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14 mai 2013 2 14 /05 /mai /2013 09:51

logo-FSCThierry LEPAON était ce dimanche sur itélé soumis à la question par un panel de journalistes :

La CGT va-t-elle signer les accords soumis aux "partenaires sociaux" ?

La CGT va-t-elle s’opposer frontalement à la réforme des retraites ou discuter point par point ?

La CGT va-t-elle se mettre en position au cours de la conférence sociale prévue en juillet ?

La confrontation fait-elle avancer les choses et vous n’avez rien obtenu ces dernières années en contestant les réformes !

 

Retenons ce qui pour nous constitue l’essentiel des réponses de Thierry Lepaon : ce sont l’intervention des travailleurs et le rapport des forces qui seront déterminants ("il faut une irruption des salariés)"

Les salariés n’ont donc rien à attendre de négociations de sommet.

Sur les retraites il a souligné le caractère inquiétant du pré-rapport de Yannick Moreau soumis sou peu à Ayrault. Ce qui est décisif en matière de financement des retraites c’est dit-il le niveau des salaires et de l’emploi et donc des cotisations sociales.

Le pouvoir persistant à ne jouer que sur la durée de cotisation et le niveau des pensions il affirmé que la question des retraites va nécessiter une mobilisation d’ampleur des salariés. La CGT visera à une action unitaire mais prendra ses responsabilités en tout état de cause.

 

Sur le coût du travail T. Lepaon insiste sur le fait que le travail est d’abord une richesse.

Sur le martelage du "modèle" allemand il dénonce une situation qui voit 6 millions de salariés cloués à 500 euros par mois.

Chez Renault il insiste sur le fait que la masse des salaires est inférieure à la somme des remises consenties aux clients ce qui plombe sous un autre aspect l’argumentation sur le "coût" du travail menaçant la compétitivité des entreprises !

 

Il s’agit donc d’une expression nouvelle par rapport à ces dernières années où le principal responsable de la centrale ne fait plus dépendre l’action de la CGT du "dialogue social" ou du préalable unitaire (l’alliance privilégiée avec la CFDT) mais privilégie le rapport de forces avec le pouvoir, le pouvoir socialiste en l’occurrence.

Cette évolution que nous apprécions comme positive nous conforte dans notre intervention visant à dénoncer les illusions de la collaboration de classes.

 

Beaucoup reste cependant à parcourir pour retrouver le chemin d’une véritable orientation de lutte de classes, renouant ave la tradition historique de la "Grande dame", en cessant en particulier de nourrir les illusions sur l’Europe sociale et le mirage d’une Union européenne protectrice des droits !

 

                                                        Le Front Syndical de Classe

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8 mai 2013 3 08 /05 /mai /2013 17:16

Le 50e congrès confédéral de la CGT était une machine aux rouages bien huilés. L’élection du secrétaire général fut une formalité ; le choix était fait par la direction sortante et annoncé longtemps à l’avance, publiquement. Les commissions des amendements et des candidatures ont fait en sorte que les critiques qui s’expriment librement, au cours des débats, restent à bonne distance des instances dirigeantes. Ces mécanismes ont permis à la direction de maintenir ses positions malgré la radicalisation qui commence à se produire à la base de l’organisation. Celle-ci s’est clairement exprimée à l’occasion du congrès.

De nombreux délégués sont revenus sur la lutte pour les retraites, en 2010, pour critiquer la stratégie du « syndicalisme rassemblé » défendue par la direction. A l’automne 2010, cette stratégie s’est traduite par l’abandon des salariés en grève à leur propre sort. Les centrales syndicales se contentaient d’appeler à des « journées d’action » toujours plus éloignées les unes des autres – jusqu’à la défaite. Les interventions portant sur notre contenu revendicatif ont souvent exprimé une position plus à gauche de celle de la direction. Par exemple, un camarade de la CGT Fralib, en lutte contre la fermeture de son usine, a défendu le mot d’ordre de « nationalisation » comme moyen de défense face au saccage industriel des capitalistes. Il a été longuement applaudi par la salle.

Ainsi, l’humeur plus combative et plus radicale qui se développe à la base de la CGT a été relayée par les délégués des entreprises et des unions locales. Le décalage entre la salle et la tribune était évident. Pourtant, le rapport d’activité et le document d’orientation ont été adoptés par respectivement 87 % et 87,5 % des suffrages (81,5 % et 80,5 % si on tient compte de l’abstention). C’est 10 points de plus qu’au dernier congrès. Et la nouvelle direction confédérale a été élue telle que proposée par la direction sortante.

Cette contradiction s’explique en dernière analyse par l’absence d’alternative offerte aux délégués. Les amendements qui formulent les critiques les plus radicales contre l’orientation de la direction sont écartés en commission ou sont intégrés dans le texte après reformulation. Il n’y a ni texte alternatif, ni candidature alternative à ceux proposés par la direction sortante. Et puisqu’il faut bien que nous ayons une direction et une orientation, beaucoup de délégués, malgré leurs critiques, votent par défaut et par souci de ne pas plonger la CGT dans une crise. Mais il est clair que l’opposition à la ligne confédérale est plus importante que ne le laissent supposer les résultats des votes.

Préparer l’alternative

Nos adhérents vivent largement repliés sur leur syndicat dans les entreprises et la fonction publique. Il est vrai que beaucoup de congrès se tiennent dans nos structures. D’abord le syndicat, parfois même la section syndicale, puis l’union locale, l’union départementale, l’union régionale et la fédération. Dès lors, le congrès confédéral est perçu comme inatteignable. Mais alors qu’une crise économique profonde et durable nous frappe, nous faisons l’expérience de l’impasse des luttes partielles et isolées. Beaucoup de nos militants en viennent à la conclusion qu’il faut mettre toute la CGT en ordre de bataille et passer à l’offensive de façon concertée. La vie de nos structures interprofessionnelles n’est pas déconnectée de celle de nos combats quotidiens. Il faut s’en soucier. En réalité, le congrès confédéral n’a pas été préparé par les militants. La plupart de nos structures ne l’ont tout simplement pas évoqué. Si des débats ont eu lieu, ils sont restés généralement limités aux seules commissions exécutives.

En dépit des résultats des votes du 50e congrès, il est indéniable qu’il existe un décalage grandissant entre la base et le sommet. Les bases syndicales se voient souvent imposer une « validation » du choix de leurs délégués par leur fédération. Il leur est aussi demandé de présenter des délégués ou des candidats remplissant tel ou tel critère, notamment d’âge et de sexe, décidés par la direction confédérale. Ces mécanismes qui verrouillent la vie démocratique interne doivent sauter. La base militante doit pouvoir choisir librement ses délégués et ses candidats à la direction. Quant aux commissions du congrès, elles doivent avoir pour seul rôle de mettre en forme les propositions à soumettre au vote, sans les écarter arbitrairement.

Il faut qu’à tous les niveaux de la confédération, nous fassions vivre une vie démocratique qui repose sur des assemblées régulières d’adhérents qui se concluent par des prises de décisions, notamment des contributions aux débats que les structures devraient porter à la connaissance de nos adhérents. Nous avons tous fort à faire face à la dégradation rapide de la situation sociale. Mais notre devoir, comme militants de la CGT, c’est de participer pleinement à sa vie démocratique interne. Et si des camarades sont d’avis que notre approche générale doit être corrigée, il est de leur devoir de le faire savoir et de formuler des propositions alternatives. Posons les conditions dès maintenant pour que les idées qui se sont exprimées largement cette fois-ci trouvent enfin leur expression dans nos instances dirigeantes et notre orientation nationale. Le 51e congrès se prépare dès maintenant.

