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17 avril 2012 2 17 /04 /avril /2012 09:55

Le destin de la France est suspendu, paraît-il, à la « confiance » des milieux capitalistes. Il faut tout mettre en œuvre pour les rassurer. Il faut réduire le « coût du travail ». Les travailleurs ne travaillent pas assez. Il faut en finir avec la semaine des 35 heures, démolir le Code du travail et, de manière générale, lever tous les obstacles légaux à la « création de richesses ». Les fonctionnaires, les retraités, les chômeurs et les travailleurs immigrés sont accusés d’accaparer une part trop importante de la richesse nationale. Il a même été question d’un référendum pour couvrir d’une auréole «démocratique» le projet de priver les chômeurs de leurs allocations. En somme, la crise économique ne serait pas la faute des capitalistes, mais de ceux qui résistent à leurs exigences.

 

Déguisée comme elle l’est en de savants raisonnements économiques, cette propagande ne va pas sans semer une certaine confusion. Pour ne pas être assaillis d’arguments auxquels nous n’avons pas de réponses, il est indispensable de nous armer d’une compréhension du fonctionnement du capitalisme. Les travaux de Karl Marx nous permettent de percer le brouillard mystificateur du discours officiel. Rien ne peut se substituer à une étude sérieuse du Capital ou du moins des écrits de Marx et Engels qui résument son contenu. Dans cet article, nous essayerons toutefois de présenter quelques repaires préliminaires indispensables.

 

Valeur d’usage et valeur d’échange

Historiquement, l’émergence du capitalisme se caractérise par la production et la mise en circulation d’une masse sans cesse croissante de marchandises. De nos jours, cette masse de produits et le marché mondial sont infiniment plus développés qu’à l’époque de Marx. Mais aujourd’hui comme au XIXe siècle, la valeur de ces marchandises est déterminée par la quantité de travail nécessaire à leur production. Ceci détermine la valeur d’échange d’une marchandise, à ne pas confondre avec sa valeur d’usage. La valeur d’usage désigne l’utilité d’une chose. Un marteau sert à planter des clous. Mais cette utilité n’entre pas en ligne de compte pour déterminer sa valeur d’échange, c’est-à-dire sa valeur relative à celle d’autres marchandises. La valeur d’échange est déterminée par la quantité de travail, mesurée en temps de travail, que recèle la marchandise. Des marchandises – ou des quantités de marchandises – qui recèlent des temps de travail nécessaires équivalents sont échangeables sur le marché. L’argent, qui dans les sociétés précapitalistes occupait une place marginale dans le processus d’échange et de répartition des biens, devient sous le capitalisme l’intermédiaire omniprésent et universel du processus d’échange. L’argent est la marchandise au moyen de laquelle s’échangent toutes les autres marchandises.

 

Or, si nous acceptons que ce sont des valeurs égales qui s’échangent et que chacun reçoit, en échange de ce qu’il donne, une valeur équivalente, il faut se demander d’où vient le profit. D’où vient cette accumulation d’une masse de plus en plus importante de valeur que nous appelons le capital ? La source de la valeur, nous l’avons dit, c’est le travail. A première vue, le travail est une marchandise qui se vend et qui s’achète (contre un salaire). Si le capitaliste achète le travail à sa valeur et vend le produit du travail contre des équivalents, comment expliquer que ces opérations lui procurent un excédent de valeur que nous appelons le profit ?

 

La force de travail

Avant Marx, ce problème a souvent été évoqué par de grands penseurs et économistes, comme par exemple Adam Smith. Mais aucun n’a pu fournir une explication suffisante. On a avancé l’idée que le capitaliste, par ruse, achetait en dessous ou vendait au-dessus de la vraie valeur des choses. Mais puisque chacun est tantôt acheteur, tantôt vendeur, les bénéfices de cette tricherie s’annuleraient réciproquement. Les capitalistes savent tricher, bien sûr. Mais dans le meilleur des cas, ce procédé expliquerait un déplacement des richesses – et non leur création.

 

Marx a résolu cette énigme en démontrant qu’il existe une marchandise dotée d’une propriété particulière : sa consommation est créatrice de nouvelle valeur. Et cette marchandise, ce n’est pas le travail en tant que tel, mais la force de travail, la capacité du travailleur à travailler. C’est cela, et non le travail lui-même, que le capitaliste achète. A partir de cette prémisse, Marx a pu expliquer la source du profit et le processus de formation du capital, sans avoir à remettre en cause le postulat de base suivant lequel le fondement de l’économie politique est l’échange d’équivalents.

 

La journée de travail

La force du travail est matérialisée sous la forme du travailleur vivant qui, pour subvenir à ses besoins et à ceux de ses proches, a besoin d’une quantité déterminée de moyens de subsistance (nourriture, vêtements, etc.). La valeur de la force de travail du travailleur est déterminée, comme toute autre marchandise, par le temps de travail nécessaire à la production de ses moyens de subsistance. Supposons qu’à la fin de la cinquième heure d’une journée de huit heures, le salarié ait produit une quantité de richesses équivalente, en valeur, à celle de sa force de travail (que représente son salaire pour une journée). Le capitaliste a acheté sa force de travail, non pour cinq heures, mais pour toute la journée. Par conséquent, le salarié continuera de travailler pendant trois heures. Le travailleur réalise alors un surtravail de trois heures, au-delà des cinq heures de travail nécessaire. En cinq heures, il fournit au capitaliste l’équivalent de son salaire journalier. Ceci représente la valeur de sa force de travail pour une journée. Ce qu’il donne au capitaliste pendant les trois heures restantes, c’est la plus-value, ou le profit.

 

Le problème est donc résolu. Le capitaliste paie la force de travail à sa vraie valeur. Il vend aussi le produit de cette force de travail à sa vraie valeur. Et c’est la différence entre les deux qui constitue le profit. Le capitaliste, malgré ses prétentions, ne crée absolument aucune richesse. Il s’enrichit par l’appropriation d’une partie de la richesse créée par les travailleurs. Le profit, c’est le travail impayé du salariat.

