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Faurecia Beaulieu Structures

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8 juin 2012 5 08 /06 /juin /2012 10:02

Le Président Hollande est en train d’honorer sa promesse de candidat : le droit à la retraite à 60 ans sera restauré pour les salariés ayant commencé à travailler avant 20 ans et ayant tous leurs trimestres cotisés (41 ans immédiatement et 41,5 ans prochainement). Mieux, le décret prévoit de compter comme « cotisé » un maximum de deux trimestres validés au titre des congés maternité et de deux au titre des périodes de chômage.

Rappelons que la contre-réforme des retraites de Nicolas Sarkozy, qui a reporté l’âge légal de la retraite à 62 ans et de la retraite à taux plein à 67 ans, n’est nullement abrogée. Cette réforme a été imposée contre l’avis des salariés pour permettre l’équilibre des régimes de retraites. Cet équilibre aurait aussi pu être obtenu par une hausse des cotisations, option que gouvernement comme patronat avaient alors écartée d’office. Ce sont donc les salariés, et uniquement les salariés, qui ont fait les frais de cette contre-réforme.

Ce décret n’est qu’une retouche de la contre-réforme Sarkozy et non une annulation : elle ne répare que partiellement les maux infligés. Elle est le minimum de la justice : comment justifier que des salariés ayant commencé tôt leur carrière se voient interdire de prendre leur retraite ? Or cet aménagement va être financé par une augmentation des cotisations sociales salariales et patronales de 0,1% à partir de 2013 pour aller vers 0,25% en 2017. En clair, les salariés verront leur salaire net baisser de 0,1% puis 0,25%.

Après avoir fait intégralement les frais de la contre-réforme Sarkozy, les salariés ne doivent pas payer un centime d’une mesure qui ne fait que rééquilibrer à la marge celle-ci. Ce rééquilibrage doit être intégralement payé par le patronat par une hausse des cotisations patronales de 0,2% dès 2013 qui évolueront vers 0,5% en 2017. N’est-ce pas maintenant au tour du patronat de payer sa part de la contre-réforme de Sarkozy ?

Comme les régimes complémentaires Agirc-Arrco suivent les règles du régime général pour les départs à la retraite, il va donc y avoir une charge supplémentaire pour ces régimes. La différence est que ces régimes sont gérés par les « partenaires » sociaux et non l’Etat. Si on veut maintenir leur équilibre, il va donc falloir augmenter les cotisations à ces régimes. En suivant la règle du 50-50 sur l’effort, les salariés verraient encore leur salaire net amoindri au-delà des 0,25% de ponction supplémentaire au titre de la retraite de base.

Cependant, cette perspective est exclue par le patronat qui, par la voix de Laurence Parisot lors de son point presse du 22 mai, refuse de nouvelles hausses de cotisations patronales au titre de l’Agirc-Arrco. Ceci signifie que si les « partenaires » sociaux ne se mettent pas d’accord, nous irons vers un gel de la valeur du point et donc une baisse de la valeur réelle des pensions versées. Une réponse qu’un gouvernement progressiste pourrait opposer à Madame Parisot serait de relever les cotisations patronales du système de base pour compenser au mieux les pertes à attendre du côté des régimes complémentaires dû au blocage du MEDEF.

Le patronat s’oppose à toute augmentation des cotisations patronales alors qu’il semblerait qu’à gauche, on s’accommode d’un partage de l’effort. Est-ce la bonne position de négociation ? Ne devrions-nous pas, comme le patronat, refuser toute baisse du salaire net et exiger la seule hausse des cotisations patronales, ne serait-ce que pour commencer à inverser des années de baisse de la part des salaires dans la valeur ajoutée ?

http://www.regards.fr/politique/retraites-les-salaries-ne-doivent

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