Pierre Villeret (CGT Roissy)

http://www.riposte-syndicale.fr/2013/04/le-50e-congres-de-la-cgt/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=le-50e-congres-de-la-cgt

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24 avril 2013 3 24 /04 /avril /2013 11:51

Allo Carlos!

Source : L’Expansion.com avec  AFP – publié le 23/04/2013

Un mécanicien de 35 ans s’est pendu dans la nuit de dimanche à  lundi à l’usine Renault de Cléon, près de Rouen, après avoir écrit deux lettres  dans lesquelles il dénonce les pressions de son entreprise et met en cause  Carlos Ghosn.

Suicide. Agé de 35 ans et père de deux enfants, un  mécanicien a été retrouvé pendu lundi au petit matin sur le site Renault de  Cléon.
AFP PHOTO/CHARLY TRIBALLEAU

Renault se retrouve à nouveau confronté au suicide d’un de ses salariés.  Drame qui, par le passé, lui a déjà valu d’être condamné pour faute inexcusable. Un mécanicien  du groupe automobile s’est suicidé dans la nuit de dimanche à lundi sur son lieu  de travail à l’usine de Cléon (Seine-Maritime), après avoir mis en cause son  entreprise.

Agé de 35 ans et père de deux enfants, ce salarié, qui travaillait de nuit, a  été retrouvé pendu lundi au petit matin sur le site, où il était employé depuis  2000, a précisé à l’AFP Pascal Le Manach, délégué syndical CGT. « Il a laissé sur  place deux lettres, une pour sa famille et l’autre à l’attention de la  direction, dans laquelle il dénonce les pressions », a indiqué le  syndicaliste.

Un courrier accusateur

Dans ce second courrier, l’ouvrier a écrit selon cette source: « merci  Renault. Merci ces années de pression, chantage au nuit. Où le droit de grève  n’existe pas. Ne pas protester sinon gare. La peur, l’incertitude de l’avenir  sont de bonne guerre, paraît-il ? Tu expliqueras ça à mes filles, Carlos »,  allusion à Carlos Ghosn, le PDG du groupe.

La salarié, « excellent ouvrier » et « non-syndiqué », « faisait l’objet de  pressions de la direction depuis qu’il avait pris activement part aux grèves contre le projet d’accord  compétitivité-emploi cet hiver », a précisé M. Le Manach. « La direction  l’avait notamment menacé de le faire redescendre en équipe (de jour), avec une  perte financière très importante à la clé », a ajouté le syndicaliste.

La CGT a demandé la tenue lundi d’un Comité d’hygiène et de sécurité  exceptionnel « pour montrer la responsabilité de Renault dans ce décès », a-t-il  indiqué.

Une enquête est ouverte

Le parquet de Rouen, qui a confirmé la découverte de deux lettres, a de son  côté précisé à l’AFP avoir ouvert une enquête en « recherche des causes de la  mort » à la suite de ce suicide survenu « sur le lieu de travail et pendant les  heures de travail ».La direction du site n’a pu être jointe par l’AFP en fin  d’après-midi mardi.

Le site de Renault-Cléon, spécialisé dans la fabrication de moteurs et de  boîtes de vitesse, emploie quelque 4.000 salariés dans une ambiance qualifiée  par la CGT de « plus en plus difficile », notamment depuis la mise en place de  l’accord compétitivité-emploi.

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23 avril 2013 2 23 /04 /avril /2013 08:10
Acrimed
En direct des ondes patronales (extraits)

Les « matinales » et les « rendez-vous » politiques des grandes radios, bien qu’ils n’aient pas l’impact des JT en termes d’audience, font référence dans le paysage de l’information. Aussi, la qualité du traitement des grands dossiers socio-économiques y apparaît-elle particulièrement cruciale. La comparaison, au sein de quelques-unes de ces émissions radiophoniques, du nombre d’invitations réservées aux représentants du patronat et des milieux d’affaires d’un côté, et des syndicats de salariés de l’autre, peut constituer un bon indice du pluralisme qui y a cours. Résultat ? Une victoire par KO des représentants du patronat.

Une présence démesurément patronale

Le décompte détaillé des invitations (voir ci-dessous) montre que les « grands rendez-vous » de l’information des principales radios ne s’encombrent pas avec la recherche d’un quelconque équilibre : 151 invitations pour les représentants du patronat et des milieux d’affaires (71,9 %), et 59 seulement (28,1 %) pour ceux des syndicats de salariés. La distorsion devient même vertigineuse lorsque l’on sait que la France compte 2,7 millions d’entreprises, et donc autant d’entrepreneurs, pour… dix fois plus d’actifs (28,4 millions) !

Pis encore : en dehors de Laurence Parisot, ce sont des représentants de la centaine d’entreprises qui dépassent le seuil de 5 000 salariés qui monopolisent la parole, les représentants des petites et moyennes entreprises n’ayant pas droit de cité au micro des « grands intervieweurs ». Ce qui ne veut pas dire que leur situation n’est pas régulièrement convoquée à l’antenne par les éditocrates pour justifier des politiques toujours plus favorables à toutes les entreprises. RMC s’illustrant particulièrement dans cet exercice (voir p. 32-33, « À quoi sert RMC ? »).

Décompte précis par station

- Europe 1 : entretiens matinaux de Bruce Toussaint et de Jean-Pierre Elkabbach (18 juin 2012-11 mars 2013) + « Le Grand Rendez-Vous » (2 janv. 2011-10 mars 2013) :
- Patronat, milieux d’affaires et de la finance (MAF) : 68, dont Laurence Parisot (8), Jacques Attali (5), Alain Minc (3)
- Syndicats : 17. CFDT (6) + CGT (8) + FO (2) + Solidaires (1)

- RTL : entretiens matinaux de Jean-Michel Aphatie (18 juin 2012- 11 mars 2013) + « Le Grand Jury » (3 sept. 2006-10 mars 2013) :
- Patronat et MAF : 39. Laurence Parisot : 10
- Syndicats : 17. CFDT (6) + CGT (10) + FO (1)

- RMC : entretiens matinaux de Jean-Jacques Bourdin (18 juin 2012-11 mars 2013) :

- Patronat et MAF : 13. Laurence Parisot : 4
- Syndicats : 5. CFDT (2) + FO (2) + CGT (1)

- France Inter : entretiens matinaux de Patrick Cohen (18 juin 2012-11 mars 2013) + « Radio France Politique » devenu « Tous politiques » (4 sept. 2011-10 mars 2013) :
- Patronat et MAF : 18. Laurence Parisot : 1
- Syndicats : 11. CFDT (5) + CGT (4) + FO (2)

- France Info : entretiens matinaux de Raphaëlle Duchemin (18 juin 2012-11 mars 2013) :
- Patronat et MAF : 13, dont Laurence Parisot (3), Jacques Attali (1)
- Syndicats : 9. CFDT (5) + CGT (2) + FO (2)

- Total  :
- Patronat et MAF : 151, dont 26 rien que pour Laurence Parisot, 8 pour Jacques Attali et 5 pour Alain Minc [1]
- Syndicats : 59. CFDT (24) + CGT (25) + FO (9) + Solidaires (1)

[…]

***

Si vous souhaitez en savoir plus sur la domination médiatique des thèses et des représentants patronaux, vous trouverez la suite de cet article et tout un dossier consacré aux « Médias de démobilisation sociale » dans le dernier numéro de notre magazine trimestriel, Médiacritique(s), disponible au numéro, ou sur abonnement.

 

http://www.frontsyndical-classe.org/article-en-direct-des-ondes-patronales-117292568.html

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16 avril 2013 2 16 /04 /avril /2013 08:46

Le 17 avril 1943, "l’accord du Perreux", du nom de cette ville du Val-de-Marne, ouvre la voie à la réunification de la CGT.

