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5 juillet 2012 4 05 /07 /juillet /2012 10:41

CGT Sochaux 

Depuis 2 jours, les peintres de l’usine d’Aulnay, intérimaires et CDI, sont en grève :

  • Contre la fermeture de leur usine
  • Pour une prolongation de 18 mois des contrats d’intérim
  • Pour la revalorisation de leurs primes.

 

La production est très fortement perturbée.

Pour éviter de répondre aux revendications et pour casser le mouvement, la direction PSA a demandé aux peintres de Poissy d’aller casser la grève de leurs collègues d’Aulnay.

 

 

Ils ont tous refusé : « on n’est pas des traitres ! ». Bravo à eux et vive la solidarité ouvrière !  

 

La direction va sans doute essayer de faire appel aux salariés d’autres usines, y compris en leur cachant le but réel de la mission.

 

A Sochaux comme ailleurs, pas un peintre, pas un retoucheur, ne doit accepter ce sale boulot !

 

CGT Sochaux, le 5/07/2012

 

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1 juillet 2012 7 01 /07 /juillet /2012 21:51

Les camarades qui se sont succédés à la tribune l’ont tous souligné : ça faisait chaud au cœur de se voir si nombreux, avenue de la grande armée, dans les beaux quartiers de Paris, devant le siège de PSA, fermé toute la matinée en raison du rassemblement de 3.000 ouvrières et ouvriers de l’automobile, dont une bonne partie de PSA. Nous étions venus en délégation protester contre les menaces de fermetures qui visent sur le site d’Aulnay et le chantage que Philippe Varin, le PDG du groupe, fait peser sur d’autres sites pour renforcer son « plan d’économies » pour 2012, destiné à satisfaire la famille Peugeot et les actionnaires.

Une belle journée de mobilisation et d’unité ouvrière dans les beaux quartiers parisiens

Pour répondre à Varin, les travailleurs ont répondu par la mobilisation. Si des perturbations ont été enregistrées sur certains sites de PSA en raison d’appels à débrayer, la production d’Aulnay était au point mort. Douze cars du site menacé de fermeture de Seine-Saint-Denis étaient au rendez-vous, mais aussi des bus venus d’autres sites de toute la France : Poissy, Mulhouse, Sochaux, Rennes, Vesoul, etc. Les sous-traitants étaient également présents, ainsi que des camarades d’autres usines de la branche, à commencer par Renault, mais aussi les collègues de General Motors de Strasbourg dont les emplois sont menacés, quatre mois à peine après le rapprochement annoncé entre PSA et GM. Des étudiants venus en délégation étaient également à nos côtés. Mais ce qui a été peut-être le plus émouvant, par-delà l’unité de classe qui pouvait se sentir dans les slogans repris par l’ensemble des travailleuses et des travailleurs, c’est que si PSA se coordonne au niveau international (le 28 était une réunion de Comité d’Entreprise européen), notre classe est aussi capable aussi de s’unir par delà les frontières : c’était la raison fondamentale de la présence d’une délégation IG-Metal de l’usine Opel de Bochum en Allemagne, sur la sellette, ainsi que de camarades de la CGT espagnole du site de Madrid, dont l’avenir également est menacé.

Après les prises de parole, c’est tout naturellement que les travailleurs ont senti le besoin de continuer à faire entendre leur voix en partant en manifestation sur l’avenue, provoquant un embouteillage monstre, à quelques centaines de mètres de l’Arc de triomphe. Pris au dépourvu dans un premier temps, les flics se sont dépêchés par la suite de nous bloquer la route, à grands renfort de camionnettes et de CRS protégés de leur bouclier. Ça a au moins eu le mérite de démontrer à nouveau que la police nationale reste et restera toujours la police du capital, au service du patronat et des riches. Ça a également eu le mérite de montrer que « le changement, ce n’est pas maintenant », et que le ministère de l’Intérieur de Valls et la présidence « de gauche » de Hollande restent aux ordres de Varin. Les collègues sont néanmoins remontés dans les bus forts d’une même conviction : c’est dans la lutte, par la grève et la mobilisation que l’on pourra contrer les projets de la direction de PSA qui promet pour les uns des fermetures de site, avec le chômage de longue durée à la clé, et pour les autres l’augmentation des cadences, voire même le renoncement à nos droits les plus élémentaires « en échange » de la sauvegarde partielle ou non de l’emploi. C’est le chantage que PSA tient en ce moment aux salariés du site de production d’utilitaires de SevelNord par exemple.

Varin veut augmenter les cadences et accélérer l’annonce de la fermeture d’Aulnay

Il semble que Varin veuille annoncer dans le cadre d’un Comité d’Entreprise Extraordinaire avancé avant fin juillet, au moment même où les travailleurs seront sur le point de partir en congé ou seront en chômage partiel, la fermeture définitive du site d’Aulnay d’ici à 2014, où travaillent plus de 3.000 salariés.

La raison officielle, selon le directeur industriel du groupe, Denis Martin, serait la baisse des commandes au niveau européen et les difficultés auxquelles ferait face la production des petites berlines du segment B, en l’occurrence la C3, produite à Aulnay. « Le temps est venu de présenter à l’ensemble des salariés [alors que la CGT a dénoncé le projet secret de fermeture il y a un an] les solutions et les mesures qu’on doit mettre en place pour faire face à la baisse des ventes en Europe. Nous sommes vraiment dans une situation très, très difficile », a déclaré Martin à la presse.

