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Faurecia Beaulieu Structures

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12 décembre 2011 1 12 /12 /décembre /2011 07:24

Super, après l’annonce du plan d’austérité pour l’Italie, et l’annonce d’un nouveau traité européen le CAC40 est reparti à la hausse, notamment les valeurs bancaires. Les marchés dirigent l’Europe capitaliste et vont profiter de ce nouveau traité pour graver dans le marbre la réduction des dépenses publiques et l’acceptation des plans d’austérité par les états comme horizon indépassable !

Pour faire court, les grands axes de ce nouveau traité européen rebaptisé accord intergouvernemental, puisque l’Europe des 27 deviendrait celle des 17 de la zone euro plus 6 autres pays, sont une véritable déclaration de guerre sociale à l’égard des peuples et des salariés. L’accord explique qu’il faut sortir de la crise exclusivement en comprimant encore un peu plus les budgets publics. Bref, les peuples paieront, pas les spéculateurs. Allant toujours plus loin dans la soumission vis-à-vis des marchés financiers, cet accord prévoit que les politiques budgétaires des états seront supervisées par la cour de justice européenne, et des sanctions automatiques seront prises pour tout dépassement du plafond actuellement fixé à 3% du PIB.

Les choses sont claires, l’Europe n’est plus qu’une institution au service de la finance et des marchés. Les services publics, les salariés, et la population vont être mis à contribution pour renflouer le système capitaliste qui prend l’eau de toute part. Suppressions d’emplois dans le privé, le non remplacement des fonctionnaires, l’extension de la précarité et du chômage sont les seuls horizons que nous proposent nos gouvernants. Cette Europe là n’est pas la nôtre, ils veulent nous faire croire que les dettes souveraines seraient exclusivement la faute des peuples, alors que les états ont renfloué les banques à coup de milliards et qu’ensuite ces mêmes banques ont spéculé sur la dette. Ce traité entérine la perte de souveraineté des états au niveau de leurs budgets et nous livre pieds et poings liés aux spéculateurs et aux fonds de pension. Il n’y aura aucun contrôle démocratique.

Les dernières nominations de personnalités comme Mario Draghi, Mario Monti et Lucas Papadémos tous proches de Goldman Sachs la célèbre banque d’affaires américaines, n’auraient jamais dû être permises. Et qui se souvient qu’au terme du G20 de Cannes, le président Obama a fait l’éloge de la décision de mettre l’Italie sous la surveillance du FMI car, tout en étant un grand pays, « elle a aussi une grande dette ». Ces nominations et ces déclarations, sont l’avant garde d’un contrôle drastique de la finance sur les états. Si les états ne sont pas capables de résister à la pression de la finance, s’en est fini de notre liberté. Nous sommes aux portes d’un monde totalitaire entièrement contrôlé par les marchés.

Une fois de plus, les élites prennent des décisions sans consulter le peuple, déjà Sarkozy avait fait voter par le parlement le traité de Lisbonne, qui était la copie conforme du Traité Constitutionnel Européen (TCE), traité qui avait été refusé par 55 % des électeurs. Toute décision de cette importance devrait être soumise à référendum et décidée par le peuple souverain. Reconnaissons tout de même que Sarko fait son job, il travaille pour 5 % de la population française, les très riches. Et en cinq ans il a été au delà de toute leur espérance !

Robert Gil

http://2ccr.unblog.fr/2011/12/09/l%E2%80%99accord-intergouve...

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5 décembre 2011 1 05 /12 /décembre /2011 14:11

Toute l’Europe est au régime de l’austérité. Pour dégager les ressources permettant de rembourser les crédits aux banques, pour augmenter les profits boursiers et « calmer » les spéculateurs, toutes les conquêtes sociales du passé doivent être détruites. Au Portugal, où le déficit public (8,3 % du PIB en 2011) est du même ordre qu’en Grèce, un nouveau plan de rigueur se met en place. Le budget de 2012 prévoit plus de 10 milliards d’euros d’économies, ce qui équivaut à 2 625 euros par ménage. Les 13e et 14e mois de salaires, qui compensaient les faibles rémunérations des fonctionnaires, ont été supprimés. Les pensions de retraite ont été réduites. En moyenne, chaque foyer a perdu 8,1 % de ses revenus. La durée du travail a été augmentée de 30 minutes par jour, sans augmentation de salaire. Des jours fériés ont été supprimés. Le chômage s’élève déjà à 13,5 % de la population active, sachant que ces statistiques officielles ne disent jamais la vérité. L’économie est en récession, et, comme en Grèce, la politique de régression sociale – qui réduit la demande intérieure – ne fait qu’aggraver la crise. Le gouvernement table sur une contraction du PIB de 1,9 % en 2011, puis de 2,8 % en 2012.

En Italie, les travailleurs ont subi de plein fouet la politique réactionnaire du gouvernement Berlusconi. Mais la « Troïka » ne se satisfait pas des 48 milliards d’économies prévus dans le prochain budget. La Commission européenne fait pression pour accélérer la mise en place d’une nouvelle « réforme » des retraites, qui pousserait l’âge de la retraite à 67 ans. L’investissement baisse. 29,3 % des moins de 25 ans sont au chômage, avant même que l’économie ne sombre dans la récession – prévue pour 2012. Cette récession réduira les recettes fiscales de l’Etat et aggravera son niveau d’endettement, qui se situe déjà à plus de 1 900 milliards d’euros, soit 120 % du PIB. La BCE achète des obligations italiennes pour atténuer la pression spéculative qui pèse sur la dette de l’Etat. Les taux d’intérêt que l’Etat italien doit payer à ses créanciers ont augmenté. A l’heure où ces lignes sont écrites, ils s’envolent de nouveau sous l’impact de l’annonce d’un référendum en Grèce. Mais la BCE ne dispose pas des moyens suffisants pour avoir un impact significatif sur les finances d’un pays aussi important que l’Italie. Un défaut de paiement, dans la période à venir, ne peut pas être exclu. Si le risque de « contagion » de la crise grecque est considéré comme dangereux pour l’ensemble de l’Europe, que faut-il penser des conséquences d’une récession durable en Italie ? Selon le quotidien La Stampa, un défaut de paiement de l’Italie marquerait la fin de l’euro.