Accord signé  sous l’occupation par Robert Bothereau et Louis Saillant pour les ex-confédérés (CGT), Henri Raynaud et André Tollet pour les ex-unitaires (CGT-.U)

Accords qui reconstituant la CGT « en respectant la physionomie qui était la sienne en septembre 1939 » ne fut couché sur le papier qu’à la Libération le 5 octobre 1944.

 Accord conclu donc sans déclaration écrite , initié par un dialogue entre Benoit Frachon et Léon Jouhaux.

Outre la défense immédiate des intérêts des travailleurs il indique la volonté de rassembler l’ensemble des forces de la résistance à l’occupant et sera en quelque sorte le prélude au programme du Conseil national de la Résistance (CNR).

Sur le plan syndical il ne s’agit pas d’une simple unité d’action mais d’une visée à la réunification à l’instar de 1936.

Au-delà de la conjoncture de l’époque cet accord illustre la profonde volonté unitaire des syndicalistes se référant à la lutte de classes qu’exprime le sigle lui-même choisi au moment de la scission de 1921 : CGT- Unitaire.

Ces derniers considérant que face au patronat, au capital, aux exploiteurs le pluralisme, la division sont des facteurs d’affaiblissement et de défaite dans le combat de classe.

 

Quel sens donner à cet anniversaire en 2013?

 

Impossible de comprendre le sens profond de cet accord sans en référer à un personnage majeur de la période : Benoit FRACHON !

L’homme a connu 3 scissions syndicales (1921 et la création de la CGTU, 1939 le bannissement et la clandestinité, 1947 et l’ingérence américaine dans le cadre de la guerre froide).

Il a connu aussi et a été un acteur essentiel de 2 réunifications : celles de 1936 et du congrès de Toulouse et précisément celle de la clandestinité en avril 1943 avec les accords du Perreux.

En conséquence il a la passion de l’unité, de l’unité organique de la classe ouvrière, passion chevillée au corps !

C’est ainsi que dans son ouvrage "Au rythme des jours" il peut dire

"la lutte pour l’unité c’est en fin de compte le fil conducteur de toute l’action de la CGT, car c’est aussi la question primordiale pour changer réellement la situation et conduire les travailleurs au succès".

 La volonté unitaire est en effet profondément ancrée dans l’aspiration des travailleurs eux-mêmes.

On est plus fort face à un patronat lui-même coalisé pour revendiquer, pour se défendre.

Et d’ailleurs les moments de grande victoire ouvrière et de grandes conquêtes sociales coïncident avec les moments de lutte, d’unité et d’afflux massif des travailleurs dans l’organisation syndicale comme en 1936 et en 1945 en particulier (des millions de syndiqués).

Il est donc parfaitement légitime de commémorer ce moment historique de rassemblement de la classe ouvrière et des travailleurs en soulignant cette constante de l’aspiration ouvrière et des considérables efforts unitaires de la CGT pour parvenir à cette réunification.

La recherche de l’unité des travailleurs, de l’unité d’action, de leur rassemblement dans une seule centrale syndicale est en effet un des traits identifiants de la CGT qui parcoure toute son histoire.

Mais cette recherche passionnée et ces efforts ce n’est pas le syndicalisme rassemblé !

Car dans le même mouvement de recherche unitaire, dans le contexte de l’époque où il s’exprime (les années 50 après la scission qui a vu naître FO et se reconstituer la CFTC etla CGC) Frachon indique :

"L’unité ne se gagne pas seulement. Il faut la défendre en permanence contre ceux qui sont toujours tentés de servir les manœuvres de division de l’ennemi de classe. Chaque tentative de nuire à l’unité, surtout au cours d’une action ou de sa préparation, doit être immédiatement et publiquement démasquée, soumise au jugement des travailleurs intéressés , des adhérents et des militants des organisations de base dont les dirigeants trahissent les engagements pris. C’est là une des conditions importantes nous permettant de consolider l’unité".

 C’est que pour Benoît Frachon et la CGTdans son ensemble, l’unité n’est pas une alliance de sommet où l’on édulcore les différences d’orientation et de revendication comme a pu le faire Thierry Lepaon au 50e congrès minimisant gravement le désaccord avec les dirigeants de la CFDTsur l’ANI (flexibilité de l’emploi et des travailleurs), couvrant ainsi une grave atteinte au code du travail et à la protection des travailleurs.

 Les désaccords doivent en effet être traités en bas, sous l’arbitrage et le jugement des travailleurs, sans quoi comme en 2003, comme en 2010 on permet le sabotage des luttes et on recouvre d’un voile pudique une véritable trahison des intérêts des travailleurs !

 C’est essentiellement que pour Benoit Frachon comme pour la CGT dans son ensemble à l’époque le caractère de masse de l’organisation, la recherche permanente de l’unité des travailleurs, de l’unité d’action sans renoncer à la réunification se fonde sur des conceptions de classes, de lutte des classes.

Car à y regarder de près toutes les scissions et les divisions ont pour fondement essentiel au-delà des arguments invoqués (l’indépendance syndicale, le pacte de non-agression Hitler/Staline, le plan Marshall) l’attitude à l’égard d’un positionnement de classes sans compromission : les partisans de la collaboration de classes et de l’accompagnement du système épaulé par les classes et les médias dominants masquant leur orientation et leurs pratiques sous des accusations diverses selon les périodes, mais qui toutes éludent la question centrale !

Et ce sont toujours les réformistes qui ont pris l’initiative des scissions et qui virent les tenants d'un syndicalisme sans compromission des organisations comme malheureusement on peut encore le constater actuellement dans de trop nombreuses fédérations de la cgt, et notamment celle du commerce !

L’objectif unitaire ne se sépare par du contenu des revendications sur lesquelles il faut rassembler qui correspondent aux aspirations des travailleurs et à la nécessité de s’unir contre la classe capitaliste par-delà les opinions politiques, les origines, la religion.

La division, les scissions sont organisées par les ennemis de la classe ouvrière pour imposer une politique au service exclusif des possédants et du patronat.

Mais renoncer à mener le combat pour un contenu conforme aux intérêts des travailleurs, renoncer aux objectifs transformateurs anticapitalistes, c’est à coup sûr préparer la défaite.

Et dans la situation présente marquée par la crise la plus grave et la plus durable du système, par l’offensive globale de l’oligarchie, de l’Union européenne pour nous imposer des reculs sans précédents comment poursuivre des objectifs unitaires sans dénoncer les trahisons des dirigeants de la CFDT aujourd’hui sur le code du travail et demain sur les retraites ?

Sans en appeler au jugement des travailleurs eux-mêmes , sans l’activité indépendante de la CGT sur des bases de classes et sans compromission avec le capital ?

 Sans conteste cette exigence est celle de nombreuses bases et de nombreux militants de la CGT.

C’est donc cette orientation qu’il convient de faire triompher et de mettre en œuvre contre la tendance conciliatrice de la direction confédérale figée sur le syndicalisme rassemblé, le dialogue social et l’intégration dans la Confédération Européenne des Syndicats.

L’unité c’est en bas, dans les entreprises, dans les branches en s’adressant sans sectarisme à tous les salariés, sur des revendications précises, ne laissant la place à aucune manœuvre et aucun reniement, au quotidien et dans la durée.

Et ça nous fait belle jambe que les dirigeants de la CFDT signataires d’un accord scélérat ne manifestent pas avec nous le 1er mai !

