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Faurecia Beaulieu Structures

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28 novembre 2011 1 28 /11 /novembre /2011 16:24

Rencontres syndicales

Situation économique et sociale

La Grèce est un pays dont la superficie est équivalente à 8 départements français et regroupe 10 millions d’habitants dont 5 millions vivent à Athènes.
Le salaire de base était de 740 € avant la crise, la pension moyenne était de 700 € avant la crise, la pension minimale est de 300 € à ce jour.
87% des impôts sont payés par les salariés

Les 2 plans d’austérité ont été administrés par la BCE / CEE et le FMI au peuple grec dont les principales caractéristiques sont :
- La mise à mal des conditions de vie et de travail des salariés et des retraités, - Une vie plus chère, des licenciements.
- La fin du rôle social de l’Etat avec la fin des conventions collectives et surtout l’abandon par l’Etat de son droit de décision.

Pour autant, les dettes augmentent.
Avec le 1er plan, une sortie de crise était annoncée en 2014, aujourd’hui et après un 2ème plan, la sortie de crise est envisagée pour 2020.
La dette globale de la Grèce atteint les 150% du PIB.Elle représente pour autant 2% de la dette de l’euro zone.
A titre de comparaison la dette italienne représente 25% de la dette cumulée de la zone.
Les mesures envisagées, selon les instances européennes, permettraient de ramener le déficit à 120% du PIB en 2020.

Le chômage explose, le salaire minimum n’arrête pas de chuter.
Plus de 200 000 personnes ont quitté la Grèce et se sont exilées principalement vers le Canada.
Il existe un phénomène, sans précédent, d’augmentation des faillites d’entreprises. Alors que la marine marchande est l’une des sources les plus importantes d’emplois, la plupart des chantiers navals sont détruits.
Dans l’est de la Grèce, le plus grand chantier naval se voit interdire la fabrication de bateaux neufs pour la marine marchande.
Il est seulement autorisé à fabriquer des bateaux militaires destinés à la seule protection nationale.

Yanis (Président de POEM) nous expliquait que dans l’après-midi du 9 novembre
il était au ministère du travail avec des salariés dont l’employeur demandait de travailler 5 heures par jour pendant 5 jours (payées 5 heures).
Devant leur refus, il licenciait la plupart des salariés.
L’un des actes majeurs du gouvernement PAPANDREOU, avant de démissionner, a été de faire voter la fin de l’obligation pour l’employeur d’appliquer les conventions collectives à compter du 1er novembre 2011.

La POEM était signataire de 4 conventions dans l’industrie :(la métallurgie, le textile, l’automobile, les métaux précieux).
Ces 4 conventions n’ont donc plus d’existence légale, et de plus en plus d’employeurs sont sortis, ou vont sortir des systèmes conventionnels pour négocier des conventions de gré à gré.
L’augmentation des impôts est une donnée constante.
Yanis nous disait avoir reçu une facture d’électricité de 50€ auxquels s’ajoutait un impôt de 350 €.
En cas de non paiement, l’électricité est coupée.
Les salariés percevant plus de 5 000 € par mois sont soumis à l’impôt. Yanis nous disait que depuis 4 mois il n’était pas payé par son entreprise.

Pour le syndicat, la Grèce est devenue une zone d’expérimentation des politiques d’environnement du travail.
Toutes les exigences du bureau international du travail sont remises en cause ou revues à la baisse dans la perspective de créer des zones de salariés à bas prix et sans droit.
Ces zones seraient amenées à concentrer tous les investissements dans des domaines choisis, excluant toutes ingérences des organisations syndicales.
350 000 salariés ont été licenciés.
Pour la 1ère fois cette année, le nombre de personnes au chômage ou sans activité est supérieur au nombre de salariés qui travaillent :
• 52% des personnes inactives
• 48% de personnes qui travaillent.
• 100 000 personnes travaillent quelques heures par mois.
Face à cette situation, le pessimisme s’installe parmi la population.

Quelles propositions syndicales ?
Le syndicat en Grèce est une composante essentielle de la société.
Il regroupe des salariés issus de toutes les couches de la société, mais aussi et surtout de toutes les composantes politiques hors extrême droite.
Ainsi, le syndicat POEM qui fédère les salariés de l’industrie est dirigé par une coalition de dirigeant issue du PASOK (parti socialiste), du parti communiste et de la droite, chacun ayant sa place au sein du Bureau.
Les moyens du syndicat proviennent essentiellement des subventions d’Etat.

Dans la période, les positions prises par le syndicat entraînent une remise en cause des subventions ou, tout du moins, elles sont différées dans le temps.
Les cotisations des adhérents ne représentent qu’une partie infime du budget, pourtant POEM revendique 70 000 adhérents dans l’industrie. Le syndicat est donc complètement démuni et n’arrive plus à honorer le paiement de ses cotisations à la FEM et à la FIOM.
Il essaie d’organiser la lutte et de nombreuses actions se développent au niveau national comme au niveau des entreprises.