La seule situation difficile, c’est celle des collègues d’Aulnay, qui vivent dans la peur de perdre leur emploi, celle des travailleurs des autres sites pour qui s’alternent déjà des périodes d’intensification des cadences (avec par exemple des samedis obligatoires à Mulhouse) et des périodes de chômage technique. Lors de la dernière réunion à Bercy, Varin a même eu le culot de demander que l’Etat fasse un geste en aidant la multinationale, qui a des milliards en trésorerie, à trouver un hypothétique reclassement pour les salariés d’Aulnay. Mais comme l’ont dit les délégués d’Aulnay, « si [PSA décide] de passer à l’acte et de fermer l’usine, vous allez vous retrouver avec des centaines et des centaines de salariés face à vous. L’Etat serait alors complice ».

De notre côté, il faut accélérer la mise en place de la coordination ouvrière à la base

La question, maintenant, consiste à savoir comment on pourra être en mesure de donner aux collègues les plus combatifs des perspectives et convaincre les plus réticents à nous rejoindre dans la bagarre car ce ne sera que tous ensemble, et non pas site par site, que l’on pourra contrer cette offensive patronale qui compte sur le soutien du gouvernement (même si Montebourg fera tout pour travestir la réalité et faire passer la pilule).

Cela faisait très longtemps qu’on ne se retrouvait pas ainsi, tous ensemble, par delà les sites et les frontières, à dire que la force des travailleurs, c’est la grève, et que nous ne permettrons aucune fermeture de site. Il faut maintenant donner du corps à se discours, et le généraliser.

La journée du 28 aurait pu être l’occasion de mettre sur pied une coordination des usines en lutte et des équipes syndicales combatives qui soutiennent les collègues d’Aulnay. C’est l’orientation qu’il faudra suivre dans les prochaines semaines, et lors des prochaines échéances.

Cette coordination contre les licenciements et les fermetures pourrait être le premier pas pour faire ravaler ses attaques à Varin, et par-delà à tous les patrons-voyous qui veulent dégraisser et ont annoncé 400.000 destructions d’emplois dans les mois à venir.

Ce serait également un moyen de mettre en œuvre, par en bas, ce que nos organisations au niveau national en défendre : organiser dès aujourd’hui la riposte à la rigueur annoncée. Mais toutes les directions syndicales nationales sans exception, attendent impatiemment le « sommet social » des 9 et 10 juillet au cours duquel Hollande compte négocier la paix social. Alors certes, quelques critiques ont commencé à fuser ça et là, sur le pseudo coup de pouce au SMIC par exemple. Mais on sent bien que personne ne veut mettre en difficulté le gouvernement et que tout sera fait pour éviter tout conflit d’envergure. Même au niveau de PSA certaines centrales comme la CFDT ou la CFE-CGC ont été reçues par Varin dans la même logique : désamorcer de façon préventive les conflits, avec l’aval de ce qui devrait être nos organisations syndicales.

Au lieu de se rendre complice d’un tel cirque social, les directions syndicales nationales devraient rompre toute discussion préalable qui ne se fasse pas sur la revendication élémentaire de l’arrêt des plans sociaux, des licenciements et des fermetures de site.

Une coordination contre les licenciements et les fermetures de site qui verrait le jour à partir des équipes syndicales combatives et des sites en lutte pourrait, en attendant, proposer à l’ensemble des salariés et de la jeunesse en butte à l’austérité et à l’offensive patronale des perspectives pour relever la tête et se préparer à lutter. Ce serait le meilleur antidote au venin xénophobe et chauvin, distillé par tous les partis politiques institutionnels, à commencer par le FN bien entendu. Ce serait la meilleure des préparations pour toutes celles et tous ceux qui sont bien conscients qu’on ne pourra pas faire l’économie d’un grand mouvement d’ensemble si on ne veut pas se retrouver demain dans le cas des travailleurs grecs ou espagnols. Raison de plus pour tisser, à échelle européenne, les liens dont notre classe a besoin. Espérons que les prochaines échéances de l’automobile seront l’occasion pour défendre cette perspective.

Vincent Duse, CGT PSA Mulhouse

Source : http://www.ccr4.org/Premier-bilan-a-chaud-du-rassemblement-d...

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20 juin 2012 3 20 /06 /juin /2012 15:45

Le cadenas fermant la grande porte de l’Aigle d’Or a sauté. Lundi 18 juin à la mi journée, la manifestation de la CGT - un millier de personnes représentant des délégations de toute la région Paca - a stoppé place Saint-François, et les militants ont donc mis leur menace à exécution en réinvestissant le bâtiment. "C’est une occupation permanente, jour et nuit : nous avons prévu des rotations", confiait le secrétaire départemental, Didier Turrini.

Selon le syndicat, le député-maire de Nice a trahi son engagement de restituer à la CGT l’usufruit de cet immeuble après travaux, en déclarant le 3 mai dernier : "la CGT ne réintègrera jamais la Bourse du Travail, ce sont les niçois qui le feront"

Une "attaque sans précédent sur la région" estimait en tête du cortège Gilles Fournel, le secrétaire régional Paca. "Monsieur Estrosi, revenez sur cette déclaration faite dans la panique avant le second tour de la présidentielle, rendez à la CGT ses locaux dont les salariés ont vraiment besoin !"

