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Faurecia Beaulieu Structures

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23 août 2012 4 23 /08 /août /2012 09:20

C’est possible et indispensable

La grande majorité des salariés en France souffre d’insuffisance de pouvoir d’achat, soit parce qu’ils sont exclus du travail, en intérim, en CDD, à temps partiel (choisi ou imposé) ou parce que leur salaire est trop peu élevé et plus largement que leurs qualifications, leur expérience, leurs diplômes ne sont plus correctement reconnus.

Depuis de nombreuses années, nous assistons à une smicardisation d’une part de plus en plus importante du salariat. 3,7 millions de salariés ont été concernés par l’augmentation du SMIC horaire de 2012, avec la revalorisation prochaine promise par le nouveau gouvernement d’après les données de l’Insee, cette hausse pourrait toucher 10% à 15% des salariés pourrait être concernés.

Pour revaloriser le smic à 1 700 €, il faudrait entre 18 et 21 milliards d'€ pour 6 à 7 millions de salariés concernés.

Actuellement : Le SMIC brut mensuel est à 1 425.67 euros.

Son augmentation à 1.700 euros représente une augmentation de salaire de 19.2% par mois et par personne à laquelle il faut ajouter les cotisations sociales patronales (environ 60 euros compte tenu des exonérations), soit du point de vue patronal, une hausse totale de 360 (300 + 60 = 360) € par mois.

Sur la base des chiffres de l’Insee pour 15% des salariés juste au dessus du SMIC, cela pourrait faire en moyenne 100 euros bruts d’augmentation sur le salaire brut de base + 20 euros de cotisations patronales.

Les autres salaires

Si on ne fait rien d’autre, les salaires supérieurs à 1 700 € bruts vont se trouver « écrasés » par cette hausse du SMIC. Au total, 90% des salariés gagnent aujourd’hui moins de 3 500 euros bruts par mois.

Exemple :

Dans un contexte où 90 % des salariés gagnent moins de 3500 € bruts par mois, avec un SMIC s’élevant à 1700 €, ceux-ci auraient un salaire équivalent à 2,05 fois le SMIC. Cet écart hiérarchique est bien trop faible, les salaires seraient encore trop « écrasés ».

Le problème n’est pas la hausse du SMIC mais la stagnation générale des salaires.

Pour preuve, pour la 1ère fois depuis 1984, le pouvoir d’achat des français a reculé de 1,3 % en 2011.

Ce scandale ne devrait rien au passage du SMIC à 1 700€ mais tout à la situation actuelle : avec le SMIC actuel, les salaires de 90% des salariés sont d’ores et déjà inférieurs à 2,5 fois le SMIC.

Car la vérité déjà d’aujourd’hui c’est que pour de trop nombreux salariés, la fin de carrière professionnelle se termine au SMIC, que même avec un CAP, voire un Bac Pro de nombreux salariés commencent au SMIC ; qu’avec un Bac+2 on commence à 1,2 fois le SMIC, etc…

 

Revaloriser le SMIC de 19% oblige à poser avec force la revalorisation de tous les salaires et des carrières :

Pour que personne ne termine sa vie au SMIC

Que les diplômes, l’expérience et les qualifications soient de nouveaux correctement reconnus

Il faut réindexer les hausses de salaires et des minima conventionnels sur le SMIC ! Et engager uneremise en ordre des grilles conventionnelles.

 

+21% (soit 2% + 19 %) sur tous les salaires et tout de suite : Oui c’est possible !!!

Le fait majeur est qu’aujourd’hui la part des salaires dans la valeur ajoutée est de 3 points inférieure aux années 1950-1960 ! En terme de revenu national actuel, cela représente une perte pour les salariés de l’ordre de 60 milliards d’€ par an rien que par rapport aux années 1950-1960.

La masse salariale totale des entreprises de + de 10 salariés s’élevait en 2006 à 340 Milliards d’€. Augmenter de 21% les salaires, cela représente moins de 80 milliards d’augmentation de la masse salariale des entreprises de plus de 10 salariés.

A comparer avec :

les entreprises ont payé 318 Milliards d’€ de charges financières et de dividendes en 2010.

Les entreprises ont exporté pour 63,5 Milliards d’€ de capitaux en 2010 (chiffres IDE-Investissements Directs Etrangers-).

L’Etat paye chaque année aux marchés financiers 45 Milliards d’€ en intérêts de la dette à cause du taux auquel il a contracté sa dette. Avec un taux à zéro% cette charge disparaîtrait.