Les finances publiques de l’Espagne sont elles aussi dans le collimateur des marchés financiers, qui exigent des mesures d’austérité encore plus sévères. Déjà, le versement des allocations chômage a été limité à un an, dans un pays où il n’existe pas de « filet de sauvetage » comparable à notre RSA. Avec un taux de chômage de 22,6 %, cette situation se traduit par une paupérisation massive. Comme en Italie, le poids économique de l’Espagne la met hors de portée d’un quelconque « plan de sauvetage » européen. Comme dans tous les pays européens, la classe capitaliste espagnole refoule la société en arrière. Sa voracité est sans limites. Mais la patience des travailleurs et des jeunes a, elle, des limites. Ils ne viennent pas facilement à des idées révolutionnaires, mais ils commencent à prendre conscience du fait qu’ils n’auront pas d’avenir digne de ce nom sous le capitalisme. Ce sont là les prémisses d’une révolution européenne – une révolution qui, pour aboutir, devra en finir une fois pour toutes avec le capitalisme. Elle devra placer les ressources économiques et l’appareil gouvernemental de tous les pays entre les mains des travailleurs eux-mêmes.

La Riposte

http://www.lariposte.com/portugal-italie-espagne-des-plans,1714.html

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5 décembre 2011 1 05 /12 /décembre /2011 11:02

En souvenir du Che, à l’occasion du 55ème anniversaire du débarquement de Granma et de la création des Forces Armées Révolutionnaires :

« L’exemple de Cuba a provoqué la plus grande effervescence dans toute l’Amérique Latine et dans les pays opprimés. La révolution a condamné à mort les tyrans latino-américains parce qu’ils sont les ennemis des régimes populaires au même titre que les entreprises monopolistes étrangères. Comme nous sommes un pays petit, nous avons besoin du soutien de tous les peuples démocratiques et particulièrement de ceux d’Amérique Latine. Nous devons donner au monde entier une information juste sur les nobles finalités de la Révolution Cubaine et en appeler aux peuples amis du continent, aux Américains du Nord et aux Latino-américains. Nous devons créer une union spirituelle de tous nos pays, une union qui va bien au-delà des paroles et de la cohabitation bureaucratique et qui se traduit en une aide effective pour nos frères, à qui nous apportons notre expérience. »

« En dernier lieu, nous devons ouvrir de nouveaux chemins qui convergent vers l’identification des intérêts communes de nos pays sous-développés. Nous devons nous garder contre toutes les tentatives et les intentions de nous diviser, lutter contre ceux qui prétendent répandre les germes de la discorde entre nous, contre ceux qui, à l’abri de plans bien connus, aspirent à tirer parti de nos désaccords politiques, et à encourager l’opinion à des jugements négatifs qui ne peuvent exister dans ce pays. »

« Aujourd’hui tout le peuple de Cuba est sur le pied de guerre et doit rester ainsi uni pour que la victoire contre la dictature ne soit pas transitoire et soit le premier pas de la victoire de l’Amérique. »

Ernesto Che Guevara : Les projets sociaux de l’Armée Rebelle – 27 Janvier 1059

http://www.legrandsoir.info/le-projet-social-de-l-armee-rebelle-selon-le-che.html
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28 novembre 2011 1 28 /11 /novembre /2011 14:55

La constitution du 24 avril 1793 déclarait : « Tout homme né et domicilié en France, âgé de vingt et un ans accomplis, tout étranger de vingt et un ans, qui, domicilié en France depuis une année, y vit de son travail, ou acquiert une propriété, ou épouse une Française, ou adopte un enfant, ou nourrit un vieillard, tout étranger enfin qui sera jugé par le Corps législatif avoir bien mérité de l’Humanité est admis à l’exercice des Droits de citoyen français.» En 1793, ils avaient déjà compris ce que Sarkozy en 2011 n’a toujours pas compris : la citoyenneté, et le droit de vote qui lui est attaché, n’a rien à voir avec la nationalité. Sarkozy retarde de plus de 2 siècles !

En 1871 la Commune de Paris ouvre la citoyenneté aux étrangers. Fait unique dans l’histoire mondiale, plusieurs étrangers occupent une place dirigeante : des généraux polonais, Dombrowski et Wrobleski, assument des commandements militaires. Un hongrois, Frankel, ouvrier bijoutier, est promu ministre du Travail.

En 1958, l’Algérie était française. Avec 3 départements, elle faisait partie intégrante de la France, disait-on. Il y avait une assemblée Algérienne. Seulement, pour cette assemblée, 8 millions d’Algériens ne pouvaient pas élire un député de plus que les 800 000 Français … de souche ! Il ne faut pas tout confondre, la classe dirigeante n’avait aucune envie de voir arriver des autochtones, avec lesquels il aurait fallu partager le pouvoir et les privilèges.

Il faudrait quand même signaler à notre président que le vote des étrangers aux élections locales existe déjà depuis un bon moment en France : tous les citoyens étrangers européens installés en France peuvent déjà voter aux élections locales sans qu’il leur soit demandé de changer de nationalité ! La citoyenneté c’est vivre dans un pays, y payer ses impôts, exercer ses devoirs, respecter ses lois et bénéficier des droits correspondants. Cela n’a strictement rien à voir avec la nationalité.