Ainsi, 11 jours de grève nationale ont été organisés ces derniers mois, d’autres sont en préparation.
Le secteur productif est très peu développé et c’est la fonction publique qui est majoritaire.
Les salaires du public ont été revus à la baisse de 40%.

Quelles sont les propositions portées par le syndicat ?

1. Des mesures de relance de la croissance par des mesures d’investissement dans les grands projets développant l’emploi.
2. Une bataille contre la fraude fiscale actuellement 25% du produit échappe à l’impôt soit 15 milliards d’euros alors qu’armateurs et les plus riches ont été exonérés de 42 milliards d’euros par les mesures mises en oeuvre sous l’impulsion de la Troïka.
3. Ils revendiquent des emplois de qualité et insistent sur :
• Le social avec des salaires qui permettent de vivre décemment
• La justice fiscale
• Une sécurité sociale à la hauteur des besoins. Le système de santé par exemple, complètement privatisé, ne permet plus de se soigner et le taux de mortalité est en hausse.
4. D’un point de vue européen :
- ils demandent que l’on taxe lourdement les transactions financières,
- Ils considèrent qu’il n’y a pas d’issue avec le FMI et qu’il est temps que la BCE s’engage sur des obligations européennes.
Enfin l’Europe doit mettre en place un plan de croissance coordonné.

Pour conclure, ils considèrent comme la plupart des grecs que l’Europe n’est pas l’avenir et que c’est A. Merkel qui impose ces exigences à l’ensemble de l’Europe.

La CGT a apporté le soutien de l’ensemble de notre organisation et fait la proposition de répondre à une interview dans le courrier fédéral mais aussi de participer à une rencontre avec la direction fédérale pour expliquer la situation et examiner leurs attentes courant janvier.


Et l’austérité en Belgique?

Rencontre avec la FGTB
Avant de rencontrer nos amis grecs nous avons eu une séance de travail avec une délégation du bureau de MWB FGTB avec lequel nous avons organisé la visite et le séjour de la délégation FTM CGT.
La Belgique est restée 500 jours sans gouvernement et va, à présent, vers la formation d’un nouveau gouvernement dirigé par Elio de RUPO (socialistes) et d’une coalition impliquant tous les partis politiques, hors extrême droite, sur la base d’une feuille de route (note) qui est l’équivalent du programme des libéraux qui avaient, pourtant, perdu les dernières élections sur la base de ce programme.

La FGTB a donc écrit une lettre pour dénoncer le contenu de cette note et rappeler ses orientations et propositions.
L’objectif étant de donner le ton et de préparer la programmation et le contenu de plusieurs journées d’actions et de grève générale.
Le gouvernement s’apprête à annoncer un plan d’austérité permettant de faire 11,2 milliards d’euros d’économie pour une population de 10 millions d’habitants.

La prise de ces mesures consiste :
- A mettre fin à l’indexation automatique des salaires sur l’évolution du coût de la vie combinée à une application de l’évolution des salaires en France et en Allemagne.
- A mettre à mal des droits liés aux allocations chômage, actuellement il n’y a pas de limite des droits, la proposition est de lier la fin des droits à la proposition d’emploi.
La mesure touchant les jeunes sans emploi qui actuellement perçoivent 400 € après 9 mois de sortie du système scolaire serait supprimée.
- Le Pacte entre les générations serait rompu.
Lors d’une restructuration, les salariés âgés bénéficiaient de mesures de prépension jusqu’à 65 ans, âge de la retraite.
Elles seraient supprimées.
- La TVA sera augmentée.
- Les services publics remis en cause.
- L’accord trouvé sur la sécurité sociale qui permettait une augmentation des finances de santé de 4.5% audelà de l’indexation sera supprimé. La riposte des organisations syndicales Belges s’organise avec :
- Décision des Organisations Syndicales d’organiser à Bruxelles un meeting rassemblant 4000 militants (CSC /FGTB).
- Le Conseil Fédéral propose une première manifestation de masse le 25 novembre 2011.
- Les Organisations Syndicales lancent une grève générale le 2 décembre 2011.
La MWB aurait préféré l’organisation d’une première journée à la mi-janvier pour permettre une préparation de la riposte à la hauteur des enjeux et exiger surtout que soient abordées immédiatement les suites à donner.
Après un échange rapide sur la situation en France et les éléments discutés lors du Conseil National de la FTM
– CGT début novembre et des premiers éléments ressortis du CCN, nous avons convenu :
- De poursuivre et d’amplifier nos efforts pour que la FEM joue réellement son rôle dans le combat que mènent les organisations en Europe contre la crise.
- De poursuivre notre travail engagé le 30 mars pour le développement de l’industrie et des propositions novatrices concernant la qualité de l’emploi.

 

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