 

Nous avons pris l’exemple d’une journée de huit heures. Mais puisque le capitaliste achète non pas le travail effectué, mais la force de travail pour une journée, il a intérêt à prolonger la journée de travail au-delà de huit heures. Et la concurrence entre les salariés – qui doivent travailler pour vivre – tendra à réduire les salaires à la valeur de cette force de travail, que la journée de travail soit de huit ou de dix heures, ce qui fait augmenter dans les mêmes proportions la part du profit. En augmentant le nombre d’heures travaillées, les capitalistes augmentent ce que Marx appelle la plus-value absolue. Mais la journée ne peut pas être rallongée à l’infini, et les capitalistes doivent s’efforcer, par conséquent, d’augmenter aussi la plus-value relative, c’est-à-dire la part de profit extraite de chaque heure de travail. Ils augmentent la plus-value relative au moyen de la technologie ou en accélérant les cadences. Dans les deux cas, la productivité du travail augmente.

 

La crise économique

A partir de ces quelques éléments de la théorie économique de Marx, nous voyons bien les véritables intérêts de classe qui se cachent derrière le «discours économique » des possédants. Travailler plus et plus longtemps ne réglerait en aucune façon la crise économique. Le seul résultat serait d’augmenter la masse de profits extraite de notre travail. Les « charges patronales » dont les capitalistes se plaignent sont payées, en réalité, à partir de la richesse créée par le travail, tout comme les charges salariales. Réduire les allocations des chômeurs, pour les forcer à accepter n’importe quel emploi sous peine de sombrer dans la misère absolue, c’est une façon d’aiguiser la concurrence entre les travailleurs afin de baisser les salaires.

 

La théorie économique de Marx permet aussi de comprendre la cause fondamentale de la crise de surproduction qui frappe les économies française, européenne et mondiale. Le salariat ne recevant qu’une fraction de la valeur qu’il crée par son travail, il ne peut jamais racheter et consommer l’intégralité de cette valeur. La crise est plus compliquée que cela, bien évidemment. Il y a le facteur de l’endettement massif – et bien d’autres facettes du problème. Mais ce phénomène de surproduction, inhérent au capitalisme, se trouve au cœur de la catastrophe économique et sociale actuelle.

 

Ce n’est pas pour rien que les capitalistes haïssent le marxisme. Les implications révolutionnaires de la théorie économique de Marx sont évidentes. Aujourd’hui plus que jamais, toutes les fonctions essentielles de la société sont assurées par le salariat. Il en découle que la classe capitaliste n’est pas une classe indispensable. Et tant qu’elle conservera la propriété des moyens de production, les travailleurs seront toujours forcés de travailler non seulement pour eux-mêmes, mais aussi pour satisfaire la voracité sans bornes de la classe parasitaire qui les exploite.

Greg Oxley (La Riposte)

http://www.lariposte.com/la-theorie-economique-de-karl-marx,1775.html

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15 avril 2012 7 15 /04 /avril /2012 13:26

 

http://www.retraites-enjeux-debats.org/local/cache-vignettes/L200xH88/arton790-352a6.jpgLa représentation courante du PIB (1) communément utilisée pour mesurer la production économique est la suivante : les entreprises produisent la valeur économique. Mais cette valeur subit une ponction par l’intermédiaire de l’impôt et des cotisations sociales, regroupés sous le vocable de « prélèvements obligatoires », affectés au financement des institutions publiques : l’État, les collectivités territoriales, les institutions de protection sociale, etc …

Ces prélèvements viendraient, du fait de leur inefficacité postulée, pénaliser l’économie en consommant des ressources qui auraient pu être beaucoup mieux employées par les entreprises.

Conséquence : cette « dépense » (les sommes prélevées sont comptabilisées comme charges dans les comptes des entreprises), au pire inutile, au mieux excessive, il serait de bonne gestion de la réduire, voire la supprimer, au nom de la compétitivité et de l’emploi. Le taux de prélèvements obligatoires (2) est ainsi présenté comme un indicateur des « économies » possibles justifiant les « réformes » visant à diminuer la « dépense publique », et se traduisant par des « plans d’austérité » dès lors présentés comme « inévitables ».

 

Or que nous disent les comptes nationaux publiés par l’Insee (3) ?

L’INSEE estime chaque année la production en la décomposant en cinq « secteurs institutionnels » (4) que l’on peut regrouper schématiquement en deux grands secteurs : les sociétés financières et non financières constituant le secteur marchand, les autres secteurs (ménages, Institutions publiques et ISBLSM) constituant le secteur non marchand (mises à part les entreprises individuelles mais dont le poids est peu élevé). Or si l’on fait cette partition on constate qu’environ 40% du PIB, c’est-à-dire de la création de valeur économique, proviennent du secteur non marchand ! Ce qui nous est présenté comme une soustraction (dépense) est en réalité une addition ! Le secteur non marchand présenté comme une charge, représente en réalité 40% de la valeur produite chaque année !

Comment une telle confusion est-elle possible ?

Parce que nous assimilons flux de monnaie et flux de valeur. Essayons d’y voir plus clair.

Prenons l’exemple d’une entreprise A qui vend pour 100 000 euros (c’est son chiffre d’affaires annuel). Pour produire, elle a dû acheter des biens intermédiaires à d’autres entreprises pour 40 000 euros.

Notre entreprise A, en plus de ses achats, a dû payer ses salariés (leur salaire net), des cotisations sociales (salariales et patronales) et des impôts (mettons 40 000 euros pour l’ensemble), le reste (soit 20 000 euros) constituant son profit (ou excédent brut d’exploitation). De son point de vue, elle aura bien « dépensé » 80 000 euros (5).

Imaginons maintenant que notre entreprise A vende des scanners, ou des déambulateurs, ou des médicaments … Ses clients vont être des hôpitaux ou des retraités. Tous agents économiques ayant obtenu leur monnaie grâce aux prélèvements obligatoires. Et là nous découvrons que les « dépenses » (cotisations sociales dans ce cas) de notre entreprise sont en même temps ses « revenus » (son chiffre d’affaires).

L’économie est un circuit. Toute dépense pour un agent économique est un revenu pour un autre. Il est donc impossible de généraliser à l’économie dans son ensemble les raisonnements valables pour un seul. Toute la monnaie sortie des entreprises pour alimenter la « dépense publique » y revient sous forme de chiffre d’affaires. L’État et l’ensemble des institutions publiques remettent toujours en circulation dans l’économie marchande toutes les sommes qu’ils ont collectées. S’il en était autrement ils auraient un stock énorme de monnaie, or vous savez bien que « les caisses sont vides » !

