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6 décembre 2013 5 06 /12 /décembre /2013 09:48

Rapport introductif à l’Assemblée Générale

Samedi, 30 novembre 2013

Depuis 2009 les patrons, les médias, le gouvernement, bref, la classe dominante, nous parlent de crise, de récession, de rigueur, cela engendre inévitablement une baisse de pouvoir d’achat. Mais ce qu’ils ne nous disent pas c’est que cette crise n’est pas accidentelle, qu’elle n’est pas une catastrophe naturelle, qu’elle n’est pas indépendante de la volonté humaine. Cette crise est le résultat des décisions prises par une oligarchie, par une minorité de milliardaires, banquiers, industriels et financiers. Et il s’agit d’une crise de surproduction. Ça veut dire, que les travailleurs ne peuvent pas acheter tout ce qu’ils produisent parce qu’une partie importante de la richesse va aux capitalistes. C’est le profit. Ou comme disait Marx, c’est le salaire impayé aux ouvriers, du salaire volé. Les patrons ne veulent pas comprendre que dans ce système nous sommes en même temps des salariés et des consommateurs. Le rêve d’un patron c’est que les autres patrons payent très bien leurs salariés afin que ces derniers puissent acheter ses marchandises. Mais comme tous les patrons font la même chose (attendre que les autres patrons augmentent les salaires de leurs travailleurs) alors il n’y a pas d'augmentation réelle du pouvoir d’achat mais plutôt un ralentissement de la consommation. C’est ça une crise de surproduction !

 

Mais contrairement à la crise globale de 1929, où les banques se sont écroulées les unes après les autres telles des dominos, victimes de leurs erreurs de spéculation, il semblerait désormais que les banques soient plus lucides et protégées par les États, car cette crise qui dure, et perdure, ne voit aucune banque passer et trépasser, alors que leurs clients (quel travailleur, et même chômeur, n’a pas un compte bancaire ?), partent eux en déroute totale, aujourd’hui, victimes des erreurs de leurs bailleurs.

Au début des années 30 la famine et la pauvreté s'imposent partout aux États-Unis et en Europe, et en Allemagne c’est le parti nazi qui a su attirer l’attention des ouvriers sous un discours socialiste, protecteur et en même temps nationaliste, d’identité de race, qui est devenu un parti fasciste.

Et comment le système capitaliste est sorti de la crise de 1929?

Il en est sorti grâce à la seconde guerre mondiale. Ce ne sont  pas les idées de l’économiste Keynes mais la boucherie et la massacre entre travailleurs qui a sauvé le capitalisme parce qu’il a besoin de destruction pour construire de nouveau. L’Europe a été dévastée et il a fallu la reconstruire. A la fin de la guerre, l’oligarchie américaine en a profité pour créer le FMI, la Banque Mondiale et les accords de Breton Woods où le dollar a été choisi pour être la devise internationale.

Dans les années 70, après les 30 glorieuses, on arrive au même problème, une nouvelle crise de surproduction. Mais le développement des armes nucléaires et la guerre froide ne permettent pas une nouvelle guerre militaire pour détruire nos villes alors les capitalistes sortent une nouvelle idéologie, le néo-libéralisme. Mais, c’est quoi le néo-libéralisme? Ce n'est pas une guerre militaire mais une guerre économique contre la population. Il s’agit d’un courant idéologique où l'état ne doit pas intervenir, il n’y a pas de régulation sur l’économie. Il faut laisser les marchés s’autoréguler par eux-mêmes. Ronald Reagan aux États-Unis et Margaret Thatcher en Angleterre en sont les plus importants représentants. Le but de cette idéologie est de privatiser les principaux leviers de l’économie comme les mines, le transport, l’énergie, les chemins de fer,  etc. et aussi briser la protection sociale et affaiblir les syndicats.

Le premier pays à subir cette expérience a été le Chili après le coup d‘état de Pinochet orchestré par la CIA. Le peuple chilien avait choisi démocratiquement comme président Salvador Allende, un vrai socialiste qui pensait que la richesse du pays devait appartenir au peuple et non pas a une minorité de milliardaires.

Dans les années 90, les capitalistes ont trouvé une nouvelle façon de relancer l’économie sans augmenter les salaires; l’achat à crédit, s’endetter pour pouvoir vivre. Cela a très bien fonctionné pour les patrons et surtout pour les banques pendant 10 ans mais l’économie commence à nouveau à ralentir et les actionnaires ne veulent pas investir dans l’industrie parce qu’il n’a pas de rentabilité à cause de la perte de la consommation et du pouvoir d’achat, en général. Alors les actionnaires et les investisseurs vont chercher ailleurs, dans l’immobilier, la spéculation,  les fonds d’investissement.

Depuis les années 2000 une grande partie de la richesse crée par les travailleurs ne revient pas dans l’industrie sous  forme d’investissement mais dans les produits financiers, dans la financiarisation et l’immobilier jusqu’à l’explosion de la bulle du crédit.