 

                                                        Le Front Syndical de Classe

                                                        15 avril 2013

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12 avril 2013 5 12 /04 /avril /2013 14:15

Au moment où en France se multiplient les plans sociaux et les luttes contre les fermetures d’usine dans l’industrie, notamment automobile, les militants politiques et syndicaux cherchant des points de repère auraient tout à gagner à prendre exemple des luttes courageuses qui se sont développées chez Fiat en Italie. La crise mondiale de surproduction qui affecte ce secteur s’est traduite ici par un conflit ouvert entre la direction du groupe et les travailleurs organisés dans les différents sites italiens par la FIOM (fédération métallurgique de la CGIL, l’équivalent italien de la CGT). Ce conflit dure depuis le début de la crise économique et représente le point focal de la lutte de classe pour les travailleurs italiens. En effet, du fait de l’importance de Fiat dans l’économie et la politique italiennes, ses ouvriers ont toujours joué un rôle dirigeant. Chaque fois qu’ils se mobilisent, ils attirent immédiatement l’attention du reste de la classe ouvrière. C’est pourquoi ce conflit vaut la peine d’être étudié. Il offre une photographie intéressante de la progression de la lutte de classe dans un pays européen économiquement majeur.

En 2010, au nom de la compétitivité, Sergio Marchionne, le patron du groupe, obtient des syndicats minoritaires CISL et UIL un accord d’entreprise enlevant aux salariés des droits reconnus par la convention collective de la métallurgie, exigeant un retour à des conditions de travail qu’on ne connaissait plus depuis les années 50 (réduction de salaires, heures supplémentaires, suppression des pauses…). La FIOM, syndicat majoritaire chez Fiat, a refusé cet accord. Mais Marchionne a voulu passer en force en soumettant l’accord à référendum dans trois établissements du groupe  : Pomigliano, Mirafiori et Grugliasco. Les établissements n’ont pas été choisis au hasard : la production y était quasiment à l’arrêt et Marchionne avait prévenu que des investissements ne seraient réalisés qu’à condition que les ouvriers votent majoritairement «  oui  ». Pour renforcer cet odieux chantage à l’emploi, Marchionne a développé une campagne calomnieuse envers la FIOM. Celle-ci fut relayée par les médias capitalistes, la majorité des partis politiques (dont le principal parti de «  centre-gauche  », le Parti Démocrate) et les syndicats collaborateurs. Soulignons aussi l’absence de soutien des dirigeants de la CGIL. Face à cette coalition de soutiens du capitalisme italien, les travailleurs de Fiat ont livré avec la FIOM une campagne héroïque, le «  oui  » ne passant que de peu à Pomigliano puis à Mirafiori, loin du plébiscite exigé par Marchionne. Cette bataille a culminé le 16 octobre 2010 lors d’une grande manifestation nationale à Rome, lorsqu’autour de la FIOM s’est rassemblé l’ensemble des secteurs les plus combattifs de la jeunesse et de la classe ouvrière italienne.

Cette démonstration de force avait alors marqué les esprits, car elle démontrait à nouveau la capacité de mobilisation et le rôle dirigeant de la classe ouvrière et de ses organisations comme la FIOM dans la lutte contre le pouvoir patronal. La FIOM sortait alors renforcée de cette épreuve de force, notamment à Pomigliano (près de Naples) où avait commencé la remise en cause de l’autorité patronale. Les stratèges du capitalisme italien, Marchionne en tête, ont alors compris l’intérêt d’isoler la FIOM : sous prétexte qu’elle s’était opposée à l’accord imposé par la direction, la FIOM a été exclue de tous les sites Fiat. Seuls les syndicats collaborateurs étaient reconnus et se contentaient d’ailleurs de relayer le discours patronal. Aux difficultés de l’activité syndicale, rendue impossible au sein de l’entreprise, se sont ajoutées des difficultés matérielles et financières. En effet, depuis 2010, le secteur étant toujours en surproduction, la plupart des sites tournent au ralenti. A Pomigliano, les ouvriers se retrouvent pour la plupart au chômage technique, l’Etat ne leur versant qu’une partie de leur salaire, pendant que ceux ayant la chance de travailler sont exploités comme jamais, accumulant heures supplémentaires et conditions de travail épuisantes, dans un climat de «  flicage  » permanent. Là encore, aucun hasard : Marchionne a trié les 2161 travailleurs sensés travailler et mis à l’index (c’est-à-dire au chômage technique) la plupart des syndicalistes qui avaient jusqu’à présent leur carte à la FIOM. On y trouve bien sûr les plus militants, dont nos camarades de la section d’entreprise du PRC (Parti de la Refondation Communiste) animée par des militants de Falce Martello, le journal frère de La Riposte en Italie.

Dans l’impossibilité de militer et même de travailler, on ne saurait imaginer par quelles difficultés sont passées ces travailleurs ces dernières années. Malgré ces difficultés concrètes, la FIOM aux niveaux local et national a continué à dénoncer cette politique discriminatoire et a relevé l’inexistence des investissements promis. Aujourd’hui le vent tourne, car les faits sont têtus et ils donnent raison à la FIOM. Même les ouvriers qui avaient encore du travail se rendent compte que les investissements promis depuis les référendums de 2010 ne se réaliseront jamais. Les termes de l’accord prévoyaient la création à Pomigliano d’une nouvelle société pour réaliser le projet «  Nouvelle Panda  ». Les contrats arrivent à échéance en 2013 ; les 2161 travailleurs de Pomigliano risquent donc de tous perdre leur emploi, car les investissements pour relancer la production de nouveaux modèles de voiture ne relevaient en revanche que du domaine des promesses. La réalité est que la crise de surproduction oblige un capitaliste comme Marchionne à penser «  rationalisation  », donc à fermer des usines et délocaliser dans des pays où la main d’œuvre est moins chère. Il n’a aucune intention d’investir son capital dans cette vieille Europe aux ouvriers «  socialement protégés  », qu’il dénigre à longueur d’interview. Devant l’écroulement de ce château de mensonges, l’autorité patronale s’est sérieusement émoussée auprès de l’ensemble des travailleurs de Fiat, de même que celle de tous ses laudateurs : syndicats «  jaunes  », médias, gouvernements Berlusconi puis Monti, sans oublier le Parti Démocrate. Hier encore, tous prêchaient la résignation face à la toute-puissance patronale comme unique échappatoire à la crise.

C’est dans ce contexte que les travailleurs de Fiat retrouvent le chemin de la lutte. En décembre dernier, les travailleurs de l’usine ex-Ergom de Pomigliano, appartenant à la Fiat (fournisseurs de composants), ont bloqué une journée entière l’ensemble du site aux marchandises et au personnel. A aucun moment les syndicats «  officiels  » de Fiat n’ont réussi à calmer la rage et la volonté de lutter accumulée ces dernières années. Ironie du sort, ce fait marquant avait lieu le matin même du retour à l’usine des 19 travailleurs de Fiat inscrits à la FIOM (dont des camarades de Falce Martello) qui avaient été injustement licenciés, comme a dû le reconnaitre la Justice italienne pas moins de deux fois. Encore aujourd’hui, la direction de Fiat fait tout son possible pour empêcher leur réintégration effective, ajoutant l’acharnement au cynisme. Mais les ouvriers ont tiré des leçons essentielles des luttes précédentes, qui sont les mêmes que celles des luttes qui essaiment partout en France : face à l’arrogance et la brutalité d’un capitalisme en crise, qui n’hésite pas à user de tous les moyens à sa disposition pour maintenir ses profits, les travailleurs savent désormais qu’ils ne peuvent compter que sur eux-mêmes et sur leurs organisations historiques. Quant à la Justice, elle peut ne peut que servir de support provisoire pour renforcer les positions et défendre les emplois des travailleurs en lutte, mais elle ne peut se substituer à l’action ouvrière. C’est bien sous la pression constante des travailleurs mobilisés que la Justice italienne a consenti à leur donner raison. La détermination des ouvriers est telle que se dessine une remise en cause de la légitimité même d’un patron qui n’a que faire de la vie de milliers de familles et d’un patrimoine industriel utile à toute une société. L’idée d’une nationalisation de Fiat sous contrôle ouvrier commence à se faire jour.