Les banques ont prêté 1 930 milliards d’€ aux entreprises : pour faire quoi ?

Revaloriser les salaires du SMIC à l’ingénieur, c’est possible et efficace immédiatement pour les entreprises françaises.

Les chiffres ci-dessus le démontrent aisément : les profits ne seraient qu’en partie mis à mal par une revalorisation de l’ensemble des salaires hormis les plus élevés.

Mais ce n’est pas seulement pour cette seule raison comptable qu’augmenter tous les salaires serait une possibilité immédiate et une mesure économique utile et efficace.

Les salariés dépensent l’essentiel de leur salaire chaque mois. Même leur épargne participe à la consommation intérieure (achat de logement, de voiture, renouvellement des équipements ménagers, vacances…). Les salaires retournent donc dans leur immense masse à la consommation, donc à l’ensemble des entreprises.

Et c’est particulièrement net en France où 52% du PIB est lié à la consommation des ménages. Revaloriser les salaires ce n’est donc en rien augmenter les coûts salariaux de manière inconsidérée. C’est par contre financer le fonctionnement de l’activité des entreprises et d’abord des entreprises françaises en relançant la circulation des richesses, c'est-à dire en coupant court à tout risque de récession.

Il est clair que cela implique que le système bancaire joue ici un rôle de tampon. L’Europe a su mobiliser ces derniers mois 1 000 milliards d’€ pour sauver la finance et les banques. Elle se déclare prête à en remettre 100 de plus pour « sauver » les banques espagnoles. Et on ne serait pas mettre 80 milliards d’€ en France dans les salaires

le temps que l’économie et les entreprises s’adaptent au nouveau cycle salaires/consommation ?

 

Pourquoi un SMIC à 1 700 € ?

L’indice des prix, hors tabac, des ménages urbains dont le chef est ouvrier ou employé est l’un des dispositifs qui sert à l’indexation du Smic depuis sa création.

La CGT a été amenée à revendiquer régulièrement une hausse du SMIC. A partir de 2008, nous avons donc revendiqué un Smic mensuel brut de 1 600 €.

En tenant compte qu’en 2008 l’indice des prix a augmenté de 4% depuis 2008 la CGT a décidé en juin dernier de porter cette revendication à 1 700 € bruts d’autant que les dépenses dites contraintes constituent une part de plus en plus importante du budget des ménages à revenu modeste et que le coût de ces dépenses augmente généralement

plus vite que la moyenne des prix.

Les dépenses dites « contraintes », « pré-engagées » ou « incompressibles » sont celles auxquelles on ne peut pas échapper sans subir des pénalités : mensualités de crédits, loyers, eau, électricité, gaz, frais d’assurances, dépenses liées aux télécommunications, etc.

La particularité de ces dépenses est qu’elles sont réalisées, parfois prélevées directement sur le compte, avant toutes autres dépenses. Par exemple, on paie d’abord son loyer et ensuite on fait ses courses quotidiennes.

En 2006 (dernière année pour laquelle les données sont disponibles), ces dépenses représentent en moyenne 45 % du budget des ménages contre 41 % en 2001. Et même 75% trois-quarts du revenu des 20 % des ménages les plus pauvres.

Les dépenses, incompressibles au moins à court terme, augmentent beaucoup plus vite que les revenus. Pour les ménages à revenu modeste, les dépenses de logement, de l’électricité, de l’eau, du gaz et des combustibles représentent ensemble 46 % de leurs dépenses, contre 22 % en 1979. Pour les ménages à revenu médian, ces postes représentent 38 % de leurs dépenses, contre seulement 21 % en 1979.

Sur 2 millions de salariés couverts par le champ d’activité de notre fédération, 300 000 travaillent dans des TPE (entreprises de 1 à 9 salariés), soit 15 % du salariat. Les TPE sont souvent des sous-traitants de 2ème et 3ème rang.

D’après les statistiques, le niveau des salaires dans ces entreprises est relativement faible, même pour l’artisan qui travaille seul.