 

(Fable de La Laitière et le pot au lait)

 

Malgré l'idéologie néolibérale, l’état, contrairement à 1929 a sauvé les banques en faillite en leur donnant des milliards d’euros. En théorie, cet argent devait être utilisé pour relancer l’économie et donner des prêts aux petits industriels, commerçants, artisans et petits patrons. Mais les banques ont utilisé cet argent pour augmenter les salaires de ses conseillers et nettoyer les comptes. C’est pour cette raison que la dette privée des banques est devenu une dette publique.

Dans le système capitaliste s’il n’y a pas de crédit le système s’effondre. Avant cette crise les comptes des états étaient équilibrés et après avoir versé des milliers d’euros aux banques ces états se sont trop endettés et ils sont maintenant presque en faillite.

Et qui va payer la dette? Selon la Troika (Commission Européenne, la Banque Centrale Européenne et le FMI) c’est au peuple de payer mais le montant de cette dette est impayable et elle ne sera jamais remboursée. Les États perdent leurs souverainetés et peu importe pour qui voter parce que les décisions sont prises ailleurs, à Bruxelles.

Pour payer cette dette faramineuse la stratégie de la classe dominante est facile à deviner: augmentations de la TVA, réduction de la protection sociale (chômage, retraite) et privatisations des hôpitaux, de l’éducation, de l’énergie, de la sécurité sociale, etc. Tout ça va contre les intérêts des travailleurs, parallèlement, les entreprises du CAC40 continuent à faire de profits record et ni le combat contre la fraude fiscal ni l'abolition des paradis fiscaux ne sont abordés et encore moins  étudiés par les gouvernements.

Alors, l’avenir se présente noir. Il n’y a pas d’issue dans le système capitaliste sans avoir des dégâts irréparables pour les travailleurs, les chômeurs et les retraités. Le propre FMI a fait il y a quelques mois un communiqué disant qu’il est possible que les mesures d’austérité imposées en Grèce, au Portugal et en Espagne n’aient pas été la meilleure solution parce que la situation actuelle est encore pire qu’avant la mise en place de ces mesures.

Tout le monde le savait sauf eux !

Et dans cette spirale de récession les petits industriels, les commerçants, les artisans et les petits patrons sont obligés de fermer leurs entreprises et licencier leurs salariés alors que les grands industriels et les multinationales délocalisent dans une recherche de profits sans fin  ou bien elles restent en Europe et mettent en place des accords de compétitivité.

(Concentration du capital)

Alors, que faire? Quel est notre rôle en tant que militants? On n’a pas le choix. Si on veut changer le cap, il faut être efficaces, comme l’ont été nos aînés en 36, 45, 68, etc.

Et pour être efficaces dans le syndicalisme il y a deux piliers fondamentaux qu'il nous faut développer: L'IDEOLOGIE et l'ORGANISATION.

1.-        Concernant l'IDEOLOGIE il faut choisir entre un syndicalisme de lutte de classes ou un syndicalisme d’accompagnement. Si on n’est pas à la CFTC ou à la CFDT mais à la CGT c'est parce que nous sommes d'accord avec un syndicalisme de classe et de masse, plutôt qu'un syndicalisme jaune qui ne remet pas en question ni l’exploitation des travailleurs ni le changement de système. Mais dans cette lutte de classes qui a toujours existé dans toutes les sociétés en ce moment on est à la défensive et le patronat à l’offensive pour nous enlever tous nos acquis durement conquis par nos aînés. Une des raisons de l’affaiblissement du rapport de force est le développement de l’individualisme soutenu par le propre système capitaliste à l’origine de la démotivation générale des travailleurs.

Dans les entreprises on constate chaque année une augmentation de la part individuelle des salaires au détriment des augmentations générales, une généralisation des entretiens individuels et non pas des entretiens d'équipe, bref, une compétitivité entre travailleurs. Être bon ce n'est pas assez, il faut être meilleur que ses collègues.

Et dans la société on trouve la même dynamique: concours à la télé avec pour seul but d'être aussi le meilleur (et peu importe les moyens pour y arriver), compétitivité à l’école depuis la maternelle, etc. (sans parler du foot, des JJOO, de la Formula1, etc)

C'est dans cet esprit de renforcement de notre idée d'un syndicalisme de classe que le syndicat de Beaulieu a décidé lors de notre dernier congrès, il y a exactement un an, d’adhérer au Front Syndical de Classe. (Débat sur la continuité ou pas)

Mais je vous rappelle que cette idéologie révolutionnaire se retrouve aussi dans notre propre Fédération de Travailleurs de la Métallurgie de la CGT dans le 6ème article de ses statuts:

« Article 6 »

La Fédération s’appuie dans son orientation et son action sur des conceptions de classe, de masse, démocratiques, indépendantes et unitaires.

Elle fonde son identité à partir d’un syndicalisme de lutte pour les revendications et pour la transformation sociale de la société.

A partir de l’histoire de notre pays, de l’analyse de la situation, en France et au plan international, de son expérience syndicale, elle a la conviction que le capitalisme n’est pas la solution pour l’épanouissement de l’homme et le développement de la société.

