leur ont fait le centième de ce qu’ils font au monde depuis un siècle (voir, ci-contre l’article : « Des 11 septembre à la pelle et à grande échelle »).

Nos médias nous apitoient sur le 11 septembre 2001. La plupart de nos concitoyens en oublieront pour toujours (ont déjà oublié !) le 11 septembre 1973.

Théophraste R. (Observateur dubitatif de « la plus grande démocratie du monde » et des médias).

 

http://www.legrandsoir.info/+tragique-11-septembre+.html

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10 septembre 2011 6 10 /09 /septembre /2011 09:09

http://www.lariposte.com/local/cache-vignettes/L230xH210/arton1670-c5180.jpgDans notre Manifeste sur la révolution arabe, publié en mars 2011, nous écrivions : « L’économie israélienne est déjà en crise. De nouvelles coupes budgétaires et contre-réformes provoqueront une intensification de la lutte des classes en Israël même. Netannyahou imagine que son pays est un îlot de stabilité et de démocratie qui ne pourrait pas être affecté par la révolution. Mais au fond, Israël n’est qu’un pays du Moyen-Orient menacé, lui aussi, par la vague révolutionnaire partie d’Egypte et de Tunisie. Il y a de nouvelles contradictions en Israël. L’augmentation des prix du pétrole et de l’eau en fait l’un des pays où le coût de la vie est le plus élevé au monde. »

Cinq mois plus tard, la jeunesse et les travailleurs israéliens se sont mobilisés à une échelle inédite dans l’histoire du pays. Commencée en juillet, la « révolte des tentes » a culminé le 3 septembre dans d’énormes manifestations : 300 000 personnes à Tel Aviv, 50 000 à Jérusalem, 40 000 à Haïfa et d’importants cortèges dans plusieurs autres villes. Au regard des 7,7 millions d’habitants que compte le pays, c’est absolument colossal. Un sondage rapporte que 90 % de la population soutient le mouvement. Cela n’empêche pas des « analystes », dans la presse, d’y voir un mouvement des seules « classes moyennes » ! Or, de toute évidence, ces manifestations sont très largement composées de jeunes, de pauvres, de travailleurs et de chômeurs.

Ce mouvement est un tournant dans l’histoire du pays et de la région. Il marque un changement radical dans l’humeur des masses israéliennes. Pendant des décennies, la classe dirigeante a cimenté la population autour d’elle en agitant le spectre de « l’ennemi extérieur ». Ce faisant, elle était confortée par la stratégie insensée du terrorisme individuel et des tirs de roquettes, de la part du Fatah et du Hamas. Cette prétendue « lutte armée » n’a pas même éraflé l’armure de l’impérialisme israélien. Au contraire, elle lui a fourni les arguments nécessaires pour maintenir la « question sécuritaire » au premier rang de sa politique et de sa propagande. Mais à présent, les Israéliens – arabes et juifs – exigent que les questions du logement, des services publics et du coût de la vie soient mises à l’ordre du jour. Israël est le deuxième pays capitaliste développé le plus inégalitaire au monde, derrière les Etats-Unis.

Combien de fois, en France et ailleurs, a-t-on entendu des militants de la cause palestinienne désespérer des travailleurs israéliens, au point d’affirmer que la lutte des classes est inexistante en Israël et que le pays constitue un seul bloc réactionnaire ? La Riposte a systématiquement rejeté ces idées absurdes et souvent plus ou moins imprégnées d’antisémitisme. La société israélienne est divisée en classes sociales, avec des riches et des pauvres aux intérêts inconciliables. Nous expliquions qu’il faudrait de grands événements pour révéler les processus moléculaires à l’œuvre sous la surface d’une société apparemment « stable ». La révolution arabe a agi comme un puissant catalyseur. Et désormais, la population israélienne est polarisée comme jamais. La croissance du petit Parti Communiste israélien en est un symptôme important.

Netannyahou et sa clique sont terrorisés. Ce mouvement de masse remet la lutte contre l’oppression des Palestiniens à l’ordre du jour – y compris en Israël. Toutes les questions sont liées. Les milliards de dollars dépensés dans la « sécurité » ne sont pas investis dans les services publics. De sa prison israélienne, le dirigeant palestinien Marwan Barghouti a appelé à l’organisation d’une manifestation « d’un million de Palestiniens » pour le 20 septembre. Sur fond de révolution arabe, l’éclatement d’une nouvelle Intifada est de plus en plus probable. Ce n’est pas un hasard si Netannyahou a décidé d’armer les colons israéliens, début septembre.