La réponse du député-maire de Nice ne s’est pas fait attendre. "L’attitude de ceux qui sont entrés par effraction dans ce bâtiment historique dessert considérablement la cause de ce grand syndicat", estimait-il dans un communiqué. "J’invite à la raison ceux qui occupent ce lieu". La mairie a "engagé toutes les procédures nécessaires" en vue d’une expulsion par la force publique. Une décision qui appartient au préfet.

http://www.frontsyndical-classe.org/article-la-cgt-recupere-la-bourse-du-travail-a-nice-107207168.html

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18 juin 2012 1 18 /06 /juin /2012 20:19

logo-FSCEt maintenant ?

 

Nous avons contribué avec beaucoup d’autres à chasser Sarkozy.

Il s’agissait de condamner sans équivoque la plus grave attaque contre le monde du travail depuis la Libération et de pointer le danger pour le mouvement populaire que soit reconduit le fascisant Sarko-Medef.

Cela, sans un gramme d’illusion sur la politique et les mesures qu’une "gauche" lui succédant allait mettre en œuvre.

 

Cela pour une raison fondamentale : la politique envisagée valide et s’inscrit complètement dans le cadre imposé par les marchés financiers et l’Union européenne.

Et cette politique exige la réduction massive des dépenses publiques, donc la poursuite des attaques contre les services publics !

Et cette politique exige le paiement rubis sur l’ongle de la dette et donc la soumission au capital financier !

Et cette politique exige –au nom de la compétitivité des entreprises- la "réduction des coûts salariaux", autrement dit, à nouveau,  la baisse du pouvoir d’achat !

Et cette politique exige toujours au nom de la compétitivité la "flexibilité du marché du travail", c’est-à-dire un nouveau développement de la précarité, des CDD et des contrats du travail jetables !

 

En d'autres termes, au nom de la dette et de l'Euro, il s'agit ni plus ni moins de condamner les travailleurs et les peuples à la camisole forcée de l'austérité et des régressions sociales.

 

D’ailleurs, dès dimanche soir, les lampions des législatives à peine éteints, les commentateurs autorisés, les experts et le directeur du monde passaient à l’aveu :

 

-          "durant les élections la France s’était enfermé dans le déni"

-          "l’heure de la vérité était venue"

-          "les mesures d’austérité et la baisse du pouvoir d’achat étaient inéluctables"

 

Le directeur du Monde ajoutant que tout cela le Parti socialiste n’en avait pas fait état et que le "défi pour Hollande, c’est de rendre acceptable cette austérité".

En la présentant –la vendant ?- comme juste !

 

Nous voilà donc prévenus !

 

Quel est dans cette situation le rôle du mouvement syndical ?

On nous fait lourdement miroiter les bienfaits du "dialogue social", de la concertation, de la collaboration entre "partenaires sociaux"… Une conférence sociale est prévue pour les 9 et 10 juillet prochains.

Chérèque comme à son habitude se précipite aux avant-postes dès qu’il s’agit de prêter la main aux trahisons du monde du travail en se contentant bruyamment d’un léger "coup de pouce" au SMIC et d’un départ limité en retraite à 60 ans qui tourne complétement le dos à ce pourquoi nous sommes descendus dans la rue à l’automne 2010 !

De son côté la direction confédérale de la CGT se félicite de la tenue de cette réunion et se prononce pour la relance de l’économie et la sortie du cadre de la rigueur. Dans un 4 pages, à partir des thémes prévus : emploi, salaires, politique industrielle, elle formule toute une série de propositions et de revendications qui incluent le retour au droit à la retraite à 60 ans pour tous et une nette augmentation du SMIC vers les 1700 euros bruts, de nouveaux droits pour les salariés…

 

Le piège

 

Soit, mais il convient d’abord de faire mesurer aux travailleurs le piège majeur que recèle la situation.

Faute de s’attaquer aux réelles causes de la crise, c’est-à-dire à la domination sans partage des marchés financiers, des multinationales, le nouveau gouvernement va appliquer la politique de rigueur exigée par les classes dominantes qui détiennent le pouvoir.

Le travail de la nouvelle majorité est donc de faire accepter par les travailleurs et les organisations syndicales les mesures d’austérité qu’elle entend mettre en œuvre en les présentant comme un sacrifice mieux réparti qu’avant !

 

Pour les organisations syndicales et pour la CGT en particulier le choix essentiel demeure :

OU accompagner les mesures à venir OU résister farouchement en ne renonçant à aucune des revendications portées par les plates-formes syndicales et par les luttes.

OU la soumission aux diktats des marchés et de l’Union européenne OU la résistance et l’organisation de la lutte, plus que jamais "TOUS ENSEMBLE".

 

De la même manière, il est indispensable de prendre rapidement position sur le fameux traité européen sur la stabilité (TSCG) et de le combattre sans tomber dans le panneau « rose » d'une acceptation en écchange d'un « volet croissance ». Les organisations du mouvement ouvrier doivent prendre position afin que ce traité ne soit pas ratifié, sa ratification impliquant les suppressions d'emplois, les blocages de salaires, la rigueur,...

