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Faurecia Beaulieu Structures

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20 octobre 2011 4 20 /10 /octobre /2011 15:00

Contrairement aux discours, qui ont prévalu cet été sur la solidité du système bancaire, les récents événements tendent à rendre quasi inéluctable l’intervention des Etats pour stabiliser le système bancaire européen.
C’est un mauvais remake du film de la crise démarrée en 2008, dont nous connaissons tous la fin et qui pourrait s’intituler :
« Privatisation des bénéfices et nationalisation des pertes, le retour ».
En réalité, la question qui se pose pour la classe dominante n’est pas tant de savoir s’il faut ou non injecter de l’argent public pour sauver les banques, que de légitimer cette intervention auprès de l’opinion publique et des populations qui payent toujours les conséquences de la crise (stagnation des salaires, précarité, chômage…)
D’une part, les banques françaises, qui ont prêté dans de grandes proportions aux pays dont la capacité de remboursement des dettes suscite quelques interrogations, sont sur la sellette.
Elles se trouvent donc exposées à un risque de défaillance pouvant les faire exploser. (voir ci-dessous)
D’autre part, le récent sauvetage et démantèlement de la banque franco belge Dexia* corroborent totalement le fait que les gouvernements européens sauveront les banques coûte que coûte avec notre argent !

La libéralisation de l’économie a donné trop de pouvoir aux banques
Pour comprendre les racines de la crise systémique actuelle, il est nécessaire de revenir quelques années en arrière.
Depuis le début des années 1970 et au cours des années Thatcher (Grande Bretagne) et Reagan (USA) une propagande idéologique libérale s’est déployée pour attaquer le modèle de l’Etat Providence.
Cette attaque ultra libérale, dont la commission européenne, le gouvernement et le patronat français sont aujourd’hui les portes drapeaux, vise à orienter toujours plus les richesses créées par le travail vers ce que Marx appelait le capital, et qu’on appelle plus communément les riches.
La période de l’après-guerre s’est caractérisée par les 30 glorieuses, avec un niveau de chômage très faible, une progression importante des niveaux de vie avec des hausses de salaires élevées (+30% pour le SMIC suite aux luttes de mai 1968).
Des niveaux de dividendes rapportés aux profits de l’ordre de 26% quand ceux-ci sont passés à 65% de nos jours.
En bref, la répartition de la valeur ajoutée était nettement moins défavorable au travail (environ 10% soit l’équivalent de 270 milliards d’euros chaque année) par rapport à ce qu’elle est aujourd’hui.
La fin des 30 glorieuses illustrée par les chocs pétroliers de 1973 et 1974 est surtout marquée par une reprise en main des entreprises par les actionnaires, et la libéralisation des marchés financiers qu’on appellera le modèle anglo-saxon.
En France, c’est au cours de cette période 1973/74 qu’est votée une loi interdisant à l’Etat français de s’endetter auprès de la Banque de France et de rembourser cet emprunt sans intérêt.
Ce qui signifie que c’est à partir de là que l’Etat a commencé à payer des intérêts sur les emprunts qu’il a souscrits.
Selon le gouvernement de l’époque, cette mesure visait à inciter l’Etat à moins s’endetter et à être plus rigoureux*.

Le bilan de cette mesure est désastreux
En 1974, la dette publique représentait environ 14,5% du PIB français.
Près de 40 ans plus tard, cette dernière atteint 86% du PIB.
De nos jours, le paiement des intérêts de la dette avec 46,9 milliards d’€, est le premier poste de dépense du budget de l’Etat devant l’éducation.
Depuis 1974, la somme actualisée de tous les intérêts payés de la dette représente 1 200 milliards d’€.
Ces milliards n’ont pas financé notre modèle de protection sociale, ils n’ont pas, non plus, été investis dans l’éducation, la santé, les transports…, ils ont uniquement servi à remplir les caisses des établissements bancaires et de leurs actionnaires.
C’est ce qu’on appelle «réorienter» les richesses vers le capital.
La crise actuelle de la dette publique comme on l’appelle communément n’est pas un accident, et surtout elle ne provient pas d’un modèle social trop coûteux.
Bien au contraire, elle est la conséquence directe de choix politiques et économiques libéraux qui ne visent qu’à satisfaire les plus riches.
Pour preuve, entre 2004 et 2008, les 0,01% des ménages les plus riches en France ont vu leur revenu annuel moyen passer de 551 900 € à 732 300 € soit +32,7%.
Amusez-vous à comparer avec vos collègues cette croissance de 32,7% des revenus avec ce qu’ils ont connu sur la même période.
Qui sait, nous serons peut-être encore plus nombreux dans l’action pour imposer d’autres choix que l’austérité.

La CGT porte d’ailleurs plusieurs propositions alternatives.
Par exemple, la création d’un pôle financier public, réunissant et coordonnant l’ensemble des outils publics d’intervention économique (Caisse des dépôts, Banque de France, Oseo, Ape, Ubifrance, Crédit Foncier, La Poste, Caisse d’Epargne, CNP, Fonds de Réserve Retraite…) dans une logique commune et transversale d’intérêt public, et placée sous le contrôle des élus de la République et des représentants des forces sociales.

Exposition des banques françaises aux «dettes» souveraines en milliards d’euros.
...................BNP.... Crédit Agricole .....Société générale ..........Dexia
Grèce ......... ...5............. . 0,7....................... 2,6.................. 4
Portugal ........2................. 1.......................... 1.......... ....... 13
Espagne ......3,9 ..............2,7....................... 2,2 ..................2
Italie.......  .. 24,1.............. 10 ...... .................3,3........ ......... 1
Total .....  ......35 ............14,4........................ 9,1................. 20

 

* Avec une reprise par l’Etat belge pour 4 milliards d’euros de Dexia Banque Belgique (DBB), et par l’Etat français par le biais de la Caisse des Dépôts et Consignations et de la Banque Postale des activités de prêts vers les collectivités territoriales de Dexia. Soit en tout une garantie de 90 milliards d’euros.
* Propos extraits de l’article Michel Chetrit publié dans le Cercle des Echos en juillet 2011.



http://www.ftm.cgt.fr/textelong.php?IDchapitre=513&IDrub=1&IDsousrubrique=8

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