Beaucoup d’Israéliens demandent que les directions syndicales organisent une grève générale de 24 heures, pour commencer. Il faut jeter tout le poids de la classe ouvrière israélienne dans la balance. Netannyahou a annoncé qu’il ne pourrait pas satisfaire la plupart des revendications des manifestants : « les caisses sont vides ». En Israël comme ailleurs, la crise du capitalisme se double d’une crise de la dette publique. Et parmi les jeunes et travailleurs mobilisés, beaucoup comprennent qu’il faut en finir avec le système capitaliste lui-même. Toutes les conditions sont réunies pour une lutte commune des travailleurs juifs et arabes contre le cauchemar du capitalisme dans toute la région. Il n’y a pas d’alternative.

Contre le capitalisme et l’impérialisme israéliens ! Pour une Fédération socialiste du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord !

La Riposte

http://www.lariposte.com/la-vague-revolutionnaire-entre-en,1670.html

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7 septembre 2011 3 07 /09 /septembre /2011 10:49
L’expression  « changement de régime » revient de plus en plus souvent dans les débats politiques et dans les aventures guerrières. On ne parle plus de changements cosmétiques, mais de changements globaux dans la manière de gérer la solidarité, l’économie, la finance, la démocratie, la politique, les droits humains des personnes et des peuples.
LE RÉGIME DOMINANT EN OCCIDENT
Le régime dominant, dans les pays de l’Occident et dans de nombreux autres pays dépendants de ces derniers, repose sur quatre piliers qui en constituent les bases sans lesquelles il ne saurait se maintenir : le capitalisme néolibéral, la démocratie représentative, la puissance militaire, le contrôle des médias.
 
Le capitalisme néolibéral place le capital et les intérêts privés qui s’y rattachent en tête de liste des objectifs au service desquels toutes les institutions sociales et politiques doivent se subordonner.  Ils auront priorité sur les impératifs du bien commun d’une société tout comme sur les droits  des personnes et des peuples. En temps de crise on sacrifiera ces derniers pour sauver cette première colonne du régime en place. Les banques, les institutions financières, l’économie de marché sous le contrôle d’oligarchies seront les premiers servis.
 
La démocratie représentative est conçue de manière à assurer aux élites du capital de garder plein contrôle sur les divers pouvoirs de l’État, tout en laissant l’impression que ces pouvoirs sont entre les mains des électeurs et électrices. Ils y parviennent en contrôlant les partis politiques et les gouvernements qui en émergent. Ainsi, ils contrôlent les principaux leviers du pouvoir : la justice, la fiscalité, les politiques sociales.
 
La puissance militaire est le bras de fer qui, d’une part fait taire toute dissidence interne au régime et qui d’autre part s’acharne par tous les moyens à faire échouer les régimes qui misent sur d’autres fondements  que ceux du néolibéralisme et de la démocratie représentative.  Dans ce dernier cas, Cuba est un exemple fort éloquent. Des centaines de millions de dollars ont été dépensés depuis 50 ans par les États-Unis  pour faire échouer ce nouveau régime qui n’en continue pas moins à subsister. Actuellement, nous pouvons observer ces forces de l’empire qui s’infiltrent dans divers pays émergents pour déstabiliser et renverser des gouvernements qui leur font faux pas. Ce fut, entre autres, le cas au Honduras, en 2009, au Venezuela, en 2002, en Bolivie, en 2008, en Équateur, en 2010, au Nicaragua dans les années 1980 avec les contras. Présentement quelque chose de semblable se produit en Afrique du Nord (Libye) et au Moyen Orient (Syrie). Dans ces derniers cas des considérations de géopolitique et de prise de contrôle de richesses  s’ajoutent aux objectifs d’élimination de régimes qui leur échappent.
 
Le contrôle des médias fait partie des fondements du régime qui ne saurait survivre sans l’intervention de cette arme extraordinaire qui permet de conditionner la conscience des peuples.  Les exemples se multiplient à une vitesse exponentielle de ce que sont capables de faire ces « médias » au service du régime. Déjà nous avons eu l’exemple de l’existence des « armes de destruction massive » pour envahir l’Irak et maintenant nous avons tous ces montages, mis à jour, pour justifier l’intervention en Libye et faire accepter le renversement du régime de Kadhafi. Cet outil permet de manipuler le mensonge et la vérité de manière à ce que dans les deux cas ils servent le régime. Il saura transformer des saints en diables et des diables en saints. Il rendra possible la simulation en studio, comme ce fut le cas récemment, pour la prise de la place verte de Tripoli, ou encore pour montrer une foule en liesse filmer en  Inde et la  faire passer pour une foule libyenne célébrant la victoire des rebelles à Tripoli.
 
