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8 mai 2013 3 08 /05 /mai /2013 17:16

Le 50e congrès confédéral de la CGT était une machine aux rouages bien huilés. L’élection du secrétaire général fut une formalité ; le choix était fait par la direction sortante et annoncé longtemps à l’avance, publiquement. Les commissions des amendements et des candidatures ont fait en sorte que les critiques qui s’expriment librement, au cours des débats, restent à bonne distance des instances dirigeantes. Ces mécanismes ont permis à la direction de maintenir ses positions malgré la radicalisation qui commence à se produire à la base de l’organisation. Celle-ci s’est clairement exprimée à l’occasion du congrès.

De nombreux délégués sont revenus sur la lutte pour les retraites, en 2010, pour critiquer la stratégie du « syndicalisme rassemblé » défendue par la direction. A l’automne 2010, cette stratégie s’est traduite par l’abandon des salariés en grève à leur propre sort. Les centrales syndicales se contentaient d’appeler à des « journées d’action » toujours plus éloignées les unes des autres – jusqu’à la défaite. Les interventions portant sur notre contenu revendicatif ont souvent exprimé une position plus à gauche de celle de la direction. Par exemple, un camarade de la CGT Fralib, en lutte contre la fermeture de son usine, a défendu le mot d’ordre de « nationalisation » comme moyen de défense face au saccage industriel des capitalistes. Il a été longuement applaudi par la salle.

Ainsi, l’humeur plus combative et plus radicale qui se développe à la base de la CGT a été relayée par les délégués des entreprises et des unions locales. Le décalage entre la salle et la tribune était évident. Pourtant, le rapport d’activité et le document d’orientation ont été adoptés par respectivement 87 % et 87,5 % des suffrages (81,5 % et 80,5 % si on tient compte de l’abstention). C’est 10 points de plus qu’au dernier congrès. Et la nouvelle direction confédérale a été élue telle que proposée par la direction sortante.

Cette contradiction s’explique en dernière analyse par l’absence d’alternative offerte aux délégués. Les amendements qui formulent les critiques les plus radicales contre l’orientation de la direction sont écartés en commission ou sont intégrés dans le texte après reformulation. Il n’y a ni texte alternatif, ni candidature alternative à ceux proposés par la direction sortante. Et puisqu’il faut bien que nous ayons une direction et une orientation, beaucoup de délégués, malgré leurs critiques, votent par défaut et par souci de ne pas plonger la CGT dans une crise. Mais il est clair que l’opposition à la ligne confédérale est plus importante que ne le laissent supposer les résultats des votes.

Préparer l’alternative

Nos adhérents vivent largement repliés sur leur syndicat dans les entreprises et la fonction publique. Il est vrai que beaucoup de congrès se tiennent dans nos structures. D’abord le syndicat, parfois même la section syndicale, puis l’union locale, l’union départementale, l’union régionale et la fédération. Dès lors, le congrès confédéral est perçu comme inatteignable. Mais alors qu’une crise économique profonde et durable nous frappe, nous faisons l’expérience de l’impasse des luttes partielles et isolées. Beaucoup de nos militants en viennent à la conclusion qu’il faut mettre toute la CGT en ordre de bataille et passer à l’offensive de façon concertée. La vie de nos structures interprofessionnelles n’est pas déconnectée de celle de nos combats quotidiens. Il faut s’en soucier. En réalité, le congrès confédéral n’a pas été préparé par les militants. La plupart de nos structures ne l’ont tout simplement pas évoqué. Si des débats ont eu lieu, ils sont restés généralement limités aux seules commissions exécutives.

En dépit des résultats des votes du 50e congrès, il est indéniable qu’il existe un décalage grandissant entre la base et le sommet. Les bases syndicales se voient souvent imposer une « validation » du choix de leurs délégués par leur fédération. Il leur est aussi demandé de présenter des délégués ou des candidats remplissant tel ou tel critère, notamment d’âge et de sexe, décidés par la direction confédérale. Ces mécanismes qui verrouillent la vie démocratique interne doivent sauter. La base militante doit pouvoir choisir librement ses délégués et ses candidats à la direction. Quant aux commissions du congrès, elles doivent avoir pour seul rôle de mettre en forme les propositions à soumettre au vote, sans les écarter arbitrairement.

Il faut qu’à tous les niveaux de la confédération, nous fassions vivre une vie démocratique qui repose sur des assemblées régulières d’adhérents qui se concluent par des prises de décisions, notamment des contributions aux débats que les structures devraient porter à la connaissance de nos adhérents. Nous avons tous fort à faire face à la dégradation rapide de la situation sociale. Mais notre devoir, comme militants de la CGT, c’est de participer pleinement à sa vie démocratique interne. Et si des camarades sont d’avis que notre approche générale doit être corrigée, il est de leur devoir de le faire savoir et de formuler des propositions alternatives. Posons les conditions dès maintenant pour que les idées qui se sont exprimées largement cette fois-ci trouvent enfin leur expression dans nos instances dirigeantes et notre orientation nationale. Le 51e congrès se prépare dès maintenant.

Pierre Villeret (CGT Roissy)

http://www.riposte-syndicale.fr/2013/04/le-50e-congres-de-la-cgt/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=le-50e-congres-de-la-cgt

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