Les fonctionnaires et salariés des institutions publiques dépensent leur salaire dans le secteur marchand. Les retraités dépensent leur retraite dans le secteur marchand. Les institutions publiques dépensent leurs ressources monétaires sous forme de commande publique adressée au secteur marchand. Il n’y a là aucune ponction comme on tente de nous le suggérer.

Par parenthèse, notons que l’effet des plans d’austérité visant à réduire la dépense publique ne peut être qu’une baisse de la croissance (mesurée comme la croissance du PIB), voire une récession, par un double mécanisme : le réduction des recettes publiques réduit à la fois la production du secteur non marchand (moins de services publics) et la demande adressée au secteur marchand. L’objectif ne peut donc en être une quelconque amélioration de la situation. Mais plutôt et sans l’avouer, sa suffisante dégradation pour présenter la privatisation des services publics comme l’ultime et inévitable solution.

La terminologie de la dépense publique vue comme un puits sans fond est celle de la classe dominante qui souhaiterait la « supprimer » en privatisant les activités publiques productrices de valeur économique pour en faire une occasion supplémentaire d’accumulation privée.

Ce que la phraséologie dominante nomme « prélèvements obligatoires » ou « dépense publique » est en réalité un flux de monnaie, via les cotisations sociales et les impôts finançant les salaires des fonctionnaires. Ce flux de monnaie reconnaît comme travail et donc comme créatrices de valeur économique des activités qui génèrent 40% du PIB. Car si la monnaie correspondante provient bien (et y retourne), des activités marchandes, ce sont bien ces salariés hors secteur marchand que sont les fonctionnaires, les soignants, les enseignants, etc ... qui produisent la valeur ainsi reconnue.

Ce texte est un résumé de l’article de Bertrand Bony que l’on trouve sur http://www.reseau-salariat.info/0f4...

(1) Produit intérieur brut : somme des valeurs ajoutées produites dans l’année sur le territoire. L’ordre de grandeur du PIB français est de 2000 milliards d’euros, c’est ce chiffre que nous retiendrons pour faciliter la compréhension.

(2) Rapport des prélèvements obligatoires sur le PIB : 42,5% en 2010

(3) voir Insee : le PIB trois approches

(4) Les sociétés non financières (les entreprises), les sociétés financières (banques, assurances, fonds de placements, etc...), les institutions publiques (Etat, collectivités territoriales, institutions de protection sociale etc.), les ménages (incluant les entreprises individuelles) et les ISBLSM (institutions sans but lucratif au services des ménages : syndicats, associations etc.)

(5) Pour être complet, sur ses 20 000 euros de profit, elle va déduire les amortissements (la dépréciation) de ses moyens de production, mettons 10 000 euros, et l’impôt sur les sociétés (3000 euros). Elle aura ainsi un résultat net de 7000 euros... sur lequel elle devra verser des dividendes à ses actionnaires (par exemple 3000 euros). Au final elle aura conservé dans ses comptes (c’est son autofinancement) 10 000 (amortissements) + 4000 (résultat non distribué) soit 14 000 euros.

http://www.retraites-enjeux-debats.org/spip.php?article790

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4 avril 2012 3 04 /04 /avril /2012 11:32

Imaginons de nombreux capitalistes qui construisent des lotissements, des logements par milliers. Ils investissent des capitaux importants, dans l’espoir d’en retirer un bénéfice. S’ils ne trouvent pas en face d’eux autant d’acheteurs solvables, ils ne vendent pas leurs maisons et vont droit à la faillite. Le capital qui aurait pu, une fois les ventes réalisées, être réinvesti dans de nouveaux chantiers de construction, est au contraire immobilisé sous la forme de maisons invendables, et les ouvriers du bâtiment sont licenciés.

L’une des implications de ce cycle de circulation du capital, c’est que celui-ci existe alternativement sous deux formes, l’argent ou la marchandise. Cela signifie qu’il existe toujours une accumulation de marchandises et une accumulation d’argent, qui passent périodiquement d’une forme à l’autre.

Au fur et à mesure que le chantier avance, le capitaliste paye ses ouvriers, les matières premières, …etc. Il dépense son capital, mais ne le fait pas d’un seul coup. Il reste donc, jusqu’au dernier payement, une partie de ce capital qui n’est pas encore employée.

Déposée dans une banque, cet argent peut fonctionner comme capital pour d’autres capitalistes, sous la forme du crédit. Peu importe à notre fabricant de maisons, que l’argent qu’il retire lorsqu’il en a besoin ne soit pas celui qu’il a déposé, puisque la somme est la même. Or, ce crédit offre de nombreuses applications intéressantes pour le système capitaliste.

Une banque pourrait prêter de l’argent à des acheteurs potentiels, pour leur permettre d’acheter ces maisons qui viennent d’être construites. Pour nos capitalistes, la question est résolue : si les acheteurs ne peuvent plus rembourser leurs traites, c’est devenu l’affaire de la banque et plus la leur.

Puisque les acheteurs remboursent régulièrement et qu’ils rembourseront, à terme, plus d’argent qu’ils n’en ont emprunté, la reconnaissance de dette devient un papier qui rapporte de l’argent à celui qui la détient. Mais elle contient aussi le risque de ne pas être remboursée, si l’emprunteur se révélait insolvable. Alors, pour la banque, il existe une solution : revendre ce papier, qui contient à la fois un argent potentiel et un risque potentiel, en le jetant sur le marché.

Pour l’acheteur, ce papier ne représente plus une maison, un ensemble de maisons, des marchandises, mais seulement de l’argent déconnecté de la marchandise. On peut l’acheter, le vendre, spéculer dessus. On est alors dans la fiction de l’argent qui engendrerait de l’argent. C’est l’une des composantes que Marx appelle le capital fictif, dans la mesure où il ne représente pas de l’argent réel, mais seulement la possibilité, l’espoir de gagner de l’argent.