LES RÉGIMES ÉMERGENTS
De multiples facteurs conduisent de plus en plus les peuples à se dissocier d’un régime dont le véritable visage se révèle être tout à l’opposé de celui présenté par ses  médias. La mondialisation sort les peuples de leur isolement et l’information alternative apporte une lecture différente de ce qui se passe dans le monde. C’est alors qu’ils découvrent la grande tricherie dont ils sont victimes et les dessous de ces guerres menées sous la bannière de la défense des droits humains, de la démocratie et des valeurs de civilisation. Ils réalisent de plus en plus que les intérêts de domination, de conquête et de contrôle s’imposent au détriment du respect des droits des personnes et des peuples.
Dans les pays émergents de nouvelles avenues s’ouvrent pour substituer un tel régime de domination par autre chose plaçant, en tête de liste des priorités, la personne humaine et le bien commun des peuples. L’émergence de cette nouvelle approche repose sur quatre piliers : les droits de la personne et le bien commun des peuples, une économie fondée sur le principe où l’État intervient autant que nécessaire et le privé  autant que possible, la démocratie participative et finalement la solidarité nationale et internationale.
 
La personne humaine et le bien commun  sont des références qui canalisent toutes les autres. Elles placent en priorité les éléments essentiels assurant à toutes les personnes les attentions requises pour qu’elles aient accès à l’éducation, aux soins de santé, à une alimentation suffisante et à un toit convenable. Les richesses naturelles, les revenus de chaque citoyen et citoyenne ainsi que celles des diverses entreprises doivent, en tout premier lieu, servir ces priorités. Les intérêts du peuple s’imposent aux intérêts particuliers des individus et des corporations. L’État est le maître d’œuvre de la réalisation de cet objectif.
 
Une économie sous contrôle de l’État chaque fois que nécessaire et sous contrôle du privé autant que possible. Ce n’est plus le peuple au service de l’économie, mais l’économie au service du peuple. Ainsi l’État interviendra dans l’exploitation des richesses naturelles de manière à ce que ces dernières servent, entre autres,  les objectifs du bien commun. Il interviendra au niveau de la fiscalité pour que tous les intervenants économiques participent au financement des divers projets nécessaires au bienêtre et au bon fonctionnement de la société. Des mécanismes sont mis en place pour contrer, autant faire se peut, la corruption et les influences indues des gouvernements étrangers et des multinationales.
 
La démocratie participative est celle qui décloisonne l’exclusivité des partis politiques pour permettre la participation plus directe des citoyens et citoyennes ainsi que des organisations sociales et économiques. Elle contrôle le financement des partis politiques et s’assure que le système électoral soit à l’abri des malversations au niveau du vote, du comptage et de l’annonce officielle des  résultats.  Le pays ayant fait le plus grand progrès à ce chapitre est sans nul doute celui de la Bolivie qui a utilisé les  toutes dernières technologies pour l’identification des électeurs et électrices, pour comptabiliser les votes et en promulguer les résultats officiels. Dire que ce pays, considéré jusqu’à tout récemment, comme le plus pauvre de l’Amérique latine est aujourd’hui celui qui a mis en place le système électoral qui défie, à bien des égards, celui des États-Unis et du Canada.
 
La solidarité nationale et internationale est cette quatrième colonne sur laquelle s’édifient ces nouveaux régimes. L’approche des relations des personnes et des peuples n’est plus perçue en termes de conquête et de domination, mais en termes de complémentarité et d’entraide. Elles se réalisent dans le plein respect de l’indépendance et de la souveraineté des  peuples. À ce titre, l’exemple de Cuba constitue une référence assez exceptionnelle de cette solidarité. Ses médecins et professeurs sont dans tous les coins de l’Amérique latine, peu importe les régimes en place. Ils oeuvrent  le plus souvent dans les régions les plus hostiles où peu de professionnels osent s’aventurer. IL en va de même pour les pays regroupés dans l’ALBA et UNASUR.
 
CONCLUSION
Ce passage d’un régime à un autre ne peut se réaliser sans une prise de conscience très forte des peuples et un leadeurship qui sait en canaliser les énergies. La prise du pouvoir par les voies démocratiques seront vite suivies par la formation d’une constituante visant à permettre aux peuples de se donner une constitution qui leur ressemble. La grande majorité des pays sous l’Empire dispose d’une constitution rédigée et imposée par les oligarchies dominantes. Qu’il y ait dès lors une nouvelle constitution va de soi. Ce sera dans le cadre de cette dernière que seront établies, entre autres, des règles strictes relatives aux processus électoraux, aux droits à une information sérieuses, aux partis politiques et à leur financement etc.…
Il va de soi que les oligarchies occidentales n’ont aucun intérêt à ce qu’émergent de nouveaux régimes qui fassent la démonstration qu’un autre monde est possible. La semaine dernière, le ministre de l’éducation dans le gouvernement chilien disait que le Chili n’a pas les moyens d’assumer l’éducation gratuite pour tous et toutes. Pourtant, le Chili est donné en exemple des pays en développement du sud. Or, Cuba, le Venezuela, la Bolivie, l’Équateur, le Nicaragua trouvent les moyens d’assurer cette éducation à leurs peuples. Il s’agit évidemment d’une question de régimes.
Il n’y a pas de doute que le changement de « régime » est devenu inévitable, d’autant plus que les masques tombent et que les soi-disant sauveurs  des grandes valeurs de la démocratie et des droits humains se révèlent être ses plus grands adversaires. Une fois que la vérité aura rejoint la conscience des peuples, l’empire deviendra alors l’ennemi de tous les peuples.
Oscar Fortin
 
