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9 avril 2013 2 09 /04 /avril /2013 10:10

Le pouvoir de la finance et des transnationales

 

Si le capitalisme fait système c’est qu’il résulte dans ses superstructures d’une organisation souple assurant la suprématie de son fonctionnement et les tentatives toujours renouvelées d’en résoudre les contradictions. A la différence de ce qui existait avant la 2ème guerre mondiale, et encore plus avec la fin de la parenthèse keynésienne fordiste, le pouvoir du capital dispose désormais d’une énorme bureaucratie pyramidale, horizontale et sectorielle. A sa tête cette «aristocratie» mondialisée est constituée de grandes sociétés, de banques multinationales et de fonds spéculatifs. Ce pouvoir des gérants des multinationales est organisé au sein de lieux de rencontres et de multiples organes où sont définis les stratégies à mettre en œuvre et les conflits à résoudre. On voudrait ici rappeler la fonction des plus emblématiques afin de suggérer que la rupture avec ce système, compte tenu de sa puissance et de ses moyens de rétorsion, ne peut s’opérer dans un seul pays et, à tout le moins, que les politiciens de droite et de gauche, intégrés dans ce système, sont autant de leurres pour que rien ne change.

 

Le forum de Davos, sponsorisé par plus de 1 000 grandes entreprises multinationales, est surtout un lieu de rencontres entre super-riches et gouvernants qui, entourés d’une piétaille de journaleux de connivences, orchestrent les grandes orientations de l’économie globalisée. Malgré les craquements du système on y glose sur la moralisation des excès, sur la «nécessaire croissance forte, soutenable et équilibrée» et, par voie de conséquence…. sur la réduction des impôts des plus riches et des dépenses publiques. Mais, derrière les gesticulations d’autocongratulation, cette grand’messe de la valeur actionnariale, s’esquisse, se conclut en catimini de juteuses alliances. Pour ceux qui se prétendent les «maîtres du monde», ce forum est essentiellement un lieu de socialisation des grands capitaines de l’industrie et de la finance.

 

Le G 8 et le G 20 sont aussi des lieux informels mais beaucoup plus opérationnels. Ces rencontres de chefs d’Etat les plus puissants qui doivent désormais compter avec les pays émergents (G20) tentent de résoudre, de calmer le jeu des affrontements entre puissances tout en assumant toujours la suprématie de la triade (USA/Europe/Japon) quoique avec de plus en plus de difficultés.

 

L’Organisation Mondiale du Commerce possède un pouvoir d’influence et de nuisance réel. Dirigée par Pascal Lamy (ex-dirigeant du PS), elle est chargée de libéraliser tous les échanges en incitant les pays à réduire leurs tarifs douaniers. Elle met ainsi les pays les plus fragiles sous la dépendance des pays dominants et des transnationales. Elle possède son bureau des règlements des différends qui peut imposer des amendes, des sanctions à la demande des Etats (exemples : les bananes antillaises protégées, le roquefort…).

 

Le FMI et la Banque Mondiale sont spécialisés dans les prêts dits «sous conditionnalités». Lorsque les Etats endettés comme ce fut le cas pour les pays du Sud et désormais pour l’Europe, ils appliquent des mesures «d’ajustement structurel». Pour le dire en langage clair : on vous prête à condition que vous prouviez que vous privatisez, réduisez les dépenses publiques pour être en capacité de rembourser les créanciers privés. Bref, on vous endette à des taux moindres que ceux que vous pourriez trouver sur le marché, et ce, en plusieurs fois parce qu’à chaque étape on veut mesurer la politique coercitive que vous menez. Ces politiques asphyxient par conséquent la souveraineté des Etats, organisent le pillage des biens publics ce qui permet aux multinationales d’y faire leur marché.

 

Le Club de Londres. Il s’agit d’un cartel de créditeurs constitué de grandes banques internationales. En étroite relation avec le FMI, elles s’entendent pour rééchelonner les dettes des Etats tout en s’assurant qu’à terme, leurs créances augmentées de leurs intérêts, leur reviennent.

 

L’ONU avec le poids déterminant des USA, de l’UE et du Japon (triade) et l’organisation du pouvoir que lui confère le Conseil de Sécurité (droit de veto et ce, malgré les tentatives de réformes qui dans leur dimension démocratique ont toutes avorté) fait désormais partie de la domination de l’ordre capitaliste à maintenir. Toutefois, comme l’ont prouvé le démembrement de la Yougoslavie et les guerres dites préventives (Irak, Afghanistan), l’OTAN constitue le bras armé de la puissance du maintien du système dans ses finalités néolibérales. Les fauteurs de troubles dans la marche des affaires ne doivent pas être «exagérément»  troublés. Les contradictions entre Etats, le déclin relatif des USA peuvent conduire également à des coalitions plus restreintes ou à des actions dites unilatérales pour autant comme l’a indiqué Obama que les Etats-Unis puissent les «diriger de l’arrière» (Libye, Mali).

 

Il y a bien encore d’autres organismes (Table ronde, groupe Bildenberg) (1) qui ont pour fonction de déterminer les orientations, les recommandations, exercer les pressions nécessaires au maintien et au développement du capitalisme financiarisé.

 

De fait, tous les dirigeants de ces organismes, à des degrés divers, sont les grands prêtres de l’ordre mondial réellement existant. Ils disposent non seulement des moyens du complexe militaro-industriel (1) mais surtout d’une armée de bureaucrates parasitaires, d’une armada de hauts fonctionnaires internationaux, régionaux, nationaux, de traders, de think tanks ( 3 465 à l’échelle de la planète), de faiseurs d’opinion (médias), voire d’ONG et de chercheurs serviles. Formatés dans les mêmes écoles, chantres du néo-libéralisme, sans aucune légitimité populaire, ils sont en quelque sorte les organisateurs de l’hégémonie de l’oligarchie capitaliste mondiale, les dispensateurs d’un prêt-à-penser qu’on ne saurait remettre en cause. Ils furent et sont toujours les acteurs de la formidable expansion des dérivés de crédits de ladite innovation financière, de l’effet levier… qui a conduit à la crise financière du système.

 

Ce pouvoir opaque de la «mondialisation financière» est une organisation en réseaux transnationaux et trans-sectoriels, ce qui ne signifie pas qu’elle ne soit pas traversée par des contradictions.

 

Gérard Deneux, le 3.04.2013

 

(1)    «Europe INC. Comment les multinationales construisent l’Europe et l’économie mondial » Collectif – éditions Agone

 

Pour en savoir plus :

-          «Le nouveau gouvernement du monde» de Georges Corm – éd. la Découverte

-          «Le G8 illégitime» ATTAC – éd. Mille et une nuits

-          «Au mépris du monde. G8, G20, peuples en lutte» ATTAC – éd. les liens qui libèrent

-          «OMC. Le pouvoir invisible» Agnès Bertrand – éd. Fayard

-           

Et l’article du Monde Diplomatique (avril 2013) «Les Nations Unies sous le charme du privé» de Chloé Maurel   

 

 

 

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Published by cgt-beaulieu-structures - dans Politique
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