La dette publique n’est pas une question nouvelle, même si elle est sous le feu de l’actualité. Elle constitue un élément structurel de la politique économique des États. Aujourd’hui, presque tous émettent des bons du trésor, tout en remboursant des dettes antérieures. Tant que les rentrées, fiscales pour l’essentiel, permettent d’entretenir ce cycle, cela ne pose pas de problème aux prêteurs, qui voient dans les bons d’État des valeurs fiables.

C’est l’un des effets de la croissance du capital fictif, pour lequel l’argent semble se valoriser directement en argent : tout titre, qu’il soit action ou bon d’État, est évalué en fonction du risque qu’il contient par rapport au profit potentiel qu’il engendre.

Une partie croissante du budget de l’État est donc constitué de ce capital fictif, ce qui le rend vulnérable aux crises financières qui s’y déroulent. Or, de la même manière que l’on peut assurer une maison ou une voiture, il est aujourd’hui possible d’assurer un risque financier sur le marché : c’est le rôle des CDS (crédit default swap). Ces titres font eux-mêmes l’objet d’un marché, qui est la logique même du capital fictif puisqu’ils contiennent un profit potentiel, de l’argent se valorisant en argent.

Dés lors, il devient possible de spéculer sur les risques de banqueroute d’un État : c’est ce qui s’est passé avec la crise grecque, portugaise, Espagnole, Italienne et maintenant Française. De ce point de vue, l’État est exactement dans la situation d’une entreprise qui restructure pour restaurer ses profits : réduction massive des salaires des fonctionnaires, blocage des recrutements et non-remplacement des départs en retraite, et amélioration de la « productivité » par des mesures fiscales.

Autrement dit, l’État est, dans le capitalisme actuel, un moyen de valorisation du capital comme un autre, la manière dont il s’y prend pour fournir cette valeur ajoutée n’ayant d’importance que lorsqu’il risque de ne plus y parvenir.

 

Par A.K d’après Karl MARX pour Conscience Citoyenne Responsable

http://2ccr.unblog.fr/2012/03/23/marx-et-le-capital-fictif/

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24 mars 2012 6 24 /03 /mars /2012 09:08

L’instauration de la TVA «sociale» est une régression importante dans le mode de fi nancement de la protection sociale :
on passerait encore plus d’un financement par le travail à une fiscalisation du système. On passerait d’un mode de financement assis sur le travail à un autre mode dit de «solidarité fiscalisé».
Selon le gouvernement, l’instauration de la TVA « sociale » aurait pour objectif l’amélioration de la compétitivité française et la diminution du « coût » du travail.

Ces 2 raisonnements sont fallacieux.
Pour une question de forme et de fond, à la CGT on préfère parler non pas de «coût» du travail mais plutôt du paiement du travail.
Le travail n’est pas un coût dans la mesure où le travail crée de la richesse, c’est un investissement.
Le paiement du travail n’est pas plus élevé en France que dans un pays comme l’Allemagne.
En particulier dans l’industrie manufacturière, le paiement de l’heure de travail est presque identique en France et en Allemagne : 33,16 euros en France, 33,37 euros en Allemagne (chiffres 2008)
– 35,1 euros en Allemagne, 35,4 euros en France (chiffres provisoires 2011).

En tenant compte de la productivité du travail, le coût du travail est plus faible en France qu’en Allemagne ou par rapport à la moyenne des pays de l’Union Européenne.
Ensuite, la compétitivité n’est pas seulement une question de coût et singulièrement du
« paiement du travail ».
Par exemple, l’Allemagne est surtout compétitive pour la qualité de ses produits, ce que les spécialistes appellent « compétitivité hors coûts ».

Prétendre que la France perd de l’activité et de l’emploi à cause des « coûts » prétendument trop élevés du travail en France est donc une supercherie.

Que signifie la TVA « sociale » du point de vue du travail ?
La TVA « sociale » consiste en fait à réduire la rémunération de la force de travail au profit du capital.
L’opération vise deux objectifs :
- Réduire les cotisations sociales dites patronales
(une autre variante est de réduire aussi les cotisations sociales payées par les salariés).
- Augmenter la TVA payée par les consommateurs.

Sous la pression patronale, le rapport de la CNI (Conférence Nationale de l’Industrie) sur la compétitivité préconise de :
- Réduire de 5,4 points les prestations familiales des employeurs (perte de recettes pour la sécurité sociale : 22 milliards d’euros par an),
- Réduire de 5 points (sur 13,1 points existants) les cotisations maladie (perte de recettes pour la sécurité sociale : 20 milliards d’euros par an).
Les préconisations du rapport du CNI conduiraient à une perte de 42 milliards d’euros de recettes pour la sécurité sociale.
Par ailleurs, ce rapport préconise la baisse du taux d’impôt sur les sociétés à 20 voire à 15% (le taux affiché est actuellement à 33,3 %) ce qui conduirait à une perte de 13 milliards d’euros de recettes pour le budget de l’Etat.

Les salariés seront doublement pénalisés.
Ils vont perdre en pouvoir d’achat et ils doivent supporter la dégradation des prestations à cause de la baisse de recettes de la sécurité sociale.


http://www.ftm.cgt.fr/textelong.php?IDchapitre=859&IDrub=1&IDsousrubrique=8

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15 février 2012 3 15 /02 /février /2012 10:08

En 2009, le volume des échanges commerciaux dans le monde a chuté de 12 %. C’est un recul sans précédent depuis 1945. Il s’est poursuivi en 2010 et 2011. La France entre en récession. L’économie européenne stagne ou se contracte, selon les pays. La crise de surproduction a poussé de nombreux Etats déjà surendettés au bord de la faillite. Pour « rassurer les marchés », les gouvernements infligent à la masse de la population européenne une chute de son niveau de vie.

Les lecteurs réguliers de La Riposte connaissent notre position. Le capitalisme est un système qui a épuisé son potentiel historique. Il est en train de détruire les conquêtes sociales du passé. Pour sortir de la crise et de la régression sociale, il faudra sortir du capitalisme. Nous considérons que les idées du marxisme révolutionnaire – que tant de gens, à droite comme à gauche, avaient relégué au musée des curiosités antiques – n’ont rien perdu de leur pertinence. La lutte contre le capitalisme va de pair avec la nécessité de réarmer le mouvement ouvrier français – et en particulier le PCF – avec les idées, les principes et le programme du marxisme.