 

Il est du devoir des organisations et de toutes les structures à tous les niveaux de dire la vérité parce que le pire serait de laisser s’installer les illusions et de laisser la place aux désillusions de demain avec un Front national en embuscade prêt à pointer du doigt l’immigré, le fonctionnaire … afin d’épargner les véritables "fauteurs de crise".

 

Comme en Espagne avec ses courageux mineurs, les luttes ne vont pas s'éteindre. A nous de les rendre offensives et gagnantes par le tous ensemble contre le pouvoir du capital et les régressions sans fin auquel il condamne les peuples.

 

                                                                       Le Front Syndical de Classe

                                                                       18 juin 2012

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15 juin 2012 5 15 /06 /juin /2012 08:50

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Le texte suivant de la CGT de Renaul Cléon met bien en évidence le décalage entre les revendications du mouvement sur les retraites et confirme la volonté de travailleurs de plus en plus nombreux à d'abord compter sur la poursuite des luttes dans se laisser tromper par les mises en scène du nouveau pouvoir.

Ci-après larges extraits du texte des camarades de Cléon.

 

 

***************************************************

 

cgt.renault.cleon@wanadoo.fr

cgt.cleon@renault.com

fax: 01 76 86 78 40

  

 

Pendant des semaines, tout au long de l’automne 2010, c’est avec ce mot d’ordre, crié dans toutes les manifestations, que des millions de salariés se sont opposés à la réforme des retraites voulue par le tandem Sarkozy- Fillon:

- une réforme imposée de force, contre l’avis majoritaire de la population

- une réforme dont nous avons immédiatement réclamé l’abrogation, afin de conserver la retraite à 60 ans pour tous.

Malheureusement, installé depuis moins d’un mois, le nouveau gouvernement vient  de faire un autre choix, un bien mauvais choix:

- celui du refus d’abroger purement etsimplement la réforme scélérate des retraites, instituée par le décret du 9 novembre 2010.

- celui d’un retour à la retraite à 60 ans seulement pour des salariés ayant commencé leur carrière professionnelle à 18 ou 19 ans (cinq trimestres cotisés à la fin de l’année civile des 20 ans). Mais en plus, à condition de réunir un certain nombre de trimestres réellement“cotisés”, à distinguer des trimestres “validés” qui figurent sur le “ relevé de carrière ”.

 

En clair, le décret “retraite” ne remettra pas en cause le réforme des retraites, votée en 2010. Il ne concernera en réalité que 20% des retraités. Pour 80% des retraités, le droit au départ restera... à 62 ans!

Tout cela en attendant la remise à plat du dossier des retraites, prévue à la fin de l’année, pour une nouvelle réforme courant 2013. Pour de nouvelles remise en cause de nos droits ?

Un décret - dont le texte doit paraître à la fin du mois de juin - va rétablir la possibilité de partir à 60 ans. Mais sur un peu plus de 600 000 personnes partant à la retraite, chaque année, seulement 110 000 pourront en bénéficier (une sur six seulement !) .

Et encore, à certaines conditions:

-                          avoir commencé à travailler tôt, dès 18 ou 19 ans (avoir “cotisé” 5 trimestres à la fin de l’année de ses 20 ans ou pour les personnes nées entre octobre et décembre, avoir cotisé 4 trimestres à la fin de l’année de ses 20 ans )

-                          avoir cotisé la durée requise pour sa génération (voir le tableau ci-dessous )

Attention:

 

pour avoir droit à ce départ à 60 ans, il faudra prendre en compte que tous les trimestres “validés” ne seront pas pris en compte. 

 

Qu’est-ce qui distingue un trimestre “cotisé” d’un trimestre “validé” ?

 

- le trimestre “cotisé” correspond à un trimestre au cours duquel des

cotisations retraite (et non des “charges”, comme on l’entend trop souvent ) ont été effectivement prélevées sur le revenu et versées aux caisses de retraite

 

- le trimestre “validé” correspond à un trimestre attribué gratuitement, dans certaines conditions (chômage, maternité/paternité, maladie, service militaire...)

 

Chômage 2 trimestres maxi

Service militaire 4 trimestres maxi

Maladie 4 trimestres maxi

Accident du travail 4 trimestres maxi

Maternité 6 trimestres maxi

 

Pour les travailleurs remplissant les conditions de durée et de début d’activité – mais uniquement pour cette minorité de 20% - l’âge d’ouverture du droit à retraite sera donc avancé, en fonction de la génération:

 

Encore une fois, tant mieux pour les 100 000 travailleurs qui, chaque année, vont pouvoir avancer leur départ en retraite de 9 mois à 2 ans.

 

Mais ce n’est surement pas une raison pour accepter que chaque année, plus de 600 000 travailleurs restent sur le carreau !

 

Ce n’est pas surement pas pour ça que pendant 3 mois, en 2010, nous avons fait grève et nous avons manifesté par millions dans les rues !

