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Faurecia Beaulieu Structures

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13 octobre 2012 6 13 /10 /octobre /2012 08:17

CGTUFICTLes directions d’entreprises ont plusieurs arguments pour tenter d’imposer le vote électronique.
Il coûterait moins cher que le vote papier, il permettrait de gagner du temps pour le dépouillement, enfin il permettrait d’améliorer la participation des salariés.
N’oublions pas non plus un argument d’affichage : il serait plus « moderne » !
Face à ces arguments, la question de la démocratie par le biais de la défense de la sincérité et de la confidentialité du scrutin nous semble prépondérante.

Avant tout, précisons de quoi on parle.
Lorsqu’on parle de « vote électronique », il peut s’agir d’un bureau de vote électronique ou du vote par internet.
Dans le premier cas, il y a toujours un isoloir et une liste d’émargement, mais c’est une machine qui reçoit le vote dans l’isoloir en appuyant sur un bouton. Le dépouillement se fait à la fin en appuyant sur un autre bouton, il est instantané.
Dans le deuxième cas, on se connecte, éventuellement de chez soi, avec un mot de passe sur un site internet, afin d’exprimer son choix en CE et DP.
Après plusieurs tentatives infructueuses ces dernières années, la direction du groupe Alcatel-Lucent a souhaité introduire le « bureau de vote électronique » dans l’accord de droit syndical en cours de renégociation.
La CGT s’y opposait pour les raisons évoquées plus haut : avec le vote électronique, qui garantit la sincérité du scrutin, c’est-à-dire l’assurance que la liste pour laquelle je vote, et pas une autre, récolte bien ma voix?
Par ailleurs, qui garantit la confidentialité du scrutin, c’est-à-dire l’assurance que personne ne peut aller voir pour qui un salarié a voté.
Pour ces deux raisons, la CGT combat systématiquement ce mode de scrutin opaque et sur lequel nous ne pouvons exercer aucun contrôle.
Les deux autres syndicats représentatifs dans notre groupe étaient tentés de signer cette proposition.
Nous ne nous sommes pas contentés de dénoncer ces propositions au nom des principes, nous avons préféré consulter les experts et rendre leur avis public.
En effet, une des filiales d’Alcatel-Lucent France, en l’occurrence Alcatel-Lucent Bell Labs France, issue du fameux laboratoire américain Bell Labs, abrite un laboratoire de recherche en sécurité électronique et informatique.
La consultation de ces experts sur la fiabilité, la garantie de sincérité et de confidentialité de ce genre de scrutin ont été sans appel : ils y sont strictement opposés. (Le texte qu’ils nous ont écrit est reproduit au bas de cet article.)
Un tract, rédigé pour rendre public l’avis de ces experts reconnus mondialement, a fait l’effet d’une bombe.
L’organisation syndicale majoritaire n’a pas tardé à annoncer son recul sur la proposition de la direction.
L’information que nous avions diffusée avait fait réfléchir nombre des adhérents de ce syndicat, et a aussi fait douter ses dirigeants.
Ils ont préféré s’abstenir de signer pour cette soi-disante « innovation démocratique ».
Preuve par la pratique que la publication de l’avis des personnes concernées (salariés), ou des experts en ce qui nous concerne ici, contient un pouvoir de conviction bien plus grand que ce qu’on imagine généralement.
Ceci assoit encore plus la légitimité de la démarche de « consultation » que la CGT promeut comme mode de fonctionnement syndical.
Il va de soi que l’opinion des experts de Bell Labs reproduite ici peut servir largement, au-delà de la métallurgie, pour convaincre les salariés, les syndicats et les directions de la nocivité du vote électronique et informatique.

Remarquons en plus, en guise de conclusion, que les arguments en faveur du vote électronique sont tous critiquables.
D’abord, il n’est pas certain que le vote électronique soit moins cher que le vote papier, tout dépend du prix de la prestation externe que l’entreprise choisit (plusieurs milliers d’euros à notre connaissance).
Ensuite, si c’est un gain de temps en matière de dépouillement, on peut se demander quel temps mérite la démocratie.
Et pour finir, ce type de vote n’améliore en rien la participation des salariés.
D’abord parce que l’abstention est un choix en soi : ce n’est pas par légèreté qu’on ne vote pas, c’est parce qu’on estime que le choix ne nous concerne pas, pour toutes les bonnes ou mauvaises raisons possibles.
Et de toute manière, on observe concrètement que, partout où le vote électronique ou internet a été mis en oeuvre, la participation baisse.
Probablement car les salariés ne font pas confiance à la confidentialité ni à la sincérité de cet outil.

 

Avis des experts en sécurité électronique de Alcatel-Lucent Bell Labs France

Le principal problème de fond et ce pour quoi nous sommes totalement opposés au vote électronique sous toutes ses formes est que la sécurité du système ne peut être vérifiée que par une partie infime de la population des votants (et encore).
Ce sont forcément des experts en sécurité électronique et informatique qui, de plus, pour estimer réellement le niveau de sécurité, devraient avoir accès aux spécifications des machines, aux implémentations, directement aux boîtiers (s’il y en a) et aux infrastructures.
Autant dire que personne ne remplit toutes ces conditions ou presque.
De plus si un expert évalue un boitier, rien ne nous garantit qu’un autre boitier soit sécurisé de la même façon.
Donc la population votante doit remettre toute sa confiance dans les mains d’une poignée d’experts.
Du coup c’est dangereux pour cette poignée sur qui il est facile d’exercer des pressions de tous ordres (puisqu’ils ne sont pas nombreux).
Alors que la sécurité de la procédure de vote papier peut être vérifiée par tout un chacun.
Cela ne demande pas d’expertise :
- Chaque personne peut évaluer elle-même si son vote est confidentiel grâce à l’isoloir et à l’urne transparente ;
- Chaque personne peut évaluer elle-même si son vote est bien pris en compte grâce à l’urne transparente et au dépouillement collectif ;
- Chaque personne peut évaluer elle-même si la procédure de comptage est correctement effectuée.
La confiance est ici déléguée à la totalité des votants et non pas à une infime partie de gens qui ne sont pas forcément votants, et dont les intérêts propres sont inconnus :
appât du gain, idéologie, vulnérabilité psychologique, réactions à des menaces potentielles.
Tout cela disparait avec le vote électronique.
On est réduit à faire confiance aveuglement pour la confidentialité du vote, pour sa sincérité, et pour la véracité du résultat (suite à une potentielle malveillance interne, une attaque externe ou simplement des bugs).
Voila l’argument technique qui nous fait nous opposer au vote électronique.
Par ailleurs, à propos des expériences passées, l’histoire des machines à voter n’est pas brillante.
Les machines à voter Dieblod qui ont servis pour les élections américaines par exemple, étaient truffées de vulnérabilités et de bugs.
Et il a été montré qu’il y a eu des malversations basées sur elles.

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Published by cgt-beaulieu-structures - dans FTM
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