Sarkozy est un vrai démagogue, dans son discours il dit : « parce que cette loi risque de diviser profondément les Français au moment où, plus que jamais, nous avons besoin de les rassembler ». Et lui, depuis 2007, qu’a-t-il fait à part diviser les français et, cela dans tout les domaines ! Il a réussi à dresser les pauvres contre les plus pauvres, les précaires contre les chômeurs. Il a aussi réussi à faire de tous les français des fraudeurs en puissance, des dangers pour les comptes de l’état. Il veut une France ou chacun regarde son voisin avec suspicion !

Et le droit de délocaliser, de casser la sécurité sociale et les retraites, le droit de détruire le code du travail, d’exploiter les salariés, de s’octroyer les biens public, de vider les caisses de l’état, le droit de mentir aux français : reste-t-il aussi attaché à la nationalité française ?

Sous Sarkozy, le rythme de naturalisations n’a pas baissé : nous naturalisons toujours 100.000 étrangers chaque année. (À ne pas confondre avec les 200.000 immigrés entrant légalement en France, soit plus encore qu’à l’époque où Jospin était 1er Ministre) ; mais mine de rien, par petites touches, il prépare les électeurs. Sur des sujets comme le vote des étrangers, il joue sur du velours, ça révulse environ trois français sur quatre ! L’insécurité, l’immigration, toute la panoplie électoraliste va faire son retour en force dans les six mois qui viennent. L’animal est une sacrée bête politique et les socialistes feraient bien de ne pas se distribuer trop tôt les ministères…

http://2ccr.unblog.fr/2011/11/27/faut-il-laisser-voter-les-etrangers/

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27 novembre 2011 7 27 /11 /novembre /2011 14:16

http://www.legrandsoir.info/local/cache-vignettes/L212xH250/arton15189-e53e4.jpgFaire travailler les chômeurs et /ou celles et ceux qui, sans emplois, bénéficient d’aides est devenu la véritable obsession des gouvernants.

La mesure – qui vient d’être prise par le « Président des Riches » en imposant un travail aux allocataires du RSA – apparaît à la fois comme logique et scandaleuse et, de la même manière, les défenseurs d’une telle mesure hésitaient à l’appliquer par crainte de désapprobation, les adversaires peinant à en démonter le mécanisme.

Pour y voir clair dans cette affaire, revenons à quelques fondamentaux du système marchand.

TRAVAIL ET SALARIAT

Deux concepts sont fondamentaux :

- le travail ;

- la force de travail.

Le travail est l’acte par lequel il y a création de la valeur, de la richesse.

Son statut, eu égard à l’individu qui l’accomplit, est déterminé par les relations sociales qui constituent le système de production à un moment donné. Par exemple, le statut social du travail dans le système esclavagiste est différent du statut social du travail dans le système du salariat (capitalisme).

L’évolution de ces différents statuts constitue l’essentiel de ce que l’on appelle, l’Histoire ;

Dans le cas du salariat, le travail est l’acte par lequel il y a la création de la richesse dans des conditions sociales qui sont spécifiquement les siennes. La mise au travail de l’activité humaine crée de la richesse, mais l’on sait que cette richesse créée n’appartient pas à celui, le salarié, qui la crée. D’où l’origine du profit qui est en gros la différence entre la valeur réellement produite et la part (salaire) accordée au salarié.

D’où une 1er remarque essentielle : le salaire n’est pas l’intégralité de la valeur produite par l’activité du salarié. Le salaire n’est que la part de valeur créée, accordée par l’employeur afin que le salarié puisse reproduire sa capacité de travail afin de demeurer producteur de richesses, autrement dit sa capacité de travail.

Ce que reçoit le salarié, n’est donc pas la valeur qu’il a produit mais l’équivalent valeur de ce dont il a besoin pour, économiquement et socialement, exister.

Il faut noter que cette réalité a été remplacée, dans le discours officiel, par une explication totalement mystificatrice, qui consiste à dire que le salaire est la valeur équivalente au travail fourni… Or ceci est complètement faux. S’il en était ainsi on se demande bien où serait le profit que le propriétaire du Capital met dans sa poche.

La force de travail – mis à la disposition, moyennant salaire, de l’employeur, n’est donc qu’un moyen entre les mains de celui-ci pour créer et accumuler de la richesse. Elle n’a pas d’autre fonction… ce qui explique que, ayant un statut de marchandise, elle fait l’objet, sur le marché dit « du travail » – en fait de « la force de travail » – d’une transaction commerciale, l’acheteur (le chef d’entreprise) ne l’achète que s’il en a besoin.

D’où une 2e remarque tout aussi essentielle que la première : l’emploi de la force de travail n’est pas liée au fait quelle procure un emploi au salarié, mais uniquement à l’utilité économique que lui reconnaît l’employeur.

Autrement dit, le fameux « Droit au Travail » n’est qu’une mystification.

FORCE DE TRAVAIL ET CHOMAGE

La situation de chômage, de sous emploi n’est donc pas un dysfonctionnement du système salarial, mais bien une conséquence inéluctable de son principe de fonctionnement.

Ce n’est pas le chômeur, le sans emploi, qui est responsable de sa situation, mais l’état du marché de la force de travail.

On peut être formé, disponible, avoir de l’expérience et… chômeur. C’est le cas de millions de salariés.

Cette situation de chômage présente pour le système, à la fois, un avantage et un inconvénient :

- l’avantage, il est double : avoir à disposition, et en fonction des besoins, de la production marchande, un potentiel de travail, mais aussi de pouvoir agir, à la baisse, sur les salaires … les offreurs de force de travail se faisant concurrence ;

- l’inconvénient : cette situation révèle, si elle est comprise, toute la perfidie sociale du système marchand qui instrumentalise la force de travail à son seul profit. Le système arrive à faire croire, avec un certain succès, idéologiquement, que cette situation est « naturelle », « indépassable »,… et que seuls les chômeurs, et autres sans emploi sont responsables de leur situation. (« Tous des fainéants ! » ou des « fraudeurs » !