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1 septembre 2011 4 01 /09 /septembre /2011 00:00

Il y a plusieurs mois, j'ai été choquée par la manière dont les manifestations ont été réprimées en Libye. J'étais persuadée que Kadhafi écrasait dans le sang les manifestants et qu'il bombardait les civils à Tripoli. J'ai eu la possibilité fin juillet de me rendre sur place pour voir la situation réelle, et pouvoir en témoigner.

Tout ce que disent nos médias n'est que mensonges. Nous étions à Tripoli, nous pouvions circuler librement, pas d'état de siège, pas de chars, pas de milices armées terrorisant la population. A Tripoli, le calme règne en total contradiction avec le chaos annoncé par nos médias, qui décrivent la capitale comme étant au bord de la guerre civile.

Toutes les personnes rencontrées – civils, volontaires, militaires et même opposants – disent la même chose : il y a sûrement des choses à changer en Libye mais c'est aux Libyens de le faire et à personne d'autre, surtout pas à des rebelles sortis d'on ne sait où, et qui pour la plupart viennent de l'étranger. Les sondages au sein de la population indiquent que M. Kadhafi dispose d'au moins 90% de soutien dans la région de Tripoli et d'au moins 70% dans le pays tout entier. Pouvons-nous détruire un pays parce qu'il s'y trouve 30% d'opposition ? Dans ce cas, il faut vite venir en France car là nous sommes plus de 30% à vouloir le départ de Sarkozy ! Qui va nous armer et nous financer ?


L'Otan et la France ont violé les résolutions 1970 et 1973, qui étaient sensées permettre de protéger la population libyenne. De nombreux civils – dont des femmes et des enfants – sont morts à cause des missiles de l'Otan. L'Alliance ne bombarde pas les sites militaires, mais des écoles, des hôtels, des magasins et des maisons, sans aucun état d'âme et justifiant cela en disant qu'il s'agit de « dommages collatéraux ». Combien l'Otan a-t-elle fait de victimes depuis le début des bombardements ?


La France et le Qatar sont responsables de la mort de centaines de civils, voire de milliers. La France et le Qatar arment, financent et protègent les rebelles. Ce sont ces rebelles qui tuent, violent, massacrent, torturent, décapitent. Ils commettent les pires exactions, les pires atrocités sur la population civile ou sur toute personne ne partageant pas leur haine du régime.

 

De nombreuses vidéos témoignent de leur barbarie. Ce sont ces gens-là que nous soutenons et qui nous sont présentés comme l'opposition démocratique en Libye ! Mais qui sont-ils véritablement ? Beaucoup viennent d'Irak, d'Afghanistan, d'Egypte, du Niger, et d'autres pays d'Afrique. Ce sont les mêmes islamistes que, soi-disant, nous combattons en Irak et en Afghanistan. Donc, un jour nous les combattons, un jour nous les protégeons. Quelles sont leurs revendications ? Rien, si ce n'est piller le pays, mettre le chaos partout où ils passent.


C'est du jamais vu : on a attaqué un pays, tué des centaines de civils, bombardé des centaines d'infrastructures, soutenus des rebelles barbares, tout ça sans aucune commission d'enquête, sans aucune véritable preuve des massacres de Kadhafi, seulement suite à des articles de presse. On a appris que notre nouveau président BHL souhaitait aider la Libye et donc il a fallu bombarder et soutenir le CNT. Pourtant, les Libyens ne reconnaissent en rien le CNT ni les rebelles et, quoi qu'il arrive, ils défendront leur terre et leur liberté jusqu'à la fin. Voilà le témoignage des gens que j'ai rencontrés en Libye. Ils ne comprennent pas pourquoi on les attaque, pourquoi on les tue et pourquoi on détruit leur pays alors qu'ils ne nous ont rien demandé. Les médiamensonges ont une lourde responsabilité concernant la guerre. Non seulement ils ont permis le vote de la résolution de l'ONU et le bombardement du pays, mais ils ont aussi permis, tout au long du conflit, de justifier les atrocités commises au nom de la « démocratie » française.