La direction de Fiat est désormais dans une posture défensive, les travailleurs redressent la tête. Il appartient à la FIOM, seul syndicat resté fidèle aux intérêts de classe et à s’être opposé aux accords dérogatoires de 2010, de mener et d’étendre la lutte à l’ensemble du groupe Fiat, à partir du mot d’ordre qu’aucun poste ne doit être supprimé !

Pierre Ginon (PCF Paris 17)

http://www.lariposte.com/Solidarite-avec-les-travailleurs.html

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8 avril 2013 1 08 /04 /avril /2013 09:19

Alors que les responsables de la CGT de Faurecia poursuivent leurs actions juridiques afin d'interdire le plan de restructuration de PSA Peugeot Citroën, le groupe automobile a minimisé, mercredi 3 avril, les conséquences de son plan sur la charge de travail et les emplois au sein de sa filiale équipementière.

Lire: Nouvelle action en justice contre le plan social de PSA

Devant le comité de liaison du comité de groupe européen, la direction du constructeur a indiqué que la suppression de plus de 8000 postes dans ses différentes usines ne devrait provoquer qu'un contrecoup léger chez Faurecia, PSA n'étant plus son client principal.

Selon un document confidentiel que s'est procuré Le Monde, seulement 19 emplois en contrat à durée indéterminée chez Faurecia seraient supprimés du fait de l'arrêt de la production de véhicules à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis). "Une solution d'emploi [a été] identifiée pour chacun", assure ce même document.

La fermeture d'une ligne de production de l'usine de Rennes n'entraînera, pour sa part, aucune suppression de postes permanents dans les établissements de Faurecia, assure PSA.

 ANTICIPATION

L'équipementier a "anticipé", courant 2012, la baisse d'activité de ce site - qui produit notamment la 508 et la DS5 - en réduisant progressivement son volant d'intérimaires, avance la direction du constructeur. En 2012, 227 intérimaires ont vu cesser leur mission.

Selon le groupe automobile, le faible impact de la fermeture du site d'Aulnay-sous-Bois sur l'équipementier s'explique par le transfert de la production de la citadine C3 d'Aulnay à Poissy. Dans ces conditions, seuls des postes du sous-traitant qui sont actuellement détachés auprès du site d'Aulnay seront supprimés et transférés à Poissy ou rapatriés dans leur usine d'origine.

 

http://www.lemonde.fr/economie/article/2013/04/05/psa-affirme-que-faurecia-sera-peu-affecte-par-la-fermeture-d-aulnay_3155065_3234.html

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29 mars 2013 5 29 /03 /mars /2013 10:06

logo-FSCLa CGT ce n’est pas la CFDT et pour la recentrer l’affaire est rude et comme le dit la presse "la direction ne tient pas ses troupes ". Parce que la CGT ne se réduit pas à l’appareil qui la contrôle encore et que nombre de ses militants à tous les niveaux aspirent à bien autre chose qu’à un accompagnement du capitalisme en crise. La  préparation du 50e congrès et son déroulement en attestent. A partir de quels constats ?

 

1.

Une histoire qui vient de loin

Un profond attachement à la CGT que nous partageons !

 

 La CGT, au-delà ou en dépit des évolutions de ces dernières années est perçue comme l’outil syndical de défense et de résistance indispensable aux salariés et à la classe ouvrière. Derrière les critiques sans concession de nombre de délégués ce sentiment était perceptible. Cette perception plonge ses racines loin dans le passé où elle est étroitement associée aux grands mouvements sociaux et aux grandes conquêtes qui ont scandé le mouvement ouvrier : 36 et les congés payés, 45 et les avancées considérables de la Libération adossées au programme du CNR (Sécurité Sociale, Statut de la Fonction publique, Comités d’entreprise …), 68 et entre autres la reconnaissance de la section syndicale d’entreprise etc. Et c’est d’abord cet enracinement historique qui donne sa première place à la "Grande Dame".

  

2.

Confirmation d’une orientation réformiste

 

 Les dirigeants actuels de la CGT confirment leur intention d’inscrire l’action de la centrale dans une orientation réformiste qui malgré leurs dénégations s’inscrit en contre de toute la grande tradition de "lutte des classes".

Rappelons que le réformisme est une inclinaison profonde du mouvement ouvrier qui se caractérise principalement par l’accompagnement du capitalisme afin d’en corriger les excès. Renonçant par là à la lutte pour la fin de l’exploitation, en combinant la défense immédiate des intérêts et des revendications des travailleurs avec la lutte pour un changement radical de société.

Les modifications statutaires au 45e congrès en 1995 illustrent ce ralliement au réformisme en gommant la nécessité d’une appropriation collective des grands moyens de production et d’échange afin de se libérer de l’exploitation capitaliste.

 

Nous revendiquons donc cette qualification de l’orientation des dirigeants de la CGT non comme procès d’intention malveillant mais comme constat de choix affirmés et revendiqués même si les implications en sont niées :

 

         Syndicalisation et rapport de forces

Evidemment plus on est nombreux mieux on se défend.

Mais, le renforcement en adhérents est présenté comme le moyen décisif de construire un rapport des forces favorable aux travailleurs.

C’est faux séparé de la lutte pied à pied au quotidien.

Et historiquement toutes les périodes de renforcement considérable de la CGT coïncident avec les grandes conquêtes sociales et les grandes luttes : 36, 45, 68 où c’est par millions que ce sont comptés les adhérents et que les travailleurs ont reconnu massivement l’utilité de s’organiser syndicalement.

Des syndicats forts (CGT comprise) renonçant à fonder le rapport des forces essentiellement sur les luttes et l’intervention des travailleurs, étroitement associés au " dialogue social " c’ est  ce à quoi rêvent le MEDEF et le pouvoir.

 

         Le syndicalisme rassemblé

 

C’est depuis des années le credo des dirigeants de la CGT.

En pratique c’est une alliance privilégiée avec la CFDT sous l’onction de la Confédération Européenne des Syndicats (CES).

Les    actuels dirigeants de la CGT présentent cet objectif comme une exigence de l’unité.  D’accord, mais sur quelles bases ?

Jusqu’à peu l’unité a été une unité de sommet entre responsables dans l’intersyndicale nationale.

Et c’est une unité dont le contenu est déterminé par la recherche permanente du compromis avec le patronat et les pouvoirs publics.

Dans les grandes luttes cela s’est traduit comme on l’a vu en 2010 contre la réforme sarkoziste des retraites par un refus de conduire les luttes jusqu’au bout et de soutenir les secteurs les plus engagés comme les travailleurs des raffineries.

Avec au bout la défaite !

Avec la signature par la CFDT de l’accord scélérat sur la flexibilité, cette alliance privilégiée a volé en éclat.

Tout cela n’empêche pas les dirigeants de la CGT de persister dans l’erreur !

 

D’ailleurs, très nombreux ont été les délégués à dénoncer ce syndicalisme rassemblé et à demander le remplacement de cette référence par la recherche de l’unité des travailleurs sur la base de revendications claires et précises.

En pure perte, signe derrière le paravent de la recherche de l’unité, de l’adhésion des dirigeants confédéraux de la CGT aux " valeurs communes " d’un syndicalisme d’accompagnement faisant prévaloir la concertation et la signature d’accords sur les luttes et sur leur nécessaire coordination face aux agressions dont les travailleurs sont victimes.

Où est en effet la coordination des luttes courageuses des PSA d’Aulnay, des Goodyear, des Sanofi, des Fralib … contraints à rechercher cette coordination en dehors de toute intervention confédérale ?

Et l’on peut d’ailleurs déplorer leur absence dans les délégations du congrès !

