Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Faurecia Beaulieu Structures

  • : La CGT de la section Structures de Faurecia Beaulieu
  • La CGT de la section Structures de Faurecia Beaulieu
  • : C'est le blog de la section Structures de la CGT de Faurecia Beaulieu
  • Contact

 faurecialogo

Recherche

Catégories

17 mars 2014 1 17 /03 /mars /2014 15:01

Vincent Duse, PSA Mulhouse

Mi-février a été un moment de communication intense pour PSA. Communication au sujet de la fin de sa collaboration avec GM, de l’accord signé avec Dongfeng Motor, de l’entrée de l’Etat français dans le capital du constructeur et de l’annonce de ses résultats. Le tout sur fond de menaces qui continuent à peser sur l’emploi, la crise et les dernières annonces servant de justification aux mauvais coups qui se préparent.


[Usine DPCA Dongfeng Peugeot Citroën Automobile à Wuhan, en Chine]

A l’image des autres grands groupes hexagonaux, PSA continue sur sa logique : augmenter le taux de profit. Pour cela, il faut « baisser le coût du travail », des cotisations salariales, revoir la surcapacité de production, à savoir le nombre de site de production dont le capital a besoin pour être bénéficiaire et dégager des profits substantiels. Et la crise est un bon moyen pour forcer les salariés à accepter tous les reculs.

PSA est en train de supprimer 11.200 emplois dans l’Hexagone. Il y a eu la fermeture des sites de Melun puis d’Aulnay. Aujourd’hui il y la suppression de prés de 700 postes sur l’usine de Poissy, fin mars, en raison de la fin d’une équipe. Il y a également la fermeture de deux lignes de montage, sur le site des Yvelines et celui de Mulhouse, prévue pour l’an prochain. Mais en plus la famille Peugeot vient de recevoir de juteux cadeaux dans le cadre de son accord avec Dongfeng Motor, finalisé le 18 février.

Le principal cadeau, c’est l’Etat qui le fait à PSA, avec une entrée dans le capital du groupe à hauteur de 800 millions d’euros, au même niveau que Dongfeng. L’Etat comme la firme chinoise seront donc dans les organismes de direction de l’entreprise avec 14% du capital chacun. La famille Peugeot, elle, s’est contentée de placer 200 millions, gardant sa trésorerie pour d’autres opérations plus spéculatives et plus rentables. Du côté de ses activités bancaires, il y a également le partage des activités de BPF, la banque PSA finance, avec le groupe espagnol Santander.

Ce qui se cache derrière les chiffres

En annonçant ses résultats pour l’année 2013, le 18 février dernier, les communicants de la direction prenaient une mine d’enterrement pour mieux faire passer l’idée que les charrettes de licenciements ne sont pas prêt de finir. Mais si on regarde les chiffres communiqués de plus prés, les conclusions que l’on peut en tirer sont tout autres.

PSA annonce une perte nette courante pour 2013 de 177 millions et un fléchissement de son chiffre d’affaire de 2,4%, ce qui fait tout de même 54,1 milliards d’euros. La perte nette représente en fait un déficit de 0,3%, autant dire que les résultats du groupe sont quasiment à l’équilibre.

Une partie des pertes annoncées relèvent en fait du jeu d’écriture. En effet, les 1,1 milliards de dépréciation d’actifs ne représentent pas une perte réelle de l’aveu même de De Châtillon, le directeur financier du groupe.

En revanche, les comptes publiés montrent le poids des frais de restructuration. 460 millions sont liés au plan de destruction d’emplois et à la fermeture de l’usine d’Aulnay. On y découvre également le poids toujours plus grand des frais financiers, avec 658 millions. Enfin, on s’aperçoit également qu’entre 1999 et 2011 6 milliards d’euros sont partis en fumée, mais pas pour tout le monde. L’argent a en effet servi sous forme de rachats d’actions et de versement de dividendes aux actionnaires parasites.

Pour ce qui est de l’endettement du groupe, établi à 4,15 milliards d’euros fin 2013, il s’agit d’une somme largement inférieure à la trésorerie de 6,6 milliards et à la sécurité financière du groupe PSA qui s’élève à 10,1 milliards.

Il y aurait donc de quoi embaucher massivement tous les précaires sur l’ensemble du groupe et de maintenir toute les lignes de production à Mulhouse et à Poissy.

Mais les choix annoncés sont largement distincts.

Le cadeau de l’Etat à la famille Peugeot

Tout en affirmant qu’il faut faire des économies et en ayant dans le collimateur la branche famille de la Sécu, l’Etat va faire cadeau de 35 milliards au patronat dans le cadre du Pacte de Responsabilité. Pour PSA, le gouvernement est encore davantage aux petits soins. Après la rupture de l’accord avec GM et la finalisation du partenariat avec Dongfeng, le gouvernement a annoncé l’injection de 800 millions d’euros et son entrée à hauteur de 14% dans le capital du groupe.

Un joli cadeau pour une entreprise qui est loin d’être en difficulté comme le montrent les comptes de l’entreprise. Une entreprise qui n’est pas non plus menacée par un investisseur-prédateur-chinois, Dongfeng, comme le prétendent certains pour mieux justifier l’entrée de l’Etat dans le capital. PSA est associé depuis 1992 à Dongfeng et la famille Peugeot possède avec le constructeur chinois des usines en Chine, un pays qui représente le second marché du groupe français.

Montebourg, ministre du Redressement productif, comme Moscovici, son ministre de tutelle à Bercy et grand ami de la famille Peugeot, se félicitent de l’entrée de l’Etat au capital avec de l’argent public. Pour Montebourg, « les contribuables français vont mettre 800 millions, presqu’un milliard d’euros » et il s’agit selon lui du « renouveau, de la renaissance de PSA ».

Ces propos sont d’autant plus scandaleux qu’en même temps les deux ministres feignent de ne pas être au courant de la suppression des lignes de montage à Poissy et à Mulhouse. Ils continuent à affirmer qu’ils ont reçu des garanties sur le maintien des sites et qu’il n’y aura aucune fermeture d’usines PSA. C’est à rêver. En fait, l’argent versé, c’est de l’argent pour licencier des travailleurs et pour que cela coûte le moins cher possible à Peugeot. Voilà la réalité.

Certains essayent de continuer à faire croire aux salariés qu’avec 14% de participation dans le groupe l’Etat serait une garantie contre les suppressions et les licenciements. Les travailleurs sont les plus à même de connaître les besoins. Ce sont les plus à même de contrôler ce qui se passe réellement dans le groupe, de viser les livres de compte du groupe. Voilà la seule alternative aux fausses promesses de maintien des sites. L’Etat a de l’argent puisqu’il en fait cadeau aux patrons. Ce qu’il faudrait exiger pour éviter le massacre de l’emploi, c’est la nationalisation du groupe PSA, voire même de l’ensemble de la filière auto, sous le contrôle des travailleurs, et sans indemnités. Ces Messieurs se sont déjà suffisamment goinfrés de profits et se sont suffisamment refait sur notre dos. C’est la seule solution contre la casse de l’emploi.

14/03/14

Partager cet article

Repost 0
Published by Vincent Duse (PSA Mulhouse)
commenter cet article

commentaires