 

**************************************************

Voir texte complet

Retraites_Cleon_Page_1.jpgRetraites_Cleon_Page_2.jpgRetraites_Cleon_Page_3.jpg

 

Retraites_Cleon_Page_4.jpg

http://www.frontsyndical-classe.org/article-retraite-nous-on-n-a-rien-oublie-ni-un-ni-deux-ni-trois-ans-de-plus-c-est-60-ans-et-pas-un-jo-106930122.html

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12 juin 2012 2 12 /06 /juin /2012 20:46

La Fédération CGT des cheminots a été reçue en bilatérale par le Président Pépy le 6 juin 2012. Lors de cette réunion, nous avons perçu que les mobilisations des cheminots avec la CGT sous l’ère Sarkozy et le changement politique semblent avoir ébranlé la Direction SNCF.

cheminots EG

 

Sur demande du Président de la SNCF qui reçoit toutes les organisations syndicales, la Fédération CGT des cheminots a été reçue et a posé clairement et fermement lors de cette rencontre ses revendications et déjà des bougés importants sont à noter:

 

 Sur l’Emploi :

 

après avoir reconnu que les actions des cheminots avec la CGT ont bousculé les prévisions avec 1000 embauches supplémentaires en 2011, les premières mobilisations de 2012 aboutissent à un recul de la Direction : Plus question de gel des embauches y compris des alternants ; Annonce de plus de 5000 recrutements, hors reclassements, au lieu des 4500 prévus.


 Jour de carence :

 

suite aux interventions de la CGT depuis le début du dossier, la Direction annonce la suspension des procédures en cours.  

 

Avant cette rencontre, nous avons accompagné un agent de la SUGE, de Paris Nord, en ILD depuis 4 ans venu entamer une grève de la faim devant Mouchotte pour discrimination alors qu’il avait gagné en justice ; Après l’intervention de notre Fédération, la Direction s’est engagée à le réintégrer dans ses droits. Nous avons rappelé que des cas similaires étaient à régler, notamment sur la Région de Lille et Paris-Nord

 

De même, nous avons réaffirmé que nous ne lâcherons rien sur le déménagement de la DCF comme nous serons attentifs concernant le déménagement du siège, notamment sur l’externalisation de certains services.

Sur la licence ADC, la médecine du travail et d’aptitude, les propositions de la CGT semble avoir été entendues mais reste à les faire acter. De même, des engagements sont pris pour les CRTT : à partir de 3 ans dans le grade priorité pour accéder à TB, reste à engager des discussions sur la réévaluation de la prime de traction.

Nous avons réitéré notre attente sur une véritable négociation salariale, de même que sur les retraites.

Enfin, nous avons demandé l’abandon du projet de GIP pour le RER B en Ile de France.


Si nous sommes encore loin de nos attentes, il semble qu’un dialogue social de meilleure qualité pourrait voir le jour, y compris au Fret.


C’est bien le fruit de nos actions !

 

Les mobilisations doivent se poursuivre, notamment le 14 juin, en déposant les cahiers revendicatifs sur l’emploi, les conditions de travail pour gagner sur nos revendications.

 

Nous pouvons marquer d’autres points et préparer, au travers du 14 juin, une rentrée offensive notamment sur les salaires, les retraites, l’emploi, le renforcement de notre statut et du service public ferroviaire.  

Ensemble, amplifions le rapport de force en rejoignant la CGT et en mettant la pression à chaque étape de mobilisation ; La donne changera d’autant plus si nous envoyons des signaux forts.

 

Gouvernement et Direction SNCF sont prévenus,  

les cheminots avec la CGT ne lâcheront rien !


  cheminots_EG-copie-1.jpg

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7 juin 2012 4 07 /06 /juin /2012 08:42

L'usine Faurecia de Cercy-la-Tour fabrique des sièges automobiles (armatures brutes et sièges de rechange), essentiellement pour Peugeot.

La direction vient d'annoncer 32,8 jours de chômage d'ici fin 2012. Cela fait une semaine par mois sans travailler jusqu'à décembre. Les prévisions de chiffre d'affaires pour le deuxième semestre 2012 seraient en baisse d'un million d'euros, ce serait donc aux travailleurs de payer pour les soubresauts du marché automobile.

Déjà en janvier 2012 quatre jours de RTT ont été retirés. La direction a fait du chantage à la compétitivité et aux risques de fermeture de l'usine, pour faire accepter cette mesure par référendum. Quelques mois plus tard, c'est le chômage. La direction dit que le but est d'éviter un plan de licenciements qu'elle appelle PSE (Plan de sauvegarde de l'emploi). C'est le chantage qui continue et on ne peut être sûr de rien pour l'avenir. D'ailleurs il y a déjà eu un plan de licenciements et plus de 130 salariés sont partis depuis 2006, sans compter plusieurs dizaines d'intérimaires qui ne sont jamais revenus.

Les travailleurs vont donc payer directement la crise par une baisse importante de leur pouvoir d'achat. Soit ils devront prendre sur leurs congés, soit ce sera du chômage dont ils ne connaissent pas encore l'indemnisation, soit ce sera les deux.

Mais, même si la production va diminuer, les cadences de travail, elles, sont maintenues au plus haut. Il faut accélérer les cadences, travailler jusqu'au dernier moment pour faire leur fameux PDP (production de pièces produites par heure). Pour la direction, il faudrait se crever au travail et faire la production, pour qu'ensuite elle fasse des économies en fermant des ateliers.

