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Faurecia Beaulieu Structures

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29 avril 2011 5 29 /04 /avril /2011 09:49
Le mouvement pour les retraites de l’automne dernier avait été enthousiasmant par le nombre de participants, par la volonté de gagner, par les intentions de dépasser les bureaucraties syndicales et enfin par les tentatives (souvent plus symboliques qu’autre chose) de radicaliser les actions.

Reste qu’on a perdu et bien perdu. À cause d’un gouvernement qui se positionne comme les patrons de choc que nous connaissons par ailleurs ; à cause des journées d’action saute-mouton et non d’une grève générale et à cause de dirigeants syndicaux timorés, mais c’est un pléonasme.

Cet échec a créé du ressentiment, un repli sur soi et même une crise identitaire chez les salariés. Le FN a essayé, de manière marginale mais spectaculaire, de s’y engouffrer et, lors des élections professionnelles, les syndicats plus radicaux ont vu leurs résultats chuter au profit des syndicats mous (Unsa à la SNCF, par exemple). La colère et le désespoir n’aboutissent pas toujours à la lutte, c’est parfois le contraire qui se passe.

Pourtant, depuis quelques semaines, les choses semblent changer. Il faut dire que les attaques sont lourdes et que les fins de mois sont de plus en plus difficiles. Les chiffres communiqués par l’Insee disent que le pouvoir d’achat augmente, mais il s’agit d’une moyenne. Les inégalités de revenus ne cessent d’augmenter, si bien que la baisse du pouvoir d’achat des ouvriers et employés est masquée par la hausse des revenus d’une infime partie des Français les mieux payés, dont les revenus ont explosé ces dernières années.

En 2009, 2010, « crise » oblige, les salariés, craignant pour leur emploi, avaient mis leurs revendications salariales en sourdine, alors même que les progressions des salaires étaient les plus faibles. Les directions patronales n’ont proposé que des augmentations de salaire de 1 ou 2 % sans aucune marge de négociations. Quand on a vu les résultats de certains groupes, ça ne pouvait qu’attiser le ressentiment. À cela se sont ajoutées la baisse profonde du pouvoir d’achat due aux hausses des tarifs de l’électricité, du gaz et de l’essence, les assurances, ainsi que les dépenses de logement et les prix qui valsent depuis des mois. Comme dirait un consultant auprès des DRH : « Quand vous avez un sentiment de ne pas être entendus, c’est logiquement la question des salaires qui revient. Pour les prochains mois, c’est une situation potentiellement explosive. »

Et ça explose (ou presque). Les conflits pour les salaires se multiplient.

Dans les grands groupes, où il est quand même plus facile de se mobiliser, il y a eu des mouvements (Alcatel, Thalès, Airbus, Decaux, Valéo) mais il y en a eu également dans des secteurs moins revendicatifs. Notamment la grande distribution (Carrefour, But, Ikéa, Système U, Intermarché). Un secteur qui cumule flexibilité, précarité, temps partiel… On avait déjà assisté à une montée de l’insatisfaction chez le personnel de Carrefour depuis 2009, mais cette fois la colère est montée d’un cran. Après des propositions ridicules de la direction, près de 150 magasins Carrefour se sont mobilisés et se sont mis en grève le 9 avril. Ils ont obtenu une augmentation des salaires de 2 %, une prime exceptionnelle de 200 euros, une remise de 10 % sur les achats dans l’enseigne et l’engagement de la direction de proposer une prime de vacances. Bien sûr ça ne semble pas grand-chose, mais c’est une première avancée pour un secteur où il était jusqu’à présent plus que difficile de faire grève.

À Toyota-Onnaing, dans le Nord, les salariés ont fait quinze jours de grève pour obtenir 800 euros pour le lancement de la Yarris et un treizième mois.

Chez Ferrero, près de Rouen, l’usine qui fabrique les pots de Nutella et les barres Kinder Bueno, c’est la première fois depuis que l’usine a été ouverte il y a trente-sept ans que les salariés ont fait grève. Au bout de quatre jours de grève, ils ont obtenu une augmentation des salaires et une prime de 30 euros.

Les exemples pourraient s’égrainer par dizaines (Roc’Eclerc, Interep, etc.), même dans des secteurs jamais touchés du BTP ou de l’alimentation (plusieurs fromagers ont connu des mouvements de grève). C’est le signe que la capacité de mobilisation des salariés est encore intacte. Pour l’instant il s’agit du porte-monnaie, à nous de leur proposer d’autres combats.

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