Les journalistes savent que jamais Kadhafi n'a bombardé la population lors des manifestations (aucune image, aucune preuve), et que les manifestations à Benghazi n'avaient rien de pacifique. Les rebelles étaient armés de bâtons, couteaux, sabres : on peut voir les images et vidéo sur internet. Ils s'en sont pris aux forces de l'ordre et ont semé le chaos dans la ville. Les journalistes savent les atrocités et les exactions qu'ils ont commises. Ils savent que ces rebelles ne reflètent en rien la population Libyenne, mais ils ne disent mot. Au contraire : ils répètent en boucle que les insurgés avancent et que le pouvoir sera bientôt renversé. Pas d'infos concernant la mort de centaines de civils à cause de l'Otan, pas un mot concernant les viols, les actes de torture et les meurtres commis sur des civils par les rebelles.


La population Libyenne souffre dans l'indifférence de tous. A cause du blocus, certains Libyens manquent de médicaments, de nourriture et d'essence. Sous couvert de la résolution 1973, l'Otan et la France commettent des crimes contre l'humanité. L'Otan, en tant qu'organisation, est responsable des dommages matériels et humains de cette guerre. Elle est coupable des conséquences économiques désastreuses pour la population libyenne. En démocratie, c'est la population qui finance, et nous avons laissé faire, sans rien dire. Quant à Sarkozy, il devra répondre de ses actes devant un tribunal pour mensonges, crimes de guerre, crimes contre l'humanité, violation des résolutions 1970 et 1973 (en bombardant de civils, en armant et finançant les rebelles). Non seulement la France a envoyé des troupes pour aider les milices rebelles, mais elle leur a également fourni des armes et de l'argent.


La Libye est bien vivante et elle résiste. Elle dépose des plaintes devant la Cour Pénale Internationale, devant les tribunaux belges (juridiction dont dépend l'OTAN), la Cour de Justice européenne, les juridictions nationales des États agresseurs. Elle entreprend des démarches devant le Conseil des Droits de l'Homme de Genève, le Conseil de Sécurité et l'Assemblée générale des Nations Unies.


Il est temps de se réveiller et de dire stop à cette propagande mensongère qui justifie des crimes et des massacres de population en notre nom ! Les médias et nos politiques nous manipulent et nous mentent sur la situation en Libye.


Imaginez-vous un régime qui compte 30% d'opposants. Un autre pays décide de venir les armer, de les financer et de les aider à mettre le chaos dans tout le pays. Les 70% restant ne sont-ils pas majoritaires ? N'ont-ils aucun droit ? Ou alors nous – Otan, France, Europe – nous défendons le droit de ceux qui peuvent nous apporter quelque chose ?


Ici il est clair que notre soutien aux rebelles vient du fait que la France et les autres pensent récupérer des contrats juteux en Libye, et surtout faire main basse sur les richesses du pays. Un Libyen m'a dit ceci « Maintenant que vos caisses sont vides, vous venez en Libye renflouer vos comptes ! »


Une fois que vous voyez la vérité en face, tout s'éclaire. Les vrais raisons de notre présence en Libye, ce n'est pas la démocratie mais uniquement le pétrole. J'espère que ceux qui liront ceci auront la curiosité d'aller vérifier sur internet et se rendront compte de ce qui se passe en ce moment en Libye. Il faut tout faire pour stopper ce massacre, en arrêtant les bombardements et en arrêtant d'armer les rebelles.


L'Otan, la France surtout Sarkozy et BHL devront répondre de leur crimes devant la justice. A nous de faire en sorte que cela arrive un jour et que leurs crimes ne restent pas impunis.

 

Manifestation à Paris: Samedi 3 septembre à partir de 14h, place de la République

Plus d'informations ici

http://www.michelcollon.info/Kadhafi-etait-tyran-sanguinaire-Je.html


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28 août 2011 7 28 /08 /août /2011 00:00

greve generaleAprès la défaite du mouvement contre la réforme des retraites en 2010 en France, le gouvernement s’était félicité d’avoir mené sa contre-réforme et annonçait déjà son intention de poursuivre sa politique. Le 24 Aout, Fillon a présenté une série de mesures pour prélever davantage sur les revenus du Travail pour faire payer la crise financière aux travailleurs.

Les syndicats appellent à une « journée de mobilisation interprofessionnelle » pour le mois de septembre. Mais aucun bilan sérieux n’a été fait de la défaite du mouvement de 2010. Les directions syndicales organisent à nouveau une journée d’action ou peut-être une série de journée d’action à la rentrée. Or le gouvernement ne reculera pas devant une journée d’action qui ressemble fort à une parade des organisations syndicales avant les présidentielles de 2012.

L’opposition politique reste « responsable ». Les partis réformistes en campagne (PS, FdG) ne remettent pas en question la réforme des retraites qui est la principale mesure du quinquennat Sarkozy. Les modestes critiques de la politique du gouvernement ne sont pas destinées à mobiliser les travailleurs dans les mouvements.