La rapacité de Faurecia, comme celle de tout le patronat, n'a pas de limites. Partager le travail, prendre sur les bénéfices (Faurecia a été félicité par Peugeot pour ses + 84 % de bénéfices en 2011) serait vital.

Correspondant LO

http://www.lutte-ouvriere-journal.org/?act=artl&num=2288&id=23

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4 juin 2012 1 04 /06 /juin /2012 10:12

logo-FSCLes faits sont connus : après plusieurs semaines et plusieurs réunions la direction de la CGT (CE et CCN) n’est pas parvenu à un accord à propos de la succession du secrétaire général de l’organisation. La décision étant repoussée à l’automne puis soumise au vote des participants du 50ème congrès de mars 2013.

Il y a bel et bien crise au sommet de la CGT, pour la plus grande joie de beaucoup de médias et pour le plus grand désarroi de nombreux militants et travailleurs qui voient qu'il se passe quelque chose "là-haut" sur lequel ils n'ont semble-t-il pas de prise ou de pouvoir.

 

Mais de quelle nature est cette crise? Question de personnes, d’ego ? Simple question de méthode et de calendrier ? Ou bien d’autres questions beaucoup plus déterminantes ne sont-elles pas en jeu ?

 

Question de démocratie syndicale

 

Pour quelles raisons, y compris compte tenu du blocage actuel, le débat devrait-il être confiné aux seuls organes de direction ? Alors que le 50è congrès se profile, l’ensemble des structures (UL, UD, Fédé, Unions syndicales, retraités, chômeurs …, l’ensemble des militants) n’ont-ils pas leur mot à dire et ne devraient-ils pas être consultés au lieu d’être confinés au rôle de spectateur informés le plus souvent par des médias externes à l’organisation ? Qu'est-ce qui oppose sur le fond les différents candidats officiels ou présentés comme tels ? Qu’est-ce qui en matière d’orientation sépare la candidature soutenue par le secrétaire général et celle qui aurait le soutien de plusieurs fédérations ?

 

Et la question concerne-t-elle d'abord le nom ou le visage du remplaçant de Thibault ou plus largement l'orientation de la première confédération du pays ? Allons-nous nous conformer à notre tour à la détestable peopolisation et personnalisation du débat dont l’élection présidentielle offre le lamentable spectacle ?

 

D'ailleurs, quels sont les critères qui ont présidé au choix des candidatures ?

 

Pourquoi la recherche de nouveaux dirigeants ne concerne-t-elle que des négociateurs de ministères et d'institutions officielles qui n'ont pas vraiment été choisis pour leur engagement sur le terrain? En cette heure de crise extrêmement grave et profonde du système, de l’affrontement inévitable dans les entreprises menacées par les fermetures et les plans de licenciements massifs, la CGT ne doit-elle pas se tourner vers les militants de terrain et de classe qui ont fait la preuve et de leur détermination et d’une intelligence certaine dans le combat de classe ?

 

Question d’orientation

 

Quelles orientations, quelle appréciation du bilan de l’organisation en matière de résultats revendicatifs pour les travailleurs et en matière de renforcement de l’organisation doivent guider ce choix ?

 

Pourquoi les différents communiqués émis insistent-ils sur la continuité des orientations dans laquelle le 50éme congrès devrait se situer et dans laquelle le choix d’un(e) nouveau (elle) dirigeant(e) devrait rester encadré ?

Alors que chaque congrès est totalement souverain !

N’est-ce pas essentiellement pour éviter tout débat et sur le bilan des 15 dernières années et sur l’orientation de la CGT pour les années qui viennent ?

 

La question centrale pour notre CGT est décisive aussi pour l'ensemble des travailleurs :

 

ou la CGT sous l'égide de la Confédération européenne des Syndicats se calque sur le syndicalisme à l'anglo-saxonne contrôlé par en haut

ou elle renoue en le vivifiant avec le syndicalisme des structures de base, d’entreprises et le fédéralisme.

Cela sur la base de l’objectif commun, au-delà des revendications spécifiques, de la fin de l'exploitation et de la collectivisation des moyens de production et d'échange.

En calant son activité sur une totale indépendance du pouvoir politique, du patronat et des puissances financières.

Toutes choses à l'inverse de la centralisation et de l’accompagnement issus des précédents congrès !

 

Le bilan de 15 ans de reculs sociaux dramatiques et sans précédent doit être fait.

Plus que jamais, le débat sur la nécessité d’organiser la lutte des travailleurs sur la base d’orientations de lutte de classes et non de collaboration doit avoir lieu.
Plus que jamais l’intégration de la CGT dans les institutions européennes et dans les structures syndicales internationales d’accompagnement du capitalisme doit faire l’objet d’une interpellation à l’heure où l’appartenance à l’Union européenne et à la zone euro sert de levier à la mise en œuvre des politiques d’austérité et à la flexibilisation mortelle du marché du travail et donc de l’emploi.

 

Au-delà des annonces pré-electorales du nouveau pouvoir issu de la présidentielle les politiques de rigueur et la ʺguerre socialeʺ contre nos droits vont se poursuivre.

Pour une raison fondamentale qui contribuerait à désarmer les salariés si on la taisait : tout porte en effet à estimer que ce nouveau pouvoir n’a ni le courage, ni l’audace de s’attaquer aux mécanismes et aux privilégiés qui ont déclenché la crise !