Tout le monde ne partage pas ce point de vue. Inévitablement, les organisations syndicales et politiques du mouvement ouvrier sont traversées par divers courants de pensée. Chez les réformistes, qui considèrent qu’une rupture avec le capitalisme est désirable mais impossible (ou bien possible mais indésirable), le nom de John Maynard Keynes est souvent évoqué. Par exemple, Walid Hasni, économiste à la Coordination CGT Renault, insiste sur la nécessité d’un « retour à Keynes ». Il est notamment l’auteur d’une Ebauche d’un programme keynésien, rédigée à l’attention du gouvernement tunisien après la chute de Ben Ali. L’extrait suivant donne une idée de l’orientation économique et politique du camarade Hasni : « Pour réussir sa transition démocratique, la Tunisie a besoin de politiques de relance keynésiennes. Dans ce qui suit, nous tenterons une esquisse d’explication de l’approche keynésienne de la façon la plus simple sans – espérons-le – trahir la pensée du maître. Dans un deuxième temps, nous soumettrons quelques propositions de politiques économiques qui s’inspirent de la théorie de Keynes. Keynes est probablement le plus grand économiste du XXe siècle. […] L’essence même des travaux de Keynes est de montrer que livrée à elle-même, l’économie capitaliste ne permet pas une allocation optimale des ressources et ne survivra pas, d’où la nécessité vitale de l’intervention de l’État. »

Le communisme  : « une insulte à l’intelligence »

Qui donc était Keynes ? Né en 1883, il fit ses études à Eton et au King’s College, à Cambridge, des établissements réservés à l’élite bourgeoise et aristocratique de l’époque. Spéculateur avisé en Bourse et sur les marchés des changes, il commença sa carrière dans une commission gouvernementale qui gérait les intérêts de l’impérialisme britannique en Inde. Il occupa une place importante dans le Parti Libéral – le principal parti de la classe capitaliste, à l’époque – aux côtés de Lloyd George. Ce dernier dirigea, comme Premier ministre (1916-1922), le carnage impérialiste de la Première Guerre mondiale. Il a également organisé l’intervention militaire contre la République soviétique. Keynes soutenait cette intervention. Il fit encore parler de lui en écrivant plusieurs articles s’opposant au rattachement de la monnaie britannique à l’étalon-or.

Keynes serait le premier surpris de voir son nom associé au mouvement syndical ou à la gauche. Il haïssait le socialisme et le syndicalisme. Pour lui, le communisme était « une insulte à notre intelligence ». Un communiste, disait-il, est quelqu’un « qui propage le mal en faisant croire qu’il produira du bien ». Comme nous l’avons vu, il a soutenu la tentative de noyer la révolution russe dans le sang. En 1922, il déclarait que « le bolchévisme est un délire engendré par l’idéalisme béat et l’erreur intellectuelle qui découlent des souffrances et des tempéraments particuliers des Slaves et des Juifs. » Il considérait Marx comme un « piètre penseur » et son Capital comme « un cahier économique obsolète, que je sais être non seulement scientifiquement erroné, mais aussi totalement dépourvu d’intérêt ou d’utilité pour le monde moderne. »

Nous pourrions donner bien d’autres citations de ce genre. Disons seulement qu’il n’y avait rien de progressiste ou « de gauche » dans les intentions de Keynes. Son œuvre théorique principale [1] n’a été publiée qu’en 1936. Elle étayait a posteriori, pour ainsi dire, les idées et recommandations économiques qu’il avait diffusées au cours des années 20 et de la Grande Dépression des années 30. Ces recommandations visaient à augmenter les profits des capitalistes par la protection du marché intérieur, mais aussi à prévenir le danger d’un soulèvement social. En 1926, le capitalisme britannique était ébranlé par une grève générale massive qui dura 9 jours. Le Parti Communiste fut fondé en 1922. Une puissante aile gauche prenait forme dans les organisations syndicales et le Parti Travailliste. Keynes recommandait la dévaluation de la monnaie pour rendre les exportations britanniques moins chères et freiner les importations. Ceci permettrait, pensait-il, de réduire le chômage en Grande-Bretagne en l’infligeant aux travailleurs d’autres pays, favorisant ainsi la stabilité du capitalisme britannique.

Il préconisait aussi un programme de travaux publics, de façon à créer des marchés et des sources supplémentaires de profits pour les capitalistes. L’Etat devait intervenir dans l’économie pour écarter le risque de révolution et protéger les intérêts des capitalistes dans un contexte de récession. Keynes considérait les déficits publics comme un « remède naturel » pour éviter les crises. En septembre 1941, il intégra le Conseil d’administration de la Banque d’Angleterre. En 1942, sur ordre du roi et en reconnaissance de ses bons et loyaux services à la couronne, il accéda à la noblesse héréditaire et prit sa place à la Chambre des Lords, sur les bancs du Parti Libéral, sous le titre de Baron Keynes de Tilton. Il mourut en 1946.

Keynes et les «  trente glorieuses »

Alors que les prescriptions de Keynes étaient conçues pour limiter les conséquences économiques et sociales des récessions, son nom est avant tout associé à la longue période de croissance de l’économie capitaliste, en Europe et aux Etats-Unis, qui s’étend de la fin de la deuxième guerre mondiale au début des années 70. Ce paradoxe requiert une explication. La destruction massive de l’appareil productif et des biens en général, pendant la guerre, avait créé les conditions économiques d’un développement sans précédent du capitalisme. La production, le commerce mondial et les profits augmentaient considérablement d’année en année. Dans ces conditions, et sous la pression du mouvement ouvrier, le niveau de vie des populations, notamment dans les pays industrialisés, augmentait également. Comme Marx l’expliquait, la production crée la demande jusqu’à un certain point, c’est-à-dire jusqu’à la saturation des marchés. Mais avant que cette dernière ne se manifeste, au début des années 70, le plein emploi et les réformes sociales stimulaient à leur tour la demande – et donc la production.