 

L’attitude face à la politique réactionnaire du gouvernement socialiste

 

Le document d’orientation initial préservait le pouvoir actuel.

De ce point de vue, l’histoire se renouvelle en partie : rappelez-vous 81, il ne fallait absolument pas lever le petit doigt, contre le gouvernement mitterrandien de compromissions !

Les amendements proposés par de nombreux syndicats et l’intervention de maints délégués au congrès lui-même ont quelque peu rectifié ce positionnement dans un sens beaucoup plus critique.

Mais sitôt sorti du congrès, le nouveau secrétaire général Thierry Lepaon dans son interview à l’Humanité du 25 mars, s’empresse de rassurer ceux qui pourraient s’inquiéter d’une "radicalisation " de la CGT ; "La CGT n’entrera pas en guerre contre le gouvernement en le qualifiant de libéral. Ce serait une vision simpliste ".

Mais alors comment qualifier l’accord sur la flexibilité, le pointage du coût du travail comme coupable du chômage, la réforme des retraites qui se profile et la poursuite de toutes les contre-réformes de Sarkozy ?

Il s’agit là pour la nouvelle direction de la CGTde préserver le pouvoir socialiste afin de pouvoir s’intégrer dans la politique de " dialogue social " en concurrence ou en complémentarité avec la CFDT !

Ou plus grave encore s’agit-il de préserver d’éventuels reclassements de dirigeants comme on l’a vu avec plusieurs dirigeants de la CFDT et comme on vient de l’apprendre avec Jean-Christophe Le Duigou (expert confédéral) qui vient d’être nommé en conseil des ministres conseiller d’État en service extraordinaire, sans doute pour bons et loyaux services ?

 

3.

 Passages en Force et manipulations

 

Le déroulement du congrès a mis fortement en lumière le véritable décalage existant entre les orientations défendues par la direction et la volonté de nombre de délégués.

Il est aussi à noter, que beaucoup de délégués (ées) au congrès ont été mandatés par leur direction, et non par leur syndicat. Pour 83% des délégués c’était le premier congrès ! Ce qui est un bon signe de renouvellement ; mais se méfieront-on des militants plus aguerris et donc plus rétifs aux manipulations qui n’ont pas manquées !

 

     souveraineté et votes plébiscitaires ?

.

En effet, en contradiction avec le caractère souvent très critique des interventions des délégués, les votes très majoritaires enregistrés à propos des principaux documents forcent à se poser la question de la manière dont sont organisés les votes et les procédures mises en œuvre : rôle des responsables de délégation, procédures de mandatements, rôle des commissions du congrès sous contrôle, privant au fond le congrès de toute souveraineté et de toute initiative.

 Ainsi, François du 93 en colère devant le refus d’un vote séparé sur l’acte III de la décentralisation a pu s’exclamer  « La commission est une commission du congrès et le congrès n’est pas un congrès des commissions ! "

Plusieurs demandes de vote séparés sur une question précise ont été rejetés par les responsables de commission veillant au grain  du politiquement correct comme ce fut le cas pour la motion sur le syndicalisme rassemblé et la demande de RETRAIT du projet de loi sur la flexibilité du marché du travail !

Et plusieurs congressistes disent avoir subi des pressions orales concernant les votes «contre . Nouveaux ils ont décidé de voter pour !

 

     Le comble !

Le comble des manipulations a été atteint à propos des modifications statutaires et des règles de vie.

L’adoption de ces modifications exige les 2/3 des voix.

Le vote n’obtient pas ces 2/3 !

Les modifications statutaires sont donc rejetées !

 

Qu’à cela ne tienne, à l’instar des pratiques auxquelles nous ont habitué les tenants des traités européens, Bernard Thibaut silencieux jusque là intervient et propose, considérant que ce sont les retraités avec leurs préoccupations non prise en compte qui ont fait pencher la balance, propose donc de retirer les modifications de l’article 34 contesté et de refaire voter sur le texte ainsi amputé.

Le nouveau vote donne cette fois la majorité convoitée

Il s’agit donc bien d’un passage en force pour faire adopter les modifications statutaires qui provoquaient de fortes résistances.

Dans ces conditions les modifications statutaires peuvent donc être légitimement contestées par les organisations de la CGT !

Les militants devront veiller à ce que les prochains congrès soient préparés et tenus de manière réellement démocratique et soient vraiment des congrès souverains !

 

Et maintenant il faut que l’espoir renaisse ?

Au total un congrès qui a mis en relief la combativité et la volonté de développer les luttes des militants et des bases de la CGT.

Un décalage béant est apparu au grand jour avec une direction qui entend poursuivre dans la voie de l’accompagnement de la crise du système et s’efforcer de recoudre la déchirure avec la direction de la CFDT

Les actuels dirigeants de la CGT maquillent leur renoncement aux principes fondateurs d’un syndicalisme de luttes des classes, marqueur de l’histoire de la CGT sous la revendication d’une modernisation de l’organisation et d’une adaptation aux évolutions du salariat.

Certes il ne s’agit pas de reproduire mécaniquement la culture et les comportements qui correspondaient à une époque et à des situations qui ne sont plus celles de notre présent.

Nous ne cultivons pas la nostalgie d’un temps révolu !

Mais nous sommes conscients que seule la lutte paie, redevables aux sacrifices de ceux qui nous ont précédé parfois jusqu’au sacrifice de leur vie. Tout cela pour rien ?

 L’adaptation aux conditions du combat, à ce qui bouge dans la société et par conséquent chez les travailleurs reste une nécessité permanente de l’efficacité et de l’utilité reconnue du syndicalisme.

Ce qui demeure au travers de maintes métamorphoses c’est le capitalisme et sa loi d’airain : l’exploitation,  la recherche effrénée du profit, la domination d’une minorité de plus en plus étroite, les guerres impériales !

Ce qui demeure à l’heure de la plus grande crise du système et de son incapacité à en sortir sans écraser les travailleurs et les peuples c’est la nécessité du maintien et le renforcement d’une organisation de lutte au quotidien et pour la fin de l’exploitation.

Ce qui demeure c’est la nécessité de se réapproprier les grands moyens de production et d’échange, de nationaliser les secteurs stratégiques comme seule solution aux entreprises de démantèlement industriel et d’organisation d’un chômage massif !

C’est au rassemblement de tous ceux qui partagent cette vision que nous entendons nous consacrer afin que la "Grande dame" retrouve toute sa splendeur. C’est possible, il est encore temps !

L’ URGENCE, et la gravité de la situation ne laissent aucune place à un réformisme synonyme de défaite et d’abandon des travailleurs aux sirènes de l’extrême droite !

 Se réapproprier l’outil, redonner la souveraineté aux syndicats et aux adhérents, une tâche plus que jamais d’actualité !

C’est à notre portée si nous savons nous rassembler !

 

                                                        Le Front Syndical de Classe

                                                        fin mars 2013

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19 mars 2013 2 19 /03 /mars /2013 07:59

                                                                                                            Paris, le 18 mars 2013

                                                                        

Déclaration CGT au CCE PCA du 18 mars 2013 

Le CCE de PCA est aujourd’hui réuni avec à l’ordre du jour une « information et consultation sur le projet d’accord d’entreprise sur le dispositif d’accompagnement du projet de réorganisation industrielle et de réduction des effectifs des sites de Rennes et d’Aulnay-Sous-Bois de la Société Peugeot Citroën Automobiles ».

 

Par la présente déclaration, nous allons exposer 2 points :

§         D’une part la position des syndicats CGT des établissements PCA sur le projet d’accord proposé

§         D’autre part la position des élus CGT au CCE sur la consultation d’aujourd’hui.

 

Tout d’abord, l’avis des syndicats CGT sur le projet d’accord.