C’est entre ces deux positions contradictoires que naviguent les gestionnaires du système. Il reste cependant à trouver un cadre acceptable pour gérer le sous emploi qui devient massif et donc socialement et politiquement à terme déstabilisant.

CHOMAGE ET TRAVAIL GRATUIT

Une fois admise la fable fondée sur :

- compétitivité et rentabilité sont indispensables ;

- les chômeurs sont des fainéants ;

il est facile au système de faire admettre qu’il est immoral d’accepter une situation dans laquelle les sans emploi recevraient une aide.

On pourrait certes imaginer une suppression de ces aides,… c’est une tentation permanente. Mais là se pose un problème à la fois politique et social : ces aides assurent une relative paix sociale et leur suppression serait vécue comme une nouvelle atteinte à des « acquis sociaux ». Il faut noter que les associations caritatives qui, en dehors de l’Etat, fournissent une aide, permettent à ce même Etat de se désengager…. Transformant une solidarité nationale en charité privée.

Il faut donc agir à un autre niveau.

« Puisque celles et ceux qui travaillent reçoivent un revenu,… celles et ceux qui reçoivent un revenu (les aides) doivent fournir un travail ».

Dis comme cela, le raisonnement parait imparable. Mais un problème demeure.

En effet, celles et ceux qui sont privés de travail ne le sont pas de leur propre volonté, mais, nous l’avons vu, du fait des conséquences du fonctionnement du système marchand.

Si l’on oblige ces personnes à travailler, si on leur impose un type de travail, on entre dans une logique de relation sociale, autre que le salariat. Le choix du travail n’est alors plus libre, or le système salarial fait de la liberté du salarié un principe intangible.

Et quel emploi ?

Qui va décider de la nature de l’emploi ? Quel choix ? Quel lien entre le travail proposé et la formation, les compétences de la personne ?

Devant l’amplitude du sous emploi actuel, on risque, à terme, d’avoir une catégorie de citoyens, contraints, pour survivre, d’accepter un emploi – évidemment déqualifié – soumis à des conditions de travail/rémunération parfaitement dérogatoire par rapport au droit du travail,… entraînant à terme son abolition… Ce que souhaite explicitement le MEDEF.

Accepter un telle situation, c’est accepter une dégradation gravissime des conditions de travail et donc de vie. Au rapport salarial, source déjà d’exploitation et d’inégalités, va se substituer un rapport encore plus défavorable, ouvrant la voie à des rapports sociaux d’une autre nature.

Si cette logique se met en place, on peut faire raisonnablement l’hypothèse qu’elle va faire dans les rapports capital/travail, une forme de jurisprudence, et que la volonté du patronat de liquider une bonne fois pour toute le code du travail et toute législation sociale, trouvera là une perspective prometteuse pour accomplir ce dont il a toujours rêvé.

En l’absence de rapport de forces favorable à la force de travail, absence due essentiellement à une mondialisation marchande qui a relativisé l’importance de la force de travail locale (trop chère au regard du marché mondial), aux délocalisations qui ont entraîné une liquidation d’innombrables secteurs de production, une déliquescence totale des syndicats de salariés,… la porte est grande ouverte à une mutation du rapport capital/travail.

Le combat idéologique, entre autres, est à mener pour éviter une véritable capitulation face à la pression du capital qui ne reculera devant rien pour assurer sa pérennité.

Patrick MIGNARD

Novembre 2011

http://www.legrandsoir.info/travail-salarie-et-travail-gratuit.html
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17 novembre 2011 4 17 /11 /novembre /2011 14:32

 

Lundi, le ministre de l’éducation Laurent Wauquiez a déclaré :

 

a) "Si jamais, quand vous êtes banquier et que vous ruinez un pays, cela n’a aucun impact sur votre indemnité et votre salaire, ce n’est pas très responsabilisant."

b) "Si jamais, quand vous tombez malade, cela n’a aucun impact sur votre indemnité et votre salaire, ce n’est pas très responsabilisant."

c) "Si jamais, quand vous êtes élu et ensuite trahissez vos électeurs, cela n’a aucun impact sur votre indemnité et votre réélection, ce n’est pas très responsabilisant."

d) "Si jamais, quand vous provoquez une guerre et vous rendez coupables de crimes, cela n’a aucun impact sur votre liberté et votre casier judiciaire, ce n’est pas très responsabilisant."

e) "Si jamais, quand vous faites bouffer des OGM aux autres, cela n’a aucun impact sur votre propre santé, ce n’est pas très responsabilisant."

f) "Si jamais, quand vous êtes ministre de l’éducation et raisonnez comme un cancre, cela n’a aucun impact sur votre poste, ce n’est pas très responsabilisant."

 

Théophraste R.
plaide coupable mais pas responsable

http://www.legrandsoir.info/+coupables-mais-pas-responsables-quizz+.html
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17 novembre 2011 4 17 /11 /novembre /2011 11:47

Et voilà, encore une fois on stigmatise les salariés, les fonctionnaires, qui seraient les fraudeurs de la sécurité sociale. Ces salauds de salariés, tous des profiteurs, nous dit le gouvernement de Sarkozy Fillon. Il faut les mettre au pli, on va leur apprendre à respecter la loi.

Et on nous tape dessus avec des matraques, on nous envoie des gaz lacrymogènes quand on se mobilise pour défendre nos droits.

Un ouvrier a une espérance de vie inférieure de 7 ans à celle d’un cadre et nous ne parlons pas de celles et ceux qui travaillent en équipe, dans de très mauvaises conditions, en contact avec des produits dangereux. Leur espérance de vie est réduite de combien ?