Ainsi, ce sont des circonstances historiques exceptionnelles – et non les théories de Keynes – qui expliquent la durée de cette période de croissance. Ce qui est vrai, par contre, c’est que les politiques de régulation et d’intervention de l’Etat rendues possibles, dans ce contexte, n’étaient pas sans rappeler les idées de Keynes. En 1971, le président américain Richard Nixon déclarait : «  Nous sommes tous des keynésiens, maintenant.   » Deux ans plus tard, la période de croissance prenait fin. L’inflation atteignait des niveaux très élevés (24 % en Grande-Bretagne), en raison de l’immense quantité de capitaux fictifs injectée dans l’économie. Le chômage de masse réapparaissait partout. Une période de profonde instabilité sociale, de révolution et de contre-révolution s’ouvrait, à l’échelle internationale, dont les événements de mai 68 en France étaient une anticipation : renversement des dictatures en Grèce, en Espagne et au Portugal ; grèves de masse dans toute l’Europe…

Si des théoriciens du réformisme se réclament de Keynes, c’est parce qu’ils s’imaginent que par une politique interventionniste de l’Etat, dans le but de stimuler la demande, il serait possible de mettre fin à la crise et d’assurer une croissance régulière de l’économie capitaliste. Mais le contexte actuel n’est plus du tout celui de l’après-guerre. Les Etat sont massivement surendettés. Le capitalisme les a ruinés. En France, la moitié des revenus de l’Etat sont dépensés dans le service de la dette (capital et intérêts). Où l’Etat trouverait-il les immenses ressources nécessaires ? Par l’impôt ? Si on les taxait à hauteur de ce qui est nécessaire, les capitalistes réagiraient par une grève d’investissement, des fermetures, le chantage à l’emploi et un sabotage général de l’économie. D’un autre côté, taxer les travailleurs et les classes moyennes réduirait la demande. D’ores et déjà, la réduction des déficits mise en œuvre par Sarkozy réduit la demande intérieure et précipite la récession. Mais creuser davantage les déficits – dont le cumul représente déjà 85 % du PIB – nous ferait sombrer dans le même abîme que la Grèce.

Les prescriptions keynésiennes ne correspondent pas aux réalités de notre époque. Nous savons où se trouvent les ressources matérielles dont nous avons besoin. Les travailleurs les produisent, mais ce sont les capitalistes qui les possèdent. L’expropriation des capitalistes doit retrouver sa place au cœur de nos revendications. Et s’il faut rattacher un nom au programme dont nous avons besoin, ce ne doit pas être Keynes, mais Marx.

Greg Oxley, PCF Paris

 

[1] Théorie générale de l’emploi, de l’intérêt et de la monnaie.

http://www.lariposte.com/qui-etait-john-maynard-keynes,1743.html

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28 janvier 2012 6 28 /01 /janvier /2012 09:39

Parmi les publications récentes nous vous suggérons en particulier :

« La dette : 20 diapos pour expliquer et débattre » … un diaporama très complet et pédagogique,
sur http://www.retraites-enjeux-debats.org/spip.php?article753

« Un QCM pour tester ses connaissances sur la dette publique »
 sur http://www.retraites-enjeux-debats.org/spip.php?article770

« Le QCM et l’enquête sondage comme outils d’information et d’éducation populaire sur la dette »
sur http://www.retraites-enjeux-debats.org/spip.php?article765

« Les meilleures vidéos pour comprendre la dette, la création monétaire et les mécanismes d’évasion fiscale »
sur http://www.retraites-enjeux-debats.org/spip.php?article762

Amicalement.

andré martin (Lyon) – animateur du site http://www.retraites-enjeux-debats.org/ ... une boîte à outils
pour expliquer et débattre sur la dette, le chômage de masse, la crise, les retraites …

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13 janvier 2012 5 13 /01 /janvier /2012 10:04

Nicolas Sarkozy et Xavier Bertrand sont formels, la mise en place d’une TVA sociale est dans l’intérêt de notre pays et des emplois. Le message du Medef a été reçu cinq sur cinq ; pour Laurence Parisot la baisse des cotisations patronales profitera aux entreprises qui auront ainsi une plus grande marge de manœuvre. Cette mesure, accouplée à une autre mesure du patronat, baptisée « accords compétitivité-emploi » qui permettrait aux entreprises d’imposer à leurs salariés d’échanger temporairement des baisses de salaires contre une préservation de l’emploi, porte un nouveau coup au monde du travail. Ces mesures vont faire passer 50 à 80 milliards supplémentaires de la poche des travailleurs à celle des actionnaires. En un peu moins de vingt 20 ans ce sera donc au total prés de 300 milliards d’euro qui seront volés annuellement aux salariés !

Comment en est-on arrivé à cette situation ? Nous nous laissons détrousser sans réagir, les peurs quotidiennes distillées chaque jour à travers les médias nous ont complètement lobotomisé et livré pieds et poing liés au patronat et à ses actionnaires. Pourtant ce qui coûte cher au travail, ce ne sont pas les salaires de ceux qui produisent les richesses, mais les dividendes que les actionnaires prélèvent sur notre labeur, « le capital, c’est du travail volé ! ». Dans une économie capitaliste, le plus sûr moyen d’augmenter les profits est de diminuer les salaires. Alors qu’il faudrait partager le travail et les richesses ! Que font les classes populaires, que font les travailleurs, que font les laissés pour compte ?

80 milliards d’exonération de cotisations patronales génèrent 80 milliards de profits en plus pour les actionnaires, et 80 milliards en moins pour les travailleurs. La TVA est de plus l’impôt le plus injuste, puisque qu’en proportion, moins on est riche, plus il représente une part importante du budget d’un ménage ! Quant à l’effet anti délocalisation, si les baisses de cotisations sociales avaient permis de sauver ou de créer des emplois, cela se saurait ! Depuis 30 ans les gouvernements de droite comme de gauche appliquent cette mesure, sans aucune efficacité. Avec cette TVA sociale, N.Sarkozy continue son job, il travaille pour 5 % de la population française, les très riches. Et en cinq ans il a été au delà de toute leur espérance ! S’il repasse…

Un salarié perçoit un salaire net chaque mois, mais ce qui rétribue son travail c’est le salaire brut, c’est à dire un salaire socialisé qui permet entre autre de payer l’assurance maladie, la formation, les allocations familiales, le chômage, les retraites, la maternité… Le patronat appelle cette partie du salaire une charge alors que c’est notre protection sociale ! Cette part du salaire représente aujourd’hui 400 milliards d’euros L’instauration de la TVA «  sociale  » est destinée à remplacer cette partie du salaire payée par les employeurs par un impôt indirect payé pour l’essentiel par les salariés. Accepter cette TVA sociale, c’est accepter une diminution importante des salaires et à terme la destruction de toute notre protection sociale. Les retraites chapeaux, les stocks options et les parachutes dorés ajoutés aux dividendes des actionnaires ne sont-elles pas les vraies charges des entreprises ?