Les syndicats CGT des établissements PCA, considèrent que, malgré les quelques avancées résultant de la lutte des salariés d’Aulnay et de la négociation, l’accord proposé ne répond pas à l’attente du personnel et qu’il est à plus d’un titre dangereux.

ü   L’accord revient à acter la totalité des licenciements et suppressions d’emplois programmés par la direction, et la fermeture du site d’Aulnay alors que :

§         Pour Aulnay, le cabinet SECAFI a proposé un scénario de répartition des productions permettant de maintenir tous les sites.

§         Pour Rennes, le cabinet SECAFI a fait un certain nombre de propositions permettant de maintenir plusieurs centaines d’emplois supplémentaires. Lors de la réunion de la commission économique, la direction a elle-même confirmé un potentiel de 200 salariés avec le développement d’un pôle d’excellence embout/Ferrage. Pourtant, le nombre de licenciements programmés est maintenu.

ü   Le projet d’accord qui nous est présenté ne traite nullement de la totalité du plan, mais seulement de ce que la direction appelle le périmètre PSE, alors même que le plan est global. A ce titre, il contribue à faire croire que les problèmes seraient circonscrits à Aulnay et Rennes alors que des salariés de tous les sites vont être confrontés à la suppression de leur emploi, de leur poste de travail.

ü   Le projet d’accord ne répond pas aux 2 exigences majeures mises en avant par les salariés à savoir :

§         Un CDI pour tous

§         Une préretraite pour les anciens

 

§         Concernant la revendication d’un CDI pour tous

Reclassements internes

Le projet d’accord ne donne aucune garantie sur les postes de reclassement interne. A ce sujet, il est à noter que la direction évoque, dans les documents, des possibilités de reclassements liés à un besoin de personnel sur les autres sites. Mais que dans le même temps, elle déclare dans le PREC que ces autres sites sont en sureffectif pour les mêmes catégories de personnel.

Pour sécuriser ces éventuels reclassements, la CGT avait proposé la formulation suivante : « Le groupe PSA garantira à chaque salarié optant pour une mobilité sur un autre site un emploi  correspondant à son aptitude médicale, à sa classification et à sa rémunération et présentant au moins les mêmes possibilités d’évolution de carrière que le poste quitté.

Au cas où en dépit de cet engagement le nouveau poste ne conviendrait pas au salarié muté, la direction s’engage à lui faire deux autres propositions dans le même périmètre géographique dans un délai de 3 mois. »

Non seulement la direction a refusé cet engagement, mais le projet d’accord entérine la possibilité pour la direction de proposer des postes de classification et de rémunération inférieure.

Par ailleurs, les conditions de ces éventuels reclassements internes sont loin d’être satisfaisantes, la direction ayant refusé tout engagement ferme sur les questions de transport et de logement.

 

Concernant les reclassements externes

Le projet d’accord ne donne aucune garantie ni sur le nombre, ni sur le profil, ni sur la pérennité des emplois qui pourraient être proposés. Il exclut formellement le droit de retour au cas où le poste proposé ne conviendrait pas et au cas où l’entreprise repreneuse prendrait la poudre d’escampette une fois encaissées les diverses aides et subventions.

Le projet d’accord stipule (article 7.1.7.1) : « La rupture du contrat de travail est définitive. Il n’est pas prévu de clause de retour au sein d’un établissement de Peugeot »

            Concernant les transitions professionnelles

La délégation CGT qui a participé aux discussions avec la direction a donné un avis favorable sur le principe à ce dispositif qui permet aux salariés d’avoir, après une formation adaptée, un CDI à la SNCF, RATP, Aéroport de Paris, Thales ou d’autres entreprises avec lesquelles une convention pourrait être signée.

Malgré nos demandes, le projet d’accord ne comprend aucune indication chiffrée sur le nombre d’emplois concernés. Dans les discussions avec les syndicats, la direction PCA a évoqué le nombre de 460 emplois pour Rennes et Aulnay, mais dans son courrier du 5 mars à la Direction Départementale du Travail, il n’y en a plus que 300 pour les 2 sites !

  

§         Concernant une préretraite pour les seniors

Le dispositif qui est proposé nous semble tout à fait insuffisant. En effet de nombreux salariés d’Aulnay n’auront droit à la retraite à taux plein qu’à 62 ans voir plus tard. Un congé senior de 30 à 36 mois laissera sur le carreau de nombreux salariés de 55, 56, 57 ou 58 ans, qui ont fort peu de chance de retrouver un travail.

Outre le montant de l’indemnisation, qui reste faible avec 65 % de la rémunération brute antérieure,  par l’article art 7.4.4.4 du projet d’accord, la direction se réserve le droit de rompre ce congé si le senior ne se présente pas aux convocations à l’usine ! Une épée de Damoclès tout à fait inacceptable !

Dans ces conditions, nous sommes très loin des engagements de la direction et de M. Varin, il est plus que probable que plusieurs centaines de salariés se retrouvent dans l’impasse des congés de reclassement avec, au bout, le Pôle Emploi. La direction nous a présenté comme un exemple de réussite la fermeture de Melun. Faut-il rappeler que des centaines d’ex-salariés de Melun sont toujours sans emploi stable et qu’une centaine d’entre eux a décidé d’engager une action aux Prud’hommes pour tenter de faire valoir leurs droits !

Pour l’ensemble de ces raisons les syndicats CGT des établissements PCA ont décidé de ne pas signer cet accord. C’est à leur demande que la fédération CGT de la Métallurgie a saisi le tribunal afin de faire reconnaitre l’insuffisance du plan et d’obtenir de véritables garanties pour tous les salariés.

En même temps, les syndicats CGT de tous les établissements PCA apportent leur soutien à la lutte des salariés d’Aulnay et demande à la direction de prendre enfin sérieusement en compte les revendications avancées. C’est ce que demande le millier de salariés d’Aulnay qui ont déjà signé, la semaine dernière, la pétition dans ce sens.

 

Nous en arrivons à la seconde partie de notre propos : l’avis des représentants CGT au CCE

Nous notons tout d’abord que l’on nous demande de nous prononcer sur un accord censé accompagner un « projet de réorganisation industrielle et de réduction des effectifs » qui, à l’heure où nous parlons n’existe pas dans sa version définitive puisqu’il n’a pas été présenté au CCE 3.

Pourquoi la direction choisit-elle de prendre des libertés avec la procédure, alors qu’en tout état de cause ce projet d’accord s’il était adopté ne pourrait pas s’appliquer avant le CCE 3 ? Chacun a bien compris que cette pseudo-consultation est une opération politique et médiatique. Il s’agit de faire croire aux salariés de l’entreprise, aux médias et à l’opinion publique que l’affaire est réglée, pour tenter d’isoler les grévistes d’Aulnay et de jouer le pourrissement du mouvement.

A notre sens, cette consultation est une entrave non seulement au fonctionnement du CCE mais aussi aux dispositions concernant la consultation des CHSCT. En effet, ceux-ci ont, à Aulnay, Rennes et la Garenne, demandé des expertises, qui sont aujourd’hui en cours. Conclure un « dispositif d’accompagnement » avant même de connaitre le résultat et les préconisations de ces expertises revient à leur enlever tout poids et toute légitimité.

Enfin, nous constatons que la consultation du CCE est aujourd’hui tronquée et faussée.

Lors des discussions sur ce projet d’accord, M. Martin a, à plusieurs reprises, indiqué qu’un PSE réécrit figurerait en annexe de cet accord et en ferait partie intégrante.

Avec la convocation à ce CCE nous avons reçu le texte du projet d’accord. Celui-ci s’arrête à la page 60, alors que le sommaire indique une annexe à partir de la page 61.

On nous demande donc de donner un avis sur un texte dont nous n’avons qu’une partie. Le CCE est appelé à donner un chèque en blanc à la direction.

