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27 avril 2011 3 27 /04 /avril /2011 16:01

La tauromachie est inscrite au patrimoine culturel "immatériel" de l’humanité !

Le jour même du calvaire de Jésus, lui qui aimait tant les véroniques. "Patrimoine immatériel" : quelle sottise dans un monde si matériel où ne vaut que ce que l’on peut marchandiser !

Comment un patrimoine aussi éthiquement matériel peut-il être immatériel ? On va finir par déclarer la "solea" patrimoine muet du chant profond ! A l’heure où il faudrait sortir du sous-développement, libérer l’Irak, la Lybie, l’Elysée, protéger les espèces en voie de disparition : Indiens evomoralistes, militants, résistants, poètes, guérilleros, révolutionnaires, utopistes, rêveurs, quatre fous préfèrent s’intéresser au sort des bêtes à cornes, comme si l’esthétique envahissait les abattoirs !

A l’heure où le sort de l’humanité se joue à Tripoli, où les drones libérateurs visent juste et vrai, à l’instant même où des millions d’enfants s’amusent à jeûner, quatre nostalgiques des cavernes, et que la cruauté des hommes aveugle, préfèrent une "naturelle" sauvage et veloutée, aux bombes qui pourtant libèrent. Pourquoi ne pas déclarer les "frappes chirurgicales" patrimoine humain de la guerre ? et les "dégâts collatéraux" patrimoine nécessaire à l’émancipation ? A l’heure si matérielle où l’avenir de l’homme passe par les supermarchés, la fraternelle concurrence, la fermeture des frontières, la générosité des nantis, l’ingratitude des pauvres, le nécessaire profit partagé au sein d’entreprises altruistes, quatre fous préservent une barbarie artistique au centre des arènes, comme si l’arène nous parlait de vie, de mort, d’amour ! Tristes fous ceux qui préfèrent le toro au parachutiste, la caresse du fauve aux yeux bleus de Marine, ceux qui croient qu’il y a plus de courage dans le souffle d’un toro que dans les chiffres glacés du Cac 40, du FMI, de l’OMC, plus de tendresse envers l’autre, la bête ou l’homme, que d’amour chez Guéant pour les "hordes immigrées". L’ animal n’est pas toujours celui que l’on croit.

Je crois à l’inhumanité des salauds de la finance, des présidents mégalos, frustrés et massacreurs, des prêcheurs d’"excellence" sélective, de rentabilité, de plus-value, et à l’immense humanité de ceux qui se jouent la vie, a las cinco de la tarde, pour une esthétique douloureuse et fugace, pour la beauté sanglante du combat amoureux, pour un frisson, une émotion non-monnayable.

Jean ORTIZ, Maître de conférences, Université de Pau.

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