Les fraudeurs et les assassins ce sont les patrons, ceux qui ne payent pas les cotisations sociales, ceux qui, comme le gouvernement, n’augmentent pas les salaires, ceux qui licencient pour faire encore plus de profit. N’oublions pas non plus le gouvernement  qui fait des ponts d’or aux entreprises, aux banquiers, aux spéculateurs et rentiers ; c’est ce même gouvernement qui met en face des salariés des CRS. Qui ne dit rien quand Peugeot ou la Société Générale (pour ne citer qu’eux) licencient.

Un arrêt maladie est aujourd’hui souvent le symptôme de conditions de travail dégradées, une réponse au mépris…étrangement ce gouvernement ne parle pas des 400 suicides (ce nombre est minimisé) par an liés au travail. Prend-il des mesures pour remédier à ces suicides ? Entend-il la détresse de ceux qui travaillent ? Non, il s’en fout ; au contraire il développe, au nom du profit une politique de plus en plus inhumaine.

C’est plus  facile d’insulter les personnels, les salariés, qu’ils soient du public ou du privé en les traitant de fraudeurs, en prenant des mesures toujours plus antisociales que de s’attaque au grand patronat, aux banquiers et aux spéculateurs en tout genre, aux actionnaires qui plombent le pays et qui prennent les populations du monde entier en otage.

L’esclavage moderne c’est l’esclavage tout court.

Oui, la lutte de classe, la lutte de masse doit s’imposer face à cette population de nantis qui nous crache à la figure. Elle doit s’imposer par tous les moyens ; notre moyen à nous c’est la masse, le combat collectif. 

La peur doit changer de camp !

Oui, nous pourrons, en nous rassemblant maintenir et développer nos droits, nous mettre en route pour de nouvelles conquêtes. Ceux d’en face n’ont qu’une peur, c’est que nous le faisions. Et ils tentent, à travers leurs lois et leurs larbins de nous contenir, de contenir notre colère et de la diriger vers de mauvaises cibles. Opposition public privé, désignation de boucs émissaires, les étrangers, les sans papiers, les « profiteurs »…

Rappelons-nous, dans toute l’histoire les maux ne sont jamais venus du peuple mais de ceux qui nous exploitent et qui profitent de notre travail.

Vive la lutte de classe, vive la lutte de masse !

C’est la meilleure façon de lutter contre l’intoxication gouvernementale.

 

Marc Auray

Secrétaire de la CGT du Vinatier

http://www.frontsyndical-classe.org/article-prise-de-parole-88847823.html

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16 novembre 2011 3 16 /11 /novembre /2011 14:50

De la Grèce au Portugal, en passant par l’Italie, la France ou l’Allemagne, ce sont les travailleurs qui doivent accepter l’austérité pour rembourser la dette des États. Pourtant la dette publique provient des exonérations et réformes fiscales qui ont bénéficié aux entreprises et aux plus riches. Elle est aussi le résultat de tous les plans de sauvetage des banques qui ont permis à ces dernières de spéculer de plus belle, y compris contre les États ! Nous avons déversé des centaines de milliards pour soutenir la finance, ce qui a eu comme résultat l’envolée de l’endettement public. Les banquiers ont ruiné la planète, et les contribuables ont payé plus de 3000 milliards d’euros pour éviter l’effondrement du système. Les responsables vont s’en sortir sans soucis, et les autres vont devoir se serrer la ceinture.

Malgré toutes les mesures prises, la crise du système capitaliste continue de s’approfondir, et les classes dominantes n’ont qu’une idée, nous faire payer la crise d’un système économique au bord de l’asphyxie. Les Etats Européens et les banques vont annuler ou renégocier une partie de la dette grecque. L’objectif de cette opération est de rendre à peu près solvable la Grèce, de l’obliger à poursuivre ses mesures antisociales, et de permettre aux banques des autres pays de prendre le contrôle des banques grecques. Ces mesures sont prises car nos gouvernants souhaitent à la fois stabiliser la situation et accélérer les mesures antisociales.

Pour les capitalistes cette crise est une aubaine pour nous déposséder de tout ce que des décennies de luttes nous avaient apporté. L’argent public a été généreusement distribué sans aucune contre partie, et une partie a même servi à payer les dividendes des actionnaires. Ils n’ont plus aucune retenue, ils se servent dans la caisse que nous alimentons avec nos impôts et notre travail. Le discours est de dire que nous ne travaillons pas assez, mais en réalité c’est le travail qui est sous évalué. Ce sont tout simplement les résultats d’une politique qui privilégie le capital au travail. Cette situation résulte de décisions et de choix politiques : dumping fiscal, socialisation des pertes et privatisations des bénéfices, insécurité sociale et transfert des richesses produites vers les paradis fiscaux dont on nous a dit qu’ils n’existaient plus.

Alors que dans les pays en révolte, les opprimés et les exploités réalisent que ce sont les nantis et les riches qui coutent le plus cher, en France le pouvoir a réussi à retourner la vindicte populaire sur les plus faibles. Les plus riches ont même réussi à faire passer les services et les biens communs comme des tares du système afin de les privatiser ! Pourtant, la classe ouvrière est plus importante aujourd’hui qu’à l’époque de Marx, mais l’on a réussi à insérer dans la tête des gens, que le fonctionnaire, l’étranger, le jeune ou le chômeur sont des « problèmes ». Ils sont sûrs que leur propagande nous a lobotomisés, sûrs que nous ne nous révolterons pas.