La trésorerie de ces entreprises, leurs carnets de commandes ne leur permettent pas toujours d’anticiper l’embauche d’un salarié supplémentaire, l’augmentation des salaires de manière significative, de réduire le temps de travail,

etc… Il s’agit d’artisans du genre plombiers, électriciens, garagistes, peintres en bâtiment, etc…Ils sont aussi très dépendants du pouvoir d’achat des salariés du pays et de la consommation des ménages. Augmenter les salaires en France, redonner suffisamment de pouvoir d’achat aux ménages aurait un impact direct pour le développement des

TPE notamment grâce à l’argent réinvesti immédiatement dans l’économie réelle du pays. Nous le savons pertinemment, les salariés ne jouent ni leurs économies ni leurs salaires en Bourse, ils ne spéculent pas. Ce qu’ils gagnent ils le dépensent pour des achats liés à leurs conditions de vie.

Que dit la loi

Tout comme le SMIG (Salaire Minimum Interprofessionnel Garanti) de 1950, le SMIC de 1970 est un salaire horaire.

Toutefois, la loi du 23 décembre 1973 garantit au salarié titulaire d’un contrat à temps complet une rémunération mensuelle minimale, calculée sur la base du SMIC horaire multiplié par la durée légale du travail sur un mois, soit 151,66 heures actuellement (durée légale hebdomadaire fixée à 35 heures multipliée par 52 semaines et divisée par 12 mois). Mais ce dispositif se limite au contrat à temps complet et s’avère donc inopérant face à l’explosion de la précarité (travail intermittent, intérim, temps partiel imposé).

Dès l’origine, le taux du SMIC revendiqué par la CGT a été lié à la réponse aux besoins élémentaires, les plus souvent incompressibles et au droit pour les moins qualifiés ou pour ceux dans les branches les moins productives de bénéficier de la croissance mesurée à partir de l’augmentation du salaire moyen.

Au tout début, la CGT a pris comme base revendicative un budget type élaboré et adopté en 1953 par la Commission supérieure des Conventions collectives (le gouvernement devant décider du montant du SMIG, puis du SMIC, chaque année après avis de cette commission).

Dès 1954, l’évaluation de ce budget type était de 21 à 31 % supérieure au SMIG.

Cette différence s’est maintenue :

en 1970, le SMIC revendiqué par la CGT était supérieur de 27 % au SMIG légal devenu SMIC;

en 1982, l’écart était de 20 % ;

en 1992, de 30 % ;

en 2001 et 2002, de 21 % ;

en 2006, de 20 %.

en 2012, de 21% (à partir du 1er juillet 2012, elle est de 19 %)

Autant notre exigence concernait peu de salariés en 1970, autant elle a pris une dimension nouvelle tant elle concerne de salariés aujourd’hui. Cette situation est liée au fait que depuis le milieu des années 80 au nom de la rigueur, de l’austérité etc, le patronat et les gouvernements successifs ont gelé l’immense masse des salaires, donc que le salaire moyen a stagné.

Ce gel de la masse des salaires a eu deux conséquences :

Une dégradation de plus en plus importante de la reconnaissance des qualifications des ouvriers qualifiés, techniciens et Ingénieurs/Cadres.

En conséquence, le SMIC ne bénéficia d’aucune hausse liée à la croissance des autres salaires. Sa revalorisation fut dès lors limitée à l’inflation (c'est-à-dire au maintien plus ou moins parfait du pouvoir d’achat) voire à quelques coups de pouce.

40 ans après sa création, le SMIC est donc sans surprise resté 20% en dessous de ce qu’il devrait être. L’exigence de la CGT des années 1970 reste sans surprise d’actualité. Elle se double désormais du besoin de revaloriser du même ordre de grandeur les autres salaires et d’une remise en ordre des grilles de classifications.

La CGT propose :

l’ouverture de négociations pour une remise en ordre des grilles de classifications, chaque grille devant commencer au SMIC pour un salarié sans qualification particulière et assurant une échelle salariale de 1 à 5.

de remettre à plat l’ensemble des aides et exonérations de cotisations sociales* et subordonner toute aide à la signature d’un accord salarial, ceci pour pénaliser le recours excessif à la précarité par une réforme du mode de cotisation patronale ;

une réforme fiscale de grande ampleur, dont celle de l’impôt sur les sociétés ; de créer un pôle financier public pour faciliter le développement de l’emploi et de l’activité économique ;

des droits d’intervention des salariés dans les choix de gestion des entreprises pour que les fonds disponibles servent à la hausse de l’emploi et des salaires, à la formation et la recherche et à l’investissement productif.

*Les entreprises sont largement financées par la puissance publique sans aucun contrôle ni conséquence positives sur l’emploi ou les salaires.

 

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