L’objectif est donc d’en finir avec le salaire socialisé. La protection sociale se réduirait comme une peau de chagrin et seul un filet de sécurité minimum subsisterait pour les plus pauvres. C’est le but des mesures déjà bien entamées  : franchises médicales, tarif unique pour les hôpitaux publics et privés, désindexation des retraites par rapport à l’inflation, prestations sous conditions de ressources, fin programmée des allocations familiales… ?

Ce pouvoir, toujours prêt à dénoncer l’impôt pour les plus riches, n’hésite pas une seconde à l’augmenter quand il s’agit de faire payer les salariés, les retraités et les chômeurs. C’est-à-dire taxer les classes populaires et exonérer le patronat de toute responsabilité dans le financement de la protection sociale.

Robert GIL

Publié sur Conscience Citoyenne Responsable

http://2ccr.unblog.fr/2012/01/05/tva-sociale-baisse-des-sala...

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21 novembre 2011 1 21 /11 /novembre /2011 15:35

Sur la base d’un document officiel il est facile de voir que la dette publique a été fabriquée de toutes pièces et que ce ne sont pas les travailleurs ni leur famille qui en sont responsables mais bien les grands patrons, les grands groupes, les spéculateurs de tout acabit.

Le graphique ci-dessous a été élaboré par l’agence centrale des organismes de sécurité Sociale (ACOSS). Il a été publié dans son bulletin d’information n°138 de novembre 2011.

 

 

Mesures compensées

 

 

Mesures non compensées

Montants en milliards d'euros

 

 

Ce graphique montre que depuis 1992 les patrons ont bénéficié de plus de 316 milliards d’euros d’exonération de cotisations sociales (30 milliards en 2010). Sur ce montant d’exonérations les gouvernements ont pris en charge, à la place des patrons, 275 milliards. C’est qui les assistés ?

C’est une somme énorme que l’état doit emprunter sur les marchés financiers et qui, au fil des années s’est gonflée d’intérêts. (En gros on emprunte aux banques l’argent pour payer les exonérations dont bénéficient les ces mêmes groupes internationaux, car ce sont les mêmes qui profitent des exonérations et qui bénéficient en plus des intérêts des emprunts faits par l’état).

Elle est pas belle la vie ?

 

Et on veut faire croire que c’est nous les profiteurs ? Les étrangers, les sans papiers, les malades ? De qui se moque-t-on ?

 

Dans ce graphique nous voyons aussi que 41 milliards d’exonérations n’ont pas du tout été compensés, c’est une perte sèche pour la Sécu. Il est où le déficit de la Sécu ? Dans les poches des banquiers et de leurs copains, de tous les coquins du gouvernement.

Oui la dette c’est celle des patrons. En France, comme partout, les capitalistes en font leurs choux gras et se gavent. Ils se gavent sur le dos des populations.

C’est aux patrons de payer, de rembourser. Ce n’est pas aux salariés, à leurs familles de payer les conséquences de la dette.

C’est sur cette base que nous devons combattre avec acharnement. La lutte de classe et de masse c’est ni plus ni moins que cela.

Bron, le 21 novembre 2011

http://www.frontsyndical-classe.org/article-des-arguments-pour-mener-la-bataille-contre-la-desinformation-89430478.html

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14 novembre 2011 1 14 /11 /novembre /2011 14:08

Il n'y a désormais plus aucune hésitation à avoir quant à la politique économique menée par nos dirigeants : elle nous conduit tout droit vers la récession, ou à la faillite ; et le pire est qu'ils le savent !

Mais puisque les politiques de rigueur ont toutes été un échec jusqu'à maintenant, et que cette récession pointe son nez jusqu'en France, il convient alors de se demander “pourquoi ?” ils continuent à faire payer le peuple,  surtout contre l'avis du peuple lui-même.

A cette question trois réponses sont possibles :

-soit nos gouvernants sont trop stupides pour comprendre la situation, et ils croient réellement que les réformes engagées vont permettre de faire repartir la croissance.

-soit ils ne le sont pas, et c'est plus grave, car cela signifie qu'ils savent pertinemment que la situation va empirer… mais ils ne peuvent pas faire autrement : les marchés sont les plus forts… et ils le regrettent

-Soit ils ont une idée derrière la tête pour reprendre le contrôle des évènements, et il s'agirait de savoir laquelle ; tout en sachant qu'elle passe par une rigueur inévitable qui pèsera d'abord sur les plus fragiles.

La première hypothèse est à mon avis exclue, car cela fait des mois que tout le monde sait que les mesures imposées sont injustes et contre-productives, et ne peuvent que conduire soit à la faillite, soit à la révolte.

La deuxième est plus plausible, et revient à admettre la position que je décrivais ailleurs, à savoir la volonté de repartir “à l'intérieur” du système en faisant le dos rond pour trouver une place dans la nouvelle donne géopolitique qui se construit actuellement. En tentant de trouver un équilibre entre baisse des dépenses et la croissance, ils s'acharnent à faire passer la pilule sans trop de dégâts, en espérant que cela suffise à éviter la faillite.

Et la dernière, qui peut s'accorder avec la deuxième si on envisage un alliance tacite entre les pouvoirs politique et financier, implique qu'en frôlant la faillite et en faisant tomber un à un les pays qui ne font pas ce que la nouvelle direction de “l'Empire européen” désire, il sera plus facile de faire accepter aux peuples l'installation d'un “nouvel ordre économique mondial” plus favorable aux puissances “historiques” tout en conservant le pouvoir aux élites en place…

Maintenant, il s'agit de comprendre le pourquoi de cette injustice, qui consiste à faire payer les pauvres, alors qu'il serait si facile de faire payer les riches ? Est-il vraiment impossible de faire payer la crise à ceux qui l'ont provoqué ? Il faut envisager là aussi plusieurs hypothèses, car faire un plan de rigueur de cette ampleur à six mois des présidentielles s'apparente à un suicide politique.