Les plans d’austérité qui sont à l’oeuvre ailleurs vont arriver, sans doute après les élections de 2012 et probablement sous un gouvernement de gauche. Hollande s’inscrit pleinement dans cette orientation : en 2013, déficit réduit à 3 % et dette payée rubis sur l’ongle. Quitte à mettre au rancart un projet socialiste déjà dérisoire. Si Sarkozy repasse, ce sera pire ! Alors, il n’y aurait plus d’espoir ? Si, l’avenir sera ce que nous en ferons. Face à la crise il est grand temps de construire une rupture anticapitaliste, cela signifie : annulation de la dette et saisie des banques sans indemnité ni rachat, ce qui permettrait de satisfaire les besoins de la population et d’avoir l’argent pour les imposer.

Robert GIL

http://www.legrandsoir.info/gestion-de-crise.html

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3 novembre 2011 4 03 /11 /novembre /2011 12:16

Quand je réfléchis à la crise, je finis toujours par me mettre en colère : nous savons d’où elle provient, nous savons pourquoi elle est survenue, nous savons comment la résorber… et il ne se passe toujours rien.

En effet cette crise provient de l’excès d’appétit des actionnaires, elle était inévitable car le système capitaliste engendre les excès, et pour la résorber il faudrait faire payer les riches. Mais faire payer les riches, n’est-ce pas supprimer la substance même du capitalisme ?

Et un capitalisme sans riches ni pauvres, c’est encore du capitalisme ? Et puis surtout, par quoi le remplacer ?

Face à ces questions qu’on croyait pour toujours tombées dans l’oubli, les penseurs d’aujourd’hui semblent incapables de sortir de nouvelles idéologies prometteuses d’espoir, car le système capitaliste les en empêche : les idées anti-capitalistes ne sont pas rentables.

Car ce n’est pas sur nos hommes politiques qu’il faudra compter, pas plus que sur les riches eux-mêmes. La richesse conduisant au pouvoir et le pouvoir conduisant à la richesse, il est bien évident que ceux qui profitent ensemble du système le défendent ensemble. Et à vrai dire ils n’ont pas vraiment d’autres choix. Comment pourraient-ils en effet se mettre à payer maintenant, alors que le peuple se rendrait compte aussitôt de la supercherie dont il est victime depuis si longtemps, de combien on l’exploite sur son travail et à quoi sert l’argent qu’on lui vole ? Si l’on rendait demain le capitalisme véritablement transparent, on s’apercevrait immédiatement de toute l’injustice de ce système, de toute l’inhumanité qu’il engendre, de toute la corruption qu’il provoque. En fermant les paradis fiscaux et en ouvrant les chambres de compensation, tous seraient ébahis par les sommes gigantesques qui transitent pour amasser qui le fruit de ventes d’armes ou de drogues, qui le fruit du travail des hommes ou d’une bonne négociation, qui l’argent de la prostitution ou du terrorisme.

Imaginons l’impossible, et qu’on réponde un jour à cette question : qu’a-t-on fait de votre argent ? De qui l’avez-vous reçu, à qui l’avez-vous donné, et à qui, à quoi a-t-il servi ? …

L’argent que vous gagnez à la sueur de votre front, ou même à la sueur d’autres fronts (c’est ça la mondialisation !), et bien cet argent va dans les poches des riches, qui eux-mêmes remplissent des poches plus grandes, et moins nombreuses ! Il transite discrètement de par le monde, fructifiant au gré des aléas législatifs, de niche fiscale en chambre de compensation, se perd dans des rétro-commissions secrètes, finance des guerres ou nourrit la misère, et finit sur un compte bancaire dans un paradis fiscal pour ne même pas faire le bonheur de celui qui le possède. Les très riches s’étant mis d’accord avec les très puissants pour que ceux qui votent les Lois pour les riches s’enrichissent sans faire de vagues, tout s’est toujours très bien passé tant que cela restait discret, et qu’ils n’étaient pas trop nombreux…

Mais la crise et les outils de médiatisation ont transformé la donne : la véritable nature du capitalisme apparaît peu à peu au grand jour, car les lois qui protégeaient autrefois les intérêts desdominants se retournent actuellement contre eux, tandis que l’opinion publique prend peu à peu conscience qu’on veut lui faire porter le chapeau. Ne pouvant pas se permettre de laisser s’écrouler le château de cartes sur lequel ils sont assis, les riches refusent maintenant d’admettre que le système qui les a placé ici ne les soutient plus, et s’acharnent à vouloir croire encore à leurs propres mensonges. Ils ne peuvent plus continuer comme avant, mais ne peuvent pas non plus s’arrêter là : faire payer les riches, c’est tout simplement mettre fin à leur domination. Et faire payer les pauvres c’est perdre les élections.

L’exemple de la Grèce en est bien la preuve : perdu entre la nécessité de respecter l’illusion démocratique pour être réélu et celle de satisfaire aux exigences des riches qui veulent faire payer le peuple, le premier ministre grec envisage aujourd’hui de se débarrasser du problème en convoquant un référendum. Entrainant la panique sur les marchés, ainsi que les autres chefs d’Etat dans leurs retranchements (jusqu’à leur faire dire publiquement l’irresponsabilité qu’il y a à solliciter l’avis du peuple sur son propre avenir !), le premier ministre grec réalise un joli coup d’échec. Mettant le peuple, les politiques et les financiers face à l’insoluble équation qui les unit dans un système autodestructeur, il leur permet de constater la réalité des faits : le capitalisme est un système injuste et nocif, qui peut détruire en un jour ce qu’il a contribué à construire en plusieurs siècles, la démocratie.

Caleb Irri

http://calebirri.unblog.fr

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6 octobre 2011 4 06 /10 /octobre /2011 19:59

http://www.lariposte.com/local/cache-vignettes/L230xH210/arton1682-1c0b7.jpgLe « plan de sauvetage » de la Grèce, où il était surtout question de sauver les intérêts des banques allemandes et françaises, n’a pas permis de réduire la dette publique du pays. La politique d’austérité assortie à ce plan a plongé le pays dans la récession. Mais la crise n’est pas limitée à la Grèce, ni même à l’Irlande, au Portugal ou à l’Espagne. Elle frappe l’ensemble de l’économie européenne. De nombreux pays – dont l’Allemagne, censée être le « moteur » de l’économie européenne – ont des taux de croissance proches de 0 %.

