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Faurecia Beaulieu Structures

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3 octobre 2018 3 03 /10 /octobre /2018 09:25

Tu étais fier de ce que tu faisais, de ton travail, de tes revenus, de ton entreprise et de ton patron, 
Tu étais alors intégré dans ce monde de « la société de marché », dépensier, donc vraiment inséré,
Tu aimais le « management individuel », la vitesse, le clinquant, le marketing et la frime du costard,
Tu travaillais beaucoup le jour et pour oublier, tu pratiquais les soirées nocturnes teintées de H,
Tu profitais des congés payés et des R.T.T, acquis de la « lutte des classes » pour te refaire une santé.

Tu dénonçais alors les chômeurs, les précaires, les fonctionnaires et le communisme « liberticide »,
Tu montrais du doigt, les « assistés », les immigrés et tous les autres « sans-papiers »,
Tu incriminais les « sans logements » et ceux qui « dorment sur les bancs » … gratuitement,
Tu dénonçais aussi la solidarité, produit de la Révolution, que le Patronat appelle « assistanat ».
Tu affectais ton argent aux placements financiers, au détriment des « cotisations sociales »,

Tu préférais alors, les assurances privées et la capitalisation, à la sécurité sociale collective,

Tu détournais tes yeux des « souffrances du travail », et celles subies « au travail »,
Tu refusais les tracts du syndicat], ne lisant que les cours de bourse, et leur hausse vertigineuse,
Du seul « prix de marché », tu faisais ton horizon indépassable, car « There is no alternative »,
Tu évitais les discussions politiques et les confrontations philosophiques, car obligeant à réfléchir,
Tu n’avais jamais d’opinions car dans le fil de l’eau et au gré des vents, tu naviguais à vue.

Tu as, lors de tes cinquante-cinq ans, reçu un S.M.S, missive précise mais plus que lapidaire,
Tu apprenais que le « Grand Patron », sous contrainte des actionnaires, te remerciait sans délais,
Tu chutas alors, avec pertes et fracas et plus rien de collectif (code du travail) [8], pour retenir ta chute, Tu vis alors comment, ceux qui la veille encore te souriaient, détourner plus que leurs yeux,
Et « tu avais beau traverser la rue, tu ne trouvais pas d’emploi »…désespérément.

Tu tombas alors dans le chômage, les précarités et les dettes plus qu’irremboursables,
Tu écrivais des C.V le jour et, pour oublier, tu buvais la nuit, d’une « ivresse sans frontières »,
Ta femme fatiguée de tes frasques, te laissa tomber et tes enfants ne voulurent plus te voir,
Tu fus, « toi le blanc », obligé d’accepter, des emplois mal payés, souvent monnayé au « black »,
Tu deviens alors, « à l’insu de ton plein gré », précaire de l’emploi, de la santé et du logement.

Tu te mis alors à dormir sur les bancs, en attendant un H.L.M dans ces « maudits quartiers »,
Ceux des trafics de survie, de la drogue, de la prostitution et des armes qui tuent en rafales,
Tu rencontras la solidarité de la rue, du service public et des associations militantes,
Tu bénéficias du R.M.I et du R.S.A, renforçant tes dépendances individuelles,
Tu ne payais plus d’impôt, mais la misère te gangrenait profondément au plus profond de toi,

Tu tombas gravement malade et seul l’Hôpital public put t’accueillir, sur un « brancard de couloir »,
Jamais tu ne pus te remettre de cette déchéance planifiée et seule la mort enfin… te libéra.
Tu ne le sais pas, mais sur tes cendres encore incandescentes, des syndicalistes et des militants anonymes, « communistes et insoumis » associés ont écrit :

« Tué par le patronat, tel est le destin du précariat. »

Fabrice AUBER

https://www.legrandsoir.info/tue-par-le-patronat-tel-est-le-destin-du-precariat-appel-a-la-jeunesse.html

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