Les directions des organisations des travailleurs permettent par leur politique conciliatrice que la dégradation des conditions de vie se poursuive. Les travailleurs ne pourront défendre leurs acquis que par un grand mouvement, une grève générale, qui provienne des travailleurs eux-mêmes.

http://www.legrandsoir.info/les-reformes-continuent.html
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25 août 2011 4 25 /08 /août /2011 08:25

Deux ans après la crise de 2008-2009, les grandes puissances risquent de replonger dans la récession. Au « mieux », elles connaîtront la stagnation. Au deuxième trimestre 2011, la croissance des Etats-Unis a nettement ralenti, pendant que les économies française et allemande faisaient du surplace. Ceci aura des conséquences très sérieuses pour des millions de jeunes et de travailleurs du monde entier. En France, les mauvais chiffres se succèdent : contraction de l’industrie, hausse du chômage, baisse du pouvoir d’achat… Or, la « reprise » de 2010 n’avait pas même commencé à effacer les fortes hausses du chômage enregistrées en 2008 et 2009.

En réponse à la crise, le gouvernement Sarkozy annonce des coupes supplémentaires dans les budgets sociaux. Après avoir creusé la dette publique en versant des milliards d’euros dans les coffres des banques et des multinationales, le gouvernement présente l’addition à la masse de la population. En même temps, la classe dirigeante s’inquiète de la réaction des travailleurs. Elle a observé avec angoisse les explosions sociales en Espagne, en Grèce, en Israël, au Chili et dans le monde arabe. Elle redoute, à juste titre, que la même chose se produise en France. Aussi promet-elle que les riches seront mis à contribution. « Taxez-nous ! », osent proclamer des patrons du CAC 40 qui, depuis des années, bénéficient de milliards d’euros d’exonérations fiscales. L’objectif de ces déclarations hypocrites – comme de l’annonce d’une « taxe sur les transactions financières » – est de faire passer la pilule de l’austérité drastique qui se prépare.

Une puissante riposte syndicale doit être organisée. Mais il faut aussi poser la question : qui doit diriger la société ? Les milliardaires qui pillent l’économie et la plongent dans le chaos – ou les salariés, qui produisent toutes les richesses du pays ? Les idées du socialisme révolutionnaire doivent être remises au cœur de la gauche et du mouvement syndical. Il faut lier la lutte pour des réformes à la nécessité d’arracher les principaux leviers de l’économie – banques, grande industrie, grande distribution – des mains des capitalistes, pour les placer fermement sous le contrôle des salariés et de la population en général. Il ne suffit pas de « taxer » les patrons milliardaires : il faut les exproprier. Seule une planification démocratique et rationnelle de l’économie permettra d’en finir avec la misère, les humiliations et les inégalités engendrées par le système capitaliste.

La Riposte

http://www.lariposte.com/nouveau-tract-le-capitalisme-a,1665.html

 

 

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19 août 2011 5 19 /08 /août /2011 09:45

Après la vague de panique qui a déferlé sur les bourses mondiales, début août, les marchés n’ont toujours pas recouvré leur sang froid. La séance d’aujourd’hui (18 août), qui a effacé les gains des cinq dernières séances à Paris et Francfort, souligne l’extrême nervosité des investisseurs. Ils scrutent désespérément l’horizon dans l’attente d’une bonne nouvelle, mais n’en reçoivent que de mauvaises. Les économies française et allemande ont fait du surplace au deuxième trimestre 2011, avec respectivement 0 % et 0,1 % de croissance. Et le ralentissement de l’économie américaine – premier partenaire commercial de l’Europe – ne peut que renforcer cette tendance. Dans le « meilleur » des scénarios, l’Europe va s’installer dans la stagnation. Mais la possibilité d’une nouvelle récession, à court terme, est désormais importante. Dans les deux cas, la crise des dettes publiques se poursuivra et s’intensifiera.

Les marchés exigent qu’on relance la croissance tout en réduisant massivement les dettes publiques. Mais c’est demander l’impossible. Car des coupes drastiques dans les budgets sociaux, les salaires des fonctionnaires et les services publics ne peuvent qu’aggraver la crise de surproduction en minant davantage le pouvoir d’achat des ménages (et donc la demande). Or, sans croissance, il n’y aura pas de rentrées fiscales suffisantes pour réduire l’endettement public. D’un autre côté, les gouvernements ne peuvent pas tenter une relance de la croissance au moyen d’une augmentation massive des dépenses publiques : « les caisses sont vides », et même plus que vides. Telle est l’impasse à laquelle sont confrontées les classes dirigeantes d’Europe, des Etats-Unis et d’ailleurs.