-Soit la droite s'imagine revenir au pouvoir en 2012 et il faudra m'expliquer comment.

-Soit la droite imagine que la gauche au pouvoir en 2012 ne fera ni plus ni moins que ce qu'elle fait aujourd'hui, poussée par les mêmes contraintes qu'elle.

-Soit la situation est si désespérée qu'il est impossible d'attendre : l'appétit des financiers se nourrit au quotidien.

Quoi qu'il en soit, la faillite guette aujourd'hui la France, et au delà l'Europe toute entière, et c'est bien en jouant sur la peur de cette faillite que nos dirigeants comptent faire passer leurs réformes. Mais faut-il avoir peur de cette faillite, et surtout qui doit avoir peur de celle-ci ?

Regardons les choses en face, et mettons-nous à la place du peuple : que lui importe en réalité que la France fasse faillite ou non ? Les pauvres seront toujours aussi pauvres, et les riches toujours aussi riches. Les classes moyennes regretteront, sans doute au début, d'avoir trop longtemps cru se trouver du “bon côté de la barrière”, mais ils s'habitueront eux-aussi à leur nouveau statut… Il n'y a que ceux qui ont quelque chose à perdre qui risquent quelque chose en définitive : ils n'avaient qu'à pas élire un gouvernement qui, crise ou pas crise, retire depuis cinq ans tous les acquis obtenus de longtemps pour améliorer le sort des pauvres.

Car en réalité le plan de rigueur actuel ne fait que creuser un sillon déjà dessiné par la politique économique récente, et la vie tournera bien comme elle l'a toujours fait : à force de retirer toujours plus à ceux qui n'ont déjà pas grand chose, il arrivera bien une limite infranchissable. Il faudra bien encore des médecins ou des professeurs, des agriculteurs ou des boulangers, des éboueurs ou des maçons, des policiers ou des pompiers, des chanteurs ou des prostituées, des fous ou des fainéants…  et tout ce petit monde finira bien par trouver à manger, même s'il lui faut aller le chercher dans les jardins de l'Elysée…

Parce que ce sont nos dirigeants qui ont besoin des pauvres pour fonctionner, et pas l'inverse. Tout leur pouvoir, toutes leurs richesses ne sont que le résultat et de notre exploitation quotidienne, de notre consommation… et  il y a un jour où si les salaires baissent de trop, si les licenciements se font massifs, le gouvernement en place ne sera plus en mesure d'assurer le rôle pour lequel nous l'avons élu : protéger le peuple et ses intérêts.

La faillite ne doit donc pas nous faire peur à nous, mais leur faire peur à eux. Les plus pauvres finiront toujours par se débrouiller, et les plus riches par apprendre à devenir moins riches. Leurs privilèges, leurs bonus, leurs obligations, leurs dividendes et leurs profits n'étant réalisés que sur le dos des salariés, en appauvrissant le peuple ils s'appauvrissent eux-mêmes.

La confusion qui règne actuellement montre bien que même si cette crise leur permet de prendre le contrôle sur l'Europe toute entière, la machine capitaliste s'est emballée sans qu'ils soient en mesure de contrôler ce système qui fonctionne tout seul : la spéculation va trop vite, et les spéculateurs jouent contre eux-mêmes sans qu'ils puissent y échapper. Cela va trop vite, et l'agitation qui règne en haut lieu est le symptôme que la situation les dépasse. C'est bien eux qui doivent donc avoir peur, parce qu'en allant trop loin ils finiront par provoquer ce qu'ils redoutent eux-mêmes pour eux-mêmes : la faillite d'un pays, c'est leur propre faillite, pas celle du peuple.

Car lorsque le peuple a faim, peu lui importe de connaître la note accordée par les agences, son instinct le conduit toujours là où il faut : il n'y a pour cela qu'à se retourner sur le printemps arabe pour savoir comment cela finit…

Faillite ou pas faillite, nous n'avons donc plus rien à craindre : comme dit le proverbe, “Si le problème a une solution, ne t'inquiète pas. Mais si le problème n'a pas de solution, alors cela ne sert à rien de t'inquiéter”.

 

La morale vous l'avez : ne pas s'inquiéter. La peur paralyse, tandis que l'espoir motive. Laissons-donc l'inquiétude à nos dirigeants, on les paye bien assez cher pour ça. Le jour où ils comprendront que le peuple finit toujours par se relever, c'est eux qui auront peur.

 

Occupons-nous plutôt de préparer la suite, et prenons-les choses en main, car nous avons du boulot.

 

Caleb Irri

http://calebirri.unblog.fr

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10 novembre 2011 4 10 /11 /novembre /2011 13:54

Les jeunes subissent de plein fouet la crise économique et sociale : c’est ce que met en évidence le rapport annuel du Secours catholique, publié le 8 novembre. Dans certains départements, les 18-25 ans représentent jusqu’à 10% des bénéficiaires de l’association pour obtenir de l’aide alimentaire, ce qui ne se voyait quasi-jamais avant.

Malgré leur bon niveau de formation (13,7 % ont fait des études supérieures contre 11,2 % des plus de 25 ans), ces jeunes ont de vraies difficultés à stabiliser leur vie professionnelle. Disposant de peu de ressources (784 euros par mois en moyenne), ils ont la plupart du temps des contrats de travail précaires qui ne leur permettent pas de « boucler » les fins de mois. Un jeune sur trois est sans ressources et habite un logement précaire. 40,2 % sont au chômage.

Cette aggravation de la pauvreté des jeunes français est aussi relevée par le Secours populaire qui a, en 2010, noté une hausse de 10% des 18-25 ans parmi les personnes qui viennent à ses permanences. En 2009 déjà, l’institut national de la statistique (Insee) avait souligné que les jeunes étaient plus pauvres en moyenne que les autres citoyens : Le taux de pauvreté des 18 à 24 ans était alors de 22,5 %, contre 13,5 % pour le reste de la population. Le nouveau plan de rigueur annoncé par François Fillon en début de semaine ne risque pas d’améliorer cette dramatique situation.

 

http://www.bastamag.net/article1908.html

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