La Fédération et ses syndicats agissent pour que chaque individu, par son intervention, soit l’élément moteur de la transformation de la société pour la réponse aux besoins des hommes.

Dans le cadre de ce processus autogestionnaire, elle se prononce pour l’abolition de l’exploitation de l’homme par l’homme, la socialisation des moyens de production et d’échange, pour une société de justice, de liberté, de paix. »

Et dans ce pilier de l'idéologie je voudrais aussi ajouter nos responsabilités qui sont très bien expliqués dans la charte de l'élu et mandaté. Quand un camarade est élu il doit rendre compte aux salariés parce que se sont eux qui ont voté pour lui et quand un camarade et mandaté ou désigné, soit DS ou RS, il doit rendre compte au syndicat et à la CGT. Et tous les élus et mandatés ont une obligation étique d'un bon usage des ses heures de délégation, ainsi que de ne pas mettre en priorité ses intérêts personnels devant les intérêts collectifs.

 

2.-        L'autre pilier d'un syndicalisme efficace c'est l'ORGANISATION. Comment devons nous nous organiser pour arriver à nos objectifs idéologiques?

Je pense qu'une organisation syndicale de classe et de masse doit passer par une démocratie participative, horizontale, où l'avis de chaque syndiqué compte et les décisions doivent sortir d'un débat et être l'expression de la majorité. C'est pour cette raison que lors de notre dernier congrès on avait décidé de supprimer la Commission Exécutive et que les réunions du syndicat soient ouvertes à toutes et à tous. Chaque réunion est comme une assemblée générale où tous les syndiqués sont invités à venir, à débattre et à décider. Comme dit la  CGT, « le syndiqué est acteur et décideur » dans son syndicat. Après, les  membres du bureau doivent faire le maximum pour que les décisions prises soient mis en place.

Une autre décision prise lors de notre dernier congrès est le fait de faire nos réunions syndicales toutes les trois semaines en début d’après-midi pour que les travailleurs de la tournée du matin ou les élus et mandatés de l'après midi qui ont des heures de délégation puissent venir. Qu’en pensez-vous ? On continue comme ça ? C'est positif ?

Un autre aspect important de l'organisation c'est la communication dans tous les sens. Par exemple, quand je vous envoi le compte rendu de chaque réunion et je mets à la fin de mon courriel : « Merci aux secrétaires de section de faire suivre le CR aux camarades qui n'ont pas de boîte email. ». Est-ce que c'est fait ? Est-ce que tous les syndiqués sont informés de nos réunions, de nos actions, de nos débrayages, de nos problèmes et de nos victoires ?

L'organisation est très importante. Le patron est très bien organisé et il est très efficace. Il y a aussi des petites choses qui peuvent sembler sans importance mais qui montrent un manque flagrant d'organisation comme par exemple ne pas informer que vous avez mis la dernière cartouche d'encre dans l’imprimante et quelque jours après quand on veut faire un nouveau tirage de tracts... mince, il n'a plus d'encre !! Etc.

Et il existe aussi d'autres piliers pour être efficaces qui sont aussi importants comme par exemple la FORMATION. Comme dit Eric « sa force et notre ignorance ». Mieux on est formé mieux nous pourrons défendre les salariés. Mais il n'y a pas seulement les formations officielles de la CGT à faire comme le niveau 1 ou formation CHSCT, ECO-CE, etc. Il y a aussi des journées d'études sur dessujets d'actualité à l'Union Locale ou à l'UD, très intéressants. Il y a aussi des réunions à l’UL, du collectif métallurgie et la lecture du mensuel « ensemble » que vous devez recevoir chez vous ou la NVO, etc. La participation aux congrès ou à nos propres réunions du syndicat peuvent aussi être très formatrices. Le fait de partager nos avis avec les camarades c'est aussi de la formation, le débat nous enrichi et il faut tenir compte de l’avis des autres.

Et le dernier pilier que je voudrais citer c'est la SOLIDARITE ENTRE TRAVAILLEURS. Si aujourd’hui il y a 12.000 salariés à PSA Sochaux et quelques milliers dans la sous-traitance ce n'est pas notre décision mais la décision du patron de PSA d'externaliser quelques activités pour qu'il soit plus compétitif en mettant en concurrence les différents fournisseurs pour avoir un meilleur prix sans les contraintes d'avoir beaucoup de salariés en CDI. C'est diviser pour mieux régner. Alors je pense que nous ne devons pas entrer dans le jeu du patron et devons être solidaires avec nos camarades des autres entreprises. Quand ils sont en difficulté il faut y aller, il faut être là pour les soutenir.  Dans cette dynamique de solidarité il y a aussi nos engagement à l'Union Locale, l'Union Départementale, les conseillers des salariés, le Collectif métallurgie Aire Urbaine, l'interpro, etc.

Si nous travaillons activement à développer ces quatre piliers, notre idéologie, notre organisation, notre formation et notre solidarité alors dans ce cas là nous serons prêts à réclamer haut et fort une société plus juste et plus égalitaire et changer le rapport de force pour être de nouveau à l’offensive.

Merci,  à vous la parole.

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