Pour défendre leurs profits (et rien d’autre ne leur importe), les capitalistes ont lancé une offensive dévastatrice contre les conditions de vie des travailleurs et de la masse de la population. De leur point de vue, il n’y a pas d’alternative. Il leur faut absolument tenter d’écarter la menace qui pèse sur la valeur des monnaies, sur la valeur de leurs biens, sur la solvabilité des banques, sur leurs marges de bénéfices – en un mot, sur l’accumulation du capital, qui constitue la force motrice de leur système. Il faut réduire par tous les moyens possibles la part des richesses qui revient aux travailleurs et à la masse de la population, ce qui implique la destruction de toutes les conquêtes sociales du passé. Nous soulignons cette réalité parce que de nombreux dirigeants de gauche, en France et ailleurs, présentent la régression sociale comme la conséquence des « choix idéologiques » des gouvernements et des capitalistes. Bien évidemment, les capitalistes, comme les gouvernements, ont leur idéologie. Mais cette politique destructrice répond avant tout à une nécessité objective. Il s’agit de défendre le profit. Et sous le capitalisme, le profit est la seule justification de la production et de l’activité économique en général. Tant que ce système durera, il n’en sera pas autrement.

 

Une crise de surproduction

Karl Marx a expliqué le mode de fonctionnement du système capitaliste. La crise actuelle découle précisément des contradictions qu’il a mises en évidence. Elle constitue une réponse sans appel à tous les apologistes et propagandistes du capitalisme – que ce soit dans le monde politique, dans l’industrie médiatique ou dans les universités – pour qui le marché agit comme une « main invisible » qui résout tous les problèmes économiques et sociaux. Il ne reste rien, aujourd’hui, de toutes les théories relatives au « cycle vertueux » du capitalisme. Quant aux apôtres du « trickle-down effect » (« ruissellement vers le bas »), selon lesquels l’enrichissement de la classe dominante entraînerait l’enrichissement de l’ensemble de la société, ce sont de misérables charlatans. Ces vingt dernières années, dans la foulée de l’effondrement de l’URSS, des théories de ce genre ont servi à justifier les privatisations, la déréglementation et la « flexibilité » dans l’intérêt des capitalistes. A l’époque, souvenons-nous, les classes dirigeantes triomphaient. Le « socialisme » – en réalité, une monstrueuse caricature bureaucratique du socialisme – a échoué, clamaient-elles. La restauration du capitalisme sur l’ensemble du territoire de l’ex-URSS, en Europe centrale et en Chine a livré les ressources de ces vastes territoires à la voracité des spéculateurs, ce qui était censé ouvrir une nouvelle ère de paix et de prospérité.

Inévitablement, l’expansion considérable du marché mondial, conjuguée à une augmentation exponentielle du crédit portant la masse de capitaux fictifs en circulation à des niveaux jamais connus jusqu’alors, a permis d’éviter la saturation des marchés. Or, selon la théorie économique de Marx, ce phénomène ne pouvait être que temporaire. Et à l’époque, La Riposte l’expliquait régulièrement. Mais les économistes bourgeois et toute une armée de « spécialistes » et d’« experts » ne voyaient pas les choses ainsi. Ils prétendaient que le capitalisme avait surmonté ses contradictions fondamentales. Ses possibilités étaient désormais illimitées. Les crises de surproduction, que Marx considérait comme inhérentes au capitalisme, appartenaient au passé. Le socialisme n’était plus à l’ordre du jour. Même l’existence de secteurs publics importants ne pouvait plus se justifier.

Cette vague de propagande réactionnaire a eu des conséquences – par « ruissellement », là aussi, sans doute ! – au sein du mouvement ouvrier européen. Les dirigeants sociaux-démocrates et leurs homologues syndicaux ont emboîté le pas des représentants directs de la classe capitaliste. Les partis communistes ont également été affectés, comme en témoigne le soutien de la direction du PCF aux privatisations menées sous le gouvernement Jospin. Même si l’on se qualifiait encore de « socialiste » ou de « communiste », il fallait tout « réinventer » pour tenir compte des « réalités » de l’économie de marché. Le problème n’était plus d’en finir avec le capitalisme. Il suffisait de lui apporter quelques modifications au moyen de mesures fiscales incitatives ou dissuasives. On pouvait ainsi encourager les capitalistes à réaliser de « bons investissements » et assurer le progrès, une meilleure répartition des richesses et la justice sociale.

En réalité, la restauration du capitalisme en URSS, en Chine et en Europe Centrale, tout comme l’injection dans l’économie mondiale de dizaines de milliers de milliards de dollars de capitaux fictifs, sous forme de crédits et de produits financiers dérivés, ne faisaient que masquer les lois fondamentales du capitalisme découvertes par Marx. Ces lois opéraient tout de même. La Chine, par exemple, n’est pas seulement un marché absorbant des marchandises occidentales. Elle est aussi une source de production massive – à des prix très compétitifs ! La Chine prenait des marchés à d’autres grandes puissances (y compris sur leur marché intérieur). Quant au crédit – c’est-à-dire l’endettement –, il n’a d’autre fonction que d’accroître artificiellement et temporairement la demande. Tôt ou tard, les crédits contractés par les ménages, les entreprises et les Etats doivent être remboursés… avec les intérêts ! Ainsi, d’un facteur d’accroissement de la demande, le recours illimité au crédit s’est transformé en un facteur de contraction de celle-ci. Il a permis de reporter l’éclatement de la crise de surproduction, mais au prix de la rendre d’autant plus grave, car à présent qu’elle est advenue, elle s’accompagne d’une crise aigüe de l’endettement.