Les politiques d’austérité que nous avons connu vont donc être aggravées, mâtinées de "justice sociale",au nom des déficits, de l'euro et du "Pacte européen de stabilité", véritable camisole anti-sociale !
Et les mêmes causes entraînant les mêmes effets … !

L’appel au "dialogue social" enfant chéri des dirigeants de la CFDT, synonyme le plus souvent de soumission aux objectifs du MEDEF et aux contraintes budgétaires de la Commission européenne et qui vise à entraîner les syndicats dans l’acceptation des politiques d’austérité doit recevoir une réponse sans ambiguïté : la CGT est totalement indépendante du nouveau pouvoir, fut-il de ʺgaucheʺ et ne renoncera à aucune des revendications de son programme, ni à aucune des revendications portées par les travailleurs et les luttes !

Démocratiquement, actifs et retraités, intervenons pour que ce débat devienne incontournable, pour qu'ilcesse d’être cantonné à un affrontement de personnes et que d’autres propositions nominatives émergent en phase avec des orientations de luttes et de pratiques démocratiques dont la CGT et les travailleurs plus généralement ont un impératif besoin.

Le Front Syndical de Classe, 3 juin 2012

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31 mai 2012 4 31 /05 /mai /2012 10:54

 
Les avantages
par cgt-beaulieu-structures

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17 mai 2012 4 17 /05 /mai /2012 19:52

http://www.legrandsoir.info/local/cache-vignettes/L250xH190/arton16706-7b36c.jpgLes intellectuels et sociologues sérieux (pas les chiens de garde) ont beau rappeler, comme O. Todd ou Ch. Guilluy, que les travailleurs, ouvriers et employés, constituent toujours plus de 50% de la population active, l’idéologie dominante tente, depuis 30 ans, de les rendre invisibles et de nous convaincre que les ouvriers, et donc la lutte des classes, ont disparu : le titre du nouveau film de Christine Thépénier et Jean-François Priester : Disparaissez les ouvriers ! dénonce cette ambiance.

C’est pourquoi les films qui leur redonnent leur juste place dans la société doivent être salués. Certes ils décrivent en général un processus économique maintenant bien connu : la destruction calculée des entreprises les plus prospères et prestigieuses au nom des intérêts d’un actionnariat de rapine ; elles sont achetées et rachetées, dans le cadre de la mondialisation, générant pour certains d’énormes bénéfices, et pour les travailleurs, plans sociaux en cascade, avant fermeture définitive (ou délocalisation). Alors pourquoi aller encore voir ces films ? L’article de Stéphane Delorme sur le cinéma "poudre aux yeux" (dans Les Cahiers du Cinéma de mai) nous suggère la réponse : "Si le monde est tout ce qui a trait à l’humain, avouons que, plus encore que le cinéma, c’est ce monde qui nous manque aujourd’hui." Et c’est ce que nous apporte, au contraire, le cinéma militant : le monde, un point de vue sur le monde, et le plaisir du cinéma, par exemple par la révélation de personnalités marquantes, qui suscitent plus d’émotions que les insipides acteurs du cinéma commercial ou prétentieux.

On peut donc voir actuellement, ou on a pu voir récemment, plusieurs films qui mettent l’accent sur le monde ouvrier : Les Jours comptés (1962) ont pour héros un plombier (l’auteur, Elio Petri, a remporté la Palme d’or à Cannes en 1972 pour : La classe ouvrière va au paradis). Le Chemin noir, d’Abdallah Badis, séduit d’abord par son titre : il s’agit des chemins de la mémoire dans le pays noir lorrain - même si le film ne parvient pas à atteindre l’intensité poétique promise et si les vieux ouvriers maghrébins interrogés ne transmettent pas grand-chose de leur expérience (du reste l’auteur semble mal à l’aise, ayant lui-même perdu contact avec son pays d’origine, l’Algérie, et sa classe sociale d’origine).

Gilles Perret, au contraire, est un cinéaste enraciné : il n’a jamais quitté sa Savoie natale, et il a le chic pour dénicher des personnalités fortes. C’était le cas de son précédent film : Ma Mondialisation (2006), d’autant plus convaincant qu’il donnait la parole à un patron qui, ingénuité ou cynisme, mettait en évidence les impasses de la mondialisation. Son dernier film, De mémoires d’ouvriers, raconte l’histoire de la classe ouvrière et de l’industrie française à partir de Cluzes.

Quant à la 1ère journée du Festival du film militant, organisé à Ivry par les cheminots de Solidaires, les 12 et 13 mai, il enchaînait 3 films, dans une savante progression, du privé : Moulinex, la mécanique du pire (2003), de Gilles Balbastre, coauteur des Nouveaux Chiens de garde, au public : Cheminots (2010) de Luc Joulé et Sébastien Jousse, et à l’universel : Les Lip, l’imagination au pouvoir (2007) de Christian Rouaud.

