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9 décembre 2011 5 09 /12 /décembre /2011 11:06

Historiquement, l’origine des agences de notation remonterait à plus de 100 ans avec la création en 1909 de la Moody’s Investors Services Incorporation, par John Moody.

Les « ancêtres » de Standard and Poor’s et Fitch (les deux autres grandes agences de notation) furent quant à elles respectivement créées en 1916 et 1924.
Ce qui signifie que ces agences sévissaient déjà à l’époque de la grande crise de 1929 aux Etats-Unis, qu’elles n’avaient déjà pas vu venir.
En 1970, elles n’ont pas non plus vu venir la faillite de la Penn Central (une compagnie de transport ferroviaire née de la fusion de plusieurs compagnies du Nord Est des USA) qui secoua fortement le système financier américain.
Ce fut à l’époque la plus grosse banqueroute de l’histoire des États-Unis qui marqua l’arrêt final du service voyageur privé sur longue distance dans le pays.
Ce manque de clairvoyance de ces agences ne date pas de la crise de 2008 qu’elles n’avaient pas appréhendé.
Or plus qu’un manque de compétences de ces agences, la réelle problématique est bien de savoir dans quel but et pour qui ces agences sont utiles, pour répondre à ces questions il convient de comprendre comment elles fonctionnent et d’autre part de savoir à qui elles appartiennent et surtout qui y travaille.

Comment sont rémunérées les agences de notation ?
Les agences de notation sont rémunérées par leurs clients qui demandent un audit auprès de ces dernières, notamment dans le but d’attirer les investisseurs étrangers et donc pour se financer à moindre coût sur les marchés financiers.
Dans l’absolu, une agence de notation n’a aucun intérêt à ce que ses clients disparaissent ou fassent banqueroute, puisque cette activité d’audit est très rémunératrice pour elle, voir graphique ci-dessous.
«Une agence se fait rémunérer par les entités qui veulent recevoir une note ou celles qui utilisent la note (Etats, entreprises, hedges funds, spéculateurs).

Selon le barème 2009 de Standard & Poor’s pour les Etats-Unis par exemple, une entreprise doit verser au minimum 70.000 dollars au début du processus de notation, puis un abonnement de «surveillance» atteignant environ la moitié de cette somme initiale.
Chaque fois qu’elle émet de la dette sur les marchés, elle s’acquitte alors en plus d’une
commission de 0,045% de la transaction.
90% du chiffre d’affaires des agences de notation provient des entités notées.
Ce modèle économique donne une haute rentabilité aux agences.
Moody’s envisage sur une marge opérationnelle (résultat opérationnel rapporté au chiffre d’affaires) de 39% en 2011.
Standard & Poor’s de 43% sur le premier trimestre 2011 et Fitch de 58% sur l’exercice décalé 2010/2011. » (Source Wikipedia)
Cette activité est d’autant plus profitable en période de crise comme l’évoque l’évolution du montant des dividendes chez Moody’s (Voir Graphique ci-dessous ; Source site internet de l’agence).

A qui appartiennent et qui gèrent ces agences ?
Depuis la crise de 2008, les 3 principales agences de notation font la pluie et le beau temps sur l’économie mondiale.
Ce poids grandissant des agences, est largement orchestré par les gouvernements et le patronat notamment des groupes multinationaux qui dirigent ces agences et qui les utilisent dans leur propre intérêt.
En effet, sans faire d’anti-américanisme primaire, on peut tout de même s’interroger sur l’objectivité de ces 3 agences de notation « américaines » lorsque ces dernières maintiennent leur meilleure note aux USA, alors que l’endettement du pays est supérieur à celui de la France, le chômage aussi élevé et les perspectives de croissance tout aussi faibles.
Bien qu’il existe une certaine opacité sur le fonctionnement et la structure capitalistique de ces agences voici quelques informations qui démontrent à quel point elles sont étroitement liées aux acteurs économiques et politiques qui ont provoqué la crise.

L’agence Fitch Ratings
Elle appartient à 60% au groupe FIMALAC (un groupe français) et à 40% au groupe Hearst Corporation (un groupe de médias américains).
La composition du conseil d’administration de l’agence Fitch où l’on constate que les dirigeants des grands groupes français, dont ceux de la métallurgie sont particulièrement présents, à partir d’un article de l’Humanité de septembre :
• Yves Barbier de la Serre, ancien d’ALSTOM
• Henri Lachmann, Président du conseil de surveillance de Schneider Electric
• Thierry Moulonguet, Administrateur de Valeo, ancien directeur financier de Renault
• Philippe Lagayette, vice Président de la banque américaine JP Morgan Europe.
• Marc Ladreit de Lacharrière, PDG de Fimalac, Président de Fitch et administrateur de l’Oréal et de la fondation Bettencourt-Schueller.

L’agence Moody’s
Elle appartient à 13% au groupe Berkshi re Hata way Inc, qui lui-même appartient à Warren Buffet dont la fortune personnelle a été estimée par le magazine américainForbes à 50 milliards de dollars.
La composition d’une partie de la direction de Moody’s :
• Le directeur des analyses M.E. Almeida a travaillé dans une filiale de la Chase Manhattan Bank
• Le responsable des questions du risque R. Cantor a travaillé à la réserve fédérale de la banque de New-York.
• Le Vice Président R. Fauber provient de ce qui est aujourd’hui Bank Of America (l’une des plus importantes banques américaines).
• J.J Goggins, Vice Président Exécutif, fait partie de la Commission d’admission au Barreau de New York.
• Linda S. Huber Vice Président Exécutif est ancienne Capitaine de l’US Army, avec deux médailles au mérite à son actif.
• M.Madelain, le français de service, expert comptable qui on l’espère n’a rien à voir avec A.Madelin

L’agence Standard and Poor’s
Présentée comme la seule agence indépendante.
La composition d’une partie de la direction de Standard and Poor’s :
• Douglas Peterson Président a été directeur des opérations de Citibank une filiale de la banque Citigroup
• D. Jacob Directeur Général Exécutif notations de produits structurés, il est passé par JP Morgan et Morgan Stanley
• Y. Le Pallec, Responsable Europe, Moyen Orient, Asie, il est passé par Salust ro Reydel consulting aujourd’hui racheté par le cabinet KPMG.
• Alex J. Matturri, Jr. Directeur Exécutif du management qui a été Vice Président et Directeur d’un fonds d’investissement : Northern Trust Global Investments.

Ces agences de notation n’ont pas plus de légitimité que celles que leur donnent leurs clients (États, entreprises, fonds d’investissements…).

Ainsi il est plus aisé de comprendre toute la malhonnêteté du gouvernement français lorsque celui-ci annonce la nécessité de mettre en place un plan de rigueur pour sauver le AAA de la dette du pays.

Pendant des années nos gouvernements ont tenté de justifier leur politique en stigmatisant l’Europe « C’est à cause de Bruxelles si…» «Bruxelles nous oblige à… ».

Maintenant, dans cette nouvelle phase de remise en cause des acquis sociaux au service de ceux qui détiennent le capital ce sont les agences de notation qui jouent ce rôle.
Il y a plus qu’urgence à rompre avec ce diktat de l’argent, cela passe par la réappropriation de la politique pour et au service des citoyens, cela passe aussi par plus de démocratie dans les entreprises pour imposer une autre répartition des richesses.


Dividendes annuels publiés chez Moody’s

http://www.ftm.cgt.fr/textelong.php?IDchapitre=706&IDrub=1&IDsousrubrique=8

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