Voilà ce qui explique la crise du système bancaire survenue en 2008. Ce n’était pas, en premier lieu, une « crise du crédit ». Celle-ci n’était qu’une des manifestations d’une crise de surproduction, d’une saturation des marchés. Avides de paiements d’intérêts et de retours sur investissements, les banques avaient accordé un volume colossal de crédits qui, finalement, n’allaient jamais être remboursés. Aux Etats-Unis et en Europe, une faillite en cascade de banques « surexposées » et un effondrement général de la production n’ont été évités que par l’intervention des Etats. Mais en fin de compte, cette intervention n’a fait que transformer la faillite potentielle du système bancaire en une faillite potentielle des Etats. Les déficits des banques ont été résorbés au détriment des finances publiques. Or les Etats doivent trouver des prêteurs pour financer leurs déficits. Et les prêteurs veulent être certains d’être remboursés, avec les intérêts. D’où les pressions implacables pour le « redressement » des finances publiques. Les Etats sont sommés de dépenser moins sur la santé, l’éducation, les services publics, l’emploi, les salaires des fonctionnaires, les retraites et les allocations de tous. Il s’agit de garantir les profits des banques et de la classe capitaliste dans son ensemble.

Impasse

L’Italie est désormais dans le collimateur des spéculateurs. Or l’Italie est une économie autrement plus importante que la Grèce. La dette italienne s’élève à 120 % de son PIB, soit 2 000 milliards d’euros. Les Echos du 8 août dernier préviennent qu’une crise de défiance des financiers à l’égard de l’Italie « menacerait de mort la zone euro ». Le quotidien poursuit : « C’est parce que Berlin juge cette dette trop importante pour être épaulée par quelque mécanisme que ce soit qu’il a opposé ce week-end une fin de non-recevoir au plaidoyer, jeudi, du président de la Commission Européenne en faveur d’une augmentation des capacités du Fonds de soutien européen, actuellement doté de 440 milliards. » Et ce qui vaut pour l’Italie vaut aussi pour l’Espagne – sans parler du capitalisme français, qui glisse progressivement, lui aussi, vers la catastrophe. La dette publique française s’élève à 1 646 milliards d’euros, soit 84,5 % de son PIB. L’accélération de l’endettement, ces dernières années, est impressionnante. La dette publique française était de « seulement » 1 211 milliards en 2007, soit 64,2 % du PIB. Le déficit annuel, quant à lui, est passé de 50,3 milliards en 2007, soit 2,8 % du PIB, à 148,8 milliards d’euros fin 2010, soit 7,7 % du PIB. La production nationale stagne. La production industrielle se contracte. Les parts de marché de la France sont en recul à l’échelle mondiale, en Europe et même sur le marché intérieur. La balance commerciale du pays se dégrade régulièrement depuis une quinzaine d’années. En 2010, elle accusait un déficit de 52 milliards d’euros. Et sur les six premiers mois de 2011, le déficit s’élève déjà à 37,5 milliards !

Habituellement, face à un ralentissement de la production, les capitalistes baissent les taux d’intérêt des banques centrales de façon à encourager le crédit. Le crédit stimule la demande, du moins dans un premier temps. Mais désormais, cette option n’est plus ouverte aux capitalistes, car l’expansion du crédit a déjà été utilisée en amont – à des taux d’intérêt très faibles et à une échelle complètement démesurée – pour repousser l’avènement de la crise de surproduction. Le recours à des mesures « keynésiennes », qui consistent à injecter des fonds publics dans l’économie, n’est pas davantage possible. Le parasitisme des capitalistes n’a pas seulement vidé les caisses des Etats ; il les a criblées de dettes insurmontables. Le keynésianisme est mort – même s’il continue de constituer l’alpha et l’oméga des programmes réformistes.

Si les gouvernements n’agissent pas pour réduire massivement la dette publique, l’Italie et l’Espagne finiront dans la même situation que la Grèce. Et si un ou deux de ces Etats sombrent, la France suivra. Mais le problème, c’est que la politique du FMI, de la BCE, du gouvernement américain et de tous les gouvernements européens, qui consiste à imposer des coupes drastiques dans les dépenses publiques, ne résoudra rien non plus. La réduction des dépenses publiques ne fera que miner la demande et accentuer les risques de récession. Or, comme le montre parfaitement l’exemple de la Grèce, une récession aggraverait le fardeau des déficits publics. Quand l’activité économique baisse, les recettes fiscales baissent aussi.

Ainsi, quoi que fassent les capitalistes, c’est une faute. Tous les chemins mènent à la débâcle. Au fond, c’est l’expression d’une vérité qui est en train de s’imposer à l’esprit de larges masses de travailleurs et de jeunes, en Europe et au-delà : le capitalisme ne peut plus exister qu’au détriment du développement économique et social. La classe capitaliste est devenue parasitaire. Pour résoudre une crise dont elle est la cause, elle doit refouler en arrière la société tout entière. La protection du pouvoir et de la richesse des capitalistes implique, pour le reste de la société, la régression sociale permanente. Or, aucun ordre social ne peut continuer indéfiniment sur cette pente sans provoquer une révolution. La vague révolutionnaire qui a déferlé en Amérique latine et, plus récemment, dans le monde arabe, ne restera pas cantonnée à ces régions. Elle commence à entrer en Europe – via la Grèce et l’Espagne – et pourrait gagner le reste du continent beaucoup plus rapidement qu’on se l’imagine.

Greg Oxley (PCF Paris 10e)

http://www.lariposte.com/l-europe-en-crise,1682.html

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