Le film sur Moulinex nous rappelle opportunément le rôle joué par un financier proche du PS, Jean-Charles Naouri, qui, après avoir mis sur pied, comme chef de cabinet de Bérégovoy (en 1984-86) Big Bang, la réforme qui a déréglementé les marchés financiers, l’a utilisée pour créer sa propre société d’investissement, Euris, qui, en 1994, a travaillé au démantèlement de Moulinex. Et le film se clôt sur une séquence grinçante, où on voit Christian Pierret, secrétaire d’Etat à l’industrie dans le gouvernement Jospin (en 1997) s’étonner, "en tant qu’homme de gauche", que les ouvriers ne comprennent pas que la mondialisation est une réalité et qu’il ne sert à rien de lutter contre elle.

Cheminots fait entendre le malaise des travailleurs face à la privatisation rampante, ou plutôt déclarée, depuis l’ouverture au privé du trafic voyageurs, au 1er janvier 2010, de la SNCF : cette mesure aboutit à la circulation de "trains fantômes", qui ne sont pas inclus dans les grilles des aiguilleurs, ce qui crée évidemment des problèmes de sécurité. Ce bilan est rythmé par les extraits de 3 films : l’ouverture juxtapose les images de la gare de La Ciotat aujourd’hui, et celles, de 1895, de L’Arrivée d’un train en gare de La Ciotat, des Frères Lumière, qui nous rappelle l’importance des chemins de fer dans la société et l’économie au tournant des 19e et 20e siècles. Puis on voit un groupe de cheminots visionner le film magistral de Ken Loach sur la privatisation des British Railways, The Navigators (2002), et y reconnaître, 10 ans après, leur propre expérience, où domine une sensation de gâchis : gâchis de l’outil de travail, de savoir-faire, et de richesses humaines (solidarité au travail, sentiment du service public, capacités d’autonomie et de créativité). Enfin, une séquence de sabotage, dans le film de René Clément, La Bataille du rail (primé à Cannes en 1947), suggère que la situation actuelle appelle une autre Résistance (et ravive l’indignation face aux actions intentées à la SNCF pour sa participation, sous l’Occupation, au transport des déportés !).

Et la journée se terminait en apothéose avec l’épopée des Lip. Ce film nous rappelle une époque déjà lointaine, où patrons et ouvriers pouvaient se sentir unis dans un même projet de production et de développement : c’était l’époque du gaullisme social, avec un ministre du Travail, Jean Charbonnel, qui, en 1974, place à la tête de Lip un patron proche du PSU, Claude Neuschwander, dans le but de faire redémarrer l’usine. Mais nous sommes au début d’une autre époque industrielle, où le CNPF travaille déjà à la destruction des usines, et où Giscard d’Estaing, prévoyant l’aggravation de la crise, décide de tuer Lip, pour éviter que l’expérience fasse tache d’huile.

Mais ce que le film transmet c’est justement l’élan d’enthousiasme qui, pendant les années 1973-74, permet aux ouvriers de Lip, soutenus par la France entière, de se dépasser et de concevoir des formes de lutte innovantes, menés par une équipe de militants exemplaires, qui sont aussi des personnalités exceptionnelles, et qui crèvent l’écran. Ils nous racontent les anecdotes qui ont marqué cette période avec une véritable éloquence, avec un humour de paysans matois, et leur savoureux accent franc-comtois : tantôt c’est deux cars de pèlerins, retour de Lourdes, qui débarquent en pleine nuit ; tantôt, des actualités d’époque nous montrent un Charles Piaget très digne, faisant visiter, à un public admiratif et respectueux, la salle où les administrateurs avaient été séquestrés ; ou bien, une petite bonne femme, toute blonde et menue, raconte qu’avant de rentrer à l’usine, elle était passée chez elle se changer, "ne se voyant pas soutenir l’assaut imminent des flics en mini-jupe" ; Piaget, lui, (un maigrichon qui peut survivre trois jours avec une simple pomme), raconte comment, lors d’une journée stratégique, la police intercepte la voiture où il circule avec une camarade, pour lui confisquer son haut-parleur ; à quoi il répond : "Alors, la fille et moi, on va se battre". Et les policiers, après en avoir référé à la préfecture, s’avouent battus. Mais le plus drôle, c’est l’organisation mise au point pour planquer leur trésor de guerre, la réserve de montres de l’usine, qu’ils ont décidé de commercialiser eux-mêmes, pour se payer leurs salaires ; Jean Raguenès, le prêtre-ouvrier dominicain, donne sa bénédiction, et les curés du secteur vont jouer le rôle de receleurs : Raymond Burgy, le responsable de la logistique, raconte comment, une nuit, il a longuement frappé à la porte d’un presbytère, avant qu’une fenêtre s’entrouvre et que le curé chuchote : "Tais-toi : je distille !" Lorsque, en 1974, les Lip sont obligés de rentrer dans le rang, contre la promesse (qui sera tenue par Neuschwander) de réintégrer tous les ouvriers, ils livrent leur trésor de guerre, mais refusent de révéler leurs caches :"ça peut resservir !"

En effet, malgré l’émotion qui perce souvent, ce ne sont pas des récits nostalgiques : "Je m’adresse à la génération qui a envie de bouger aujourd’hui", déclare Christian Rouaud, à propos de son dernier film, Tous au Larzac (récompensé par le César du meilleur documentaire 2012). On sortait du Festival d’Ivry avec l’idée que les temps sont peut-être mûrs pour réactiver cette mémoire et cette expérience des luttes ouvrières.

Rosa Llorens

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