Dans ce contexte, la rencontre franco-allemande de mardi dernier ne pouvait rien régler. Les mesures annoncées par Angela Merkel et Nicolas Sarkozy ne changeront pas une virgule aux problèmes fondamentaux du capitalisme européen. Par exemple, le projet de nouveau « gouvernement économique » de la zone Euro est une réforme institutionnelle superficielle dont les marchés doutent – à juste titre – qu’elle ramènera la croissance. Par ailleurs, la proposition d’inscrire la sagesse budgétaire dans les constitutions (la « règle d’or ») n’est rien de plus qu’un simple engagement, comme l’était le traité de Maastricht, cent fois piétiné par ses signataires. Aux promesses de « règle d’or », les marchés préfèrent l’or massif et véritable, valeur refuge qui bat sans cesse de nouveaux records.

Enfin, la « taxe sur les transactions financières », censée rapporter des dizaines de milliards d’euros par an au budget européen, est une annonce politique qui vise à faire passer la pilule des plans de rigueurs en prétendant qu’on va (un jour, bientôt) taxer les riches, même s’il faut bien sûr d’abord taxer les pauvres, une fois de plus. Cependant, malgré son caractère inoffensif, il semble que les marchés n’aient pas beaucoup apprécié cette plaisanterie. C’est qu’ils ont les nerfs à vif ! Toujours est-il que cette mesure n’a aucune chance de voir le jour – et, de toutes façons, ne règlerait rien aux problèmes qui frappent la masse de la population. Car le seul message sérieux qui est sorti de la rencontre entre Merkel et Sarkozy, c’est qu’il y aura encore plus de rigueur pour ceux qui la subissent déjà : les jeunes, les travailleurs, les chômeurs et les retraités.

De nombreux dirigeants de droite et de gauche reprochent à Angela Merkel de refuser l’émission d’« eurobonds », autrement dit la mutualisation des dettes de tous les pays de la Zone Euro. Que les capitalistes allemands ne veuillent pas davantage financer l’endettement des autres pays, ce n’est pas étonnant. La crise aiguise les rivalités nationales et accroît les forces centrifuges au sein de l’UE. A terme, elle place les capitalistes européens devant l’alternative suivante : se pendre ensemble ou se pendre séparément. En refusant les eurobonds, les capitalistes allemands ne règlent rien à leurs propres problèmes, car ils laissent sans réponse la question des dettes grecque, italienne, portugaise, etc., qui risquent d’avoir de sérieuses conséquences sur l’économie allemande elle-même. En bref, les capitalistes européens sont dans une impasse.

Aux dirigeants des partis de gauche et des syndicats qui demandent l’émission d’eurobonds, nous posons la question : qu’est-ce que cela changerait de fondamental pour les jeunes, les travailleurs et les chômeurs européens ? En effet, que la dette soit ou non mutualisée, c’est à eux que les capitalistes demanderont de la payer. Ce n’est donc pas une solution pour notre classe. Et la vérité, c’est qu’il n’y aura pas de solution à nos problèmes sur la base du capitalisme. Voilà ce que les dirigeants du mouvement ouvrier devraient systématiquement et patiemment expliquer.

François Chérèque, de la CFDT, a exigé de pouvoir « discuter » avec le gouvernement du nouveau plan de rigueur qui sera annoncé le 24 août. Le gouvernement s’est empressé d’y répondre positivement et d’inviter tous les syndicats autour de la table. Que faut-il attendre de cette réunion ? Rien. Dans un salon de Matignon, les dirigeants syndicaux seront aimablement informés des nouvelles coupes budgétaires que prépare le gouvernement. Ils pourront aussi poser devant une rangée de caméras et d’appareils photos, mais cela n’ira pas plus loin. Le gouvernement, par contre, y voit un avantage non négligeable : il pourra se féliciter d’avoir « consulté » les syndicats. Le pouvoir sort toujours gagnant de ce type de rendez-vous.

Les dirigeants de la CGT et des autres syndicats ne devraient pas s’y rendre. Surtout, ils doivent résolument se tourner vers les travailleurs, les prévenir des graves conséquences de la nouvelle crise en matière d’emploi, de salaires, de services publics, de retraites, etc. – et s’efforcer de préparer une riposte syndicale à la hauteur de la situation. A cet égard, la stratégie des « journées d’action interprofessionnelles », organisées à plusieurs semaines de distance, doit être remise en cause. Depuis 2007, elle a toujours échoué. En France, comme d’ailleurs en Grèce, l’heure n’est plus aux grèves de 24 heures. Le mouvement a dépassé cette étape. L’heure est à un travail systématique pour préparer, entreprise par entreprise, un mouvement de grève illimitée mobilisant un maximum de secteurs du public et du privé, sur la base d’un programme comportant des mesures offensives contre le pouvoir des capitalistes sur l’économie. La jeunesse étudiante et lycéenne doit être mise sur le pied de guerre, elle aussi. Bien sûr, rien ne garantit d’avance le succès d’une telle stratégie. Mais le rôle des directions syndicales est de faire comprendre à tous les jeunes et travailleurs qu’il n’y a pas d’autre voie.

