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Faurecia Beaulieu Structures

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29 septembre 2011 4 29 /09 /septembre /2011 15:53

La crise systémique de 2008 a accru de manière importante les déficits publics, cependant à elle seule, elle n’explique pas pourquoi patronat et gouvernement agissent de concert pour maintenir les finances de la nation dans le rouge.

Le constat
Le déficit des dépenses publiques est égal aux dépenses de l’Etat moins ses recettes.
Ce déséquilibre n’est pas nouveau en France puisque le dernier budget présenté à l’équilibre remonte à 1974.
Or, les raisons de ce déficit proviennent plus d’un manque de recettes pour l’Etat que d’une augmentation des dépenses.

En effet, la part des recettes de l’Etat rapportée au PIB* diminue continuellement, passant de 22% en 1985 à 15% en 2010.
Dans de telles conditions, il n’est pas surprenant qu’après 37 ans de déficits cumulés l’endettement du pays augmente.

C’est quoi le taux d’endettement d’un pays ?
Il se mesure en rapportant les dépenses publiques du pays au PIB de ce même pays.
Par exemple, si la richesse produite dans un pays est de 1 000 milliards d’€ et que sa dette cumulée est de 200 milliards d’€, le taux d’endettement de ce pays sera de 20%.

La France n’est pas le seul pays développé à connaitre une augmentation de sa dette publique.
En effet, celle du Japon est passée de 63,2% de son PIB en 1992 à 197,2% en 2010.
Aux Etats-Unis, la dette publique a dépassé le seuil de 100% du PIB.

Enfin, dans la zone Euro, elle est passée de 67,8% du PIB en 2000 à 78,8% en 2008.
La crise financière n’est pas l’unique responsable de cette situation Durant la crise, les marchés financiers ont été stabilisés grâce à l’intervention des Etats et des banques centrales (voir Courrier Fédéral 270).
La Cour des Comptes a évalué au début de l’année qu’un tiers seulement des dépenses supplémentaires de l’Etat serait dû à la crise financière.
Le reste serait dû à la politique gouvernementale avec ses cadeaux fi scaux aux plus aisés et aux grands groupes.
Cette situation d’instabilité politique autour de la capacité de nos économies à rembourser leur dette publique, n’est pas qu’une sanction des marchés financiers.

Au contraire, elle s’inscrit dans la continuité de l’offensive ultra libérale de dérèglementation du système bancaire et de la financiarisation de l’économie, qui a débuté dans les années 1980 et qui prend une nouvelle forme aujourd’hui.

Ce processus n’est pas une fatalité mais un choix de société, une orientation économique basée sur la remise en cause du fonctionnement de l’Etat.
Or, nous avons besoin de l’inverse, d’une politique fiscale inégalitaire et enfin d’une pression toujours plus forte sur le travail.
L’Etat n’est pas un ménage
En matière de politique publique et de politique économique au sens large, on ne peut pas comparer le budget d’un Etat à celui d’un ménage.
En effet, l’Etat n’a pas pour vocation d’être une entité commerciale créant de la valeur pour ces actionnaires en vendant des biens ou des services.

L’Etat a pour mission d’assurer l’accès de la population à l’éducation, à la santé.
Il doit garantir la sécurité et la circulation des personnes et des biens.
Il est le garant de la justice et il impulse une politique économique en intervenant directement dans l’économie.

D’autre part, lors de chaque crise, c’est l’Etat qui intervient pour relancer l’économie, nationaliser les banques, bref pour jouer un rôle de garant.
Pour agir ainsi, l’Etat doit être en capacité d’avoir les fonds nécessaires pour mettre en oeuvre son action, et lorsqu’il ne dispose pas de ces fonds, il doit être en capacité d’emprunter pour investir, voire de créer de la monnaie pour continuer d’assumer ses missions.

Or, depuis la création de la monnaie unique, les Etats membres de la zone euro ont perdu cette possibilité de faire tourner la planche à billet.

Gouverner la Nation pour les citoyens ou pour les marchés financiers ?

A priori la question peut surprendre, pourtant, Jean Pierre Raffarin déclarait en juin que dorénavant les gouvernements en France, et en Europe plus largement, devraient avoir deux clignotants :
• Le premier, les électeurs qui sanctionnent le gouvernement lors des élections, ce qui semble logique.
• Le second voyant serait les prêteurs, c’est-à-dire les agents économiques (dont 70% ne sont pas en France) qui détiennent la dette française, d’où le rôle grandissant des agences de notations et des marchés financiers.

Le gouvernement actuel, la commission européenne, un grand nombre de partis politiques, ainsi que le patronat considèrent que, pour réduire les dépenses publiques, il faut réduire le rôle de l’Etat, notamment en matière d’éducation, de santé, de solidarité de transports…
Il n’y a aucune fatalité vis-à-vis de la dette de la France.
C’est bien une question de choix politique et d’orientation économique.

Dans le prochain article du CF, nous verrons que les moyens existent pour relancer l’économie en valorisant le travail, en garantissant l’accès à tous, à la santé, à l’éducation.

 

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