 

C’est pourquoi nous considérons que cette consultation n’a pas lieu d’être dans ces conditions.

Si toutefois, et malgré ces remarques, la direction persévérait dans sa volonté de consulter le CCE, les élus CGT donneraient un avis défavorable et se réserveraient le droit de contester par tout moyen utile la validité d’une telle consultation.  

                                                                                                            Paris, le 18 mars 2013

 

 

 

Résultat de la consultation du CCE sur le projet d’accord

 

Pour le projet d’accord : 15 voix (FO-CFTC-GSEA-CFE/CGC)

Contre : 4 voix (CGT-CFDT)

Abstention : 1 Voix (CFDT)

A noter : la CFDT, par son délégué syndical central, s’est prononcé pour l’accord, mais les élus CFDT ont soit voté contre (2), soit se sont abstenus (1)

 

A l’issue de ce CCE, la CGT annonce qu’elle assigne la direction PCA devant le tribunal pour insuffisance du plan de reclassement.

La CGT expliquera les motifs, enjeux, et calendrier de cette assignation dans une conférence de presse mercredi 20 mars à 10 H à la salle de presse confédérale, au siège de la CGT à Montreuil.

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11 mars 2013 1 11 /03 /mars /2013 14:13

 

  Ne pas céder au chantage !
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STILL dans la Somme :
Juillet 2012
Dans la Somme à Montataire, le groupe belge Punch Métal International (PMI) rachète pour 1 euro symbolique l’usine Still de chariots élévateurs (alors que le site est estimé à 6,9 M€) avec 235 salariés, après avoir acquis la société Juy et l’ex-usine Poclain de Crépy-en-Valois. Le groupe s’engage à reprendre au minimum 60 salariés au départ et jusqu’à 115 au bout d’un an contre une acceptation de diminution de salaires ! PMI se verra prêter 3,4 M€, dont 2 M€ par l’Etat et le reste par la région (1,4 M€).
Mars 2013
En violation des engagements pris moins d’un an avant, les salariés reçoivent un courrier du groupe belge leur annonçant qu'il mettait fin à leur période d'essai, pour raison économique. Les entreprises ferment !
Continental Clairoix
En 2007, un accord signé par la CFTC et la CGC prévoit qu’en échange d’un passage du temps de travail hebdomadaire de 35 à 40 heures, de l’acceptation des 4X8, l’embauche de 130 intérimaires, la direction s’engage sur pérennité du site  jusqu’en 2012.
En mars, 2010 l’usine ferme!
L’autorisation administrative de licenciement

L’autorisation administrative de licenciement a été instituée par la loi du 3 janvier 1975 en protection des salariés contre les licenciements économiques. Le patronat avec Yvon Gattaz en tête n’a de cesse d’en demander la suppression.

 

Il obtient satisfaction en 1986 sous la cohabitation Mitterrand/Chirac !

A l’époque les socialistes, le jeune député Michel Sapin en tête, s’opposent à cette suppression au nom de la nécessité de la protection des salariés contre les licenciements abusifs !

 

Et quels sont à l’époque les arguments développés par la droite et le patronat pour exiger la suppression de cette protection ?

Tout simplement les mêmes que ceux martelés à l’heure actuelle pour justifier l’accord minoritaire et scélérat du 11 janvier :

 

"Quant à l'embauche, il semble qu'elle souffre des effets pervers des difficultés que rencontrent les chefs d'entreprise à licencier. " (Etienne Pinte, rapporteur du projet de loi en 1986)

Renault
Renault impose un accord compétitivité/emploi assorti de 7500 licenciements équivalant à la suppression à la fois de l’usine de Douai et de Flins, contre le gel des salaires et une augmentation du temps de travail en 2013 et contre la promesse de l’accroissement demain de la production confiée aux sites français.

A l’époque Sarkozy, la direction implante une usine flambant neuf au Maroc avec l’objectif 350.000 véhicules par an à destination soit disant exclusivement du marché africain ! Or, depuis un an une partie de la production est en fait aussi destinée à la France et à l’Europe.

 

Il y a un lien profond entre ces différents exemples : STILL, les Conti, l’autorisation administrative de licenciement ou Renault :

C’est que leurs promesses c’est du vent !

 

Ce qu’ils veulent c’est tout de suite enfoncer les salaires, mettre en cause les retraites et les pensions, le droit à la santé… tous les droits non pas attribués mais conquis de haute lutte !

 

C’est toujours demain que ça ira mieux et en attendant les baisses, les reculs, les attaques c’est pour tout de suite !

Cela fait 30 ans que leurs experts grassement payés nous expliquent à longueur d'ondes que les profits d'aujourd'hui font les emplois de demain...

 

De toute façon, en fonction de leurs marges, ils utiliseront quand ça les arrange les fermetures,  les délocalisations et le dumping social en écrasant au passage tous les acquis des salariés. Au niveau continental, toute l'UE est construite pour facilité l'exploitation et la mise en concurrence des travailleurs des différents pays.

Céder au chantage aujourd’hui ne garantit donc en rien le maintien des emplois demain! Au contraire !

 

Plus nous serons soumis à leurs diktats et plus ils oseront aller loin dans leurs attaques !

 

 

 L’accord du 11 janvier

Par ailleurs, s’il était transposé dans la loi, l’accord scélérat du 11 janvier laisserait les travailleurs sans défense et sans recours juridique. Le blocage des PSE auquel les Goodyear ou les PSA ont pu parvenir, en s’appuyant sur le Code du travail et les protections actuelles, ne serait plus possible ! C'est exactement ce que programme l'ouverture des marchés du travail voulu par la commission de Bruxelles.

 

Et ce sont ces recours que patronat, gouvernement socialiste, droite, MEDEF et syndicats jaunes veulent contourner en privant les travailleurs et les syndicats d’une arme de défense contre les entreprises de liquidation de l’emploi, des usines et de l’industrie de notre pays!

 

Ce qui se passe à Renault est d’ailleurs révélateur des dangers qui pèsent sur le monde du travail et du cynisme à la fois du patronat et du gouvernement.

Ainsi FO au plan national s’oppose avec la CGT à l’accord scélérat et au même moment le syndicat Renault de FO signe un accord local directement inspiré de la philosophie de l’accord national !

 

C’est que le rapport des forces entreprise par entreprise est fondamentalement en défaveur des travailleurs soumis directement au chantage des directions (« si vous n’acceptez pas je ferme, je délocalise") et c’est d’ailleurs pour cette raison que l’accord du 11 janvier prévoit la validité d’un accord avec une simple majorité dans l’entreprise.

 

 

Jusqu’ici les droits des travailleurs étaient adossés au Code du travail, aux conventions collectives, au rapport des forces global ; demain ils seraient volatilisés dans les "droits attachés à la personne", c’est-à-dire en fait soumis à l’arbitraire patronal, à la dictature des marchés, aux dérégulations imposées par l’Union européenne et aux conséquences du traité budgétaire !

 

Pour toutes ces raisons, dans le contexte actuel, rien n’est plus important et plus urgent que de développer les luttes "TOUS ENSEMBLE EN MEME TEMPS".

Dans la perspective d’une grande manifestation nationale devant l’Assemblée en avril prochain au moment où la transposition de l’accord scélérat viendra en débat :

 

Retrait du projet de loi !

 

Sans hésiter à mettre devant leurs responsabilités les élus socialistes, à intervenir collectivement dans les permanences des maires, des parlementaires et des sénateurs socialistes !

 

Mettons donc à profit les réunions de syndicats, d’UD, d’UL de fédés et plus particulièrement le prochain congrès de la CGT à Toulouse pour que s’impose cette exigence d’unité et de résistance !

 

                                                                                   

                                                            Le Front Syndical de Classe,  11 mars 2013

 

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