Certains suggèrent que les travailleurs « ne veulent pas lutter », qu’ils sont démoralisés ou démobilisés. Pour leur répondre, il suffit de rappeler ce qui se passe ou s’est passé récemment en Israël, au Chili, en Grèce, en Espagne, dans le monde arabe et ailleurs. Il s’agit d’un processus international dans lequel le mouvement ouvrier français, fort de ses grandes traditions, n’occupera certainement pas la dernière place. Bien sûr, la lutte des classes se développera à des rythmes différents selon les pays. Mais partout les mêmes causes produiront les mêmes effets. D’énormes quantités de colère et de frustration se sont accumulées sous la surface de la société. Des explosions sociales sont inévitables. Le rôle du mouvement communiste et syndical est de préparer le programme et la stratégie qui, s’appuyant sur la mobilisation des masses, permettront d’en finir une fois pour toutes avec le capitalisme et ses crises dévastatrices.

La Riposte

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12 août 2011 5 12 /08 /août /2011 08:52

Une vieille idée, remise au goût du jour, et aussi insidieuse qu’abjecte, tend à contaminer les esprits : l’accroissement de la population mondiale et la diminution des réserves de ressources naturelles menacent de concert l’équilibre planétaire. En d’autres termes, la planète va mal, et cela est le résultat d’une surpopulation mondiale. Cette idée n’est pas neuve, et fût pour la première fois formulée par le britannique Thomas Malthus, à la fin du XVIIIème siècle. Les récentes préoccupations écologiques ont redonné de l’actualité à cette idée qui tend à devenir un axiome populaire, malgré son caractère dangereux.

A l’origine, Thomas Malthus est un économiste, et développe cette théorie selon laquelle la pauvreté et la malnutrition ne sont pas liées à un système de protection sociale défaillant mais à une surpopulation qui devrait être régulée en fonction de la capacité de chaque individu à assurer sa subsistance. Dans son Essai sur le Principe de Population (paru en 1798), il écrivait ainsi :

« Un homme qui naît dans un monde déjà occupé, si sa famille n’a pas les moyens de le nourrir, ou si la société n’a pas besoin de son travail, cet homme, dis-je, n’a pas le moindre droit de réclamer une portion quelconque de nourriture : il est réellement de trop sur cette terre. Au grand banquet de la nature, il n’y a pas de couverts pour lui. »

Ainsi, la valeur d’un homme se mesure à l’aune de la « quantité de travail » qu’il peut fournir. S’il s’avère que cet homme « est un poids pour la société, » sa disparition est souhaitable et « logique ». Il va de soi que ce raisonnement s’en prend directement aux catégories les plus pauvres, qui seraient responsables, de par leur prolifération, de leurs malheurs. Cette idée inspira directement ce que l’on nomme le « darwinisme social », concept politique érigeant le principe de sélection naturelle comme seule loi entre les hommes. La société humaine aurait alors pour principe de s’améliorer, non par la coopération des hommes entre eux, mais par le résultat de leurs conflits incessants d’où émergeraient « naturellement » les plus forts face aux plus faibles, les dominants face aux « inaptes ». Il est évident que l’ensemble de ces doctrines vont frontalement à l’encontre de l’effort de civilisation, promettant la sauvagerie eugéniste comme perspective, le conflit entre les hommes comme seul facteur de progrès, la mort comme politique publique.

La résurgence de ces thèmes représente une menace pour l’ensemble de l’édifice civilisationnel qui se fonde sur la coopération humaine plutôt que sur l’affrontement inter-individuel. Ces thèses sont une menace, non parce qu’elles se fondent sur un raisonnement valide ou rationnel – ce n’est pas le cas – mais parce qu’elles excitent les instincts sado-masochistes des masses, instincts sous-jacents mais toujours agissants. Mais surtout, elles constituent un écran de fumée idéologique, servant à occulter habilement la réalité coupable d’un capitalisme intrinsèquement destructeur.

Le malthusianisme moderne n’est donc rien de moins que l’alibi démographique d’un système économique défaillant. La menace qui pèse sur la biosphère est réelle. Mais elle n’est pas imputable à l’espèce humaine, mais à un mode de production qu’elle a généré et dont elle peine maintenant à se débarrasser. Le problème n’est donc pas démographique, mais essentiellement politico-économique, et c’est cette réalité que cherchent à cacher les tenants de la « dénatalité » qui feignent d’ignorer la responsabilité immense du productivisme capitaliste, et de la logique de croissance économique qui condamne l’ensemble des sociétés modernes à la guerre et à l’extinction.

Vincent Vauclin

 

 

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